CULTURE
Amadou Lamine Sall ouvre la voie aux jeunes talents – Sénégal Njaay – Senegal-njaay.com
Une discussion profonde et captivante avec Amadou Lamine Sall, éminent poète sénégalais, révélant sa décision de céder les Rencontres Poétiques Internationales de Dakar à la jeune génération. Cette entrevue passionnante dévoile les raisons, les défis et les espoirs que le poète a pour l’avenir de la poésie au Sénégal et dans le monde.
Propos recueillis par Fatou Kiné Sène, Cheffe du Service Culture et Loisirs Société Nationale-Agence de Presse Sénégalaise (SN-APS)
1- Vous semblez annoncer votre retraite en cédant les Rencontres Poétiques Internationales de Dakar aux jeunes poètes ?
Oui, mais le mot « retraite » n’est pas le bon mot. Je m’efface pour faire de la place aux jeunes poètes. Il faut et il est temps qu’ils apprennent à dépasser l’espace national pour celui international et mondial. Depuis 1998, j’ai créé et piloté ces Rencontres Internationales de poésie. J’ai fait ce que j’ai pu. J’ai mis en place deux prix importants : le prix international Léopold Sédar Senghor et le prix de la MAPI pour les jeunes poètes. Dakar et le Sénégal ont été montré au monde. Aux jeunes de prouver leur capacité de mobilisation, de rigueur, de travail et d’innovation.
2- Pourquoi cette option ?
Ce n’est pas une option. C’est un désir de céder la place aux jeunes poètes pour qu’ils soient plus visibles et plus motivés.
3- Qu’est-ce qui vous pousse à avoir confiance aux jeunes poètes et en pensant qu’ils pourront perpétuer ce legs ?
Si vous ne faites pas confiance aux jeunes, à qui donc feriez-vous confiance ? Les cycles, il faut les respecter, les laisser s’installer, en espérant que le savoir-faire et le savoir être soient au rendez-vous. Les nouveaux cycles font peur car les nouveaux arrivants sont plombés par des conjonctures économiques et sociales effrayantes, sans compter le plus désastreux : le manque de culture et l’analphabétisme ! Ces deux monstres réunis par le monde, sont l’annonce d’une 3ème guerre mondiale ! Je viens d’apprendre que les États-Unis d’Amérique sont parmi les premiers pays ou l’analphabétisme est le plus élevé chez les Noirs et pire encore chez les Blancs, puisqu’ils sont les plus nombreux ! L’école publique s’est affaissée. Un élève de CM2 au Sénégal, me dit mon interlocuteur américain, est plus cultivé qu’un lycéen américain en classe de terminale. Les enseignants dans le public ont un niveau bas et alarmant insoupçonné. Comment est-ce possible demandais-je pour une première puissance mondiale ? Réponse : le système politique est féroce, dominant, richissime, manipulateur et n’a aucun intérêt à ce que le plus grand nombre des citoyens américains électeurs soient instruits. L’école privée coûte 100 fois la peau des fesses et inaccessible aux pauvres ! Pour revenir à la poésie, à la littérature, à l’écriture, à la dignité humaine tout simplement, il faut du savoir, le respecter et l’acquérir. Nos hommes politiques en Afrique, hélas, en sont les plus démunis. Le pouvoir, l’argent, le paraitre, les tirent vers le bas. Aidons notre jeunesse à être cultivée, à respecter le savoir.
4- Vous avez organisé pendant dix éditions cette biennale de la poésie internationale à Dakar donc cela fait vingt ans d’existence, quel bilan en retenez-vous ?
Un solide et merveilleux bilan : une nouvelle génération de poètes est née et sans âge. Il faut en citer, cela fait du bien : Fally Diaïté Kaba, Moustapha Dieng, Saliou Ndiaye, Arfang Sarr Crao, Abdoulaye Fodé Ndione, Amadou Lamine Ba, Pape Samba Kane si habité, Meïssa Maty Ndiaye, Gorgodio Sow. J’en oublie et des meilleurs. De très grands poètes internationaux ont visité le Sénégal, rencontré et échangé avec son président de la République. Ils sont repartis chez eux fous de notre pays et de son peuple. Des recueils de poésie en nombre ont été édités, publiés, promus. De jeunes poètes ont voyagé loin pour aller découvrir d’autres cultures par la poésie. Des co-éditions réussies ont été réalisées qui ont porté loin la poésie sénégalaise. Des poètes sénégalais ont été distingués à l’étranger et traduits dans des langues étrangères. Oui, le bilan est total. Le Sénégal moderne fondé par un poète a montré au monde que la poésie restait un poste budgétaire important dans la marche de l’humanité, même si elle n’était pas la voix dominante.
5- Qu’est-ce qui a fait le plus votre fierté pour cette organisation que vous avez portée ? Et votre regret ?
Avoir démontré au monde que le Sénégal restait un pays de poésie, d’écriture, de culture. Regret ? Aucun ! Rien que de la fierté dans l’humilité !
6- Pourquoi invitez-vous à une réforme du « Grand Prix du Chef de l’État pour les Arts et les Lettres » après plus de trente ans d’existence?
Vous ne seriez pas tranquille si vous ne m’aviez pas posé cette question ! Avec d’autres confrères, vous avez tellement insisté sur cette question que j’ai abordée dans mon discours d’ouverture au musée Senghor le 13 novembre dernier lors de la 10e édition des Rencontres Poétiques Internationales de Dakar. Je n’ai fait que rappeler l’historique de ce Prix que j’ai initié en 1990 quand j’étais arrivé dans le cabinet du ministre de la Culture du Président Abdou Diouf, notre regretté Moustapha KA. Un esthète ! En même temps que ce Prix, j’avais proposé la création d’une Biennale internationale des arts et des lettres, Biennale que j’ai dirigée durant deux éditions avant de quitter le secrétariat général, remplacé par le très talentueux Rémy Sagna qui hérita d’une Biennale de l’art africain contemporain que l’UE nous imposa, à l’époque. Revenons au Grand Prix du président de la République pour les arts et les lettres. J’avais proposé l’appellation suivante : « Grand Prix de la République pour les arts et les lettres » ! Nous attendions la réponse du Président Diouf. La réponse vint de Monsieur le Secrétaire Général de la présidence de la République de l’époque : Jean Collin. Sa correspondance indiquait : « Grand Prix du président de la République » ! Cette option fut notée et acceptée ! J’ai demandé, pour répondre, à votre question, de retourner à la formule « Grand Prix de la République » ! La République nous gouverne tous et c’est elle seule qui restera après nous ! Je suis un fou de la République ! Elle est sacrée et rien ne doit être au-dessus d’elle ! Mais le plus important que j’ai encore dit et proposé, c’est de doter ce Grand Prix d’au moins 50 millions de FCFA, si ce n’est plus. J’ajoutai que le jury de ce Grand Prix devait également être intraitable, pour ne pas en dire plus ! Un ami a proposé la création du « Grand Prix du plus mauvais livre de l’année » ! Génial ! « Il risque d’être mieux acheté et mieux lu que l’autre », ajoute-t-il, sans rire !
7- Qu’est-ce qui fait la différence avec ce que vous proposez « Grand prix de la République… » ?
J’y ai déjà répondu !
8- Vous demandez aussi la mise en place d’un jury soigneusement élu et d’une hausse de la récompense ? Une invite lancée également aux capitaines d’industrie pour la création de Grands Prix ?
J’ai déjà, en partie, répondu à cette question. ! En revanche, pour ce qui ressort des capitaines d’industrie dont j’ai parlé, il s’agit de les pousser avec leur colossale fortune pour certains, à rester dans l’histoire en créant de Grands Prix internationaux fortement dotés, comme le Nobel et récompensant nombre de discipline. C’est le cas du Prix Goncourt. L’État doit être relayé. A la vérité, un État n’est pas fait pour créer des Prix littéraires ou scientifiques. Des titres et des décorations, oui ! On dit que tout ce que l’État protège, meurt. Ce n’est pas toujours vrai, mais la création de Prix devrait lui être épargné ! J’ai évoqué la très forte vision culturelle et artistique du feu Colonel Kadhafi qui tenait à mettre en place un Grand Prix africain équivalent au Nobel, 10 fois mieux doté et qui récompenserait à la fois les fils de l’Afrique mais aussi tous ceux qui, par le monde, se distinguent par leur génie dans telle ou telle discipline. Je m’étais battu pour ce prix rêvé par Kadhafi et dont il m’avait personnellement parlé à Acra, au Ghana, lors d’un Sommet de l’Union Africaine. J’avais souhaité voir ce Prix mis en place, quand mon cher Président Macky Sall occupait le poste de Président de l’Union Africaine. Toujours marquer l’histoire, élever la pensée, distinguer le savoir.
9- Comment appréciez-vous le fait que le chef de l’État par décret choisit les lauréats du Grand Prix du chef de l’État ?
Il n’y a que vous Fatou Kiné, pour poser une telle question ! Elle aurait pu ne pas être embarrassante, mais elle l’est ! Par contre, ce qu’il faut d’abord savoir et saluer, c’est la générosité du professeur Aliou Sow, ministre en charge de la Culture et du Patrimoine, de vouloir distinguer deux très grandes figures de notre littérature : Cheikh Hamidou Kane et Aminata Sow Fall. Qu’Allah les garde encore longtemps, longtemps parmi nous ! C’est cette forte et si noble symbolique de Monsieur le ministre, qu’il faut retenir et mettre en avant. Mais, on aurait pu agir autrement en sortant de ce décret et de ce Grand Prix, en créant autre chose encore plus puissant, plus original, pour mettre à l’honneur ces deux écrivains. Mais ce qui a été fait est grand, beau et généreux.
10- Le Mémorial de Gorée revient au-devant de la scène, après quelques mois d’incertitude. Vous-même, vous avez eu à faire une sortie sur un supposé abandon du projet. Aujourd’hui la confiance semble-t-elle renaitre après cette audience avec le Chef de l’État ?
Depuis trente ans, je veille, je me bats contre des puissances malveillantes et des pouvoirs qui me dépassent, pour faire bâtir ce projet international, laboratoire des droits de l’homme, pour que plus jamais l’humanité n’assiste à un tel génocide ! Macky Sall, sublime, affectueux, généreux, informé et décisif, m’a tenu la main et dans cette immense obscurité du pouvoir et des jeux d’intérêts inimaginables, sa lampe et sa voix rassurante, ne m’ont jamais quitté. Il devait lui-même inaugurer le Mémorial de Gorée sur la corniche ouest de Dakar avant de quitter le pouvoir. Tout, tout avait été mis en place. Le Diable qui rode est venu subitement s’installer dans un fauteuil qui n’aurait pas dû être là. Je n’ai jamais été autant habité par la douleur, la tristesse, la rage. Échappant au Diable, Macky Sall est redevenu Macky Sall : prévenant, attentif, éveillé, sensible, bon, fidèle à lui-même et à ses principes. Sa noblesse a triomphé ! Je l’ai rencontré et ensemble, avec Dieu, il a éclairé le chemin et libéré toutes ses promesses de réaliser ce projet culturel qui, dans l’histoire, restera son joyau et son patrimoine de la mémoire face aux générations futures. Nous reparlerons mieux de cet homme d’État quand il aura quitté le pouvoir. Il existe un temps qui ne peut être chanté que quand il y a le silence. Le temps des poètes et des écrivains n’est pas le temps des politiques. Puisse le bien et le beau l’emporter sur le mal, la haine, la vengeance ! Ceux qui ne veulent pas se coucher avec le soleil, veilleront mais sans yeux, sans oreille et sans mémoire. Les Sénégalais dorment toujours avec Dieu !
11- A l’Assemblée nationale, le ministre Aliou Sow a parlé d’une délocalisation du projet de son site initial. Vous, vous nous avez parlé de son maintien sur le site de la Corniche ouest ! Qu’est-ce qui a amené ce changement entre jeudi (Assemblée nationale) et vendredi (audience avec le président de la République) ?
Encore du Fatou Kiné ! Indéboulonnable dans ses approches curieuses ! Vous avez l’oreille fine et vous aimez les détails cachés. Vous ne serez pas servie, puisque rien de fondamental ne s’est passé, en vérité. Vous êtes loin d’imaginer combien, depuis Abdoulaye Wade, le site du Mémorial sur la corniche fait saliver des puissances d’argent et des corsaires de haute mer. J’ai failli laisser ma vie dans le combat de préservation de ce site. Notre chance, c’est Macky Sall. Le Président, très vite, a tout compris. Avec l’autorité qu’on lui connait et sa sérénité désarçonnant, il a tout déconstruit. Sa fidélité et son amour pour le projet du Mémorial ont pris le pas sur toutes les avides convoitises. Le Mémorial de Gorée ne saurait rivaliser avec un projet, serait-il générateur de milliards de dollars pour le Trésor public ! Le Président Sall, très vite, a tranché. La culture a triomphé ! La générosité a triomphé. Notre gratitude est infinie. Tout le reste est derrière nous ! Avançons avec le Président !
12- Quels sont les bienfaits de ce Mémorial pour le Sénégal, pour l’Afrique et le monde ?
Ce sont justement ces bienfaits sur lesquels vous m’interrogez, qui ont sauvé ce projet entre les mains d’un décideur politique inspiré, généreux, cultivé et pointilleux sur les enjeux de mémoire. Le Président Macky Sall m’a invité à l’accompagner en Guadeloupe lors de l’inauguration du Mémorial Act, érigé dans les Caraïbes. L’Amérique aussi a bâti son Mémorial à New-York. Restait l’Afrique. Le Président Sall s’est engagé devant son continent, devant le monde à la tribune des Nations Unies, face aux diasporas noires de toutes les couleurs, à fermer le triangle en réalisant au Sénégal, à Dakar, face à l’océan, le Mémorial de Gorée. Il lancera le chantier en janvier 2024. Je demande au futur président de la République du Sénégal de l’inviter à venir, à ses côtés, inaugurer ce monument de la mémoire dont il a été le chef cuisinier ! Le Mémorial de Gorée sera un joyau pour la ville de Dakar. Il sera notre Tour Eiffel de la mémoire, du deuil, du recueillement, du pardon ! Dans sa phase de réalisation comme à son achèvement, il sera un grenier de créations d’emplois. Il sera doté d’un embarcadère avec deux chaloupes. L’une desservant l’île de Gorée depuis la corniche ouest, l’autre, comme l’a voulu le Président Sall lui-même, desservira l’ile des Madeleines qui fait face au Mémorial. Une étude nous révèle que plus de 800 mille personnes visiteront le Mémorial quand il sera inauguré. Un chiffre d’affaires annuel de trois milliards sera généré par les activités du Mémorial : visites, chaloupes, restaurations, parkings, commerce des boutiques, autres dérivés divers et multiformes. Le Mémorial de Gorée est un projet culturel et économique d’envergure internationale jamais réalisée en Afrique. Il sera le phare du Sénégal.
13- Vous critiquez ces prédateurs du site du projet que vous jugez de « manque de culture. L’irrespect au savoir. La rage du seul profit », pourquoi un ton si sévère ?
Il arrive un moment où il faut arrêter la langue de bois et les métaphores poétiques. Trente ans face à des hyènes et des serpents sans pitié, vous transforment un homme. Encore que vous me citiez dans des termes que j’ai voulus dépouillés mais fermes. J’ai appris, même dans la colère et le dépit, à être respectueux. Le manque de culture, l’irrespect au savoir, le combat reptilien d’annihiler et de détruire le projet du Mémorial de Gorée avec tout ce qu’il porte de puissant, de deuil, de recueillement, de respect de la mémoire des millions d’africains morts ou déportés aux Amériques, sont inacceptables et relèvent d’esprits malades et faisandés. Comment un être normalement constitué peut-il combattre un tel projet qui touche ce que l’homme noir a subi de plus tragique et de plus humiliant ? Le Mémorial de Gorée ne relève pas et ne peut pas relever d’un problème d’argent. Il transcende l’argent et le dépasse. Il fait partie de notre âme, de notre passé, de notre avenir dans le pardon et non l’oubli.
14- Les travaux seront lancés en janvier à quelques mois du départ du président Macky Sall Êtes-vous confiant que son successeur va continuer le chantier ?
Ce n’est pas une bonne question. Elle n’a même pas lieu d’être. Ce chantier n’a pas à être continué. Il est. Il continue. Il est son propre métronome. Tous les candidats actuels à l’élection présidentielle de février 2024 militent pour ce projet de mémoire soutenu par la communauté internationale et toutes les diasporas africaines. Comment, par ailleurs, un Chef d’État normalement constitué pourrait-il refuser ou oser renier un tel projet de mémoire voulu, salué et attendu par toutes les femmes, tous les hommes de paix et de concorde ? La culture est notre avenir. La paix notre repos.
15- C’est un projet de 100 milliards. Qui finance ?
Commencez par vérifier vos sources et vos chiffres ! Pourquoi vous raffolez des chiffres ? Toujours l’argent, combien a-t-on dépensé ? Il est des projets culturels, des projets sociaux, des projets économiques dont les fonds qui les sortent de terre sont appelés des « fonds liés » ! Ce qui veut dire que l’argent alloué pour acheter des tomates ne peut pas être utilisé pour acheter de la salade ! Où ce sont les tomates, ou ce n’est rien d’autre. Vous demandez « qui finance ? » Cela ne devrait pas être une question ! Dieu, Macky Sall, les prières des Sénégalais dans leur bonté, les vœux de toutes les diasporas, les fonds internationaux, voilà des pistes pour aller chercher et trouver « qui finance. » Si vous saviez le nombre d’États qui ont proposé de prendre part au financement du projet du Mémorial ! Le Président Sall, dans sa grâce, son pragmatisme, sa générosité et son noble orgueil, a toujours dit : « C’est à nous de bâtir le Mémorial et nous le bâtirons ».
16- Une critique avait été émise par le ministre Abdou Latif Coulibaly dans un de ses ouvrages attirant l’attention sur une ‘’ressemblance confondante’’ des plans architecturaux du futur monument dénommé ‘’Mémorial de Gorée’’ avec ‘’La Tour des Arabes’’, un des principaux éléments de l’attrait touristique de Dubaï, qu’en pensez-vous ?
Je n’en pense rien. Je n’ai pas lu cet « ouvrage » dont vous parlez. Envoyez-moi le titre et la page dès lors que vous avez lu cet ouvrage et la critique que vous évoquez. Laissons Monsieur le ministre Abdou Latif Coulibaly tranquille et avançons. Ce Mémorial nous appartient à tous. Ils nous fédèrent. C’est d’ailleurs ici, pour moi, l’occasion de dire ici merci à tous les ministres de la Culture du Président Macky Sall qui ont, chacun à sa manière et selon son cœur, porté le projet du Mémorial de Gorée. Mes pensées et mes prières infinies vont particulièrement à feu le ministre Abdoul Aziz Mbaye. Un solide et admirable intellectuel, un frère et un ami attachant qui me manque et qui me manque beaucoup, beaucoup, comme Madame Assa Keïta, mon assistante chérie et si bien-aimée qui était la mémoire chantante du Mémorial de Gorée. Dieu, accueille-les donc dans tes jardins les plus parfumés !
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BEAUTÉ
FRANCE – Raïssa Dora : Du combat contre le SOPK à la création d’une marque dédiée au bien-être féminin
Diagnostiquée à l’âge de 12 ans d’un syndrome des ovaires polykystiques, Raïssa Dora a longtemps dû composer avec des douleurs menstruelles invalidantes, une prise de poids, une forte pilosité et une perte de cheveux. Cette Française d’origine camerounaise a puisé dans son expérience personnelle la force de créer une marque consacrée au bien-être des femmes. Aujourd’hui, son entreprise revendique plus de 30 000 commandes et porte un message essentiel : écouter son corps, consulter et ne jamais banaliser sa souffrance.

Derrière la cheffe d’entreprise se trouve d’abord une jeune femme joyeuse, curieuse et passionnée par les voyages, la lecture et les rencontres. Pourtant, une épreuve survenue au début de son adolescence a profondément influencé son parcours. À 12 ans, alors qu’elle vient d’avoir ses premières règles, son cycle s’interrompt brutalement. Sa mère, elle-même atteinte du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l’emmène consulter un gynécologue. Le diagnostic est posé. Malgré son jeune âge, Raïssa Dora comprend rapidement que ce syndrome hormonal pourra avoir des répercussions sur sa future vie de femme.
Des symptômes apparus progressivement
Les premières manifestations du SOPK se traduisent par de très fortes douleurs menstruelles. Pendant les trois premiers jours de ses règles, la jeune fille peine parfois à sortir de son lit et à se rendre à l’école. En grandissant, d’autres symptômes apparaissent : une pilosité de plus en plus importante, une fatigue inexpliquée, une prise de poids malgré une activité sportive régulière, puis une perte de cheveux au niveau des tempes et du milieu du crâne. Une consultation auprès d’un endocrinologue révèle également une hyperandrogénie, c’est-à-dire un excès d’hormones androgènes. Celle-ci permet notamment d’expliquer certains changements corporels, comme la pilosité, la chute des cheveux ou encore une prise de masse musculaire très rapide. « J’ai grandi avec cette sensation d’être différente des autres femmes », confie-t-elle. À l’école, elle parvient encore à gérer certaines absences. Mais son entrée dans la vie professionnelle rend la situation plus délicate. Comment expliquer à son responsable que les douleurs sont parfois si fortes qu’elles l’empêchent de se lever ? Avec une responsable femme, la parole lui semble généralement plus facile. Face à un manager homme, elle éprouve parfois le sentiment de devoir exposer une partie extrêmement intime de sa vie. Désireuse de faire ses preuves, elle préfère d’abord se cacher et inventer des excuses pour justifier certaines absences. Jusqu’au jour où elle décide de ne plus avoir honte. Lorsqu’elle rejoint une nouvelle entreprise, elle choisit désormais d’expliquer clairement qu’elle souffre du SOPK et que ce syndrome peut provoquer des douleurs menstruelles particulièrement invalidantes. Cette situation l’amènera également à privilégier, lorsque cela est possible, des emplois autorisant le télétravail.

Chercher des solutions pour améliorer son quotidien
Refusant de subir ses symptômes sans tenter de mieux les comprendre, Raïssa Dora commence à effectuer ses propres recherches. Elle s’intéresse notamment à certaines plantes traditionnellement utilisées pour le confort menstruel, comme les feuilles de framboisier ou la cannelle. Elle prépare alors ses propres mélanges et modifie progressivement certaines habitudes, notamment en réduisant sa consommation de sucre à l’approche de ses règles. Elle affirme avoir constaté une diminution progressive de la durée de ses douleurs. Cette expérience fait naître une interrogation : pourquoi les femmes souffrant du SOPK se voient-elles souvent proposer une réponse identique alors que leurs symptômes et leurs besoins peuvent être très différents ? Raïssa Dora précise toutefois que les changements alimentaires, la micronutrition ou les compléments alimentaires ne doivent pas remplacer une prise en charge médicale. Chaque femme doit bénéficier d’un accompagnement adapté à sa situation et éviter l’automédication.
D’un témoignage personnel à un projet entrepreneurial
Au départ, sa démarche n’a aucune ambition commerciale. En créant ses réseaux sociaux, Raïssa Dora souhaite simplement ouvrir une sorte de journal personnel dans lequel elle pourrait raconter son quotidien : celui d’une jeune femme confrontée aux douleurs, à la pilosité et aux transformations de son corps. Elle découvre rapidement que son histoire fait écho à celle de nombreuses femmes. En France, les témoignages autour du SOPK sont encore peu visibles, notamment chez les femmes noires. Au cours de ses recherches, elle trouve davantage de contenus provenant des États-Unis que de récits auxquels les femmes françaises pourraient facilement s’identifier. « Je me suis dit que je pouvais peut-être être l’une de celles qui allaient prendre la parole », raconte-t-elle. Son expérience personnelle devient alors le point de départ d’un projet entrepreneurial. Elle contacte plusieurs laboratoires afin d’étudier la possibilité de développer un premier complément alimentaire. Elle ne dispose pas de moyens considérables ni d’une grande structure pour la soutenir. Son principal argument reste son propre parcours. Plusieurs laboratoires refusent sa proposition. L’un d’eux, touché par son histoire, accepte finalement de l’accompagner dans la conception de son premier produit.

Une voiture vendue pour financer son premier produit
Créer un complément alimentaire nécessite de définir un objectif, de travailler sur une formule, de sélectionner les matières premières et d’effectuer différents contrôles de qualité, de pureté et de conformité. Le produit doit également respecter la réglementation avant sa mise sur le marché. Pour financer cette première production, les économies de Raïssa Dora ne suffisent pas. Elle prend alors une décision importante : vendre sa voiture. Le montant de la vente correspond, à l’euro près, à la somme qui lui manque pour lancer son premier complément alimentaire. « J’ai appelé ma mère en tremblant. Je lui ai dit : “Maman, devine combien vaut ma voiture ? C’est exactement le prix dont j’ai besoin !” » Après avoir effectué le virement, son compte bancaire se retrouve presque à zéro. Elle a tout misé sur son projet. « Finalement, cela a été l’une des meilleures décisions de ma vie », estime-t-elle aujourd’hui. L’entrepreneuriat ne lui était cependant pas totalement étranger. Raïssa Dora avait créé sa première entreprise dès 2016. Son entourage la connaissait déjà comme une femme entreprenante, toujours prête à imaginer de nouveaux projets. Mais la santé et le bien-être des femmes représentent la première cause pour laquelle elle accepte de s’exposer personnellement et de parler sans tabou.
Le SOPK ne se résume pas à la fertilité
À travers sa prise de parole, Raïssa Dora souhaite surtout déconstruire une idée reçue : le syndrome des ovaires polykystiques ne concerne pas uniquement les ovaires ou la possibilité d’avoir un enfant. Certaines femmes souffrent d’acné, d’une prise de poids difficile à maîtriser, de troubles du sommeil ou de l’humeur. D’autres vivent très difficilement la pilosité ou la perte de leurs cheveux. Toutes ne souhaitent d’ailleurs pas nécessairement avoir des enfants, mais leurs symptômes peuvent malgré tout dégrader considérablement leur qualité de vie. « Réduire le SOPK à un problème de fertilité peut avoir des conséquences sur la manière dont les patientes sont prises en charge », prévient-elle. L’accompagnement doit donc considérer la femme dans sa globalité. Selon la situation, il peut associer un suivi gynécologique ou endocrinologique, un accompagnement psychologique, des conseils nutritionnels et une activité physique adaptée. Raïssa Dora souhaite également sensibiliser les hommes. Une épouse, une sœur, une fille, une collègue ou une amie peut souffrir de douleurs menstruelles invalidantes sans parvenir à en parler. « Ce ne sont pas simplement de petites douleurs au ventre. Les règles et la santé menstruelle sont de véritables sujets de société », insiste-t-elle.
SOPK, fibromes et anémie : écouter la souffrance des femmes
Au contact de sa communauté, la fondatrice découvre également que certaines femmes cumulent plusieurs pathologies ou troubles gynécologiques. Une même patiente peut notamment être concernée par le SOPK, l’endométriose ou des fibromes. Ces derniers sont des tumeurs bénignes qui se développent au niveau de l’utérus. Selon leur nombre, leur taille ou leur localisation, ils peuvent notamment provoquer des règles très abondantes, des saignements prolongés, des douleurs ou une pression sur la vessie. Pour Raïssa Dora, la prise en charge ne doit pas uniquement être pensée autour d’un éventuel désir d’enfant. Elle doit aussi chercher à améliorer la qualité de vie des femmes et à prendre leur douleur au sérieux. Les saignements abondants peuvent par ailleurs favoriser une carence en fer, voire une anémie. Une fatigue inhabituelle ou persistante ne doit donc pas être banalisée. « Faites vos bilans, consultez et ne banalisez pas une fatigue persistante », recommande-t-elle. Elle rappelle qu’une anémie nécessite une véritable prise en charge médicale. Les compléments alimentaires ou les mesures d’accompagnement ne peuvent se substituer à un diagnostic, à des analyses sanguines et au traitement prescrit par un professionnel de santé.

La naturopathie en complément du suivi médical
Devenue naturopathe, Raïssa Dora définit son rôle comme celui d’une accompagnante et d’une personne capable d’orienter les femmes vers les professionnels compétents. Elle recueille des informations sur leurs habitudes de vie et peut proposer des conseils en matière d’alimentation, d’hygiène de vie ou de micronutrition, tout en restant dans les limites de son champ de compétences. Certaines femmes arrivent après un parcours médical éprouvant et voient parfois la naturopathie comme leur dernier espoir. Une situation qui implique, selon elle, une grande responsabilité. « Notre rôle est aussi de les réconcilier avec le corps médical », souligne-t-elle. Lorsqu’une femme a besoin d’un psychologue, d’un médecin, d’un gynécologue ou d’un autre spécialiste, elle doit être orientée. Raïssa Dora indique ainsi collaborer avec différents professionnels, parmi lesquels des gynécologues, des sexologues, des diététiciens et des spécialistes de la nutrition. Son message reste sans ambiguïté : « Il ne faut pas abandonner le suivi médical. »
Une alimentation adaptée à chaque femme
L’alimentation occupe également une place importante dans son approche, sans qu’il soit question de désigner certains aliments comme des ennemis. Raïssa Dora met en garde contre la reproduction automatique de régimes alimentaires popularisés sur Internet. Les aliments présentés comme indispensables ne conviennent pas forcément aux habitudes, à la culture ou aux besoins de chaque personne. Elle-même s’est tournée vers des recettes et des produits culturellement plus proches de ses origines camerounaises. En adaptant progressivement son alimentation, elle affirme avoir observé des changements sur son poids et son cycle menstruel. Son principe est simple : mieux manger, comprendre ce qui convient à son propre organisme et se faire accompagner par un professionnel lorsque cela est nécessaire. Supprimer arbitrairement des aliments ou des groupes alimentaires entiers peut en effet provoquer des déséquilibres.
Plus de 30 000 commandes
Ce qui devait être au départ un simple espace de témoignage a progressivement pris une dimension internationale. La marque Raïssa Dora revendique aujourd’hui plus de 30 000 commandes enregistrées sur son site Internet, un cap salué par la remise d’un trophée Shopify. Ce chiffre ne permet toutefois pas de mesurer précisément le nombre de personnes touchées par ses contenus, ses accompagnements ou ses produits, notamment à l’international. Pour sa fondatrice, cette évolution confirme surtout que les femmes avaient besoin d’un espace dans lequel elles pourraient parler de leur corps et de leur santé sans honte.
Briser les tabous autour de la santé féminine
Ce 12 septembre, Raïssa Dora et son équipe organisent un événement à La Cigale, à Paris. Le choix de cette salle prestigieuse est symbolique : la santé des femmes ne doit plus être reléguée au second plan ni considérée comme un sujet embarrassant. Fibromes, règles, anémie, fertilité et infertilité, y compris masculine, doivent pouvoir être abordés ouvertement et en présence de professionnels. Des initiatives sont également développées sur le continent africain. Après une conférence organisée le 5 septembre avec une association, un brunch avec Raïssa Dora est notamment prévu en Côte d’Ivoire. L’objectif demeure le même : créer des espaces où les femmes peuvent s’informer, partager leurs expériences, poser leurs questions et parler librement de leur santé. À celles qui sentent que quelque chose ne va pas dans leur corps, mais qui peinent encore à obtenir des réponses, Raïssa Dora adresse un message de persévérance : « Faites-vous confiance. Vous connaissez votre corps. Si vous sentez que quelque chose ne va pas, n’ignorez pas ce signal. Consultez et, si nécessaire, demandez plusieurs avis jusqu’à trouver le professionnel de santé qui prendra le temps de vous écouter. Il ne faut pas abandonner. »
CULTURE
RD CONGO – DRC Fashion Week : La SAPE conquiert Kinshasa et réinvente l’élégance congolaise
La sixième édition de la DRC Fashion Week a transformé Kinshasa en véritable capitale de l’élégance congolaise en mettant à l’honneur la SAPE, mouvement culturel emblématique partagé par la République démocratique du Congo et la République du Congo. Créateurs, mannequins et passionnés de mode ont investi les podiums pour revisiter un patrimoine vestimentaire devenu au fil des décennies un marqueur fort de l’identité congolaise.
À travers les différentes collections présentées, les stylistes ont proposé une lecture contemporaine de l’univers des « ambianceurs et personnes élégantes ». Costumes structurés, associations de couleurs audacieuses, accessoires raffinés et silhouettes inspirées du dandysme ont rythmé les présentations, avec une volonté commune : inscrire l’héritage de la SAPE dans les tendances actuelles tout en préservant son identité.
Parmi les temps forts de cette édition, la collection de Kevin Toundwa a particulièrement retenu l’attention. Le créateur a choisi de rendre hommage à plusieurs grandes figures associées à la culture vestimentaire et musicale congolaise, notamment Papa Wemba et Rafa Bounzeki. À travers cette démarche, il entend rappeler l’influence de ces personnalités sur plusieurs générations et transmettre leur héritage à une nouvelle génération de créateurs.
La manifestation a également servi de trait d’union entre Kinshasa et Brazzaville. De part et d’autre du fleuve Congo, la SAPE constitue un élément important du patrimoine culturel et populaire. Sa présence au cœur de la Fashion Week illustre ainsi les passerelles qui existent entre les deux capitales et la capacité de la mode à renforcer les échanges culturels.
Pour les professionnels du secteur, cette dynamique dépasse largement la question de l’apparence. La SAPE représente également un espace d’expression, de créativité et d’affirmation identitaire. En la faisant entrer dans un événement consacré à la mode contemporaine, les organisateurs cherchent à démontrer que ce patrimoine peut encore nourrir l’innovation et favoriser l’émergence de nouvelles signatures artistiques.
La DRC Fashion Week poursuit par ailleurs son ambition de devenir une plateforme de promotion des talents congolais. Après avoir exploré lors de précédentes éditions l’artisanat et la diversité culturelle du pays, l’événement s’est cette fois appuyé sur la SAPE pour mettre en lumière les créateurs, les mannequins et les entrepreneurs qui participent à la structuration de la filière.
Car derrière les défilés et les créations, l’industrie de la mode congolaise reste confrontée à des défis importants. Le financement des jeunes marques, l’accès aux matières premières, la formation spécialisée et l’ouverture vers les marchés internationaux figurent parmi les principaux enjeux auxquels les professionnels doivent répondre.
En plaçant la SAPE au centre de cette sixième édition, la DRC Fashion Week entend donc transformer un héritage culturel en opportunité économique. La manifestation veut favoriser les collaborations entre mode, musique et culture, tout en offrant davantage de visibilité aux talents locaux. À Kinshasa, l’élégance devient ainsi un outil de transmission, mais aussi un vecteur de créativité, d’entrepreneuriat et de rayonnement culturel.
CULTURE
TUNISIE – Patrimoine mondial : Sidi Bou Saïd décroche la consécration de l’Unesco
Sidi Bou Saïd confirme son statut de joyau touristique tunisien. Depuis son inscription récente au patrimoine mondial de l’Unesco, le célèbre village perché au nord de Tunis connaît un regain d’intérêt auprès des visiteurs, venus découvrir ou redécouvrir un site dont la réputation dépasse depuis longtemps les frontières de la Tunisie.
Avec ses maisons blanchies à la chaux, ses portes et fenêtres bleues, ses passages étroits et sa vue spectaculaire sur la Méditerranée, Sidi Bou Saïd offre un décor devenu emblématique du pays. Dans les ruelles, les touristes se succèdent entre les boutiques d’artisanat, les ateliers d’artistes et les commerces proposant céramiques, tableaux et autres objets inspirés du patrimoine local.

Pour les habitants, cette reconnaissance internationale vient confirmer une évidence : leur village possède une identité exceptionnelle. Aymen Ghamrasni, passionné par l’histoire de Sidi Bou Saïd, souligne l’attachement des résidents à ce cadre unique, où le patrimoine fait partie intégrante de la vie quotidienne. Même une pause autour d’un bambalouni, célèbre beignet traditionnel tunisien, devient ici une expérience associée à l’identité du lieu.
La notoriété du village séduit également une clientèle internationale. Des visiteurs venus du Moyen-Orient notamment voient désormais Sidi Bou Saïd comme une étape incontournable lors d’un séjour en Tunisie. Son architecture caractéristique, dominée par le bleu et le blanc, ainsi que son environnement méditerranéen contribuent largement à son attractivité.

Derrière cette identité architecturale se trouve également une histoire spirituelle ancienne. La localité porte le nom d’Abou Saïd al-Baji, figure soufie du XIIIe siècle, dont le sanctuaire demeure l’un des marqueurs historiques du village. La dimension religieuse, l’architecture traditionnelle et le paysage méditerranéen se combinent ainsi pour donner au site son caractère singulier.
L’entrée sur la Liste du patrimoine mondial représente cependant bien davantage qu’un label touristique. Cette reconnaissance implique une responsabilité accrue pour les autorités tunisiennes en matière de conservation. Les sites inscrits par l’Unesco sont considérés comme présentant une valeur universelle exceptionnelle et peuvent bénéficier de dispositifs d’accompagnement, notamment dans les domaines de la préservation, de la formation et de l’expertise technique.

La décision a été prise lors de la session du Comité du patrimoine mondial organisée à Busan, en Corée du Sud. Plusieurs autres lieux remarquables ont également rejoint la Liste, parmi lesquels les anciennes capitales japonaises d’Asuka et de Fujiwara. Le paysage migratoire de Boma-Badingilo, au Soudan du Sud, a lui aussi été distingué. Cette dernière inscription constitue une première pour le pays au patrimoine mondial.
Pour la Tunisie, la consécration de Sidi Bou Saïd vient donc renforcer la visibilité internationale d’une destination déjà incontournable. Mais cette nouvelle reconnaissance s’accompagne d’un défi majeur : préserver l’authenticité du village face à l’augmentation de sa fréquentation, protéger son architecture et son environnement et permettre aux générations futures de bénéficier à leur tour de ce patrimoine exceptionnel.
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