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ARRESTATION PAPE ALÉ NIANG : Reporters sans frontière demande sa libération immédiate

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Christophe Deloire @Capture page Facebook Christophe Deloire

Accompagné de la Coordination des Associations de la Presse (CAP) du Sénégal, le responsable de Reporters sans frontières est allé rendre visite au journaliste d’investigation ce jeudi 1 décembre 2022. Sa déclaration : 

“Avec nos amis et collègues de la coordination des associations de presse nous avons rendu visite au journaliste Pape Alé Niang. Il est combatif, il a un état d’esprit et c’était je dois dire impressionnant de voir un journaliste d’investigation dans une prison comme celle-ci. C’est assez désastreux pour le Sénégal qu’un journaliste se retrouve aujourd’hui en détention. Je me souviens que le président sénégalais Macky Sall lorsqu’il a pris ses fonctions s’est engagé à ce que pendant l’exercice de son pouvoir de ses mandats aucun journaliste ne soit placé en détention. C’est un engagement qu’il a souscrit aussi devant moi lorsque à Paris où Forum de Paris pour la presse le 11 novembre 2018, je m’en souviens, très bien, il était là avec des chefs d’État et des gouvernements pour lancer le partenariat sur l’information et la démocratie, on avait tenu à ce que le Sénégal fasse partie de ces premiers États et il avait renouvelé cet engagement et cet engagement c’est pas un petit engagement et là il y a une infraction évidente et extrêmement regrettable à cet engagement et nous l’appelons solennellement aujourd’hui à mettre fin au plus vite à cette infraction à son propre engagement et un engagement qui est important pour lui et qui est plus important encore pour le Sénégal. Le Sénégal ça doit être un exemple. Le Sénégal c’est un pays important dans la sous-région. C’est un pays où en fonction de ce qui s’y passe, il peut y avoir des effets dans d’autres pays et des effets négatifs qui peuvent avoir sur la liberté de la presse et la démocratie dans les pays de la région.

Ses collègues, ses confrères, consoeurs sénégalais se sont battus pour lui. Si cette situation devait continuer, nous amplifierions nos actions et nous les porterons de manière plus forte sur le plan international cette situation intolérable. Il vaut mieux à tout point de vue qu’elle soit mis fin au plus vite parce que sinon il y a un risque évident pour l’image du Sénégal, une responsabilité du Président devant les sénégalais et puis il va aussi de son héritage devant l’histoire.

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Je tiens à préciser peut-être un point supplémentaire, Pape Alé Niang est un journaliste d’investigation. Oui ! C’est un journaliste contrairement à ce que prétendent certains sinon on serait pas tous rassemblés ici si on ne le considérait pas comme journaliste. On serait pas venu lui rendre visite en prison et on ne serait pas là le défendre. Et oui ! Un journaliste d’investigation, ça sort parfois des documents confidentiels. Un journaliste d’investigation, ce  n’est pas quelqu’un de l’administration, quelqu’un qui travaille pour la police, c’est quelqu’un qui doit faire connaître la vérité. Parfois des vérités que le pouvoir peut peut-être vouloir taire. J’étais journaliste d’investigation, j’ai sorti des centaines de documents, ils étaient classifiés et je n’ai jamais fait un jour dans un commissariat de police ou une prison et il serait normal que ça soit la même chose au Sénégal.

Ce que nous demandons de manière très claire, c’est que le journaliste Pape Alé Niang soit libéré immédiatement dans les heures qui viennent sans condition. Évidemment que cette procédure  soit mise fin, une procédure qui ne correspond pas aux principes de la liberté de la presse.

Nous pensons que le pouvoir doit faire en sorte qu’il soit libéré et sans qu’il ait besoin d’utiliser des moyens pour faire pression. Le pouvoir doit être conscient de l’impact en termes d’image que ça a sur les autorités sénégalaises, sur le Sénégal et du fait que si cette situation devait durer on fera en sorte que sur le plan international qu’il y ait une mobilisation plus grande.  

En tant que secrétaire général de Reporters sans frontières, je veux ajouter un mot, on a créé notre bureau d’Afrique de l’Ouest à Dakar. On a décidé d’élargir le champ de ce bureau à l’ensemble de l’Afrique subsaharienne pour que les activités de Reporters sans frontières soient ouvertes depuis Dakar et on ne voudrait pas que de telles situations nous laissent à penser que c’est une erreur de croire à la liberté de la presse au Sénégal.” 

       

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