AFRIQUE DE L’OUEST
CÔTE D’IVOIRE : Suppression du nom de Charles Blé Goudé de la liste électorale
L’ancien ministre de la jeunesse, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COjep) Charles Blé Goudé ne figure pas sur la liste électorale provisoire publiée par la Commission électorale indépendante (CEI). L’homme politique dénonce l’instrumentalisation de la justice à des fins politiciennes.
En décembre 2019, l’ancien compagnon de Laurent Gbagbo a été condamné par contumace par le Tribunal criminel d’Abidjan à 20 ans de prisons, 10 ans de privation de ses droits civiques, 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts à verser aux victimes. Il était accusé par la justice ivoirienne d’actes de torture, homicide volontaires et viol.
Une conférence de presse a été organisé ce mardi 4 août 2020 à leur siège à Cocody pour situer l’opinion sur cette question de suppression.
Sur sa page facebook, le leader du Cojep s’est exprimé : “Le Cojep vient de recevoir la liste électorale. Ils ont barré mon nom. Je convoque le G20. Affaire à suivre. Ca, je laisse pas !”
AFRIQUE
CAP VERT – L’opposition remporte les législatives et vise le pouvoir
Le Cap-Vert confirme une nouvelle fois sa vitalité démocratique. Le principal parti d’opposition, le Parti Africain pour l’indépendance du Cap-Vert, est arrivé en tête des élections législatives organisées dimanche, avec environ 46 % des suffrages, selon des résultats provisoires couvrant près de 98 % des bureaux de vote.
Son leader, Francisco Carvalho, a rapidement revendiqué la victoire. Il est désormais en position de devenir Premier ministre, succédant à Ulisses Correia e Silva, en poste depuis une décennie.
Une alternance dans un système parlementaire
Au Cap-Vert, le système politique repose sur un modèle parlementaire : le parti majoritaire à l’Assemblée nationale désigne le chef du gouvernement, véritable détenteur du pouvoir exécutif, tandis que le président joue un rôle d’arbitre institutionnel.
Selon les résultats provisoires, le PAICV obtient 33 sièges sur les 72 que compte le Parlement. Une majorité relative qui pourrait évoluer en majorité absolue — fixée à 37 sièges — une fois les derniers résultats issus de la diaspora et de certains bureaux encore en cours de dépouillement.
Dans sa première déclaration, Francisco Carvalho a salué une volonté de changement exprimée par les électeurs :
« Les Cap-Verdiens ont adhéré à notre vision d’un Cap-Vert pour tous. Il est temps d’ouvrir une nouvelle page et de construire un nouveau pays. »
Défaite du parti au pouvoir
Le Mouvement pour la démocratie, dirigé par Ulisses Correia e Silva, subit ainsi un revers après avoir remporté les législatives de 2016 et 2021. Le chef du gouvernement sortant, candidat à un troisième mandat, a reconnu sa défaite et félicité son adversaire.
« Ces résultats ne correspondent pas à nos objectifs », a-t-il déclaré, actant une alternance politique sans contestation.
Loin derrière, la troisième force politique, l’Union cap-verdienne indépendante et démocratique, ne décroche que deux sièges, confirmant la bipolarisation du paysage politique.
Un modèle démocratique en Afrique
Avec environ 550 000 habitants, cet archipel situé au large du Sénégal est souvent cité comme un exemple de stabilité démocratique sur le continent. Depuis l’introduction du multipartisme en 1991, les élections s’y déroulent sans violences ni crises majeures.
Le pays a également connu plusieurs périodes de cohabitation politique, notamment entre 2011 et 2016, puis entre 2021 et 2026, avec un président et un gouvernement issus de camps opposés.
Prochaine étape : la présidentielle
L’année électorale cap-verdienne se poursuivra en novembre avec l’élection présidentielle. Le chef de l’État sortant, José Maria Neves, soutenu par le PAICV, est candidat à sa réélection pour un second mandat de cinq ans.
AFRIQUE
MALI – Kidal sous le feu : L’armée malienne hausse le ton
La pression militaire monte d’un cran dans le nord du Mali. Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’armée malienne a intensifié ses frappes aériennes sur Kidal, bastion stratégique passé sous le contrôle des rebelles touareg et de groupes jihadistes.
Selon plusieurs sources concordantes, dont l’AFP, au moins deux frappes ont visé des points sensibles de la ville. L’une a détruit une habitation située à proximité d’un ancien marché, tandis qu’une autre a frappé l’enceinte du gouvernorat, y creusant un important cratère.
Kidal est aujourd’hui contrôlée par le Front de libération de l’Azawad (FLA), allié sur le terrain au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation affiliée à Al-Qaïda. Cette alliance renforce la complexité d’un conflit déjà fragmenté, mêlant revendications indépendantistes et insurrection jihadiste.
L’état-major malien a clairement annoncé son intention de poursuivre et d’intensifier ses opérations : « les frappes vont s’accentuer », a-t-il prévenu. Sur le terrain, les premiers effets de cette stratégie se font sentir. Jeudi matin, la ville apparaissait inhabituellement calme, avec une circulation quasi inexistante. Des témoins évoquent également des départs massifs de véhicules durant la nuit, signe d’un possible repli ou d’une anticipation de nouvelles attaques.
Cette montée en puissance militaire intervient dans un contexte particulièrement tendu. Les 25 et 26 avril, des offensives coordonnées d’ampleur inédite menées par le JNIM et le FLA ont ciblé des positions clés du pouvoir militaire, y compris autour de Bamako. Ces attaques ont marqué un tournant, révélant une capacité accrue de coordination entre groupes armés.
Face à cette menace, la junte au pouvoir semble désormais privilégier une réponse offensive, misant sur la supériorité aérienne pour reprendre l’initiative dans une région où son autorité reste contestée.
La situation à Kidal pourrait ainsi devenir un point de bascule dans le conflit malien, avec le risque d’une intensification durable des combats et d’un impact humanitaire accru pour les populations civiles.
AFRIQUE
CÔTE D’IVOIRE – Crise du cacao : stocks bloqués, planteurs à bout
La filière cacao en Côte d’Ivoire traverse une zone de fortes turbulences, sur fond de tensions entre producteurs, coopératives et autorités de régulation. Dans plusieurs régions cacaoyères, des planteurs ont exprimé leur exaspération face à des stocks invendus et à des retards persistants de paiement, poussant le Conseil du Café-Cacao (CCC) à annoncer une mission de terrain pour tenter de désamorcer la crise.
Selon des informations rapportées par Reuters, des représentants du CCC doivent se rendre à M’Batto, dans le centre-est du pays, où des producteurs ont récemment bloqué des axes routiers pour réclamer le règlement de leurs livraisons. Les forces de l’ordre avaient été déployées pour disperser les manifestants.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de déséquilibre du marché. Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire fait face à une accumulation importante de fèves invendues depuis la fin de l’année dernière. La chute des prix internationaux, passés sous les niveaux garantis par l’État, a contribué à fragiliser les mécanismes habituels d’écoulement de la production.
Pour éviter un effondrement des revenus agricoles, les autorités avaient mis en place un dispositif de rachat des stocks. Mais sur le terrain, de nombreux producteurs affirment ne pas avoir encore perçu les paiements liés à leurs récoltes, malgré la commercialisation de leurs produits.
Dans la région de Daloa, une coopérative regroupant plusieurs centaines de planteurs déclare encore détenir des volumes importants de cacao non écoulés. Les retards de paiement, selon ses responsables, compromettent directement la préparation de la prochaine campagne agricole, les producteurs dépendant de ces revenus pour entretenir leurs plantations et couvrir leurs besoins essentiels.
Certains agriculteurs affirment même avoir été contraints de brader leurs récoltes pour éviter leur détérioration, vendant à des prix nettement inférieurs au tarif officiel fixé pour la grande campagne. Cette situation accentue un sentiment d’injustice et de perte de contrôle sur la chaîne de valeur.
Les acteurs de la filière alertent également sur les conséquences à moyen terme. Si les difficultés persistent, elles pourraient affecter la prochaine saison agricole et fragiliser davantage un secteur déjà stratégique pour l’économie ivoirienne.
Du côté des organisations de producteurs, les appels à une intervention rapide se multiplient. Elles reconnaissent que certaines opérations de rachat ont été engagées, mais soulignent que des paiements restent en suspens, alimentant un climat de méfiance et de frustration croissante dans les zones rurales.
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