AMÉRIQUE
ETATS-UNIS : Amanda Gorman, la jeune poétesse qui marche sur les traces de ses aînés
Amanda Gorman, 22 ans, a captivé son auditoire lors de la cérémonie d’investiture de Joe Biden le 20 janvier. Son poème « The Hill We Climb » (La colline que nous gravissons) est une nouvelle composition qui fait référence à la colline du Capitole, où des partisans de Donald Trump ont envahi le siège du Congrès le 06 janvier.
Amanda Gorman, jeune femme originaire de Los Angeles, a fait sensation lors de l’investiture du 46ème Président des Etats-Unis. Les paroles de son poème « The Hill We Climb » s’accordent parfaitement avec le message rassembleur et optimiste de Joe Biden. « La démocratie peut être temporairement supplantée, mais jamais définitivement défaite », a-t-elle déclamé avant de conclure avec espoir : « Il y a toujours de la lumière. Si seulement nous sommes assez courageux pour la voir ».
En vérité, son nom a été soufflé aux organisateurs de la cérémonie par la Première dame, Jill Biden, qui a eu l’occasion d’assister à une de ses lectures. Elle a reçu la commande, en décembre. Cette dernière consistait à ce qu’elle rédige une ode à l’“Amérique unie”, en écho au discours du démocrate.
Elle était à mi-chemin de ce qu’elle avait en tête pour son poème lorsque le Capitole a été pris d’assaut, le 06 janvier, par les partisans de Donald Trump. Cet incident dramatique lui a donné une nouvelle inspiration et, le soir même, elle a terminé l’écriture de « The Hill We Climb ». « C’est probablement l’une des choses les plus importantes que je ferai dans ma carrière », a-t-elle indiqué après avoir reconnu qu’elle a éprouvé des difficultés au début. « Je voulais utiliser mes mots comme un outil pour créer l’unité, la coopération et la cohésion », a déclaré Amanda Gorman avant la cérémonie, ajoutant : « Je pense qu’il s’agit d’un nouveau chapitre que nous ouvrons aux États-Unis, sur l’avenir, et de le faire en utilisant l’élégance et la beauté des mots. »
Elle suit ainsi les traces de Maya Angelou, Richard Blanco et Robert Frost, qui figurent parmi les cinq poètes à s’être produits lors des précédentes investitures présidentielles.
Née à Los Angeles en 1998, Gorman avait un défaut d’élocution dans son enfance. Un handicap qu’elle a en commun avec le nouveau Président des États-Unis. Plutôt que de s’apitoyer sur son sort, elle s’en est servie comme d’une force. « Cela a fait de moi l’interprète que je suis et la conteuse que je m’efforce d’être », a-t-elle déclaré avant d’ajouter : « Quand vous devez vous former à dire des sons [et] être très préoccupé par la prononciation, cela vous donne une certaine conscience des sons, de l’expérience auditive. »
Gorman est devenue la poétesse lauréate de la jeunesse de Los Angeles à 16 ans. Trois ans plus tard, alors qu’elle étudie la sociologie à Harvard, elle devient la première jeune poétesse lauréate au niveau national. Elle a publié son premier livre, « The One for Whom Food Is Not Enough » (Celui pour qui la nourriture ne suffit pas), en 2015 et publiera un livre d’images, « Change Sings » (Le changement chante), plus tard en 2021.
La femme de 22 ans a gagné 2,5 million d’abonnés sur Instagram en une seule journée et les deux livres qu’elle compte publier sont massivement précommandés en ligne.
AMÉRIQUE
HAÏTI – Des centaines de déplacés après de nouvelles violences à Port-au-Prince
Une nouvelle flambée de violences secoue Port-au-Prince, où des affrontements entre gangs ont forcé des centaines d’habitants à fuir précipitamment leurs domiciles ce week-end. Cette énième crise illustre l’enlisement sécuritaire dans lequel est plongé le Haïti depuis plusieurs années.
Lundi, des familles déplacées erraient dans les rues, certaines regroupées sur des places publiques ou le long de la route menant à l’aéroport international Toussaint Louverture. Beaucoup n’ont emporté que l’essentiel, abandonnant leurs biens pour échapper aux tirs nourris qui ont éclaté dans plusieurs quartiers du nord de la capitale. La panique s’est propagée rapidement, poussant les habitants à chercher refuge loin des zones de combats.
Des structures médicales sous pression
Dans un communiqué, Médecins Sans Frontières (MSF) a indiqué que ses centres de santé situés à Cité Soleil et à Croix-des-Bouquets se trouvent directement exposés aux violences. Selon Davina Hayles, cheffe de mission de MSF en Haïti, plus de 40 blessés par balle ont été pris en charge en seulement 12 heures. Un agent de sécurité de l’organisation a également été touché par une balle perdue à l’intérieur même d’un hôpital, illustrant la gravité de la situation et l’absence de zones véritablement sûres.
Une crise enracinée depuis 2021
Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021, les groupes armés ont considérablement renforcé leur emprise sur le pays. Ils contrôlent aujourd’hui plus de 90 % de Port-au-Prince, selon les autorités, et étendent leurs activités criminelles — pillages, enlèvements, violences sexuelles — bien au-delà de la capitale, jusque dans les zones rurales. Haïti reste sans président depuis cet événement, dans un contexte de vacance du pouvoir et d’instabilité chronique, aggravant la crise sécuritaire et humanitaire.
Une réponse internationale encore limitée
Face à cette situation alarmante, le Conseil de sécurité des Nations unies a validé fin septembre le déploiement d’une force multinationale de 5 550 membres destinée à soutenir les autorités haïtiennes. Toutefois, cette mission peine encore à se déployer pleinement sur le terrain, même si certains contingents, notamment tchadiens, ont déjà été envoyés. Parallèlement, Organisation internationale pour les migrations (OIM) alerte sur l’ampleur de la crise humanitaire : plus de 1,4 million de personnes ont été déplacées à travers le pays. Parmi elles, environ 200 000 vivent dans des sites d’accueil surpeuplés et largement sous-financés dans la capitale.
AMÉRIQUE
CUBA – Washington durcit le ton, l’ONU alerte sur une « famine énergétique »
Le bras de fer s’intensifie entre Cuba et les États-Unis, sur fond de crise énergétique et de pressions économiques accrues. Alors que des experts de l’Organisation des Nations unies dénoncent une véritable « famine énergétique » imposée à l’île, Washington a annoncé une nouvelle série de sanctions ciblées.
Ces mesures visent notamment Grupo de Administracion Empresarial SA, pilier central de l’économie cubaine contrôlé par les forces armées, ainsi que Ania Guillermina Lastres Morera, à la tête de cette structure et de Moa Nickel SA. Cette dernière est liée au groupe canadien Sherritt International, qui a annoncé suspendre sa participation directe après l’annonce des sanctions.
En toile de fond, la situation énergétique de Cuba s’aggrave, notamment avec la diminution des livraisons de pétrole en provenance du Venezuela. À cela s’ajoute un dispositif américain menaçant de sanctions tout pays fournissant du carburant à l’île, renforçant l’isolement économique.
Côté américain, le secrétaire d’État Marco Rubio justifie cette stratégie par des impératifs de sécurité nationale, affirmant que l’administration de Donald Trump maintiendra la pression tant que des réformes politiques et économiques ne seront pas engagées à La Havane.
À l’inverse, des experts indépendants de l’ONU dénoncent des mesures contraires au droit international et aux droits humains. Selon eux, les restrictions énergétiques ont des conséquences directes sur la population : difficultés d’accès aux soins, perturbations du système éducatif et aggravation de la crise hospitalière, avec des dizaines de milliers d’opérations en attente, dont une part importante concerne des enfants.
Le gouvernement cubain, qui dénonce régulièrement des « mesures coercitives unilatérales », voit dans ces sanctions une forme de punition collective. Cette nouvelle escalade illustre un durcissement des positions, au moment où la crise économique et sociale atteint un niveau critique sur l’île.
AMÉRIQUE
ÉTATS-UNIS – IRAN – L’escalade militaire relancée après l’échec des négociations
La tension monte d’un cran entre États-Unis et Iran, après l’échec de discussions indirectes tenues ce week-end au Pakistan. Alors que les canaux diplomatiques peinent à produire des avancées, la situation bascule progressivement vers une logique d’escalade militaire.
Sur le terrain, Washington a franchi un seuil significatif en annonçant la mise en place d’un blocus naval visant les infrastructures maritimes iraniennes. Selon le CENTCOM, cette mesure concerne l’ensemble des ports et zones côtières de l’Iran, avec un dispositif centré sur le stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle du commerce mondial d’hydrocarbures.
Le commandement américain précise que ce blocus sera appliqué sans distinction de pavillon, impliquant un contrôle strict de tous les navires entrant ou sortant de la zone. Pour soutenir cette opération, les États-Unis s’appuient sur un important déploiement aéronaval dans la région, incluant bases militaires, bâtiments de guerre et capacités de surveillance avancées.
Dans une déclaration au ton particulièrement ferme, Donald Trump a averti que tout navire iranien s’approchant du périmètre de blocus serait « immédiatement neutralisé », accentuant encore la pression sur Téhéran.
En réponse, les autorités iraniennes dénoncent une mesure « illégale » assimilée à un acte de piraterie internationale. L’état-major iranien a également brandi la menace de représailles, affirmant que l’ensemble des installations portuaires du golfe Persique et du golfe d’Oman pourrait devenir des cibles si ses intérêts venaient à être directement menacés.
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