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GABON : C’est vendredi, on fait l’amour.  

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J’ai vécu trop de choses en trop peu de temps. J’ai croisé trop de gens, pour apprendre, pour comprendre, observer, développer des compétences ou par disgrâce. Peut-être que je suis chanceuse ou que le sort s’acharne, peut-être que les gens qui tirent les ficelles là-haut de manière fantaisiste jouent à attiser le feu et puis l’éteindre, mais bon voilà où j’en suis.

J’ai vécu trop de choses trop tôt, trop vite ou trop bizarres, un mariage, un divorce, un enfant sans père, une séquestration et entre guillemets un agression sexuelle dans un dépanneur, sans compter les histoires d’amour qui se terminent au tribunal, les amitiés toxiques et les abus de confiance, la tristesse qui se fait quotidienne, s’efforcer de sourire parce qu’on a toujours au moins une raison de sourire à la vie, travailler fort, rester debout, redoubler d’efforts, même quand tout va mal. Agir, agir et s’interdire toujours de baisser les bras.

J’ai vécu trop de choses en si peu de temps, trop de gens sont entrés dans ma vie par la porte d’à côté, trop de gens sont venus semés le doute, la tristesse et même la désolation dans mon existence et ils ne sont même pas responsables du chaos qu’ils s’amusent à créer dans mon cœur.

J’ai vécu assez de choses dans ma vie, trop de gens ont vécu le pire pour que je m’apitoie sur mes aléas. Ce ne sont pas les autres qui entrent dans nos vies, c’est nous qui les laissons entrer, c’est nous qui les invitons à entrer et même quand ils sont pas conviés, le fait est qu’on peut toujours les chasser et si on ne le fait pas, c’est toujours la même question qui revient: pourquoi est-ce qu’on se laisse intoxiquer par les autres? Pourquoi est-ce qu’on sourit aux hypocrites? Pourquoi est-ce qu’on s’invente un monde qui n’existe que dans notre tête, alors que « l’Univers conspire pour nous donner ce que notre cœur désire »?
J’ai pas vécu assez, j’en ai encore à vivre, des personnes à croiser, des destins à mêler, des liens à démêler, le problème ce n’est pas l’autre, c’est toi ou moi qui se laisse faire, qui se laisse marcher dessus, qui se laisse piétiner ou cracher dessus et qui pense pratiquer le pardon de Jésus, en pardonnant machinalement les manipulateurs, les menteurs, à ceux qui nous manquent de respect, à ceux qui nous dénigrent gratuitement (au moins si ça payait gué!), à ceux qui nous considèrent comme leur clown personnel ou une simple distraction.

C’est la faute au manque d’amour, c’est la faute au besoin d’amour, c’est la faute à notre propre cœur et sa capacité inouïe à se régénérer, à aimer de nouveau, à ressentir de la compassion, à s’emballer n’importe comment, à saigner à mort pour revenir à nouveau à la vie comme par magie.
Quand on identifie le problème, quand on réalise que les autres ne sont pas les seuls responsables de nos échecs, que si on pleure par la faute de quelqu’un, c’est aussi de notre faute parce que nous avons donné à une personne, une place dans notre vie ou dans notre cœur qu’elle ne méritait pas.

À tous ceux qui prendront la peine de me lire jusqu’au bout, notez bien que l’adulte définitivement immature que je suis, a bien réfléchi à ça. Quand on sait ce qu’on veut, quand on sait ce qu’on est, quand on sait qui nous sommes, quand on sait ce qu’on ne veut pas, quand on découvre que les gens autour de nous ne sont pas ce qu’ils font semblant d’être, on prend la poudre d’escampette. Rien ne nous oblige à subir les autres, quand on s’aime assez et qu’on comprend que tout ce qu’on vit, tout ce qui nous arrive en bien ou en mal n’arrive pas sans raison. Même les erreurs que nous faisons, nous apprennent à faire attention à la petite voix d’ange qui nous murmure quelques fois de faire attention.

Quand on comprend que nous sommes responsables de la peine que les autres se permettent de nous faire, on découvre aussi que nous sommes responsables de la joie que certains parviennent à nous faire ressentir, c’est notre amour qui pousse d’autres à nous aimer, c’est notre amour qui pousse d’autres à nous détester, nous ne sommes pas responsables des dégâts que notre amour peut faire dans le cœur des gens. L’amour, c’est l’arme des guerriers, si ton sourire offusque, si ton aura ravage le cœur de ton ami, de ta sœur ou de ton frère, tu n’es pas responsable de la consistance du cœur d’autrui, ta seule responsabilité c’est de réussir ta propre vie, ton parcours, ton existence et que ton passage ici, ne soit pas vain.

Ika Rosira
Much love 

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