INTERNATIONAL
IRAN – Le nouveau guide suprême promet une riposte « inévitable »
À peine quelques semaines après la signature d’un protocole d’accord censé apaiser les tensions entre les États-Unis et l’Iran, le spectre d’une nouvelle escalade militaire refait surface. La reprise récente des frappes, combinée à des déclarations particulièrement offensives des deux camps, fragilise un cessez-le-feu déjà précaire, malgré la poursuite de discussions indirectes sous médiation omanaise.
Dans un message diffusé samedi, le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, s’est exprimé pour la première fois depuis les funérailles de son père, Ali Khamenei, tué lors de frappes attribuées à une coalition israélo-américaine. Désormais à la tête de la République islamique, il a adopté un ton résolument ferme, promettant une riposte qu’il juge « inévitable ». Il a notamment évoqué une volonté nationale de vengeance, dans un contexte marqué par une intensification des tensions régionales.
Sur le terrain, les hostilités ont repris. Washington accuse Téhéran d’être impliqué dans des attaques visant des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, un point névralgique du commerce énergétique mondial. En réponse, les États-Unis ont mené de nouvelles frappes, faisant plusieurs victimes selon les autorités iraniennes. L’Iran a riposté en visant certains États du Golfe, alimentant les craintes d’un embrasement régional.
Le président américain Donald Trump a, de son côté, durci le ton, évoquant des menaces directes contre sa personne et affirmant que l’appareil militaire américain était prêt à réagir de manière massive en cas d’attaque. Ces déclarations interviennent alors que des informations de renseignement évoquent un possible projet iranien visant des intérêts américains, dans un contexte marqué par la volonté persistante de Téhéran de venger la mort du général Qassem Soleimani en 2020.
Parallèlement, des préoccupations sécuritaires entourent les déplacements du président américain, bien que la Maison-Blanche minimise les liens avec les tensions actuelles. Cette atmosphère de méfiance illustre la fragilité des équilibres diplomatiques dans la région.
Malgré ce climat tendu, les canaux de dialogue restent ouverts. Les discussions indirectes entre les deux pays se poursuivent avec l’appui d’Oman, même si les positions semblent se durcir. Washington aurait fixé des conditions strictes concernant la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran conditionne toute avancée à une révision de la posture américaine.
INTERNATIONAL
GAZA – Une veillée funèbre rend hommage à 105 victimes retrouvées sous les décombres
Une importante foule s’est rassemblée mercredi après-midi à Gaza City pour rendre hommage à 105 personnes tuées pendant la guerre et dont les dépouilles ont récemment été extraites des ruines. Les corps, enveloppés dans des housses blanches et recouverts de drapeaux palestiniens, ont été exposés près des lieux où ils ont été retrouvés.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les opérations de recherche ont permis de récupérer ces dépouilles dans les décombres de bâtiments détruits lors de frappes israéliennes. Pour de nombreuses familles, cette découverte constitue à la fois une épreuve supplémentaire et la possibilité de faire enfin leurs adieux à leurs proches.
Fawaz Ziyara, originaire de l’est de Gaza City, a indiqué que douze membres de sa famille figuraient parmi les personnes retrouvées. Certaines victimes auraient été identifiées grâce à leurs vêtements ou à des effets personnels, les conditions de récupération rendant parfois l’identification particulièrement complexe.
Taghreed Hinnawi, qui a perdu sa fille dans le conflit, a également témoigné de la douleur ressentie lors de la récupération des dépouilles. Pour elle, cette cérémonie permet aux familles d’accomplir un dernier geste envers leurs proches, malgré l’ampleur du traumatisme provoqué par leur disparition.
Dans la bande de Gaza, les opérations de recherche restent extrêmement difficiles. Les destructions massives ont laissé d’importantes quantités de gravats, compliquant l’accès aux bâtiments effondrés et ralentissant considérablement la récupération des corps.
Les cérémonies collectives se sont multipliées ces dernières semaines dans plusieurs secteurs du territoire. Mardi, une cérémonie avait notamment rassemblé des familles dans le camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de Gaza, pour rendre hommage à près de 50 personnes tuées pendant la guerre.
L’ampleur des disparitions demeure considérable. Plus tôt en septembre, les Nations unies estimaient que plus de 8 000 corps pourraient encore se trouver sous les décombres à Gaza. Cette estimation illustre l’ampleur des opérations de recherche qui restent à mener pour retrouver les personnes disparues et permettre à leurs familles de leur offrir une sépulture.
INTERNATIONAL
YÉMEN – Les combats s’intensifient et jettent des milliers de familles sur les routes
Une nouvelle flambée de violences plonge le Yémen dans une situation humanitaire encore plus préoccupante. Dans la province de Taiz, l’intensification des affrontements entre les rebelles houthis et les forces soutenues par l’Arabie saoudite pousse de nombreuses familles à abandonner leurs habitations pour chercher refuge dans des zones plus sûres.
Mardi 15 septembre, plusieurs groupes de déplacés ont rejoint des installations précaires, emportant avec eux le strict nécessaire. Faute de structures adaptées, certaines familles ont commencé à aménager elles-mêmes des abris rudimentaires à l’aide de branches, de bâches et de sacs en plastique.
La situation s’est rapidement détériorée depuis le début du mois. D’après les données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), environ 125 000 personnes ont été contraintes de quitter leur lieu de résidence à travers le pays depuis le début de septembre. La province de Taiz concentre une part importante de ces nouveaux déplacements. Cette nouvelle offensive intervient après une période de relative accalmie. Le cessez-le-feu instauré depuis 2022 avait permis de réduire sensiblement l’intensité des affrontements, avant que la reprise des hostilités ne vienne fragiliser cet équilibre.
Le bilan humain s’est également alourdi. L’Organisation mondiale de la santé et plusieurs agences des Nations unies rapportent que plus de 500 personnes auraient perdu la vie au cours de la semaine dernière, contre environ 200 durant la semaine précédente. De son côté, l’OCHA a confirmé 40 victimes civiles entre le 1er et le 14 septembre, dont huit décès. À Taiz, l’arrivée continue de nouveaux déplacés exerce une pression supplémentaire sur des communautés déjà confrontées à une grave crise humanitaire. Les capacités d’accueil et les ressources disponibles peinent à suivre l’ampleur des besoins.
Les organisations humanitaires font par ailleurs face à d’importantes difficultés pour acheminer l’aide. La dégradation du réseau routier, les restrictions d’accès à certaines zones et l’insuffisance des financements compliquent les opérations sur le terrain. Alors que les combats se poursuivent, les populations civiles restent ainsi au cœur d’une crise qui combine déplacements massifs, pertes humaines et difficultés croissantes d’accès aux secours.
Crédit photo : UN NEWS
INTERNATIONAL
YÉMEN – Reprise des combats : Plus de 85 000 personnes déjà déplacées
La reprise des affrontements au Yémen provoque un nouvel afflux de déplacés vers les pays voisins. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 2 000 personnes ont récemment franchi la frontière en direction de Djibouti, après la prise par les rebelles houthis d’une ville portuaire stratégique ainsi que d’une île située dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Cette nouvelle flambée de violence intervient alors que le cessez-le-feu conclu en 2022 est de plus en plus fragilisé. La dégradation de la situation sécuritaire fait craindre une nouvelle escalade du conflit et ravive le spectre d’une reprise durable de la guerre civile, poussant des milliers de civils à abandonner leurs habitations.
Pour certains déplacés, cette fuite constitue un nouveau traumatisme. Hussein Haydara, originaire de Hodeidah, affirme avoir déjà connu le déplacement forcé par le passé. Mais cette fois, le départ s’est effectué dans l’urgence, sans possibilité de préparation.
« C’est la deuxième fois de ma vie que je suis déplacé », témoigne-t-il. Contrairement à son précédent départ, organisé à l’avance, sa famille a dû fuir précipitamment, avec seulement quelques effets personnels. Les bombardements et les tirs de snipers ont provoqué la panique, notamment pour les familles cherchant à mettre leurs enfants à l’abri.
À Djibouti, les autorités ont annoncé la mise en place d’une assistance d’urgence destinée aux nouveaux arrivants. La proximité géographique avec les zones contrôlées par les Houthis constitue également un enjeu sécuritaire majeur pour le pays. Les combattants soutenus par l’Iran se trouvent désormais à environ 32 kilomètres de la base militaire américaine implantée à Djibouti, de l’autre côté du détroit de Bab el-Mandeb.
L’ampleur de la crise humanitaire dépasse toutefois les seuls mouvements vers Djibouti. D’après l’OIM, plus de 85 000 personnes auraient déjà été déplacées depuis le début du mois, témoignant de l’accélération de l’exode provoqué par la détérioration de la situation au Yémen.
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