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AFRIQUE

RD CONGO – L’épidémie d’Ebola franchit le cap des 2 000 morts

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L’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC) a franchi un nouveau seuil critique. Selon le dernier bilan communiqué mardi par les autorités congolaises, 2 011 personnes sont mortes sur 4 381 cas confirmés depuis la déclaration officielle de la flambée, le 15 mai dernier.

Avec un taux de létalité estimé à 45,9 %, l’épidémie se rapproche désormais du bilan de la flambée de 2018-2020, la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, qui avait causé près de 2 300 décès. Malgré l’ampleur de la situation, le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, estime que le pic épidémique n’a pas encore été atteint. Il assure toutefois que les autorités espèrent parvenir à contenir la progression du virus dans les prochains mois.

L’Est du pays particulièrement touché

Apparue initialement en Ituri, la flambée s’est progressivement étendue à plusieurs provinces de l’est et du nord-est de la RDC, notamment au Nord-Kivu. La situation est particulièrement complexe dans ces régions, où l’insécurité liée à la présence de groupes armés complique considérablement l’accès aux populations et le travail des équipes sanitaires.

À ces difficultés sécuritaires s’ajoutent les insuffisances des infrastructures de santé. Selon Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique, une grande partie des personnes infectées échappe encore au système de surveillance. Cette faible détection des cas complique le traçage des contacts et favorise la poursuite de la transmission du virus. Les contacts avec les fluides corporels des personnes infectées constituent l’une des principales voies de contamination. Les pratiques funéraires peuvent également accroître les risques lorsque les dépouilles sont manipulées sans mesures de protection adaptées. Des équipes humanitaires organisent ainsi des enterrements sécurisés dans les zones affectées, malgré une défiance persistante au sein d’une partie des communautés.

Une souche différente des précédentes flambées

La situation est d’autant plus préoccupante que l’épidémie actuelle est liée au virus Ebola du variant Bundibugyo. Cette souche présente des caractéristiques génétiques distinctes de celles responsables des flambées enregistrées en 2007 et 2012. Une étude publiée dans Nature Medicine a permis d’analyser les génomes de virus prélevés chez plusieurs patients en RDC et en Ouganda. Les chercheurs ont identifié une origine distincte et privilégient l’hypothèse d’une nouvelle transmission de l’animal à l’être humain, suivie d’une propagation entre personnes.

L’animal à l’origine de cette transmission n’a toutefois pas encore été identifié. L’analyse génétique confirme également un lien entre les cas enregistrés en Ouganda et la flambée en cours en RDC. Pour les chercheurs, le dépistage précoce et le séquençage génomique restent essentiels afin d’identifier rapidement les nouvelles émergences du virus et de mieux suivre son évolution.

Un vaccin existant bientôt évalué

Face à l’absence de vaccin spécifiquement homologué contre le variant Bundibugyo, des experts de l’OMS ont recommandé d’évaluer l’efficacité d’Ervebo, le vaccin développé contre Ebola par le laboratoire américain Merck.

Les données déjà disponibles sur sa sécurité pourraient permettre d’engager directement un essai clinique de phase 3. L’Alliance du vaccin Gavi prévoit de mettre à disposition des doses issues du stock mondial d’Ervebo afin de soutenir ces travaux. Environ 500 000 doses sont actuellement disponibles dans ce stock, dont une partie est conservée en RDC, régulièrement confrontée à des flambées de la maladie.

La crainte d’une crise sanitaire majeure

La progression de l’épidémie place les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux face à un double défi : contenir la transmission dans des zones affectées par les conflits et améliorer considérablement la détection des cas.

Avec plus de 2 000 morts, la flambée actuelle se rapproche rapidement du bilan enregistré entre 2018 et 2020. Certains responsables sanitaires redoutent désormais qu’elle puisse devenir l’une des plus importantes jamais enregistrées. Le gouvernement congolais reste néanmoins confiant dans sa capacité à inverser la tendance. Mais avec un pic épidémique qui, selon les autorités, n’a pas encore été atteint, les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer l’efficacité de la riposte et éviter une nouvelle aggravation de la crise sanitaire.

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AFRIQUE

SÉNÉGAL – New York : Diomaye Faye échange avec Emmanuel Macron sur la succession de Guterres

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En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s’est entretenu mardi avec son homologue français Emmanuel Macron. Les deux dirigeants ont notamment passé en revue leurs relations bilatérales ainsi que plusieurs dossiers internationaux.

Selon la présidence sénégalaise, les échanges ont porté sur le partenariat entre Dakar et Paris et sur les perspectives de son approfondissement. Les deux chefs d’État ont également abordé les questions liées à la paix et à la sécurité internationales, tout en réaffirmant leur attachement au respect de la Charte des Nations unies et au règlement pacifique des différends.

La succession d’Antonio Guterres au poste de secrétaire général des Nations unies a également figuré parmi les sujets évoqués. L’ancien président sénégalais Macky Sall fait partie des candidats engagés dans cette course diplomatique.

Dakar avait officiellement annoncé en juillet son soutien à la candidature de Macky Sall. Après avoir reçu son prédécesseur au palais de la République le 17 juillet, Bassirou Diomaye Faye avait décidé que le Sénégal apporterait son « plein soutien » à cette candidature et avait demandé au gouvernement ainsi qu’au réseau diplomatique sénégalais de la promouvoir auprès des États membres de l’ONU.

Cette évolution marque un changement notable dans les relations entre les deux hommes, après une période de fortes tensions politiques. Le rapprochement s’est notamment matérialisé par le retour de Macky Sall au Sénégal en juillet et sa rencontre avec son successeur au palais présidentiel.

La candidature de l’ancien chef de l’État sénégalais s’inscrit toutefois dans une compétition internationale complexe. Des analyses récentes font état de résistances au sein de plusieurs pays africains et européens, alors que la course à la succession d’Antonio Guterres se poursuit.

La rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et Emmanuel Macron intervient ainsi alors que Dakar cherche à mobiliser des soutiens diplomatiques autour de la candidature sénégalaise. Elle intervient également dans un contexte de recomposition des relations entre les autorités actuelles et l’ancien président.

Si certains rapprochements diplomatiques récents ont donné lieu à des interprétations sur le rôle joué par différents acteurs internationaux, aucune source officielle consultée ne permet d’établir qu’Emmanuel Macron aurait personnellement organisé ou provoqué le rapprochement entre Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall. La rencontre de New York confirme en revanche que la candidature de Macky Sall fait désormais partie des dossiers diplomatiques évoqués par les autorités sénégalaises dans leurs échanges internationaux.

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AFRIQUE

MAROC – Législatives : le coût de la vie et l’emploi au cœur d’un scrutin sous tension

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Les électeurs marocains se sont rendus aux urnes mercredi pour renouveler la Chambre des représentants, dans un contexte marqué par de fortes préoccupations liées au coût de la vie, à l’emploi et aux inégalités sociales. Le scrutin intervient également alors que la confiance envers les formations politiques apparaît comme un enjeu important de cette élection.

Près de 16 millions d’électeurs étaient inscrits pour choisir les 395 membres de la Chambre des représentants. Les opérations de vote ont débuté à 8 heures et devaient s’achever à 19 heures, avec les premières tendances attendues dans la soirée.

À Rabat, plusieurs électeurs se sont présentés dès l’ouverture des bureaux. Parmi eux, un homme âgé de 42 ans a expliqué être venu voter avec l’espoir de voir les conditions de vie s’améliorer.

La participation électorale constitue l’un des principaux enjeux du scrutin, notamment chez les jeunes. Les électeurs âgés de 18 à 24 ans ne représentent qu’environ 4 % des inscrits, un chiffre qui alimente les interrogations sur leur mobilisation.

La campagne a principalement porté sur les questions économiques et sociales. Le chômage, la progression des prix, le pouvoir d’achat, les inégalités et la perception de l’action des responsables politiques ont occupé une place centrale dans les programmes et les discours des formations en lice.

Le Rassemblement national des indépendants, qui dirige actuellement la coalition gouvernementale, figure parmi les formations susceptibles de recueillir un nombre important de sièges selon plusieurs observateurs. Les sondages d’opinion étant interdits par la législation électorale marocaine, aucune mesure publique de l’état des intentions de vote n’est disponible.

Aziz Akhannouch, qui a conduit la campagne du RNI, a défendu le bilan de son gouvernement, en mettant notamment en avant l’extension de la couverture sociale ainsi que les réformes engagées dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Il a également mis en avant les augmentations salariales intervenues sous son gouvernement et promis de poursuivre cette politique en cas de reconduction de son parti.

Le chef du gouvernement sortant fait cependant face à des critiques récurrentes, notamment autour de possibles conflits d’intérêts liés à ses activités dans le secteur des hydrocarbures. Son nom a également été associé aux revendications d’un mouvement de jeunes réclamant notamment une amélioration des services publics dans la santé et l’éducation.

Face au RNI, le Parti authenticité et modernité constitue l’une des principales forces politiques en présence. Les deux formations, généralement situées au centre droit, participent actuellement à la coalition gouvernementale et entretiennent des positions relativement proches sur plusieurs questions politiques.

Le PAM a notamment misé sur la notoriété de Fouzi Lekjaa, ministre du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football. Celui-ci a placé la jeunesse et l’amélioration du pouvoir d’achat parmi les thèmes de sa campagne, en défendant une plus grande participation des jeunes à la vie économique et sociale.

Le parti compte également parmi ses figures importantes Fatima Ezzahra Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire et maire de Marrakech. Son nom a été évoqué parmi les personnalités susceptibles d’occuper de hautes responsabilités gouvernementales.

Le PAM doit toutefois composer avec les conséquences d’une importante affaire judiciaire ayant touché certains de ses responsables. Deux cadres du parti ont été condamnés en juin à des peines de dix et douze ans de prison dans une affaire de trafic de drogue connue sous le nom de « l’Escobar du Sahara ».

Le parti de l’Istiqlal participe également à la compétition électorale. Dirigée par le ministre de l’Équipement Nizar Baraka, cette formation de droite a orienté sa campagne vers les questions sociales et économiques.

Dans l’opposition, le Parti de la justice et du développement, formation islamiste dirigée par l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, a notamment fait de la lutte contre la corruption un axe majeur de sa campagne. Le parti défend également des positions conservatrices sur certaines questions sociétales, notamment en matière de droit successoral et de relations sexuelles hors mariage.

Le résultat des élections déterminera la composition de la prochaine Chambre des représentants et constituera une étape importante dans la formation du prochain gouvernement. Au Maroc, le roi désigne le chef du gouvernement parmi les membres du parti arrivé en tête du scrutin. Le Premier ministre ainsi nommé constitue ensuite son équipe gouvernementale pour un mandat de cinq ans, tandis que le souverain conserve des prérogatives importantes dans les grandes orientations de l’État.

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AFRIQUE

SOUDAN DU SUD – À 89 jours des élections, la Commission électorale appelle au calme

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À moins de trois mois des élections générales prévues au Soudan du Sud, la Commission électorale nationale appelle les acteurs politiques à contribuer à la stabilité du processus électoral. À 89 jours du scrutin annoncé pour le 22 décembre, l’institution a invité les partis et les responsables politiques à œuvrer en faveur d’élections organisées dans un climat pacifique.

Lors d’une conférence de presse tenue à Juba, la Commission a présenté une partie du dispositif destiné à préparer le vote, notamment le matériel consacré à l’inscription des électeurs ainsi que les cartes électorales.

L’institution électorale assure poursuivre les préparatifs afin que les différentes étapes du processus soient mises en place avant le jour du scrutin. Elle rappelle également que sa mission consiste à garantir l’organisation du vote dans le respect du cadre légal établi pour les élections.

Ce calendrier électoral intervient alors que le président Salva Kiir a annoncé la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale de transition après la dissolution de l’exécutif précédent. Cette nouvelle configuration politique doit notamment accompagner la période précédant les élections.

Le scrutin du 22 décembre doit constituer une échéance majeure pour le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011. Les électeurs seront appelés à choisir le prochain président de la République, mais également leurs représentants au niveau national et local.

Outre l’élection présidentielle, le vote doit permettre de renouveler l’Assemblée nationale et de désigner les gouverneurs des États ainsi que les membres des assemblées législatives locales. Plusieurs représentants aux différents échelons administratifs doivent également être élus.

À l’approche de cette échéance, la Commission électorale entend donc poursuivre la préparation technique du scrutin tout en appelant les formations politiques et leurs responsables à favoriser un environnement propice à la tenue des élections.

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