AFRIQUE DE L’OUEST
SÉNÉGAL : Ouverture du procès de Lamine Diack à Paris
C’est ce lundi 8 juin 2020 que le procès de Lamine Diack, ancien patron sénégalais de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) et cinq autres prévenus, s’est ouvert au tribunal correctionnel de Paris. Il clame son annonce.
Lamine Diack est poursuivi pour corruption abus de confiance et blanchiment en bande organisée, précisément sur l’implication présumée dans un système de corruption destiné à protéger des athlètes russes dopés pour faire des compétitions. Il est accusé d’avoir touché des millions d’euros de pots-de-vin pour fermer les yeux, une enveloppe estimée à 3,45 millions d’euros.
Cinq autres personnes dont son fils Papa Massata Diack qui était ex-conseiller de l’IAAF sont également mis en cause dans cette affaire.
A la barre pour ce premier jour, Gabriel Dollé, 78 ans, ancien patron de l’antidopage à la Fédération internationale d’athlétisme, narre : selon lui, Lamine Diack l’avait sollicité en 2011 pour retarder les sanctions contre les athlètes russes qui étaient alors soupçonnés de dopage. Son solliciteur lui avait signifié que les comptes de la fédération étaient dans le rouge et qu’obtenir des sponsors russes était nécessaire et urgente voire crucial. Ils étaient à l’époque à quelques mois des JO de 2012.
L’ancien dirigeant est âgé de 87 ans est arrivée à l’audience le visage masqué mais debout. Les auditions vont durer six jours. Il risque dix ans de prison. L’accusation lui reproche précisément d’avoir dissimulé des dénonciations de dopage sur des athlètes russes en échange d’une enveloppe financière. Lamine Diack doit être entendu demain par les juges.
L’arrivée de Lamine Diack au tribunal : Images IkNews :
AFRIQUE
BURKINA FASO – Ibrahim Traoré célèbre quatre ans de pouvoir sous l’ombre de Sankara
Le 30 septembre 2026 marquera les quatre ans de l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré. Une durée qui correspond exactement à celle passée à la tête du Burkina Faso par Thomas Sankara entre 1983 et 1987. Une coïncidence hautement symbolique pour le dirigeant actuel, qui revendique ouvertement la filiation avec celui qu’il présente comme une référence majeure de l’histoire politique burkinabè.
Depuis son accession au pouvoir, Ibrahim Traoré multiplie les références à Sankara. Il le présente comme un « héros de la nation » et une « boussole », tout en affirmant vouloir maintenir le « flambeau de la renaissance » du Burkina Faso. Cette proximité revendiquée repose sur plusieurs similitudes : les deux hommes sont devenus dirigeants après un coup d’État militaire alors qu’ils étaient de jeunes capitaines, et tous deux ont placé la souveraineté nationale, le panafricanisme et l’autonomie économique au cœur de leur discours. Des travaux universitaires récents soulignent d’ailleurs la place centrale de la souveraineté et de la critique de la dépendance extérieure dans le discours de Traoré.
Thomas Sankara avait pris le pouvoir en août 1983, à 33 ans, en lançant ce qu’il appelait la « révolution démocratique et populaire ». Son programme reposait notamment sur l’autosuffisance, la réduction de certaines dépenses publiques, le développement rural, l’éducation, la santé et la promotion des droits des femmes. Son expérience s’est achevée brutalement en octobre 1987, lorsqu’il a été assassiné lors du coup d’État qui porta Blaise Compaoré au pouvoir.
Ibrahim Traoré tente aujourd’hui de s’inscrire dans cette continuité historique. Son gouvernement met en avant la transformation locale des ressources, le développement de la production nationale et le renforcement de certains secteurs industriels et agricoles. Le pouvoir revendique également des avancées dans les infrastructures et la mobilisation citoyenne autour de projets d’aménagement.
Cette politique économique occupe une place importante dans la communication du régime. Lors d’une récente intervention à la télévision nationale, Traoré a notamment défendu les réformes engagées depuis son arrivée au pouvoir et annoncé la poursuite de plusieurs chantiers économiques et institutionnels. Il a également évoqué la lutte contre la vie chère et la spéculation.
Mais la comparaison avec Sankara trouve rapidement ses limites lorsqu’elle est confrontée au contexte sécuritaire actuel. Le Burkina Faso est confronté depuis plusieurs années à une insurrection jihadiste qui affecte particulièrement plusieurs régions du pays. Le gouvernement de Traoré a fait de la reconquête territoriale et du renforcement des forces de défense une priorité centrale. Le chef de la junte affirme que des territoires précédemment contrôlés ou abandonnés ont été récupérés, même si certaines zones restent sous contrôle militaire et que le retour des populations demeure un enjeu.
Cette situation explique en partie la place prise par la sécurité dans le fonctionnement du pouvoir. Des volontaires civils participent notamment à l’effort de défense aux côtés des forces armées. Les autorités mettent également en avant l’amélioration des équipements militaires et le développement de certaines capacités de production locale.
Le rapport au pluralisme politique constitue une autre différence importante. Thomas Sankara avait lui-même supprimé les partis politiques après son arrivée au pouvoir, tout en présentant son expérience comme une révolution « démocratique et populaire ». Ibrahim Traoré, de son côté, assume un système politique qui ne se définit pas comme une démocratie électorale classique. Cette concentration du pouvoir et les restrictions imposées aux voix critiques alimentent les critiques de défenseurs des libertés publiques et d’analystes politiques.
Sur le plan international, les deux périodes sont également marquées par une volonté de réduire certaines formes de dépendance extérieure. Sankara défendait le non-alignement, l’émancipation économique et une plus grande autonomie des États africains. Le pouvoir actuel reprend une partie de cette rhétorique souverainiste et a profondément réorienté les partenariats internationaux du Burkina Faso, notamment après la rupture avec la France et le rapprochement avec la Russie. Avec le Mali et le Niger, Ouagadougou participe également à l’Alliance des États du Sahel. Des chercheurs décrivent cette continuité comme un élément majeur du discours politique de Traoré.
Quatre ans après son arrivée au pouvoir, Ibrahim Traoré reste donc fortement associé à la figure de Thomas Sankara. La référence est assumée par le dirigeant et occupe une place importante dans la communication officielle autour de la souveraineté, du panafricanisme et de l’autonomie économique. Mais les deux expériences politiques se déroulent dans des contextes très différents : celle de Sankara était centrée sur une transformation sociale et économique menée dans les années 1980, tandis que celle de Traoré est dominée par une guerre persistante, la militarisation de l’État et la recherche de nouveaux équilibres diplomatiques.
AFRIQUE
GUINÉE-BISSAU – Umaro Sissoco Embaló annonce son retour et sa candidature à la présidentielle
L’ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló prépare son retour sur la scène politique nationale. Depuis Brazzaville, il a confirmé sa volonté de participer à l’élection présidentielle prévue le 6 décembre 2026 et annoncé son retour en Guinée-Bissau pour le 4 octobre prochain. « Oui, je serai candidat », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à Jeune Afrique.
Cette annonce intervient près d’un an après son renversement par des militaires. Le 26 novembre 2025, alors que le pays attendait les résultats du scrutin présidentiel organisé quelques jours plus tôt, l’armée avait pris le contrôle des institutions et interrompu le processus électoral. Umaro Sissoco Embaló avait alors été arrêté avant de quitter le pays.
Depuis son départ, l’ancien chef de l’État a vécu hors de Guinée-Bissau. Son retour annoncé pour le 4 octobre doit ainsi marquer une nouvelle étape de son parcours politique, à quelques semaines d’un scrutin présidentiel dont les modalités s’inscrivent dans le processus de transition engagé après le coup d’État.
Dans son message annonçant son retour, Umaro Sissoco Embaló a appelé à une arrivée placée sous le signe de « l’harmonie, la tolérance et le respect mutuel ». Il affirme également vouloir placer l’intérêt national et la stabilité au-dessus des divergences politiques.
L’ancien président entend désormais reprendre pied dans le débat politique bissau-guinéen et défendre sa candidature à la présidentielle du 6 décembre. Il devrait porter les couleurs d’une « Plateforme républicaine », selon les informations publiées après son annonce.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – ONU : Diomaye Faye réaffirme son soutien à Macky Sall
En déplacement à New York dans le cadre de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé la position de Dakar concernant la succession d’Antonio Guterres à la tête de l’ONU. Dans un entretien accordé à RFI et France 24, le président sénégalais a confirmé son soutien à la candidature de son prédécesseur Macky Sall.
Pour le chef de l’État, cette candidature doit notamment être considérée à travers la question de la représentation du continent africain au sein des grandes instances internationales. Bassirou Diomaye Faye estime que le soutien à un candidat sénégalais peut s’inscrire dans une volonté plus large de renforcer la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale.
« Il est de notre devoir de le soutenir en tant que Sénégalais », a déclaré le président, soulignant que l’Afrique reste, selon lui, insuffisamment représentée dans les structures dirigeantes des Nations unies. Il a également estimé que l’expérience de Macky Sall pouvait servir cette ambition.
Cette prise de position s’inscrit dans la démarche diplomatique engagée par Dakar autour de la candidature de l’ancien président. Le Sénégal avait déjà officialisé son soutien à Macky Sall et engagé son appareil diplomatique à promouvoir sa candidature auprès des autres États membres de l’ONU.
Bassirou Diomaye Faye est également revenu sur le parcours de son prédécesseur à la tête du Sénégal. Évoquant les contraintes auxquelles Macky Sall avait été confronté durant son mandat, il a notamment fait référence à la question de l’endettement et à ses conséquences sur les ambitions du pays.
« Macky Sall a subi les affres de la dette qui l’ont plombé dans ses ambitions », a déclaré le président sénégalais lors de l’entretien.
La candidature de Macky Sall intervient alors que plusieurs personnalités sont engagées dans la course à la succession d’Antonio Guterres. Le processus fait l’objet d’une intense activité diplomatique, notamment à New York, où Bassirou Diomaye Faye multiplie les rencontres avec plusieurs dirigeants en marge de l’Assemblée générale.
La question de la prochaine direction des Nations unies a également été abordée lors de rencontres bilatérales du président sénégalais, notamment avec Emmanuel Macron. La présidence sénégalaise a confirmé que les deux dirigeants avaient évoqué l’élection du prochain secrétaire général de l’organisation, dont Macky Sall fait partie des candidats.
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