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AFRIQUE DE L’OUEST

COTE D’IVOIRE : Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé libérés sous conditions par la CPI.

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Quinze jours après avoir été acquittés par la Cour pénale internationale, devant laquelle ils étaient inculpés de crimes contre l’humanité, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont recouvré la liberté le 1er janvier 2019. « La chambre d’appel a décidé à l’unanimité l’ajout d’un ensemble de conditions qui assortissent la mise en liberté », a déclaré le juge président de la CPI, Chile Eboe-Osujidont.

Le 15 janvier dernier, la chambre de première instance avait décidé de la liberté immédiate et sans condition des deux hommes avant que le procureur ne fasse appel. La Cour pénale internationale a finalement prononcé la remise en liberté sous conditions de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, à l’issue de l’audience de ce vendredi 1er février. Les juges de la chambre d’appel ont décidé que les deux hommes peuvent désormais sortir de la prison de Scheveningen, où l’ancien président ivoirien et son ex-ministre étaient détenus depuis respectivement sept et près de cinq ans.

Avant de rendre sa décision – « qui va susciter de l’émotion » –, le président de la Chambre d’appel de la CPI a enjoint à la salle et au public de « rester calme ».

Les conditions d’une libération

Jugés pour des accusations de crimes contre l’humanité commis entre 2010 et 2011 en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont été acquittés le 15 janvier en première instance. Depuis ce retentissant acquittement, le maintien en détention des deux hommes était au cœur des débats devant la CPI, la défense ayant demandé une mise en liberté immédiate et inconditionnelle. L’accusation craignait que les deux hommes ne se présentent pas devant la Cour en cas d’appel.

Elle souhaitait qu’ils remettent leurs passeports et soient remis à la garde d’un pays proche des Pays-Bas. À ce stade, l’accusation attend toujours que les juges communiquent leur décision écrite. « Ce n’est qu’après un examen et une analyse approfondis de ces motifs que mon bureau va décider ou non d’interjeter appel », a déclaré vendredi la procureure de la CPI Fatou Bensouda.

En détention depuis plus de sept ans, Laurent Gbagbo était jugé pour des crimes commis pendant la crise de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l’actuel président ivoirien Alassane Ouattara. Les violences avaient fait plus de 3 000 morts en cinq mois. Il avait été arrêté en avril 2011 par les forces du président Ouattara, soutenues par l’ONU et la France. Il est le premier ancien chef d’État à avoir été remis directement à la CPI.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé étaient accusés de quatre chefs de crimes contre l’humanité : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, pour lesquels ils ont toujours plaidé non coupable. À la majorité, les juges de la chambre de première instance ont estimé que les preuves présentées par l’accusation étaient « exceptionnellement faibles ». Un seul juge a exprimé une opinion dissidente.

L’acquittement intervient à une période tendue en Côte d’Ivoire, à l’approche de la présidentielle de 2020, alors qu’Alassane Ouattara n’a pas dévoilé ses intentions et que la coalition formée avec Henri Konan Bédié, son ancien allié contre Gbagbo, a explosé.

Vers la Belgique

La Belgique a répondu favorablement à la demande de la Cour pénale internationale d’accueillir l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, libéré vendredi sous conditions, en raison de ses liens familiaux avec le pays.

La Belgique va accueillir l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté il y a deux semaines par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l’humanité et libéré vendredi sous conditions. « Répondant à une demande de coopération de la Cour pénale internationale, la Belgique a accepté d’accueillir Laurent Gbagbo, étant donné ses liens familiaux » avec le pays, a déclaré samedi 2 février un porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères, Karl Lagatie.

Selon la presse belge, la seconde femme de Laurent Gbagbo, Nady Bamba,  ans, épousée lors d’un mariage coutumier en 2001 et avec qui il a un fils, vit actuellement en Belgique. « Cela s’inscrit aussi dans le cadre de notre soutien aux juridictions pénales internationales », a expliqué le porte-parole du ministère, précisant ne pas savoir si l’ancien président ivoirien se trouvait déjà en Belgique. L’ancien dirigeant ivoirien devra, le cas échéant, « se tenir à tout moment à disposition de la CPI », a-t-il ajouté.

Blé Goudé dans l’attente d’un pays d’accueil

De son côté, Charles Blé Goudé, l’ex-chef du mouvement ivoirien des Jeunes Patriotes, également libéré vendredi sous conditions par la CPI, attend de trouver un pays d’accueil pour le recevoir, a déclaré samedi à l’AFP, son avocat Me Kouadio N’Dry Claver joint dans la même ville depuis Abidjan.

« M. Blé Goudé n’a fait aucune demande de liberté provisoire pendant sa détention, contrairement au président Gbagbo qui en avait 13 (…) Il faut laisser le temps à la machine diplomatique », a expliqué Me N’Dry Claver.

Laurent Gbagbo, 73 ans, et Charle Blé Goudé, ont été libérés vendredi par la CPI sous conditions, dont l’obligation de résider dans un État membre de la Cour en attendant un éventuel procès en appel. Dans leur décision, les juges n’avaient pas précisé le pays d’accueil, ni si un retour de l’ancien président dans son pays, qui fait partie des États membres, était envisageable.

Dans la soirée de vendredi, les deux hommes avaient quitté leur centre de détention à La Haye pour un lieu « transitoire » en attendant que leur destination finale soit déterminée.

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AFRIQUE

GUINÉE – Le terme « président putschiste » provoque une vive réaction de la HAC contre France 24

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Un différend oppose désormais la Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée à France 24. Le régulateur guinéen a mis en demeure la chaîne française après l’utilisation à l’antenne d’un qualificatif jugé inapproprié pour désigner le président Mamadi Doumbouya. La décision de la HAC fait suite à une édition d’information diffusée les 14 et 15 septembre.

Au centre de la controverse figure l’expression « président putschiste », employée par un présentateur pour évoquer le chef de l’État guinéen. La HAC estime que cette formulation ne respecte pas les exigences qu’elle impose aux médias en matière d’exactitude, d’impartialité et d’équilibre dans le traitement de l’information.

Le parcours politique de Mamadi Doumbouya est à l’origine de cette controverse. L’actuel président avait pris le pouvoir à la suite du coup d’État de septembre 2021. Il a ensuite été élu président en décembre 2025, avant son investiture en janvier 2026. C’est précisément cette élection que la HAC met en avant pour contester l’emploi du terme utilisé par France 24.

Dans sa décision, l’autorité de régulation reproche à la chaîne d’avoir présenté le chef de l’État sous une appellation qu’elle considère comme incompatible avec son statut actuel de président élu. Elle a demandé à France 24 de procéder aux corrections éditoriales nécessaires sur ses différentes plateformes et a averti qu’elle pourrait prendre des sanctions en cas de récidive.

L’affaire a toutefois connu un nouveau développement. France 24 a finalement diffusé un rectificatif à l’antenne, reconnaissant une erreur dans l’utilisation du qualificatif et rappelant que Mamadi Doumbouya était arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2021 avant d’être élu président en 2025.

Le dossier ne s’est cependant pas arrêté à la mise en demeure. Jeudi 17 septembre, la HAC a annoncé l’interdiction de diffusion de France 24 en Guinée avec effet immédiat, sur l’ensemble du territoire et par différents moyens de diffusion. L’autorisation de la chaîne a également été révoquée et les accréditations de ses correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs retirées.

Cette décision intervient dans un contexte déjà tendu entre les autorités guinéennes et plusieurs médias. La HAC a également pris récemment des mesures concernant d’autres acteurs de la presse, notamment le retrait de l’accréditation d’un correspondant de Jeune Afrique.

Le différend autour de France 24 illustre ainsi les tensions persistantes autour du traitement médiatique de la transition politique puis de la nouvelle présidence guinéenne. Alors que la chaîne a procédé à un rectificatif, le régulateur a finalement choisi de durcir sa réponse en suspendant sa diffusion dans le pays.

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AFRIQUE

GAMBIE – Électricité, commerces, hôpitaux : une crise énergétique qui paralyse le pays

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La crise de l’électricité continue de perturber fortement la vie quotidienne en Gambie. Depuis juin, les délestages se multiplient et leur durée s’est considérablement allongée ces dernières semaines, au point de provoquer d’importantes difficultés pour les ménages, les commerces et plusieurs secteurs essentiels.

À Tanji, certaines coupures ont duré entre 12 et 48 heures. Dans plusieurs quartiers, les habitants ont passé des nuits entières sans éclairage et ont dû trouver des solutions de fortune pour préserver leurs denrées alimentaires ou maintenir leurs téléphones chargés. L’approvisionnement en eau a également été interrompu pendant plusieurs heures dans certaines zones.

La situation a également eu des répercussions sur les activités économiques. Les vendeurs de poisson figurent parmi les professionnels les plus durement touchés. Sans réfrigérateurs fonctionnels, la conservation des produits devient difficile et le recours aux blocs de glace représente un coût supplémentaire. Dans le même temps, la fréquentation des commerces a fortement diminué en raison de l’absence d’électricité.

Les petites activités dépendantes du courant électrique sont elles aussi affectées. Des opérateurs de moulins, des artisans et d’autres travailleurs ont été contraints de réduire ou d’adapter leurs activités. Certains utilisent désormais des équipements fonctionnant sans électricité afin de continuer à travailler malgré les longues périodes de délestage.

Les conséquences se font également sentir dans les établissements de santé. Des structures médicales ont dû s’appuyer sur des groupes électrogènes pour assurer la continuité de leurs services, avec toutefois des difficultés lorsque ces équipements rencontrent à leur tour des problèmes techniques.

Face à la multiplication des perturbations, la National Water and Electricity Company (NAWEC), principal fournisseur gambien d’électricité, avait évoqué plusieurs facteurs pour expliquer la situation. L’entreprise avait notamment cité l’augmentation de la consommation liée aux fortes températures, des difficultés concernant les importations d’électricité ainsi qu’un incident technique.

La question financière constitue également un élément important. Le président Adama Barrow avait reconnu en juin l’existence d’arriérés dus à la Senelec, la compagnie publique d’électricité du Sénégal. Ces difficultés financières compliquent les efforts visant à garantir un approvisionnement régulier en énergie.

L’exaspération de la population a débouché la semaine dernière sur deux nuits de manifestations spontanées. Des routes ont été bloquées dans certains secteurs et des protestataires ont demandé le départ du chef de l’État, dans un contexte marqué par une forte dégradation des conditions de vie liées aux coupures.

Cette crise intervient à quelques mois de l’élection présidentielle prévue le 5 décembre. Alors que la pression monte, Adama Barrow a promis une amélioration de l’approvisionnement électrique d’ici la fin du mois d’octobre.

D’ici là, les habitants et les acteurs économiques restent confrontés à une situation qui affecte aussi bien leurs activités professionnelles que leur quotidien, tandis que les autorités sont attendues sur des solutions permettant de stabiliser durablement le réseau électrique.

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AFRIQUE

SÉNÉGAL – À Washington, Bassirou Diomaye Faye joue la carte du FMI pour renforcer les finances du pays

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Le Sénégal poursuit son offensive diplomatique et financière pour accélérer la mise en place de son nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Après l’accord conclu au niveau des services du Fonds le 1er septembre, le président Bassirou Diomaye Faye s’est entretenu mardi à Washington avec la directrice générale de l’institution, Kristalina Georgieva. Les deux parties ont affiché leur volonté de faire avancer rapidement le processus.

Le nouvel accord porte sur un programme triennal d’environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1 244 milliards de francs CFA, destiné à accompagner les réformes économiques et financières engagées par Dakar. Le projet doit encore être soumis au conseil d’administration du FMI. Aucun calendrier définitif n’a pour l’instant été annoncé pour cet examen.

Pour le gouvernement sénégalais, l’enjeu est désormais de transformer l’accord technique en programme effectivement approuvé. Un premier décaissement ne pourra intervenir qu’après le feu vert du conseil d’administration du Fonds et ne correspondra pas à l’intégralité de l’enveloppe annoncée.

Au cœur des discussions figure la question de la soutenabilité de la dette. Les autorités sénégalaises ont engagé un plan de traitement de la dette destiné à améliorer progressivement la situation financière du pays et à dégager de nouvelles marges de manœuvre pour financer les priorités publiques. La dette du secteur public et parapublic avait été estimée à 132 % du PIB à fin 2024 par le FMI.

Dakar doit également poursuivre les réformes visant à renforcer la gestion des finances publiques, améliorer la transparence budgétaire et contenir les vulnérabilités liées à l’endettement. Le nouveau programme négocié avec le FMI prévoit notamment des mesures destinées à consolider les comptes publics et à favoriser une croissance davantage portée par le secteur privé.

Dans cette stratégie, le Sénégal cherche également à obtenir le soutien de ses autres partenaires financiers. Le président Bassirou Diomaye Faye a rencontré le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, avec la question du traitement de la dette au titre du Cadre commun du G20 au centre des échanges. La Banque mondiale a indiqué vouloir accompagner Dakar dans ce processus.

Le séjour américain du chef de l’État a aussi été consacré à la recherche de nouveaux investissements. La société américaine Cybastion a annoncé un engagement de 300 millions de dollars destiné à accompagner plusieurs projets liés notamment à la cybersécurité, à la digitalisation et au transfert de technologies au Sénégal.

Après Washington, Bassirou Diomaye Faye doit poursuivre son déplacement aux Émirats arabes unis. Cette étape s’inscrit dans la volonté affichée par Dakar de diversifier ses partenariats économiques et ses sources de financement, alors que le pays cherche simultanément à rétablir l’équilibre de ses finances publiques, à sécuriser l’appui du FMI et à attirer davantage de capitaux privés.

Pour le Sénégal, les prochaines semaines seront donc déterminantes : l’approbation du programme par le FMI constituera une étape majeure avant les premiers financements, tandis que les discussions sur la dette et les efforts de mobilisation des investissements devront se poursuivre en parallèle.

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