AFRIQUE AUSTRALE
ZIMBABWÉ – Un ferry surchargé chavire, le bilan atteint 94 morts
Le naufrage d’un ferry sur le lac Kariba, au Zimbabwe, a pris une dimension dramatique avec un bilan désormais établi à 94 morts. Survenu la semaine dernière, l’accident est présenté par les autorités comme le plus meurtrier jamais enregistré dans le pays dans le domaine des transports.
L’embarcation, propriété de l’État, effectuait la liaison entre Kariba et une zone rurale difficilement accessible lorsque de puissantes vagues ont provoqué son chavirement. Près de 180 personnes se trouvaient à bord, alors que le ferry avait été conçu pour transporter au maximum 90 passagers. Une surcharge importante en marchandises avait également été constatée.
Les circonstances du drame soulèvent désormais de nombreuses interrogations sur les conditions de sécurité à bord. Une rescapée a notamment raconté que plusieurs passagers avaient exprimé leur inquiétude face à la dégradation des conditions météorologiques avant le naufrage.
Selon son témoignage, l’accès aux équipements de sauvetage aurait par ailleurs été particulièrement difficile. Les gilets étaient notamment placés sous les bagages, ce qui aurait empêché une grande partie des passagers de les atteindre au moment où le ferry commençait à sombrer.
Le bateau représentait pourtant une liaison essentielle pour les populations vivant dans les secteurs isolés autour du lac. Son tarif accessible en faisait un moyen de déplacement privilégié pour les commerçants, les familles et les habitants qui effectuaient régulièrement le trajet entre les différentes communautés riveraines.
Les secours restent mobilisés pour retrouver les personnes toujours portées disparues et récupérer les victimes. Les opérations sont rendues complexes par les conditions dans lesquelles se trouvent les eaux du lac Kariba. Certains corps auraient été entraînés par les courants jusque vers la partie du lac située du côté de la Zambie.
À ce stade, 77 personnes auraient été sauvées, selon les autorités zimbabwéennes. Les familles restent cependant confrontées à une autre épreuve : l’identification des victimes. La dégradation de certaines dépouilles complique les reconnaissances et pourrait contraindre les autorités à recourir à des analyses ADN.
Le drame a également touché de nombreuses familles. Plusieurs enfants figureraient parmi les victimes et certains foyers auraient perdu plusieurs de leurs membres dans la catastrophe. Dans les communautés riveraines, l’attente demeure particulièrement douloureuse pour les proches toujours sans nouvelles.
Face à l’ampleur de la tragédie, le président Emmerson Mnangagwa a décrété l’état de catastrophe. Une cérémonie en hommage aux victimes s’est également tenue à Kariba, alors que les recherches se poursuivent sur le lac.
Avec 94 décès, cette catastrophe dépasse désormais le bilan de l’accident d’autocar de 1991, qui avait coûté la vie à 89 personnes. Elle devient ainsi le drame lié aux transports le plus meurtrier jamais enregistré au Zimbabwe.
À cheval entre le Zimbabwe et la Zambie, le lac Kariba occupe une place stratégique pour les populations de la région. Outre le transport et la pêche, cet immense réservoir joue un rôle majeur dans la production d’électricité des deux pays. Le naufrage met désormais en lumière les enjeux de sécurité liés aux déplacements sur ses eaux.
AFRIQUE
AFRIQUE DU SUD – Recherché au Royaume-Uni, Ndodana Tshuma plaide coupable à Johannesburg
Recherché par les autorités britanniques dans une affaire impliquant la mort de son épouse et de ses deux filles, Ndodana Mkhanyisi Tshuma a reconnu mardi sa culpabilité devant un tribunal de Johannesburg pour des infractions commises en Afrique du Sud.
Le ressortissant britannico-zimbabwéen avait été interpellé en juillet à Johannesburg dans le cadre d’une opération menée conjointement par Interpol et la police sud-africaine. Son arrestation faisait suite aux recherches engagées au Royaume-Uni après la découverte des corps de son épouse et de ses deux filles, décédées dans le pays en juillet.
Lors de son passage devant la justice sud-africaine, Tshuma a plaidé coupable pour détention illégale d’une arme à feu et de munitions. Le parquet a précisé que cette reconnaissance de culpabilité s’inscrivait dans le cadre d’un accord judiciaire.
L’accusé a également admis avoir commis une infraction aux règles migratoires sud-africaines en entrant sur le territoire alors qu’il faisait l’objet de recherches. Ces procédures locales doivent être menées à leur terme avant qu’une éventuelle remise aux autorités britanniques puisse intervenir.
La justice sud-africaine examine désormais les suites à donner à son dossier, tandis que les autorités envisagent son extradition vers le Royaume-Uni. Cette procédure pourrait permettre à la justice britannique de reprendre directement la main sur l’enquête concernant les trois décès.
Le dossier reste donc partagé entre les juridictions des deux pays : l’Afrique du Sud doit d’abord traiter les infractions relevant de sa compétence, tandis que le Royaume-Uni souhaite entendre Tshuma dans le cadre de l’enquête portant sur la mort de son épouse et de ses deux filles.
Son éventuel transfert vers le Royaume-Uni constituera une nouvelle étape dans cette affaire qui avait conduit à une importante mobilisation des services de police et d’Interpol.
AFRIQUE
AFRIQUE DU SUD – Une manifestation anti-migrants dégénère à Durban, plusieurs blessés
Les tensions liées à l’immigration irrégulière ont de nouveau dégénéré en Afrique du Sud. À Durban, une mobilisation visant des ressortissants étrangers installés devant un bâtiment administratif a tourné à l’affrontement jeudi, faisant plusieurs blessés et contraignant les forces de l’ordre à intervenir pour éviter une escalade.
Près d’une centaine de personnes auraient pris part à la manifestation, organisée par un collectif militant contre la présence de migrants en situation irrégulière. Les protestataires voulaient notamment mettre fin à l’occupation d’un campement installé depuis près de trois mois devant un édifice gouvernemental. Plusieurs centaines d’étrangers, principalement originaires de République démocratique du Congo, y sont regroupés et affirment rechercher une protection après avoir fui des violences.
La police sud-africaine rapporte qu’un de ses agents a été atteint par une pierre lancée au cours des heurts. Un ressortissant étranger a été interpellé dans le cadre de l’incident. La communauté congolaise présente sur place avance, pour sa part, un bilan de cinq blessés parmi ses membres, dont deux enfants.
La confrontation aurait commencé lorsque des manifestants armés de bâtons ont tenté de se rapprocher du campement. Les forces de sécurité se sont alors déployées afin de maintenir une séparation entre les deux groupes. Pour disperser les participants et empêcher de nouveaux affrontements, les policiers ont eu recours à des grenades assourdissantes.
Les personnes installées dans le camp rejettent les accusations visant les étrangers et assurent avoir fui les violences ainsi que les agressions xénophobes dont certains migrants sont régulièrement victimes en Afrique du Sud. Un représentant de la communauté congolaise a dénoncé une attaque qu’il juge injustifiée, rappelant que les occupants du site se présentent comme des demandeurs de protection et non comme des personnes venues commettre des infractions.
L’épisode de Durban intervient dans un climat national particulièrement tendu. Depuis plusieurs semaines, des mouvements hostiles à l’immigration multiplient les actions dans différentes régions du pays. Ils accusent notamment les étrangers de contribuer à la concurrence sur le marché de l’emploi et de mettre davantage sous pression des services publics déjà confrontés à de fortes difficultés.
Cette rhétorique s’accompagne d’une multiplication des incidents violents. Les autorités sud-africaines indiquent que plusieurs ressortissants étrangers ont déjà perdu la vie dans des affrontements liés aux tensions migratoires. Des responsables et gouvernements de plusieurs pays africains estiment cependant que le bilan humain pourrait être supérieur aux chiffres officiellement communiqués.
La situation aurait également entraîné d’importants mouvements de population. Des estimations fondées sur les opérations de rapatriement organisées par différents États font état de plus de 200 000 personnes ayant quitté l’Afrique du Sud depuis le début de cette nouvelle vague de tensions.
Le dossier migratoire s’impose ainsi comme un enjeu politique et social majeur pour Pretoria. L’Afrique du Sud accueille depuis des décennies des travailleurs, des demandeurs d’asile et des réfugiés venus de nombreux pays du continent, tandis qu’une partie de la population dénonce les conséquences économiques et sociales de l’immigration.
AFRIQUE
ZAMBIE – Hakainde Hichilema entame son second mandat alors que son rival est en prison
La Zambie entame un nouveau chapitre politique sous tension. Hakainde Hichilema a officiellement prêté serment mardi pour un deuxième mandat à la tête du pays, quelques jours seulement après une présidentielle dont les conditions de déroulement continuent de susciter de vives critiques.
La cérémonie d’investiture s’est tenue à Lusaka devant plusieurs milliers de sympathisants de l’United Party for National Development (UPND), vêtus pour la plupart aux couleurs rouges du parti présidentiel. La présence de dirigeants africains était toutefois limitée, selon les images diffusées par la télévision publique.
D’après les résultats officiels, Hakainde Hichilema, âgé de 64 ans, a remporté l’élection présidentielle du 13 août avec 60 % des suffrages. Son principal adversaire, Brian Mundubile, est arrivé deuxième avec 38 % des voix.
Mais la réélection du président intervient dans un climat particulièrement controversé. L’opposition a dénoncé pendant la campagne des actes d’intimidation, un déséquilibre en faveur du pouvoir et plusieurs restrictions qui auraient affecté ses activités électorales. Des critiques qui pourraient peser sur l’image démocratique de cette nation d’Afrique australe.
La situation de Brian Mundubile accentue encore les tensions. Après une perquisition menée à son domicile le 14 août par les forces de sécurité, officiellement dans le cadre d’une opération visant une milice présentée comme une menace pour la sécurité nationale, le candidat d’opposition avait choisi de se cacher.
Son alliance, le NRPUP, a rejeté avec force les accusations portées contre son camp. L’opération s’est soldée par la mort par balle d’un ancien ministre et l’arrestation de onze personnes liées à l’opposition.
Après près de deux semaines hors de la vue du public, Brian Mundubile et son colistier Makebi Zulu se sont finalement présentés à la police. Ils ont depuis été inculpés de trahison, selon leur avocat. Les deux responsables politiques contestent fermement ces accusations et restent détenus.
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