Connect with us

CULTURE

NIGÉRIA /RD CONGO – 1880 -1910 : comment la fragmentation a facilité la conquête coloniale en Afrique par NATOU PEDRO SAKOMBO

Publie

le

OSONS L’INTROSPECTION : ON NOUS À DIVISÉS, OPPOSÉS, FAIT SIGNER puis DOMINÉS: mais reconnaissons que c’est une stratégie froide et efficace que l’Afrique a parfois permis que ses détracteurs utilisent contre elle (PARTIE 2 de mon analyse sur le sujet).
Pour s’autoflageller? Non… pour enfin AVANCER.


Ce soir je vous offre cette analyse basée sur l’observation de sept régions d’Afrique où, entre 1880 et 1910, cette fameuse stratégie a été appliquée AU MÊME MOMENT. Un hasard… ? Simple coïncidence ?
(je vous invite à la compléter par d’autres exemples qui vous viendraient à l’esprit)
Mais avant cela, je nous pose cette question : pourquoi aurions-nous honte de ces épisodes de notre histoire où, en effet, nous avons été vaincus… ?


Affrontons la vérité et surtout cessons de dire « ça n’arrive pas qu’à nous ». Car quand bien même la technique du « diviser pour mieux régner » serait vielle comme le monde, ce qui devrait nous permettre d’entendre enfin la sonnette d’alarme, c’est une discipline trop souvent négligée et que l’on appelle
HISTOIRE (un vrai rétroviseur qui sauve! )
Oui apprenons du passé pour mieux appréhender le futur, surtout si le présent ne nous convient pas…
————————————————
CAS 1
🇨🇩 / 🇦🇴 Royaume Kongo : un royaume divisé devient vulnérable
Le Royaume Kongo était autrefois une grande puissance d’Afrique centrale. Mais au fil des siècles, il sera affaibli par des crises dynastiques, des guerres civiles et la fragmentation de ses provinces.
Au XIXe siècle, après déjà plusieurs siècles de divisions, cette perte d’unité politique va rendre le royaume vulnérable aux pressions extérieures. Les puissances européennes vont alors profiter de ce morcellement : elles négocient avec certaines autorités locales, imposent des traités, puis prennent progressivement le contrôle du territoire.
Stratégie : profiter d’un royaume déjà fragmenté et négocier séparément avec chaque zone.
——————————————————
CAS 2
🇬🇭 Empire Ashanti (Ghana) : affaiblir l’empire en jouant sur les régions vassales
L’Empire ashanti, puissant et centralisé, est un obstacle majeur pour les Britanniques. Mais Londres exploite les tensions entre l’Ashanti et certaines populations côtières ou alliées des Britanniques, notamment autour de la Gold Coast.
Les Anglais s’appuient sur des alliés locaux, avancent par étapes, puis lancent des campagnes répétées jusqu’à la prise de Kumasi. Même après la chute politique, la résistance continue, symbolisée par Yaa Asantewaa, reine-mère qui mène la guerre en 1900.
Stratégie : soutien à des ennemis de l’empire + guerres successives pour épuiser le centre.
⸻—————————


CAS 3 :
🇳🇬 Pays yoruba (Nigeria) : guerres internes et prise britannique
Dans les territoires yoruba, la fin du XIXe siècle est marquée par de violentes rivalités entre cités puissantes (Ibadan, Ijebu, Egba, etc.). Ces divisions internes, parfois issues de l’effondrement ancien de l’empire d’Oyo, affaiblissent l’unité politique. Les Britanniques profitent de cette instabilité : ils proposent protection et traités à certains, puis imposent progressivement leur autorité sur l’ensemble. Chaque cité négocie séparément, ce qui empêche une résistance commune.
Stratégie : exploiter les guerres entre cités + accords séparés + absorption progressive.
⸻——————————
CAS 4:
🇸🇳 Sénégal / Cayor : isoler Lat Dior
Au Sénégal, la France avance depuis Saint-Louis et cherche à contrôler les routes commerciales et l’intérieur des terres. Le grand résistant Lat Dior Ngoné Latyr Diop, Damel du Cayor, incarne une opposition farouche. Mais l’administration coloniale affaiblit son pouvoir en soutenant certains chefs contre lui, en créant des rivalités politiques, et en imposant des alliances forcées. L’enjeu majeur est le contrôle stratégique du territoire, notamment avec la construction du chemin de fer. Lat Dior finit par tomber en 1886, après une lutte acharnée.
Stratégie : affaiblir le chef central en soutenant des rivaux + contrôler l’économie et les infrastructures.
⸻——————————-
CAS 5 :
🇧🇯Dahomey (Bénin) : isoler Béhanzin avant de frapper
Le royaume du Dahomey, dirigé par le roi Béhanzin, est l’un des États les plus organisés et militarisés d’Afrique de l’Ouest. Mais la France avance progressivement en signant des traités et en s’installant sur la côte, notamment autour de Cotonou et Porto-Novo. Le pouvoir colonial joue sur les rivalités politiques et les alliances locales pour isoler le Dahomey, puis lance une conquête directe (1892–1894). Malgré une résistance héroïque (avec notamment les minoh, célèbres guerrières appelées “Amazones”), Béhanzin est vaincu et déporté.
Stratégie : alliances périphériques + isolement du royaume central.
————————————————
CAS 6
🇸🇩 Soudan : après la mort du Mahdi, la division affaiblit l’État
Le Soudan connaît une période majeure avec l’État mahdiste, fondé par Muhammad Ahmad al-Mahdi, qui chasse temporairement l’influence égypto-britannique. Mais après sa mort, des rivalités internes apparaissent et l’unité politique se fragilise sous son successeur, le Khalifa Abdallahi. Les Britanniques et les Égyptiens profitent de cette fragilité et reprennent le contrôle du pays après la bataille d’Omdurman (1898).
Stratégie : attendre l’affaiblissement interne puis frapper au moment de désorganisation.
⸻—————————————
CAS 7
🇿🇦 Afrique du Sud : affaiblir les royaumes par la fragmentation
L’Afrique du Sud précoloniale comptait des royaumes et confédérations puissants, notamment le royaume zoulou, qui s’imposa fortement au XIXe siècle sous Shaka puis ses successeurs. Mais les guerres successives, les rivalités régionales et les tensions internes affaiblissent progressivement l’unité politique.
À la fin du XIXe siècle, après la défaite du roi Cetshwayo lors de la guerre anglo-zouloue (1879), les Britanniques accélèrent le processus : le royaume zoulou est volontairement divisé en plusieurs chefferies rivales, ce qui rend toute résistance collective difficile. Dans ce contexte, l’autorité coloniale avance plus facilement en imposant alliances, administrations et contrôle territorial.
Stratégie : vaincre un royaume central, puis le fragmenter en autorités concurrentes afin de gouverner séparément.


———————————————————
Ma conclusion : Un empire uni peut résister longtemps.Un continent divisé devient une proie.
Et c’est peut-être l’une des plus grandes leçons de notre histoire pour l’Afrique d’aujourd’hui.
Natou Pedro Sakombi 🪶
Bibliographie proposée :
Joseph Ki-Zerbo – Histoire de l’Afrique noire : d’hier à demain
Adu Boahen (Ghana) – African Perspectives on Colonialism
Amadou Hampâté Bâ (Aspects de la civilisation africaine).
J.F. Ade Ajayi & Michael Crowder (dir.), History of West Africa
Robin Law, The Oyo Empire, c.1600–1836 (pour les dynamiques yoruba et l’instabilité préalable)
John K. Thornton, The Kingdom of Kongo: Civil War and Transition, 1641–1718 (utile pour comprendre la fragmentation politique).

Continuer la lecture
Cliquez ici pour commenter

Laisser un commentaire

CINÉMA

BENIN – La série Jimmy Boris : L’Afrique tient son héros d’espionnage

Publie

le

Cette série Jimmy Boris s’impose comme une fresque romanesque de l’espionnage contemporain. Six titres sont déjà parus Panique à Cotonou, La vengeance d’Aïcha Kadhafi, Coup d’État au Gabon, Une taupe à l’Élysée, La vengeance de Poutine et tout récemment La conspiration des Anges.

Le fil rouge de cette série ? Jimmy Boris, ancien des services secrets béninois passé à la DGSE. Quadragénaire athlétique de signe taureau, esthète raffiné, amateur de thé à la vanille et de la bonne gastronomie. Ses missions l’entraînent au cœur des grandes secousses géopolitiques de la planète. À ses côtés, sa fiancée Eva Randet, métisse franco-malgache, apparaît parfois comme un contrepoint à ses aventures.

Chaque roman s’ancre dans une actualité brûlante. Dans Panique à Cotonou, Jimmy Boris affronte la menace de la secte Boko Haram décidée à frapper les intérêts français au Bénin. Cette intrigue, entièrement réécrite, vient d’être republiée sous le titre de La conspiration des anges. La vengeance d’Aïcha Kadhafi met en scène la fille aînée du dictateur libyen, commanditaire de tueurs cherchant à venger la mort de son père à Paris. Avec Une taupe à l’Élysée, l’espion Jimmy Boris plonge dans les arcanes du pouvoir français, après l’assassinat d’un conseiller présidentiel, révélant une infiltration au sommet de l’État. Coup d’État au Gabon déplace l’action à Libreville, sur fond de putsch militaire et de trafic de fausse monnaie. Jimmy Boris infiltre les cercles du pouvoir gabonais, où s’entrecroisent ambitions locales et influences étrangères avides de contrôler la succession présidentielle.

La vengeance de Poutine, variante contemporaine de la guerre froide, est sans doute le numéro le plus abouti (pour l’instant). Il s’inspire de l’affaire des Mistral non livrés à la Russie en 2014 : prétexte à un récit haletant où Boris traque un maître-espion russe à Paris, au milieu d’un vaste complot ourdi par le Kremlin.

Les romans de cette série Jimmy Boris sont bien décrits et s’inscrivent dans une veine immersive voire hyperréaliste. Comme dans la scène du début de La vengeance de Poutine : « … Le conseiller du président Macron se retourne vivement… Son cœur bat si fort qu’il lui semble accroché à ses oreilles. Son cigare glisse de ses doigts brutalement agités par un tremblement… » Il en est de même de la scène de l’attentat au début de La vengeance d’Aïcha Kadhafi : L’agent de sécurité se trouve à trois mètres. Jamila al Nabil sourit et murmure : ’’Afin que soit vengé Mouammar Kadhafi.’’ Puis elle déclenche sa charge explosive. Le bruit d’apocalypse n’est pas encore parvenu à ses tympans que la terroriste est transformée en chaleur et lumière…»

Entre géopolitique et action, Mouftaou Badarou impose une plume singulière et prometteuse, qui fait dire à certains qu’il est le Gérard de Villiers africain. On ne sait pas quels sommets il atteindra. Mais, à en croire les critiques, il continue de monter dans l’estime des amateurs de romans d’espionnage.

La conspiration des anges, éd. Licht, septembre 2026, 170 p.,16€
Disponible sur Amazon, fnac.com, editions-llicht.com, eyrolles.com, cultura.com

Continuer la lecture

CINÉMA

MAROC – Festival de Salé : Les femmes au cœur de la 19e édition

Publie

le

Depuis plus de deux décennies, le Festival international du film de femmes de Salé s’impose comme un rendez-vous consacré à la visibilité des femmes dans le septième art marocain. Pour sa 19e édition, la manifestation poursuit cette orientation en mettant notamment l’accent sur les conditions d’accès aux financements, les opportunités professionnelles et la place accordée aux femmes dans l’industrie cinématographique.

Pendant plusieurs jours, actrices, réalisatrices et professionnelles du secteur se sont retrouvées à Salé autour d’une programmation destinée à mettre en avant leurs parcours et leurs créations. La présence féminine occupe également une place importante sur le tapis rouge, devenu l’un des temps forts du festival.

Pour l’actrice marocaine Bouchra Ahrich, cette manifestation contribue à défendre la cause des femmes à travers les œuvres sélectionnées, mais aussi par la visibilité accordée aux professionnelles du cinéma. Le festival entend ainsi créer un espace de rencontres et de débats autour de la représentation des femmes et de leur contribution à la création cinématographique.

Cette édition est également marquée par une nouveauté destinée à rapprocher les œuvres du public marocain. Pour la première fois, les films présentés sont sous-titrés en arabe, une initiative qui doit faciliter leur compréhension par un public plus large.

Le festival a par ailleurs rendu hommage à plusieurs figures du cinéma pour l’ensemble de leur carrière. Parmi les personnalités distinguées figure le réalisateur Mohammed Abderrahman Tazi, premier homme à recevoir un trophée du Festival de Salé. Après plus de soixante ans consacrés au cinéma, le cinéaste marocain a accueilli cette reconnaissance comme une distinction importante dans son parcours.

Mohammed Abderrahman Tazi estime par ailleurs que le cinéma doit contribuer à montrer les différentes réalités vécues par les femmes au Maroc. Il souligne également l’importance du dialogue entre réalisateurs et réalisatrices dans un secteur où les regards et les expériences peuvent contribuer à enrichir les productions.

La compétition officielle propose cette année neuf longs métrages dans la catégorie fiction. Parmi les réalisatrices présentes figure la scénariste et cinéaste Baro Orokiatou, venue présenter son film « Burnikabe ». Sa participation s’inscrit dans la volonté du festival de donner davantage de visibilité aux créations portées par des femmes et de permettre au public de découvrir des approches cinématographiques différentes.

Au-delà de la compétition, le rendez-vous constitue également un espace de rencontres pour les professionnels du secteur. Producteurs, réalisateurs et acteurs du cinéma africain peuvent y découvrir de nouveaux talents et repérer des œuvres susceptibles d’être programmées dans d’autres manifestations du continent, notamment au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, le FESPACO.

Continuer la lecture

CULTURE

ÉTATS-UNIS – Black Music Action Coalition : Common, Public Enemy : Une soirée dédiée aux grandes voix de la musique noire

Publie

le

La sixième cérémonie annuelle de la Black Music Action Coalition a mis à l’honneur plusieurs grandes figures de la musique américaine. Common et Public Enemy ont été distingués pour leur contribution artistique et leur engagement social, tandis que Patti LaBelle a reçu une récompense saluant l’ensemble de sa carrière.

Common s’est vu attribuer le Harry Belafonte Change Agent Award. Cette distinction vient récompenser plusieurs décennies d’engagement auprès de la communauté noire, en parallèle d’une carrière qui s’étend sur près de quarante ans.

Considéré comme l’un des représentants majeurs du rap conscient, l’artiste estime que cette dimension engagée reste présente dans la création contemporaine, même si le terme « conscious rap » est moins utilisé aujourd’hui. Il cite notamment Earl Sweatshirt parmi les artistes qui perpétuent cette approche et évoque également Kendrick Lamar, dont les performances sur certaines des plus grandes scènes américaines témoignent, selon lui, de la place toujours importante des messages sociaux dans le hip-hop.

Le groupe Public Enemy a également été récompensé. La formation emblématique du rap américain a reçu le BMAC Social Impact Award, une distinction qui souligne son influence culturelle et son rôle dans le développement d’un hip-hop fortement lié aux questions sociales et politiques.

Chuck D, membre fondateur de Public Enemy, considère toutefois que les artistes de la nouvelle génération n’ont pas vocation à reproduire exactement le parcours du groupe. Il les encourage plutôt à construire leur propre identité tout en conservant une exigence artistique et une volonté de créer un dialogue avec leur public.

Pour le rappeur, la musique peut dépasser le simple divertissement lorsqu’elle pousse les auditeurs à réfléchir et à échanger. Il invite ainsi les artistes à s’interroger sur le message porté par leurs œuvres et sur la manière dont celles-ci peuvent contribuer à alimenter une véritable conversation.

Autre temps fort de la soirée, Patti LaBelle a reçu le BMAC Icon Award. Cette récompense vient saluer une carrière majeure dans le rhythm and blues et l’influence durable de la chanteuse sur plusieurs générations d’artistes.

Continuer la lecture
Advertisement
Advertisement

DERNIERS ARTICLES

FACEBOOK

PUB

NEWS +