AFRIQUE CENTRALE
TCHAD – Le président Idriss Deby Itno succombe à ses blessures par balles
Le Tchad est en deuil. Le chef de l’Etat, Idriss Déby, a été tué alors qu’il était au front contre un groupe rebelle qui avait pris les armes le 11 avril 2021, jour du scrutin présidentiel. Réélu avec 79,32% des voix d’après les résultats officiels rendus publics ce lundi 19 avril, le président de la République, Idriss Deby, qui dirige le pays depuis 30 ans, n’aura savouré qu’un seul jour de son sixième mandat. Il est décédé ce mardi 20 avril 2021 à l’âge de 68 ans, selon les informations fournies par l’armée à la télévision d’État.
Le chef d’État tchadien, Idriss Deby, n’est plus. Il commandait son armée ce week-end contre le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), un groupe politico-militaire tchadien à dominante gorane, une ethnie saharienne, qui revendique « la libération totale de la région du Tibesti », dans le nord du pays. Des affrontements au cours desquels le président a été blessé par balles. Il a finalement succombé ce mardi 20 avril alors qu’il venait fraîchement d’être réélu pour un sixième mandat la veille. « Le président de la République, chef de l’Etat, chef suprême des armées, Idriss Déby Itno, vient de connaître son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille. C’est avec une profonde amertume que nous annonçons au peuple tchadien le décès ce mardi 20 avril 2021 du maréchal du Tchad », a annoncé le général Azem Bermandoa Agouna, porte-parole de l’armée, dans un communiqué lu à l’antenne de TV Tchad.
Ces soldats du peuple tchadien ont affirmé le lundi 19 avril que plus de 300 rebelles ont été tués dans les provinces du Tibesti et du Kanem situées au nord du pays depuis le début des hostilités le dimanche 11 avril, jour de l’élection présidentielle. Cinq militaires tchadiens ont péri pendant ces assauts. L’armée rassurait la population que la situation était maîtrisée et que le calme devrait revenir. Mais, ce samedi 17 avril, vers l’après-midi, les combats ont repris entraînant du coup la mort du président de la République. Selon toujours l’annonce de l’armée, son fils, Mahamat Idriss Deby Itno, général de l’armée âgé de 37 ans, va assurer l’intérim à la tête d’un conseil militaire.
A noter que Idriss Deby était à la tête du Tchad depuis le 2 septembre 1990 à la suite d’un coup d’État perpétré contre le chef d’État d’alors, Hissène Habré. Promu au rang de maréchal au mois d’août 2020, il venait d’être porté à la tête du pays pour un sixième mandat, selon des résultats provisoires divulgués ce lundi 19 avril 2021 par l’instance électorale nationale.
AFRIQUE
RD CONGO – L’opposition hausse le ton contre le pouvoir
En République démocratique du Congo, l’adoption d’un projet de réforme constitutionnelle ravive les tensions entre pouvoir et opposition, sur fond d’accusations de dérive institutionnelle. Le texte, désormais validé par le Parlement, cristallise les inquiétudes autour d’une possible prolongation du pouvoir présidentiel.
Portée par la majorité, la réforme ouvre la voie à l’organisation d’un référendum susceptible de redéfinir les règles du jeu politique. Au cœur des critiques : une disposition qui permettrait de ne pas prendre en compte les mandats déjà effectués par le président Félix Tshisekedi, lui offrant ainsi la possibilité de se représenter au-delà des limites actuellement fixées.
L’opposition y voit une tentative de contournement de la Constitution, qui interdit explicitement toute modification relative au nombre et à la durée des mandats présidentiels. Pour ses détracteurs, le recours à l’argument de « dysfonctionnement majeur » des institutions constitue un précédent dangereux, susceptible d’ébranler l’équilibre démocratique.
Dans ce contexte, la contestation politique s’intensifie. Regroupés au sein de la coalition dite « Article 64 », plusieurs partis d’opposition appellent à une mobilisation nationale. Une marche est annoncée pour le 8 juillet, avec pour objectif de dénoncer la réforme et d’exiger le départ du chef de l’État.
Des figures de l’opposition, dont Martin Fayulu, accusent le président d’avoir rompu son engagement à respecter la Constitution. Le climat s’est encore tendu après des affrontements survenus lors de précédentes manifestations à Kinshasa, au cours desquels plusieurs responsables politiques ont été blessés.
Malgré le boycott des débats par les élus de l’opposition, le processus législatif s’est poursuivi jusqu’à son adoption définitive par les deux chambres du Parlement. Le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a défendu un texte qu’il présente comme un instrument permettant au peuple d’exercer pleinement sa souveraineté.
Cette séquence politique intervient dans un environnement déjà fragilisé. Entre crise sécuritaire persistante dans l’est du pays, marquée notamment par les affrontements impliquant le M23, et défis sanitaires liés à l’épidémie d’Ebola, la RDC fait face à des enjeux multiples.
AFRIQUE
RD CONGO – Un prêtre révolutionne l’évangélisation avec le rap
À Kinshasa, une initiative singulière redéfinit les contours de l’évangélisation urbaine. Jean-Pierre Mongambi, prêtre catholique, a choisi le rap comme vecteur pour porter un message spirituel auprès des jeunes des quartiers populaires.
Dans un contexte marqué par la précarité et le désœuvrement d’une partie de la jeunesse, ce religieux de 47 ans mise sur un langage culturellement accessible pour recréer du lien. À travers ses textes, inspirés des psaumes et des prières, il propose une approche où la forme moderne sert un fond résolument religieux.
Pour Mongambi, l’essentiel ne réside pas dans le style musical, mais dans la portée du message. Son objectif est clair : recentrer l’attention des jeunes sur les valeurs spirituelles, loin des jugements liés aux apparences ou aux codes traditionnels de la pratique religieuse.
Cette stratégie semble porter ses fruits. Ses prestations attirent un public nombreux et trouvent un écho particulier sur les réseaux sociaux, où ses concerts circulent largement. Au-delà du spectacle, c’est une véritable dynamique de reconnection qui s’opère pour certains fidèles.
Des témoignages viennent appuyer cet impact. Certains jeunes expliquent avoir retrouvé le chemin de l’Église grâce à cette approche innovante, notamment dans des moments de fragilité personnelle. Le rap devient alors un canal d’accompagnement et de résilience.
Du côté des autorités religieuses locales, l’initiative est perçue comme une réponse adaptée aux défis contemporains. En multipliant les formats d’engagement, l’Église tente de répondre aux réalités sociales d’une jeunesse souvent exposée à l’oisiveté, aux addictions ou à la marginalisation.
La démarche de Mongambi s’inscrit ainsi dans une logique d’ouverture, où tradition et modernité cohabitent pour mieux atteindre les fidèles. Sa reconnaissance a d’ailleurs dépassé les frontières locales, notamment lorsqu’il s’est produit devant Pope Francis lors de sa visite en République démocratique du Congo en 2023.
AFRIQUE
RD CONGO – Les médecins déclenchent une grève en pleine alerte Ebola
La République démocratique du Congo s’apprête à faire face à une nouvelle zone de turbulence dans son secteur de la santé. À partir du 11 juin, les syndicats de médecins ont décidé d’engager un mouvement de grève d’ampleur nationale, traduisant un profond malaise au sein du corps médical.
Au cœur des revendications figurent la revalorisation des rémunérations, l’amélioration des conditions de travail et un renforcement significatif des moyens accordés aux structures sanitaires. Les organisations syndicales dénoncent une dégradation progressive du système de santé, marquée par un manque de ressources, des infrastructures insuffisantes et une pression croissante sur le personnel soignant.
Le mot d’ordre de grève concerne l’ensemble des établissements publics à travers le pays, ce qui laisse présager des perturbations importantes dans la prise en charge des patients. Cette mobilisation intervient à un moment particulièrement critique, alors que le pays est confronté à une résurgence du virus Ebola dans ses régions du Nord-Est, où une nouvelle souche est sous surveillance depuis la mi-mai.
Conscients des enjeux sanitaires, les syndicats ont néanmoins indiqué que les services d’urgence resteront opérationnels afin d’assurer la continuité des soins pour les cas les plus graves. Une mesure qui vise à limiter les conséquences immédiates du mouvement sur les populations les plus vulnérables.
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