AFRIQUE
SOUDAN DU SUD – Salva Kiir remanie encore les postes clés
Au Soudan du Sud, le président Salva Kiir poursuit sa politique de remaniements à répétition en procédant à de nouvelles évictions au sommet de l’État. Le chef des forces armées et le ministre des Finances ont été limogés, illustrant une instabilité chronique au sein de l’appareil gouvernemental.
En poste depuis moins de deux semaines, Salvatore Garang Mabiordit n’aura pas résisté à cette vague de changements. Du côté militaire, le général Paul Nang, nommé en octobre, a été écarté dans un contexte de critiques croissantes liées à la détérioration de la situation sécuritaire.
Pour lui succéder, le chef de l’État a désigné le général Santino Deng Wol, un fidèle originaire du Bahr el-Ghazal, fief politique du président. Déjà passé par ce poste entre 2020 et 2024, son retour traduit une volonté de s’appuyer sur un cercle restreint d’alliés jugés fiables.
Au ministère des Finances, c’est Kuol Daniel Ayulo qui prend les rênes. Technocrate expérimenté, il a notamment exercé comme sous-secrétaire dans des ministères clés, ce qui pourrait signaler une tentative de stabilisation administrative dans un secteur stratégique.
Ces décisions interviennent alors que le pays peine toujours à concrétiser les engagements de l’Accord de paix de 2018 au Soudan du Sud. L’unification des forces armées reste inachevée, tout comme l’organisation d’élections crédibles.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Finances publiques : Ahmadou Al Aminou Lô assume le virage économique du gouvernement
Le débat sur le rôle du Fonds monétaire international (FMI) s’est invité au cœur de l’Assemblée nationale sénégalaise. Lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a défendu le partenariat conclu avec l’institution financière internationale, présenté par le gouvernement comme un levier nécessaire pour remettre les finances publiques sur les rails.
Cette prise de position intervient quelques jours après la conclusion d’un accord de 2,2 milliards de dollars sur une période de 36 mois entre le Sénégal et le FMI. Devant les députés, le chef du gouvernement a exposé les grandes orientations économiques censées accompagner ce programme, notamment une meilleure sélection des investissements publics, une maîtrise accrue des dépenses et un renforcement des recettes de l’État.
Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô entend également instaurer une gestion plus stricte de la dette publique. Pour le gouvernement, cette nouvelle orientation doit permettre de restaurer progressivement les équilibres budgétaires et de créer les conditions d’une stabilisation durable des finances nationales.
Mais la défense du partenariat avec le FMI a rapidement provoqué une controverse politique. Le député de Pastef Guy Marius Sagna a vivement contesté cette orientation, estimant qu’elle s’éloigne des engagements de souveraineté économique défendus par la majorité au pouvoir. Depuis la tribune de l’Assemblée nationale, il a dénoncé ce qu’il considère comme une mise sous influence du Sénégal par l’institution de Bretton Woods, visant directement le Premier ministre.
Cette passe d’armes intervient alors que l’exécutif est confronté à une situation financière particulièrement délicate. Les autorités cherchent à rétablir la crédibilité des comptes publics après la mise au jour d’importantes irrégularités concernant les exercices précédents. Dans le même temps, Dakar doit préserver la confiance de ses partenaires financiers et convaincre sur sa capacité à engager un redressement durable.
Le Premier ministre a également profité de son intervention pour aborder plusieurs questions de société. Il a notamment condamné les discours hostiles aux étrangers et appelé à préserver le respect dû aux ressortissants étrangers vivant sur le territoire sénégalais. Il a toutefois rappelé que ceux-ci restent soumis aux lois et règlements en vigueur dans le pays.
Sur la question de l’homosexualité, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a réaffirmé la position du gouvernement, qui demeure opposé à toute légalisation. Le Premier ministre a assuré que cette ligne ne connaissait aucun changement.
AFRIQUE
TUNISIE – Mohamed Yousfi en détention : Les journalistes exigent sa libération
La mobilisation monte chez les journalistes tunisiens après le placement en détention provisoire de Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média Alqatiba. Plusieurs dizaines de professionnels des médias se sont rassemblés mardi à Tunis pour dénoncer son arrestation et réclamer sa libération.
Le journaliste a été interpellé vendredi alors qu’il se rendait à une interview dans une radio. Il est poursuivi dans le cadre d’une enquête portant sur des faits présumés de criminalité financière. Les autorités lui reprochent notamment d’avoir bénéficié de financements suspects en provenance de l’étranger, en s’appuyant sur des dispositions relevant de la législation antiterroriste et de la lutte contre l’enrichissement illicite.
La défense conteste ces accusations. Son avocate, Hela Ben Salem, estime qu’aucun élément matériel permettant d’établir des actes répréhensibles n’a été présenté à ce stade du dossier. Elle dénonce ainsi une procédure qui, selon elle, ne repose sur aucune preuve concrète.
L’inquiétude porte également sur l’état de santé du journaliste. Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) affirme que celui-ci s’est dégradé depuis son arrestation, alors que Mohamed Yousfi venait de subir une intervention chirurgicale pour une appendicite. Selon le syndicat, ses avocats ont même dû suspendre un interrogatoire afin de lui administrer ses médicaments alors qu’il souffrait fortement.
La situation suscite également la réaction de Reporters sans frontières (RSF), qui demande la libération immédiate du rédacteur en chef d’Alqatiba. L’organisation considère qu’aucun élément communiqué dans cette affaire ne permettrait de justifier son maintien en détention.
Pour le président du SNJT, Zied Dabbar, le cas de Mohamed Yousfi dépasse le seul cadre judiciaire et s’inscrit dans un climat plus général de pression sur la profession. Le syndicat estime que le recours à des poursuites pénales contre des journalistes pour des faits liés à leur activité risque de fragiliser davantage l’exercice du métier.
Cette affaire intervient dans un contexte politique particulièrement tendu en Tunisie. Depuis le tournant engagé par le président Kaïs Saïed en 2021, plusieurs organisations de défense des libertés publiques dénoncent un recul de l’espace démocratique et une multiplication des procédures judiciaires visant des journalistes, des avocats, des opposants politiques et des militants.
La loi adoptée en 2022 pour sanctionner notamment la diffusion de fausses informations est régulièrement critiquée par les organisations de défense de la liberté de la presse. Pour les journalistes mobilisés mardi à Tunis, l’affaire Mohamed Yousfi constitue ainsi un nouveau test pour l’indépendance des médias et la protection de la liberté d’expression dans le pays.
AFRIQUE
MADAGASCAR – Escroquerie en ligne : 50 Chinois condamnés transférés vers leur pays
Cinquante ressortissants chinois condamnés à des peines allant de deux à dix ans de prison pour leur implication dans un réseau d’escroquerie en ligne ont été transférés vers la Chine. Leur départ de Madagascar a été organisé lundi depuis la prison d’Avaradrano, dans le cadre d’une opération de coopération judiciaire entre les deux pays.
Les personnes concernées avaient été condamnées par la justice malgache pour des faits liés à un réseau de fraude en ligne opérant sur le territoire de la Grande Île. Après leur condamnation, leur transfert vers la Chine doit leur permettre d’y poursuivre l’exécution de leurs peines.
L’opération a mobilisé plusieurs acteurs, notamment des responsables chinois, le ministère malgache de la Justice ainsi qu’Interpol. Elle illustre le renforcement de la coopération internationale face aux réseaux criminels exploitant les technologies numériques pour mener leurs activités au-delà des frontières.
Le transfert des détenus s’appuie sur les dispositifs de coopération prévus par la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, connue sous le nom de Convention de Palerme. Madagascar a adhéré à cet instrument international en 2005, permettant notamment de renforcer les mécanismes de collaboration entre États dans la lutte contre les réseaux criminels transnationaux.
Les autorités chinoises ont, de leur côté, affiché leur volonté d’appliquer une politique particulièrement ferme à l’encontre des ressortissants impliqués dans des opérations de fraude en ligne. Pékin mène depuis plusieurs années une campagne visant à démanteler les réseaux spécialisés dans les escroqueries numériques et à poursuivre leurs membres, y compris lorsque leurs activités sont conduites depuis l’étranger.
Le transfert des 50 condamnés marque ainsi une nouvelle étape dans la coopération entre Madagascar et la Chine en matière de lutte contre la criminalité organisée et les fraudes numériques.
-
FOOTBALL3 mois .CONGO – Mission CAN 2027 pour Claude Le Roy, le retour d’un vieux stratège
-
AFRIQUE3 mois .BÉNIN – Le président Romuald Wadagni lance une offensive diplomatique en terrain sensible
-
AFRIQUE3 mois .BÉNIN / NIGER – Vers une réouverture progressive de la frontière après des concertations stratégiques
-
TÉLÉPHONIE3 mois .CÔTE D’IVOIRE – Les journalistes dénoncent pressions et autocensure grandissante
-
AFRIQUE3 mois .KENYA – Tensions autour d’un centre de quarantaine controversé lié à Ebola
-
AFRIQUE3 mois .RD CONGO – Ebola : Bunia rouvre, mais le risque persiste
-
AFRIQUE3 mois .AFRIQUE DU SUD – Climat de peur à Johannesburg : Des Nigérians fuient après des attaques ciblées
-
AFRIQUE3 mois .SOMALIE – Refoulé des États-Unis, Omar Artan accueilli en héros


