CULTURE
SÉNÉGAL : Myrène, l’étoile montante de la musique sénégalaise au Canada
Myrène est une chanteuse d’origine sénégalaise, auteur-compositeur, plutôt éclectique, très passionnée par la musique urbaine Hip Hop et R&B, elles est aussi influencée par la musique afro, et la musique pop. Elle évolue depuis plusieurs années au Canada où elle s’est vraiment investi dans la musique pour en faire une future carrière internationale. Meilleure Révélation, KMA 2017, meilleure chanson afro urbaine, KMA 2019, elle vient de sortir une nouvelle chanson « Mon chéri est-ce-que tu as mangé« .
Ze-Africanews.com : Qui est Myrène, votre parcours ?
Myrène : Je suis une chanteuse d’origine sénégalaise, auteur-compositeur, plutôt éclectique, très passionnée par la musique urbaine (Hip Hop / R&B), mais aussi influencée par la musique afro, et la musique pop. J’évolue depuis plusieurs années au Canada, cela ne fait qu’un peu plus d’un an que je fais de la musique “très sérieusement” en m’investissant totalement dans ma carrière. Mais malgré cela j’ai pas mal d’expérience dans le milieu, j’ai commencé la musique assez tôt durant mon adolescence à Paris. En effet je suis née et ai évolué en France avant d’arriver à Montréal. J’ai fait mes premiers pas dans un groupe féminin Nu Soul R&B nommé Diva, avant de sortir mon premier album solo ‘Fable Urbaine’. S’en est suivie une très longue pause… Raison pour laquelle cet album je ne l’ai pas vraiment défendu. Comme je vous ai dit je suis radicalement plus présente et active maintenant comparé à mes débuts, où je gérais mes études, puis mon autre carrière professionnelle qui m’amenait à constamment voyager à l’étranger. Faire une belle carrière dans la musique nécessite beaucoup de compromis, de sacrifices, et cette décision, je ne l’ai prise que récemment. Ce qui explique pourquoi ma présence aujourd’hui n’est incomparable à mes débuts, et pourquoi je n’ai été révélée que relativement récemment au plus grand nombre.
Ze-Africanews.com : Comment êtes-vous arrivée dans la musique ?
Myrène : Mes débuts sont assez simples. J’étais à l’école, je suis tombée sur une affiche disant qu’une chorale recherchais des choristes. J’ai appelé le numéro sur cette affiche, et j’ai intégré cette chorale de Gospel à Montesson. Il s’avère que la chorale était gérée par une équipe qui en parallèle, produisait des chanteuses. L’équipe de gestion m’a en quelques sortes ‘repérée’ et demandé si cela m’intéressait de faire partie d’un groupe féminin Nu Soul R&B, ‘Diva’. Bien entendu c’était un rêve d’enfant, alors je n’ai pas hésité une seconde. Ils m’ont mis à l’essai, Dieu merci cela s’est bien passé. J’ai tout de suite enchaîné les concerts, les répétitions avec les filles. Avec le recul, je réalise que j’ai eu la chance de commencer très jeune, dans des conditions favorables que beaucoup d’artistes n’ont pas la chance d’avoir. Le groupe était extrêmement bien encadré, nous avions une tourneuse (ce qui explique la trentaine de concerts que nous avions fait juste la première année), un professeur de chant attitré, Gilles Gaubert, qui est un Ténor dans le milieu de la musique classique, des compositeurs, on avait une très belle salle de répétition, de très belles conditions de répétition, et vraiment on m’a mentalement et professionnellement bien préparée à tout ce que je fais, et tout ce que je vis aujourd’hui, dans le sens ou notre formation a été plutôt dure et sévère. On nous a tout de suite fait comprendre que notre physique ne comptait pas si le talent n’était pas là. Nos répétitions n’étaient pas une mince affaire, à y repenser, même avec l’expérience que j’ai acquise, si aujourd’hui on me disait de revivre ça, je prendrais certainement mes jambes à mon coup (rires). Mais c’est sans regret, j’ai eu l’adolescence et le début de vie d’adultes que beaucoup de jeunes filles rêvent d’avoir, sans avoir à rentrer dans la folie des castings et des auditions. Et je pense que, même si l’éthique du travail dans la musique, et le fait de devoir gérer les études en parallèle rythmait notre quotidien, on a vraiment passé des moments magiques, et j’ai probablement passé certaines de mes plus belles années avec les filles du groupe et notre management.
Ze-Africanews.com : Mon chéri est-ce que tu as mangé” est votre nouvelle chanson ? Expliquez-nous ?
Myrène : Comme vous l’entendrez il s’agit d’un petit clin d’œil aux relations maritales, sur un ton plaisant, du point de point de vue d’une femme africaine, d’origine sénégalaise, élevée dans cette culture. C’est une façon d’honorer la beauté de notre art de vivre, notre culture… Mais c’est aussi, parce que les gens me découvrent à travers ma musique, une façon de faire comprendre au public que, la femme émancipée que je suis, et un tas d’autres femmes comme moi, évoluant en Occident ou ailleurs, ne voient absolument pas de lutte de pouvoir entre l’homme et la femme dans les foyers. Aimons-nous… Sans prise de tête. Sans jeu de rôle. Je veux aussi fièrement faire comprendre à la société que, on peut être une femme émancipée, encourageant le droit des femmes, et rester dans la modernité, tout en restant attachée à certains modèles traditionnels. Dans mon monde il n’y a aucune contradiction dans cela, au contraire. C’est de la complémentarité.

Myrène
Ze-Africanews.com : Le clip de cette chanson a été tourné à Dakar ? Pourquoi ce choix géographique pour cette chanson ?
Myrène : Si vous écoutez la chanson, vous constaterez que je chante du point de vue d’une africaine, d’une sénégalaise puisque je parle de tieb, de yassa, de mbalax, et d’autres références de nos pays cousins comme le fufu, le placali… Le rythme de la chanson est vraiment afro. Il n’y avait pas meilleur endroit que le Sénégal pour visuellement donner plus de vie à cette œuvre sonore. Après, bien que ce soit l’endroit idéal, pour être honnête avec vous, tourner au Sénégal n’était un choix conscient au départ, même si l’envie était plus que là, et pour être encore plus transparente avec vous, le clip de cette chanson avait déjà été tourné au Canada quelques mois avant. Un concours de circonstance a fait que le clip a pu se refaire dans des conditions plus authentiques, plus favorables, plus en phase avec la chanson, malgré un planning très chargé, pendant que j’étais en tournée au Sénégal. Le producteur et réalisateur du clip, Daty Niang, et ma sœur, Maria, ont rendu tout cela possible. Sans eux, même avec la meilleure volonté du monde de tourner mon clip au Sénégal, je n’aurais vraiment pas pu le faire, en tout cas pas pour cette chanson. Et vous auriez certainement eu droit à une autre version du clip qui aujourd’hui je le sais, n’était juste pas censée sortir. La preuve, quelques jours après sa sortie, il s’agit du clip qui a le plus marché dans ma carrière à ce jour.
L’interview intégrale ici :
Ze-Africanews.com : Vous mélanger l’afrobeats à vos racines sénégalaises et vous parlez des relations maritales, pourquoi ce choix ?
Myrène : J’exprime dans mon art qui je suis. Donc mes origines, sénégalaises, africaines, se retrouvent forcément dans ma musique…. Tout comme mes influences occidentales, afro-américaines, s’y retrouvent aussi. Il n’y a pas vraiment d’intention calculée. Écouter ma musique, peu importe le style dans lequel je m’exprime, c’est vraiment écouter qui je suis, ce qui me passionne, ce qui m’amuse, ce qui m’attriste, ce qui me préoccupe, mes racines, mes joies, mes peines… Dans mon single « Est-ce que tu as mangé », j’aborde les relations maritales, car l’équilibre entre l’homme et la femme, c’est socialement très important. J’ai vécu dans un environnement ou la bienfaisance d’une société commençait par des foyers stables, des familles stables, même lorsqu’elles étaient recomposées. Sociologiquement parlant, j’y crois toujours, je pense que des foyer heureux et stables favorisent l’équilibre des enfants, des futurs adultes qu’ils seront. Cette santé mentale, c’est assez crucial pour notre chère société. Jusqu’à preuve du contraire, ce sont des adultes équilibrés qui bâtissent une société saine, sans trop d’excès, sans trop de vices, sans trop de dommages collatéraux dans leurs intéractions avec les autres, dans leurs actions. Quand vous voyez à quel point la trajectoire de vie de certains a déviée parfois pour toujours, à cause de la relation chaotique de leurs parents, on comprend l’importance de l’harmonie entre l’homme et la femme. Je ne dis pas qu’il n’est pas possible de venir d’un modèle de famille moins idéal sans devenir équilibré. Je dis juste que, la famille, l’équilibre du couple, favorise l’équilibre pour tous les partis impliqués, et c’est très bénéfique pour la société. De plus, je pense que l’on sait tous que l’amour que l’on reçoit dans nos relations influencent énormément nos comportements au quotidien. Il nous amène à nous surpasser dans tout, ou à être démotivé dans tout. Les relations chaotiques provoquent trop de traumatismes de nos jours, sur les enfants, les futurs adultes qu’ils seront, sur l’homme et la femme du couple même, et tout cela influence nos intéractions en société de façon souvent négative… Alors, je chante le contraire de cette réalité pour nous donner plus de force. On est d’accord qu’il faut plus que du tieb, du yassa, ou des bananes plantains pour avoir une relation stable (rires)… Mais c’est une bonne façon d’introduire le sujet dans la bonne humeur.
Ma victoire deux années avant, en tant que meilleure révélation, m’a après mûre réflexion poussée à me relancer dans ma passion.
Ze-Africanews.com : Que pensez-vous de la place de femmes dans la société sénégalaise ?
Myrène : À ce sujet, j’ai une pensée particulière pour les femmes des villages. Une chose qui m’a marquée dès mon plus jeune âge. Ma mère est d’un village de Casamance. Étant enfant, je lui posais toujours des questions sur son enfance, son adolescence, sa façon de vivre au pays. Elle me racontait objectivement, sans parti pris, comment les femmes de la famille devaient souvent se lever avant les hommes pour aller faire les travaux des champs, aller puiser l’eau, et revenir au village, s’occuper de la famille, et au moment de manger, d’abord servir les hommes, en leur réservant parfois les meilleures portions des plats, pas par obligation, mais parce que c’était en elles de le faire, avant de se servir ce qu’il restait. C’était sa façon à elle de me faire prendre conscience du fait que nous avions beaucoup de chance de ne pas passer par le même chemin, de pouvoir expérimenter une insouciance que toutes les jeunes demoiselles n’ont pas la chance de vivre, et qu’il fallait donc honorer cette chance en saisissant toutes les opportunités pour réussir dans la vie, en passant d’abord par l’excellence dans le parcours scolaire puisqu’on avait presque que cela à faire. À l’époque, je voyais au-delà de son message, cela m’interpellait vraiment, et aujourd’hui, ça n’a pas changé. Je pense que cela vous résume à peu près ce qui me touche dans la place de la femme sénégalaise. Je sais que, aujourd’hui, cela n’a pas changé. Pas seulement au Sénégal, mais dans beaucoup de villages en Afrique. Certains verront cela comme une normalité, d’autres salueront leur résilience, mais moi je pense surtout qu’elles ont besoin d’aide, facilitant ce quotidien qui n’est franchement pas facile. L’idée n’est pas d’aller contre un modèle traditionnel avec lequel elles sont souvent à l’aise, mais de facilité leur quotidien. J’espère vraiment que l’accomplissement de mes objectifs me permettra de leur tendre la main à ma façon, à hauteur de ce que je peux faire. Ce sont des héroïnes. Une autre chose qui me touche, ce sont toutes ces femmes, artistes, ou actrices culturelles assumées, que je vois dans le milieu du rap galsen. Vous savez être dans un pays africain, être impliquée dans un milieu très masculin, en tant que femme, avoir du talent, et en plus de cela, être acceptée, reconnue, et respectée dans ce milieu… Alors qu’en général je vous assure que partout ailleurs ça me semble vraiment plus compliqué, le milieu Hip Hop est partout ailleurs très misogyne. Donc pour moi c’est vraiment positif ça en dit aussi beaucoup sur le respect et l’acceptation au Sénégal. Maintenant je ne dis pas que pour les femmes c’est facile, en tant que femme dans le milieu artistique on a toujours souvent plus de difficultés que les hommes pour diverses raisons. Mais dans le Hip Hop galsen comparé aux autres milieux Hip Hop, je note un respect de la femme, et un épanouissement des femmes artistes impliquées, qui est franchement plaisant, et spécial. En tant que femme mon rêve serait de voir l’une d’entre elles percer à la même hauteur que nos rappeurs qui sont au top, je serais mais tellement fière et heureuse. Donc tous mes encouragements à vous mes soeurs, on vous attend au sommet. Après on a des progrès à faire dans certaines pratiques, qui sont parfois plus ethniques que sénégalaises, car il faut dire que la condition des femmes au Sénégal peut varier, et être plus délicate, en fonction de l’ethnie de laquelle elle vient. Je note que des femmes de certaines ethnies parfois sont franchement sujettes à, ce que de mon point de vue, je trouve très compliqué à accepter. Alors que des femmes d’autres ethnies ont vraiment aucun problème niveau droits. Pour être honnête avec vous, je suis manjaque, et étant plus jeune, j’ai souvent pensé aux moindres pressions culturelles que j’avais comparé à mes sœurs pulaars par exemple, tout en pensant à d’autres sœurs sénégalaises qui avaient selon moi moins de pression familiale que nous sur d’autres sujets, car dans leur ethnie, les traditions étaient différentes. C’est une question complexe qu’on ne peut pas traiter en faisant des généralités.
Ze-Africanews.com : Vous avez été la « Best Artist Revelation, KMA 2017 », c’était à quelle occasion et comment vous avez reçu cette distinction ?
Myrène : Ma nomination était une réelle surprise, je ne m’y attendais vraiment pas. Alors ma victoire, n’en parlons même pas. Moi qui comme je vous l’ai dit, était en lutte perpétuelle entre le fait de continuer la musique, ou de me consacrer à mon autre vie, je ne peux même pas vous dire à quel point cette récompense m’a rassurée et a déterminé la trajectoire de mon actualité et de ma progression aujourd’hui. C’était aussi un vrai tournant dans ma carrière puisque c’était la première fois depuis le début de ma carrière que l’on me mettait sur la carte de l’Afrique en tant qu’artiste. Avant cela j’étais vraiment invisible en tant qu’artiste dans la communauté. C’est ce qui m’a vraiment révélée au public africain, voire au public tout court, pas seulement au Canada, mais ailleurs aussi. C’est aussi ce qui m’a fait comprendre que si, en n’étant pas hyper active dans le milieu, on pouvait me remarquer au point de me nominer, si je pouvais mobiliser autant de votes du public, et remporter cette récompense, c’est que j’étais peut être faite pour ça. Aujourd’hui, 3 ans après, vu mon parcours, j’en ai la certitude.
Ze-Africanews.com : Deux ans plus tard, vous avez été également la « Best Afro Urban Song, KMA 2019 » ? Expliquez-nous ?
Myrène : Ma victoire deux années avant, en tant que meilleure révélation, m’a après mûre réflexion poussée à me relancer dans ma passion. Elle m’a surtout redonné l’envie, la flamme, la motivation dont j’avais besoin pour toucher le public. Donc fin 2018 j’ai repris les enregistrements, et réenregistrer une version différente d’un titre déjà enregistré quelques mois plus tôt. Ce titre, c’est REIGN, un morceau aux influences trap. J’avais de gros doutes car en l’écrivant j’ai naturellement mélangé toutes les langues qui me représentent, le français, l’anglais, le manjaque, un peu de wolof. C’est un sacré mix (rires) et c’est une première, je ne savais vraiment pas comment ça allait être perçu. Et boom, à ma grande surprise, non seulement les blogs de rap sénégalais ont commencé à parler de moi, ce qui était pour moi un choc car, ne chantant pas en wolof, je n’aurais jamais pensé que les sénégalais ou les médias sénégalais prêteraient attention à ma musique. Je les remercie vraiment car ce sont eux qui ont ouvert la porte de la musique au Sénégal pour moi, et c’est ainsi que peu à peu les gens ont Sénégal ont commencé à s’intéresser à moi. Mais en plus de cela, ce titre m’a valu une belle deuxième victoire aux Kilimandjaro Music Awards, victoire qui m’a permis de faire une très belle tournée promotionnelle au Sénégal en Décembre 2019 avec plusieurs dates de spectacles, plusieurs shows de Wally Seck, un showcase, un festival, à Mbour, Thiès, Toubab Dialaw, Dakar, en Gambie, mais aussi plusieurs plateaux télés, qui m’ont encore plus révélée au public sénégalais. Bref cette récompense a été une belle reconnaissance qui a vraiment boosté ma carrière quelques mois après son ‘relancement’. Cela m’a aussi prouvée à quel point les Sénégalais me soutenaient car ils ont voté en masse pour moi, particulièrement au Sénégal, mais ailleurs aussi bien entendu. Je suis vraiment fière de pouvoir toucher les gens de chez moi, avec mes différences, tout en touchant les gens de l’extérieur aussi, dans d’autres pays d’Afrique, en Europe, et au Canada.

Myrène
Ze-Africanews.com : Vous prévoyez votre retour sur scène le 11 octobre 2020 au stade de l’indépendance de Bakau en Gambie ? Expliquez-nous ?
Myrène : J’ai tellement hâte. C’est tellement un honneur pour moi de participer à un tel grand spectacle, qui aura lieu sur mon continent, l’Afrique, et qui plus est, organisé par l’un de nos plus grands promoteurs au Canada, Deejay Chi Entertainment. Ce sera mon premier gros show après plusieurs mois d’absence, c’est une date clé pour nous.
Ze-Africanews.com : Vous allez assurée la première partie du célèbre artiste nigérian Kizz Daniel, quel est votre sentiment ?
Myrène : On le sait les Nigérians sont au top du game en ce moment, Kizz Daniel est dans le top des artistes de la nouvelle génération. Alors le fait qu’une ‘petite’ chanteuse sénégalaise soit invitée à cette occasion, alors que ce show ne se passe ni dans son pays de résidence, ni dans son pays d’origine, c’est juste un autre level, comme on dit ici au Canada « j’suis juste comme… wow… ». J’ai vraiment l’ambition de porter le drapeau du Sénégal le plus haut possible, pas pour ne toucher que le Sénégal, mais pour avoir un impact à la maison, et partout ailleurs. On doit énormément travailler pour ça, je dis on car je ne suis pas toute seule, je suis la somme de l’équipe qui travaille avec moi et m’aide dans ma carrière. Et ce sont des gros signes comme celui-ci qui me font dire que « hmm… c’est vraiment possible, ça va le faire, on y arrivera». Je ne vous cache pas que faire des shows dans d’énormes stades comme j’ai fait en Décembre au Sénégal dépasse déjà tous mes rêves. Ce que le public sénégalais m’a donné comme énergie alors qu’ils me découvraient quand j’étais sur scène, c’est de la force pour tout le restant de ma carrière sérieusement, de la puissance mais illimitée que mon âme a absorbée pour toujours, et je redemande à vivre ça. Mais pour en revenir à la question, le 11 Octobre 2020 en Gambie, au concert de Kizz Daniel, alors là, je sais que mon chorégraphe Tiken et moi-même, on est prêts à faire de cette expérience un show inoubliable. Je travaille avec l’un des meilleurs du milieu niveau mise en scène. Donc j’ai la paix, mon esprit est tranquille, j’attends juste la reprise des répétitions et le jour J sans avoir mais aucun doute car on va assurer. Si une artiste sénégalaise est présente au concert d’un grand artiste nigérian, au top du music game, c’est pour marquer les esprits et représenter comme il se doit. C’est non négociable, pour moi, pour ma team, et c’est clair comme de l’eau de roche.
Ze-Africanews.com : Comment va se passez votre tournée en Europe ? Vous serez dans quelles villes précisément ?
Myrène : Pour l’instant c’est compliqué à dire on a repris nos discussions, mais tout dépend de l’aval des autorités gouvernementales pour la reprise des rassemblements publics, concerts, etc. J’annoncerai mon programme quand les doutes se seront dissipés. Mais je ferai un passage obligé en Septembre en France pour tourner un nouveau clip avant de repartir en Afrique.
CULTURE
TUNISIE – Patrimoine mondial : Sidi Bou Saïd décroche la consécration de l’Unesco
Sidi Bou Saïd confirme son statut de joyau touristique tunisien. Depuis son inscription récente au patrimoine mondial de l’Unesco, le célèbre village perché au nord de Tunis connaît un regain d’intérêt auprès des visiteurs, venus découvrir ou redécouvrir un site dont la réputation dépasse depuis longtemps les frontières de la Tunisie.
Avec ses maisons blanchies à la chaux, ses portes et fenêtres bleues, ses passages étroits et sa vue spectaculaire sur la Méditerranée, Sidi Bou Saïd offre un décor devenu emblématique du pays. Dans les ruelles, les touristes se succèdent entre les boutiques d’artisanat, les ateliers d’artistes et les commerces proposant céramiques, tableaux et autres objets inspirés du patrimoine local.

Pour les habitants, cette reconnaissance internationale vient confirmer une évidence : leur village possède une identité exceptionnelle. Aymen Ghamrasni, passionné par l’histoire de Sidi Bou Saïd, souligne l’attachement des résidents à ce cadre unique, où le patrimoine fait partie intégrante de la vie quotidienne. Même une pause autour d’un bambalouni, célèbre beignet traditionnel tunisien, devient ici une expérience associée à l’identité du lieu.
La notoriété du village séduit également une clientèle internationale. Des visiteurs venus du Moyen-Orient notamment voient désormais Sidi Bou Saïd comme une étape incontournable lors d’un séjour en Tunisie. Son architecture caractéristique, dominée par le bleu et le blanc, ainsi que son environnement méditerranéen contribuent largement à son attractivité.

Derrière cette identité architecturale se trouve également une histoire spirituelle ancienne. La localité porte le nom d’Abou Saïd al-Baji, figure soufie du XIIIe siècle, dont le sanctuaire demeure l’un des marqueurs historiques du village. La dimension religieuse, l’architecture traditionnelle et le paysage méditerranéen se combinent ainsi pour donner au site son caractère singulier.
L’entrée sur la Liste du patrimoine mondial représente cependant bien davantage qu’un label touristique. Cette reconnaissance implique une responsabilité accrue pour les autorités tunisiennes en matière de conservation. Les sites inscrits par l’Unesco sont considérés comme présentant une valeur universelle exceptionnelle et peuvent bénéficier de dispositifs d’accompagnement, notamment dans les domaines de la préservation, de la formation et de l’expertise technique.

La décision a été prise lors de la session du Comité du patrimoine mondial organisée à Busan, en Corée du Sud. Plusieurs autres lieux remarquables ont également rejoint la Liste, parmi lesquels les anciennes capitales japonaises d’Asuka et de Fujiwara. Le paysage migratoire de Boma-Badingilo, au Soudan du Sud, a lui aussi été distingué. Cette dernière inscription constitue une première pour le pays au patrimoine mondial.
Pour la Tunisie, la consécration de Sidi Bou Saïd vient donc renforcer la visibilité internationale d’une destination déjà incontournable. Mais cette nouvelle reconnaissance s’accompagne d’un défi majeur : préserver l’authenticité du village face à l’augmentation de sa fréquentation, protéger son architecture et son environnement et permettre aux générations futures de bénéficier à leur tour de ce patrimoine exceptionnel.
CULTURE
SÉNÉGAL – Positive Black Soul célèbre 37 ans de hip-hop au Grand Théâtre de Dakar
Trente-sept ans après ses débuts, Positive Black Soul (PBS) a retrouvé son public sur la scène du Grand Théâtre de Dakar pour célébrer une histoire qui dépasse largement celle d’un groupe de musique. Le duo formé par Didier Awadi et Duggy Tee, pionnier du hip-hop sénégalais, a offert une soirée anniversaire mêlant spectacle son et lumière, hommages et collaborations entre plusieurs générations d’artistes. Dès leur entrée sur scène, les deux membres de PBS donnent le ton. Le public, venu célébrer près de quatre décennies de carrière, accueille le groupe avec enthousiasme. Dans la salle, les souvenirs des premières années du rap sénégalais côtoient les sonorités de la nouvelle génération.
De la SICAP aux grandes scènes
Fondé en 1989, Positive Black Soul s’est imposé comme l’un des groupes fondateurs du hip-hop sénégalais. À une époque où le rap reste encore un mouvement émergent, Didier Awadi et Duggy Tee participent à son implantation dans le paysage culturel du pays. Le groupe ne tarde pas à dépasser les frontières sénégalaises. Avec ses textes engagés, son identité panafricaine et ses collaborations internationales, PBS contribue à faire connaître une autre voix de l’Afrique sur la scène hip-hop. Son album « New York-Paris-Dakar » participe notamment à cette ouverture internationale et accompagne l’émergence d’une génération d’artistes sénégalais qui vont à leur tour porter le rap au-delà des frontières. Mais la longévité de PBS tient aussi à sa capacité à rester connecté aux réalités de son époque. Pendant près de quatre décennies, le groupe a abordé des questions liées à la société, à la jeunesse, à l’identité, à la citoyenneté et à l’Afrique.
L’ancienne école réunie autour de PBS
Pour ses 37 ans, Positive Black Soul a choisi de revenir sur cette histoire en réunissant plusieurs figures du mouvement. Matador, Simon et Xuman, représentants de l’ancienne école, ont ainsi été honorés sur scène. Leur présence rappelle les premières années d’un mouvement qui a profondément transformé la scène musicale sénégalaise. À travers eux, PBS rend hommage à toute une génération qui a contribué à faire du hip-hop un espace d’expression, de revendication et de création. Mais la soirée n’était pas tournée uniquement vers le passé. Elle a également donné une place importante aux artistes de la nouvelle génération.
Une rencontre entre les générations
Parmi les invités, VJ a partagé la scène avec PBS autour d’une nouvelle interprétation du célèbre titre « Capsi ». Une séquence symbolique : un classique du groupe revisité par l’un des représentants de la nouvelle génération. Ngaaka Blindé a lui aussi participé à la fête dans un show partagé avec Positive Black Soul. La soirée a également réuni plusieurs grandes figures de la musique sénégalaise. Wally B. Seck a fait une apparition remarquée et rendu un hommage émouvant à sa mère, feu Diaga, donnant à la soirée une tonalité plus intime. La légende Baaba Maal a livré un show inédit, tandis qu’Ismaïla Lô, autre figure majeure de la musique sénégalaise, a retrouvé son public au Grand Théâtre. Autre moment fort : Viviane Chidid, la reine du Jolof Band, a enflammé la scène devant un public conquis. La prestation de Carlou D et Duggy Tee a, elle aussi, compté parmi les séquences marquantes de cette soirée anniversaire.
Une célébration qui dépasse le rap
Au fil des prestations, le Grand Théâtre s’est transformé en lieu de rencontre entre plusieurs générations de la musique sénégalaise. Des pionniers du hip-hop aux artistes de la scène contemporaine, chacun est venu apporter sa contribution à cette célébration. Cette diversité témoigne de l’empreinte laissée par Positive Black Soul sur la culture sénégalaise. Le groupe n’a pas seulement participé à l’histoire du rap : il a accompagné son évolution et contribué à faire de cette musique un phénomène culturel majeur. Lors de la préparation de cet anniversaire, Didier Awadi et Duggy Tee avaient d’ailleurs insisté sur l’importance de la transmission et sur la nécessité, pour les nouvelles générations, de connaître leur histoire tout en construisant leur propre identité.
Une reconnaissance nationale
Cette célébration intervient également après la reconnaissance officielle du travail des deux artistes. Didier Awadi a été élevé au grade d’Officier de l’Ordre national du Lion, tandis que Duggy Tee a été fait Chevalier de l’Ordre national du Mérite. Des distinctions qui viennent saluer plusieurs décennies de contribution à la culture sénégalaise. Pour les deux artistes, ces récompenses s’inscrivent dans une histoire collective : celle d’un mouvement porté par une génération de jeunes qui, à la fin des années 1980, a choisi le hip-hop comme moyen d’expression.
37 ans et toujours debout
Au Grand Théâtre de Dakar, Positive Black Soul n’a donc pas seulement célébré un anniversaire. Le duo a revisité 37 années de musique, d’engagement et de transmission. De Matador, Simon et Xuman à VJ et Ngaaka Blindé, de Wally B. Seck à Baaba Maal, Ismaïla Lô, Viviane Chidid et Carlou D, la soirée a surtout raconté une histoire de rencontres. Une histoire commencée en 1989 dans les quartiers de Dakar et qui, près de quatre décennies plus tard, continue de résonner sur les grandes scènes.
À 37 ans, Positive Black Soul appartient désormais à l’histoire du hip-hop africain. Mais au vu de l’énergie du public du Grand Théâtre, cette histoire est loin d’être terminée.
CULTURE
SÉNÉGAL – Viviane Chidid annonce un concert exceptionnel pour ses 26 ans de carrière
La chanteuse sénégalaise Viviane Chidid a suscité un vif enthousiasme auprès de ses fans en annonçant officiellement la tenue du « Queen Celebration », un concert événement prévu le 26 septembre 2026 pour célébrer ses 26 ans de carrière.
Présenté comme le spectacle le plus ambitieux depuis ses débuts en 1999, ce rendez-vous s’annonce exceptionnel. Selon des informations relayées par Kawtef, l’artiste promet « une seule nuit pour tout raconter », invitant son public à revisiter avec elle les grandes étapes de son parcours musical.
Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement dynamique pour la star. En novembre 2025, elle avait marqué les esprits avec la sortie d’un single très remarqué. Quelques mois plus tard, en juin 2026, elle a rencontré le directeur général du Grand Théâtre national de Dakar pour préparer la « Nuit des Paillettes », confirmant son implication dans des projets d’envergure.
Le « Queen Celebration » représente une étape symbolique pour l’artiste, qui s’est imposée au fil des années comme une figure majeure de la musique sénégalaise et ouest-africaine. Le public est ainsi convié à un moment fort, célébrant plus d’un quart de siècle de succès et d’influence.
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