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CANADA : L’Agence des services frontaliers reprend les expulsions de personnes en situation irrégulière

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Le Canada a repris, depuis le 30 novembre 2020, les expulsions de personnes en situation irrégulière. Les demandeurs d’asile qui n’ont pas encore obtenu le statut de réfugiés seront renvoyés dans leur pays. Une mesure dénoncée par des associations de défense des migrants.

Le Canada a repris les expulsions de sans papiers de son territoire. Une décision suspendue depuis le 17 mars 2020. « À compter du 30 novembre 2020, l’Agence reprendra les opérations de renvoi pour tous les ressortissants étrangers interdits de territoire au Canada », informe un communiqué de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). La plupart de ces mesures de renvoi concerne les personnes interdites de territoire pour motifs graves ou celles qui voudraient volontairement partir. Cependant quatorze États, comme l’Irak, la Libye, Haïti, le Mali, la Centrafrique, le Soudan du Sud, le Burundi ou la République démocratique du Congo, ne sont pas visés par ces renvois. Ces pays bénéficient d’un « sursis administratif aux renvois » en raison de la situation sur place.

Toutefois, la reprise des expulsions ne fait pas l’unanimité. « C’est totalement criminel. On devrait attendre que la situation de la pandémie s’améliore globalement. Si vous regardez les pays où les gens vont être expulsés, quel est le niveau de risque justement s’ils retournent là-bas ? », dénonce Frantz André, le porte-parole du Comité d’action pour les personnes sans statut.

Guillaume Cliche-Rivard, président de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration (AQAADI) est tout aussi déçu. « Ça veut dire que les gens qui étaient en attente et dans l’espoir de régulariser leur statut, certains avec le programme qui vise les anges gardiens, pourront être renvoyés avant », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « Ces gens jouent pourtant un rôle important dans tous les secteurs de notre société. Ça comprend les personnes comme les agents de sécurité qui font le guet dans les établissements de santé ou ceux qui nettoient dans les CHSLD, qui ne sont visées par aucun programme (de régularisation), mais qu’on ne peut pas se permettre de perdre. »

Face aux vives protestations de certaines organisations de défense des réfugiés et immigrants, le ministère canadien de l’Immigration a précisé, le mardi 1er décembre 2020, que les personnes admissibles au programme de régularisation des demandeurs d’asile, encore appelées « ange gardien », ne sont pas concernées.

La reprise des expulsions inquiète également de nombreux opérateurs économiques et des organisations canadiennes, en raison d’une possible pénurie de main-d’œuvre dans certaines activités.

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HAÏTI – Des centaines de déplacés après de nouvelles violences à Port-au-Prince

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Une nouvelle flambée de violences secoue Port-au-Prince, où des affrontements entre gangs ont forcé des centaines d’habitants à fuir précipitamment leurs domiciles ce week-end. Cette énième crise illustre l’enlisement sécuritaire dans lequel est plongé le Haïti depuis plusieurs années.

Lundi, des familles déplacées erraient dans les rues, certaines regroupées sur des places publiques ou le long de la route menant à l’aéroport international Toussaint Louverture. Beaucoup n’ont emporté que l’essentiel, abandonnant leurs biens pour échapper aux tirs nourris qui ont éclaté dans plusieurs quartiers du nord de la capitale. La panique s’est propagée rapidement, poussant les habitants à chercher refuge loin des zones de combats.

Des structures médicales sous pression
Dans un communiqué, Médecins Sans Frontières (MSF) a indiqué que ses centres de santé situés à Cité Soleil et à Croix-des-Bouquets se trouvent directement exposés aux violences. Selon Davina Hayles, cheffe de mission de MSF en Haïti, plus de 40 blessés par balle ont été pris en charge en seulement 12 heures. Un agent de sécurité de l’organisation a également été touché par une balle perdue à l’intérieur même d’un hôpital, illustrant la gravité de la situation et l’absence de zones véritablement sûres.

Une crise enracinée depuis 2021
Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021, les groupes armés ont considérablement renforcé leur emprise sur le pays. Ils contrôlent aujourd’hui plus de 90 % de Port-au-Prince, selon les autorités, et étendent leurs activités criminelles — pillages, enlèvements, violences sexuelles — bien au-delà de la capitale, jusque dans les zones rurales. Haïti reste sans président depuis cet événement, dans un contexte de vacance du pouvoir et d’instabilité chronique, aggravant la crise sécuritaire et humanitaire.

Une réponse internationale encore limitée
Face à cette situation alarmante, le Conseil de sécurité des Nations unies a validé fin septembre le déploiement d’une force multinationale de 5 550 membres destinée à soutenir les autorités haïtiennes. Toutefois, cette mission peine encore à se déployer pleinement sur le terrain, même si certains contingents, notamment tchadiens, ont déjà été envoyés. Parallèlement, Organisation internationale pour les migrations (OIM) alerte sur l’ampleur de la crise humanitaire : plus de 1,4 million de personnes ont été déplacées à travers le pays. Parmi elles, environ 200 000 vivent dans des sites d’accueil surpeuplés et largement sous-financés dans la capitale.

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CUBA – Washington durcit le ton, l’ONU alerte sur une « famine énergétique »

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Le bras de fer s’intensifie entre Cuba et les États-Unis, sur fond de crise énergétique et de pressions économiques accrues. Alors que des experts de l’Organisation des Nations unies dénoncent une véritable « famine énergétique » imposée à l’île, Washington a annoncé une nouvelle série de sanctions ciblées.

Ces mesures visent notamment Grupo de Administracion Empresarial SA, pilier central de l’économie cubaine contrôlé par les forces armées, ainsi que Ania Guillermina Lastres Morera, à la tête de cette structure et de Moa Nickel SA. Cette dernière est liée au groupe canadien Sherritt International, qui a annoncé suspendre sa participation directe après l’annonce des sanctions.

En toile de fond, la situation énergétique de Cuba s’aggrave, notamment avec la diminution des livraisons de pétrole en provenance du Venezuela. À cela s’ajoute un dispositif américain menaçant de sanctions tout pays fournissant du carburant à l’île, renforçant l’isolement économique.

Côté américain, le secrétaire d’État Marco Rubio justifie cette stratégie par des impératifs de sécurité nationale, affirmant que l’administration de Donald Trump maintiendra la pression tant que des réformes politiques et économiques ne seront pas engagées à La Havane.

À l’inverse, des experts indépendants de l’ONU dénoncent des mesures contraires au droit international et aux droits humains. Selon eux, les restrictions énergétiques ont des conséquences directes sur la population : difficultés d’accès aux soins, perturbations du système éducatif et aggravation de la crise hospitalière, avec des dizaines de milliers d’opérations en attente, dont une part importante concerne des enfants.

Le gouvernement cubain, qui dénonce régulièrement des « mesures coercitives unilatérales », voit dans ces sanctions une forme de punition collective. Cette nouvelle escalade illustre un durcissement des positions, au moment où la crise économique et sociale atteint un niveau critique sur l’île.

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ÉTATS-UNIS – IRAN – L’escalade militaire relancée après l’échec des négociations

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La tension monte d’un cran entre États-Unis et Iran, après l’échec de discussions indirectes tenues ce week-end au Pakistan. Alors que les canaux diplomatiques peinent à produire des avancées, la situation bascule progressivement vers une logique d’escalade militaire.

Sur le terrain, Washington a franchi un seuil significatif en annonçant la mise en place d’un blocus naval visant les infrastructures maritimes iraniennes. Selon le CENTCOM, cette mesure concerne l’ensemble des ports et zones côtières de l’Iran, avec un dispositif centré sur le stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle du commerce mondial d’hydrocarbures.

Le commandement américain précise que ce blocus sera appliqué sans distinction de pavillon, impliquant un contrôle strict de tous les navires entrant ou sortant de la zone. Pour soutenir cette opération, les États-Unis s’appuient sur un important déploiement aéronaval dans la région, incluant bases militaires, bâtiments de guerre et capacités de surveillance avancées.

Dans une déclaration au ton particulièrement ferme, Donald Trump a averti que tout navire iranien s’approchant du périmètre de blocus serait « immédiatement neutralisé », accentuant encore la pression sur Téhéran.

En réponse, les autorités iraniennes dénoncent une mesure « illégale » assimilée à un acte de piraterie internationale. L’état-major iranien a également brandi la menace de représailles, affirmant que l’ensemble des installations portuaires du golfe Persique et du golfe d’Oman pourrait devenir des cibles si ses intérêts venaient à être directement menacés.

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