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[CINÉ-ART] – Will Smith serait-il un motivateur sans self-control ?

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Will Smith @Page Facebook Will Smith

Dimanche 27 mars 2022. Tapis rouge. Des limousines aux vitres teintées vomissent des starlettes anorexiques en décolletés vertigineux qui laissent découvrir des nichons rembourrés de bonnet D et des snobinards prétentieux en costumes trois pièces lustrés devant le Dolby Theatre de Los Angeles. Poses hautaines. Shootings photos. À Hollywood, on ne fait pas dans la dentelle. C’est la 49 ème cérémonie des Oscars. Un spectacle de récompenses des acteurs et tâcherons du septième art. La salle est pleine comme un œuf. On a même oublié le Covid et ses variants et ses mesures prophylactiques et les mesures restrictives. La fête bat son plein dans l’insouciance totale, même si on daigne accorder une minute du temps du spectacle à la situation ukrainienne. Simple convenance sociale : sinon à la vérité, on s’en bat les couilles tant que ça ne nous empêche pas de vivre nos petites vies à nous.

L’humoriste Chris Rock, connu pour ses vannes salaces, mitraille le gratin hollywoodien de son humour carabiné. Tout le monde se tord de rire. Le public se plie en quatre à chacune de ses frappes. Il lâche un truc. Des rires gercés. Ça a l’air d’une pique enflammée. Plutôt une dynamite. Mon anglais est assez scolaire, mais j’ai pu entendre des mots comme « Will », « Jada »… Et peut-être : crâne chauve. Justement, l’épouse de Will Smith se prénomme Jada et pour des raisons de santé, elle a le crâne rasé : la boule à zéro. Des rires fusent. Will se lève et marche les narines gonflées à grand pas en direction de Chris tel un Hancock furax touché par une météorite. Et pan ! Il déchaîne une claque terrible sur la tempe gauche de Chris qui comme un rock titube mais ne tombe pas. Dignité dans le déshonneur. En tout cas, il sait encaisser, le mec. On a tous entendu le « wow » de l’humoriste. Il l’a bien sentie passer celle-là. Will retourne se rassoir sous les yeux ahuris de l’assistance. Le public est traversé par un grand froid. Chris esquisse un plaidoyer. Will tranche : « Tu enlèves le nom de ma femme dans ta putain de bouche » ! Il vient de donner le la. 

Qu’est-ce qui a bien pu se passer pour qu’on en arrive à un tel déchaînement de violence entre deux frères noirs ? Pour ce que nous savons : Chris a fait une vanne sur la maladie de Jada, atteinte d’alopécie. La maladie, c’est comme le physique : on plaisante pas avec. Sur la toile, les analystes web en font leur chou gras : les Oscars 2022 leur ont donné du travail, apparemment ; ils décortiquent les faits à la loupe de leur intelligence binaire. Certains donnent raison à Will. D’autres justifient l’acte de Chris. Vice-versa. 

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Quoique Chris ait dit. Quel que soit le venin avec lequel il aurait piqué ses phrases, Will n’aurait pas dû réagir ainsi, en père fouettard, en bas boy, en caïd de ghetto. C’est un fait. La raison le recommande. Imaginons qu’on se mette à se crêper le chignon ou à aller aux coups de poing avec ceux qui nous manquent de respect, qui nous insultent ou nous calomnient. D’autres auraient pu réagir de la sorte, faire des scènes, je n’aurais rien trouvé à jaspiner. Mais Will, il ne s’appartient pas ; c’est une icône, un modèle qui est tombé dans le domaine public. En vertu de l’image qu’il nous présente, il n’aurait pas dû réagir de la sorte quand bien même l’acte à sa décharge pourrait bénéficier de quelques circonstances atténuantes. Personne ne va accepter qu’on « manque de respect » à sa tendre moitié sans broncher. Surtout en public.

Un motivateur, un coach en développement personnel de la stature de de Will ne devrait pas présenter une telle image, l’image d’un homme qui n’a aucune emprise, aucun contrôle sur ses émotions. Quand on veut s’imposer comme modèle dans une société où les valeurs sont chaque jour foulées au pied, il faut prendre de la hauteur, de la distance… Et Will, sur ce coup, a vraiment merdé. Il n’est vraiment pas sur cet acte-là différent de son père autoritaire dont il dit qu’il mûrissait de tuer. 

Mais, au final, nous sommes des hommes et Will, qui a compris l’ignominie de son acte, a tenu à s’excuser en ces mots sur sa page Instagram le lendemain : « Je voudrais publiquement te demander pardon, Chris. Ce que j’ai fait était déplacé et j’ai eu tort ». Il a adressé également ses excuses aux organisateurs et aux invités de la soirée des Oscars. Chris en a fait de même.  Voilà que tout finit bien. Cerise sur le gâteau – je vais en rajouter une couche en guise de chute : c’est la première fois qu’une femme de couleur est defendue d’une fort belle manière par homme devant un audimat boosté.

       

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