CULTURE
RD CONGO – Passion et idéal panafricains pour la recherche, l’éducation et la culture de paix en République démocratique du Congo
Rentrée littéraire 2021. Le livre congolais à l’honneur à la 3ème Journée Signature L’Harmattan : Passion et idéal panafricains pour la recherche, l’éducation et la culture de paix en République démocratique du Congo ; Professeur Émérite Anicet Mungala 1944-2014. Ouvrage de Richard Ossoma-Lesmois et Eugène Mungala.
Le public de la diaspora congolaise de France, invitée à l’événement rentrée littéraire à Paris quartier latin, a répondu présent. Les auteurs, Richard Ossoma-Lesmois et Eugène Mungala, ont présenté leur ouvrage hommage au Diplomate Professeur Émérite Anicet Mungala. La Conférence – Dédicace a mis en lumière les grands moments internationaux vécus par le Professeur Anicet Assindié Mungala et ses pairs intellectuels, diplomates, chefs d’Etats africains, d’autres éminences internationales. D’abord, la Conférence de Kinshasa en 1975 ouvrant le Bureau africain des sciences de l’éducation (BASE), à l’ensemble des pays membres de l’Organisation de l’Unité africaine. Ensuite, la Conférence de Brazzaville de 1981 présidée par le Professeur linguiste et ministre congolais de l’éducation nationale, Antoine Ndinga Oba ; sous le haut patronage du Président de la République populaire du Congo, Denis Sassou Nguesso. Les 144 participants invités à tabler sur le thème : Formation et travail productif. Enfin, la Conférence de Lagos au Nigéria en 1988,incluant la plupart des pays anglophone et le Brésil dans les champs d’interventions du BASE.
Suivie ensuite, par une exposition photographique plongeant à travers un voyage dans le temps et l’espace, à l’admiration de l’immense œuvre accomplie par l’éminent Professeur congolais, Anicet Assindié Songzong Mungala. De quoi détendre le public et épargner à l’assistance, des heures de débats théoriques.

Suivant l’exposition photographique animé par Eugène Mungala, le public a apprécié, dans un premier temps, le récit de la création en 1973 à Kisangani, du Bureau africain des Sciences de l’éducation (BASE), pour la formation des élites africaines, l’encadrement de la jeunesse congolaise. Actuellement, le BASE a été réformé. Jadis, instance spécialisée de l’Organisation de l’unité africaine, le Bureau africain porte, depuis les années 2000, la dénomination d’Institut panafricain pour l’éducation.
Dans un deuxième temps, le public s’est enquis de l’opération Udugu lancé en 1994 par le Haut Commissaire des Scouts, Anicet Mungala, pour venir en aide aux réfugiés rwandais dans l’est du Zaïre. Les rwandais et d’autres personnes fuyant la guerre civile éclate entre tutsis et hutus. Devançant les ONG et plusieurs autres organisations internationales, le Haut Commissaire Mungala avait le premier, jeté un pont humanitaire entre Kigali et Goma ; érigé les camps de réfugiés, diffusé la réconciliation entre les communautés rwandaises. Parce qu’elles étaient toutes, en ces temps-là de détresse absolue, des victimes de la guerre civile. Une approche sublime pour écarter toute velléité de vengeance dans l’esprit de l’une ou l’autre tribu, une fois le conflit fratricide terminé.
Enfin, dans un troisième temps, le public à réalisé le génie du Professeur Mungala dans sa qualité d’artisan de la paix en Afrique : l’installation, en l’an 2000, de la Chaire Unesco-Université de Kinshasa pour la culture de paix, les droits de l’homme, la bonne gouvernance en Afrique centrale et les États de la Communauté économique de l’Afrique australe. En somme, un ouvrage classé par la prestigieuse éditions L’Harmattan dans la catégorie suivante : Diplomatie et culture, Récit d’Afrique subsaharienne.

L’exposé de l’auteur Richard Ossoma-Lesmois évoque une vision panafricaniste rationnelle, différente des courants souverainistes marqués par des slogans chimériques depuis les années 60. Une vision éclairée pour les générations présentes, et aussi pour l’avenir.
« Le Diplomate Professeur Anicet Mungala et ses pairs n’étaient pas dans la surenchère des revendications africaines. Ces sommités intellectuelles africaines appuyées par des personnalités politiques et publiques de terrain, envisageaient la formation des élites comme un des piliers du développement social, économique du continent », explique l’auteur.
Eugène Mungala, quant à lui, a circonscrit son exposé sous un angle sentimental, un « devoir de mémoire », en expliquant le caractère testamentaire de l’ouvrage. Hormis les témoignages des grands intellectuels, diplomates, Chefs d’États contenus dans l’ouvrage :
« Mon père voulait écrire son livre dans lequel il expliquerait l’ensemble de ses œuvres réalisées en Afrique et pour le bien de la jeunesse congolaise. Ses participations aux Conférences internationales, la nécessité de placer l’éducation au creuset de l’unité d’une nation. Mon père me priait de l’écouter, de préparer une réception pour ses 70 ans au cours de laquelle, il présenterait à ses invités, l’ouvrage qu’il avait écrit. Seulement, trois jours après le soir de notre conversation au dîner, mon père tirait sa révérence. Du coup, je me rendais compte que publier ce livre, résonnait dans mon esprit comme une obligation testamentaire ». Émouvant !
La 3ème journée Signature L’harmattan auteurs Richard Ossoma-Lesmois et Eugène Mungala autour de l’ouvrage, Passion et idéal panafricain pour la recherche, l’éducation et la culture de paix en République démocratique du Congo, invite à regarder notre passé, prendre conscience de nos responsabilités en termes d’efforts à consentir dans la consolidation de nos nations africaines (et congolaise), éveiller des vocations chez les générations actuelle et future. Dans la perspective d’un avenir désirable commun. Car l’histoire ne sert que lorsqu’elle impacte positivement sur la transformation positive des sociétés.

CINÉMA
SÉNÉGAL – Cannes : Mia Guissé célèbre Coumba Gawlo comme ambassadrice
a présence de Coumba Gawlo au Festival de Cannes dépasse le simple cadre d’une apparition sur tapis rouge. Elle s’inscrit, aux yeux de Mia Guissé, dans une logique plus profonde de représentation culturelle et d’affirmation identitaire.
En réaction à cette participation, Mia Guissé a choisi d’adopter une lecture valorisante, mettant en avant la portée symbolique de cette visibilité internationale. Dans son message, elle souligne moins l’événement en lui-même que ce qu’il incarne : une vitrine du Sénégal à l’échelle mondiale, portée par une artiste dont le parcours fait désormais figure de référence.
Une présence interprétée comme un acte de représentation
Loin de réduire cette apparition à une exposition médiatique, Mia Guissé y voit un acte de projection culturelle. Elle décrit Coumba Gawlo comme une incarnation de l’élégance et de la beauté noire, mais surtout comme une ambassadrice d’un héritage artistique sénégalais sur une scène internationale prestigieuse.
Cette lecture repositionne le rôle des artistes dans des espaces comme Cannes : au-delà du spectacle, ils deviennent des vecteurs d’image et d’influence, capables de traduire une identité nationale à travers leur posture et leur trajectoire.
Une reconnaissance intergénérationnelle assumée
Le message de Mia Guissé s’inscrit également dans une logique de transmission. En saluant le parcours de Coumba Gawlo, qu’elle qualifie de « légende vivante », elle met en lumière une continuité entre générations d’artistes sénégalaises.
Cette reconnaissance dépasse l’hommage ponctuel : elle traduit une volonté de valoriser des trajectoires inspirantes, perçues comme des repères dans un environnement artistique en constante évolution. Le succès individuel devient alors un levier collectif, nourrissant l’ambition des nouvelles figures de la scène musicale.
CULTURE
SÉNÉGAL – Deux jours de célébration intellectuelle et culturelle au Musée des Civilisations Noires
Les 13 et 14 mai 2026, Musée des Civilisations Noires a accueilli deux journées intenses mêlant culture, réflexion intellectuelle et affirmation de souveraineté. Hautes personnalités, universitaires, artistes et acteurs culturels se sont réunis dans une ambiance à la fois solennelle et festive autour d’un objectif commun : repenser l’Afrique à travers ses propres références.
Le premier jour a été marqué par le lancement officiel d’une maison d’édition ainsi qu’un concert exceptionnel de Woz Kaly. Artiste multidimensionnel, chanteur, auteur et interprète engagé, Woz Kaly est reconnu pour son univers mêlant afro-fusion, reggae, jazz et sonorités traditionnelles africaines. À travers ses textes et ses performances, il porte depuis plusieurs années un discours profondément ancré dans les questions de conscience africaine, de mémoire et de souveraineté culturelle. Sa prestation live, notamment autour du titre « Yéwou Rôti », a donné une dimension populaire et émotionnelle à cette première journée, faisant vibrer un public composé de jeunes, d’intellectuels et d’acteurs culturels.
La journée du 14 mai était quant à elle consacrée à la présentation du quatrième livre du Premier ministre Ousmane Sonko. Une œuvre largement inspirée de la pensée de Frantz Fanon et des enjeux contemporains liés à la souveraineté africaine, à la dépendance économique et à la décolonisation des imaginaires. Figure politique emblématique du Sénégal contemporain, Ousmane Sonko est présenté par plusieurs intervenants comme l’incarnation d’un tournant politique majeur. Panafricaniste assumé, il s’inscrit dans une filiation intellectuelle revendiquée, inspirée notamment par Mamadou Dia, Cheikh Anta Diop et Thomas Sankara.

Les participants sont également revenus sur le discours prononcé par Ousmane Sonko le 17 décembre 2025 autour de Fanon, considéré comme un moment important dans la construction de sa pensée politique et panafricaniste. À travers ce nouvel ouvrage, le chef du gouvernement convoque Fanon non comme une simple figure historique, mais comme une méthode d’analyse des réalités africaines contemporaines : domination économique, souveraineté inachevée, dépendance structurelle et nécessité d’une émancipation intellectuelle du continent.
Plusieurs figures majeures se sont succédé au pupitre, notamment Mohamed Abdallah Ly, directeur du musée, Mame Awa Diouf, présentatrice et facilitatrice, le professeur Ibrahima Wane, PCA du musée, ainsi que Oumar Dia, représentant du Premier ministre durant ces deux journées. Tous ont insisté sur la nécessité de replacer la culture au centre des dynamiques de souveraineté et de développement.
L’un des moments marquants de ces rencontres reste l’intervention du journaliste et chroniqueur de Xaalat TV, Boury Diakhaté, connu pour avoir joué un rôle important d’informateur et de relais médiatique durant la crise politique de 2021 jusqu’à l’accession du PASTEF au pouvoir. Face au public, il a déclaré : « Ousmane Sonko a lu Fanon, a compris Fanon et a pratiqué Fanon. » Une phrase forte qui a largement résonné dans l’assistance et qui résume l’orientation intellectuelle donnée à cette rencontre.
Autre intervention remarquée : celle de Mme Adji Codou Fall, qui a choisi de s’exprimer entièrement en wolof, dans une volonté assumée de valoriser les langues nationales comme vecteurs de transmission du savoir. Elle a rappelé que le Sénégal est à la fois « le pays de Senghor et celui de Cheikh Anta Diop », appelant à traduire davantage d’ouvrages en wolof et dans les langues africaines afin de rendre la pensée accessible au plus grand nombre. Bien que le Premier ministre n’ait pas assisté personnellement à l’événement, Oumar Dia a relayé sa vision durant les deux journées, revenant notamment sur les grandes lignes doctrinales du discours du 17 décembre 2025.
Au-delà des conférences et des discours, ces deux journées auront surtout porté une idée forte : celle d’une Afrique qui cherche désormais à penser son avenir avec ses propres références, ses propres langues et ses propres héritiers.
CULTURE
SENEGAL – Mao Sidibé célèbre le succès de « OYA » aux Raaya Awards
L’artiste Mao Sidibé a exprimé sa reconnaissance après la double distinction obtenue par son projet « OYA » lors des Raaya Musique Awards 2025. À travers un message publié sur ses réseaux sociaux, il a confirmé avoir remporté les prix du Meilleur clip vidéo et du Clip le plus instructif de l’année, saluant une étape importante dans son parcours artistique.
Dans cette publication, l’artiste adopte un ton empreint de gratitude, rendant grâce à Dieu tout en dédiant ces trophées à l’ensemble des personnes ayant contribué à la réalisation du projet. Il met particulièrement en avant ses collaborateurs, citant MaoProd, Defmaa Def et École des Sables, soulignant ainsi le caractère collectif et multidisciplinaire de « OYA ».
Au-delà de la récompense elle-même, cette double distinction vient renforcer la visibilité du projet, qui semble s’inscrire dans une démarche artistique à la fois créative et pédagogique, comme en témoigne le prix du clip « le plus instructif ». Elle met également en lumière la collaboration entre différents acteurs du secteur culturel sénégalais, allant de la production à la formation artistique.
La réaction de Mao Sidibé confirme donc l’attribution de ces deux prix et insiste sur la dimension humaine du projet. En revanche, peu d’éléments sont donnés sur l’impact global de ces distinctions ou sur la réception du clip au-delà de cette reconnaissance officielle.
Avec « OYA », Mao Sidibé consolide néanmoins sa présence sur la scène artistique et illustre une dynamique où création, transmission et collaboration occupent une place centrale.
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