CULTURE
SÉNÉGAL – « La Philosophie à l’épreuve des nanotechnosciences » : Le second livre de Thierno Guèye
L’enseignant-chercheur à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Thierno Guèye, vient de publier La Philosophie à l’épreuve des nanotechnosciences. Un ouvrage dont la première partie, Critique des nanotechnologies, a été publiée, en 2020, aux Éditions Peter Lang Publishing à New York. Le premier ouvrage a été préfacé par le chimiste Christian Joachim, directeur de recherche au CNRS, en charge des Nanosciences du Centre d’Elaboration des Matériaux et d’études structurales (CEMES) de Toulouse, et le second par Serge Robert, professeur titulaire au département de philosophie de l’Université du Québec à Montréal.
L’auteur sénégalais, Thierno Guèye, a publié deux ouvrages, Critique des nanotechnologies et La Philosophie à l’épreuve des nanotechnosciences, tirés de sa thèse de doctorat. Dans la préface du premier essai, Christian Joachim déclare que Thierno Guèye fait œuvre de géographe scientifique. Il part, selon lui, en nano avec la bonne intention d’en borner les chemins et d’en apprécier les nuances qui permettent de passer d’une nano-vallée à une autre. Et la liste des nano-vallées est longue : nano-médecine, nano-crédit, nano-droit, nano-machines, nano-lithographie, nano-production, nano-lessives… nano-bactéries… « Il faut ici reconnaître le très beau travail de Thierno Guèye reprenant mot à mot l’histoire du nano depuis ses débuts étymologiques en Grèce où « nanno » n’était qu’un nom propre affectueux sans rapport avec une activité scientifique ou technique jusqu’aux finesses de l’écriture atome par atome de notre époque », a-t-il déclaré.

Le second livre se propose de réaliser le projet ambitieux d’établir les fondements d’une épistémologie des nanotechnosciences. Il s’agit d’une analyse de philosophie des sciences portant sur cet objet nouveau et de grande importance scientifique, économique, politique et sociale. Alors que la plupart des travaux de recherche en sciences humaines sur les nanotechnologies portent sur leurs dimensions sociales, éthiques, politiques ou économiques, souligne pour sa part Serge Robert, la thèse de Guèye a, indique-t-il, une orientation fortement épistémologique. « L’essai qu’il présente ici à la communauté scientifique est issu de cette thèse et fait précisément un lien qui nous manquait entre la littérature en philosophie des sciences et le développement des nanotechnologies. Dès lors, l’angle d’approche du phénomène nano est ainsi d’entrée de jeu original », déclare-t-il.
Thierno Guèye est double docteur en philosophie de l’Université de Grenoble et de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM). Depuis 2019, il est enseignant-chercheur et formateur à la Faculté des Sciences et Technologies de l’Éducation et de la Formation de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (FASTEF, U.CAD). Il a été professeur à l’Institut de Technologie Agroalimentaire du Québec (ITA), a fondé Covoyagement et est éditeur à EJO Wolof Books. Il est aussi titulaire d’un master de Science Po Toulouse et d’un DEA de l’U.CAD. Il a inventé la méthode « Québégalaise » pour faire lire les textes aux étudiants.

CULTURE
SÉNÉGAL – OUMY dévoile « Fleur d’Hibiscus », un EP entre introspection et ouverture internationale
Le label DD Records a officialisé, ce 3 juillet 2026 à Dakar, la sortie de Fleur d’Hibiscus, le nouvel EP de l’artiste sénégalaise OUMY, désormais disponible sur les principales plateformes de streaming et de téléchargement.
Avec ce projet de sept titres — Sama Khol, Motto, Addiction, No Bayi, 4 Avril 1960, Sur les plages de Saly et Fleur d’Hibiscus — la chanteuse propose une œuvre introspective, articulée autour d’un processus de reconstruction personnelle et d’affirmation identitaire.
Selon le communiqué du label, cet EP met en lumière « le parcours d’une femme qui se reconstruit », en valorisant des thématiques telles que l’amour de soi, la résilience et l’attachement aux racines culturelles.
Sur le plan musical, OUMY amorce une évolution notable en intégrant de nouvelles influences sonores, tout en conservant une base artistique ancrée dans les rythmes sénégalais. Ce positionnement hybride vise à toucher un public élargi, dans une approche à la fois moderne et orientée vers l’international.

Le projet est produit par Conscious Music Group, que l’artiste a récemment intégré, et distribué par Warner Music Africa. Il résulte également d’une collaboration entre des équipes basées au Sénégal et des partenaires installés en France, illustrant une stratégie de développement transnational.
Cette sortie s’inscrit dans une dynamique de tournée déjà amorcée en Europe et au Royaume-Uni, confirmant l’ambition de l’artiste de promouvoir la musique sénégalaise sur la scène internationale.
CULTURE
MAROC – Festival Gnaoua : Un pont entre traditions et modernité
À Essaouira, la 27ᵉ édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde s’est ouverte comme le veut la tradition par la grande parade des confréries, un moment emblématique qui transforme les ruelles de la médina en une scène vivante de rythmes et de couleurs.
Porté par les maâlems venus de tout le Maroc, cet événement s’impose, année après année, comme un carrefour incontournable des musiques du monde, réunissant plus de 300 000 festivaliers pour cette édition.
Pour Neila Tazi, fondatrice du festival, cette rencontre artistique dépasse la simple célébration musicale. Elle s’inscrit dans une démarche de réhabilitation d’une mémoire africaine longtemps marginalisée, celle de la culture Gnaoua, héritière de l’histoire des populations subsahariennes et de leurs descendants.
Parmi les temps forts, le retour sur scène du bassiste camerounais Richard Bona a marqué les esprits, attirant une foule impressionnante sur la scène Moulay Hassan. L’artiste a souligné les liens profonds qui unissent les musiques africaines, au-delà de leurs expressions régionales, à travers une grammaire rythmique commune.
Le festival a également mis en lumière les nouvelles générations, à l’image du maâlem Mehdi Qamoum, qui a proposé une création originale en collaboration avec le Harlem Spirit of Gospel, illustrant la rencontre entre traditions gnaoua et gospel, deux formes musicales issues de racines spirituelles et historiques proches.
Au fil des années, Essaouira s’est affirmée comme un véritable laboratoire artistique où les traditions africaines dialoguent avec les influences du monde entier. Une dynamique qui conforte le rôle du festival en tant que plateforme de création, de transmission et de valorisation des patrimoines culturels.
Cette 27ᵉ édition confirme ainsi la vitalité d’un rendez-vous unique, tourné vers l’avenir, et déjà attendu pour poursuivre cette aventure musicale en 2027.
CINÉMA
SÉNÉGAL – Cannes : Mia Guissé célèbre Coumba Gawlo comme ambassadrice
a présence de Coumba Gawlo au Festival de Cannes dépasse le simple cadre d’une apparition sur tapis rouge. Elle s’inscrit, aux yeux de Mia Guissé, dans une logique plus profonde de représentation culturelle et d’affirmation identitaire.
En réaction à cette participation, Mia Guissé a choisi d’adopter une lecture valorisante, mettant en avant la portée symbolique de cette visibilité internationale. Dans son message, elle souligne moins l’événement en lui-même que ce qu’il incarne : une vitrine du Sénégal à l’échelle mondiale, portée par une artiste dont le parcours fait désormais figure de référence.
Une présence interprétée comme un acte de représentation
Loin de réduire cette apparition à une exposition médiatique, Mia Guissé y voit un acte de projection culturelle. Elle décrit Coumba Gawlo comme une incarnation de l’élégance et de la beauté noire, mais surtout comme une ambassadrice d’un héritage artistique sénégalais sur une scène internationale prestigieuse.
Cette lecture repositionne le rôle des artistes dans des espaces comme Cannes : au-delà du spectacle, ils deviennent des vecteurs d’image et d’influence, capables de traduire une identité nationale à travers leur posture et leur trajectoire.
Une reconnaissance intergénérationnelle assumée
Le message de Mia Guissé s’inscrit également dans une logique de transmission. En saluant le parcours de Coumba Gawlo, qu’elle qualifie de « légende vivante », elle met en lumière une continuité entre générations d’artistes sénégalaises.
Cette reconnaissance dépasse l’hommage ponctuel : elle traduit une volonté de valoriser des trajectoires inspirantes, perçues comme des repères dans un environnement artistique en constante évolution. Le succès individuel devient alors un levier collectif, nourrissant l’ambition des nouvelles figures de la scène musicale.
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