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AFRIQUE

LIBYE – Le gouverneur de la Banque centrale annonce sa démission sur fond de tensions politiques

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Naji Issa, gouverneur de la Banque centrale de Libye (CBL), a annoncé sa démission auprès des deux principales institutions législatives rivales du pays. Dans des courriers datés du 9 août, dont il a confirmé l’authenticité à Reuters, le responsable affirme ne plus être en mesure de poursuivre sa mission, sans toutefois dévoiler les raisons de son départ.

Naji Issa a adressé deux lettres distinctes aux présidents de la Chambre des représentants, basée dans l’est du pays, et du Haut Conseil d’État, installé à l’ouest. Il y évoque des motifs « sensibles », sans apporter davantage de précisions. Contacté par Reuters, le gouverneur a confirmé l’authenticité des documents, tout en maintenant le silence sur les circonstances de sa décision.

Appel à maintenir ses fonctions
La perspective de son départ intervient alors que la Banque centrale occupe une place stratégique dans l’équilibre institutionnel libyen. Le président du Haut Conseil d’État, Mohamed Takala, a demandé à Naji Issa de rester temporairement en fonction, le temps que les autorités examinent sa démission.
Selon lui, ce maintien serait nécessaire pour préserver « la stabilité financière, économique et politique » du pays et permettre aux institutions compétentes de prendre une décision conformément aux procédures légales. La Chambre des représentants n’avait pas encore officiellement répondu à cette demande lundi soir.

Une institution au cœur du bras de fer libyen
Cette démission intervient dans un contexte politique toujours marqué par la division de la Libye. Depuis 2014, le pays reste partagé entre des autorités rivales installées à l’ouest et à l’est, une situation héritée des années de chaos ayant suivi la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. À Tripoli, le gouvernement reconnu par les Nations unies est dirigé par le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah. Dans l’est, une administration concurrente bénéficie notamment de l’appui du maréchal Khalifa Haftar. Les deux camps se disputent le contrôle des institutions nationales et des ressources publiques, notamment les revenus issus du pétrole.

Naji Issa, un compromis entre les deux camps
Naji Issa avait été nommé à la tête de la Banque centrale en 2024 dans le cadre d’un compromis entre les deux chambres législatives. Sa nomination avait pour objectif de mettre fin à une crise institutionnelle autour de la direction de la CBL. Il avait succédé à Seddik al-Kabir, dont la gestion de la banque et des ressources publiques était fortement contestée par les autorités de Tripoli. La crise avait atteint son paroxysme en août 2024, lorsque des factions de l’ouest avaient tenté de remplacer al-Kabir par une nouvelle direction.En réaction, les autorités de l’est avaient ordonné l’arrêt de la production et des exportations de pétrole, provoquant une chute importante de l’activité du secteur. La production libyenne était alors tombée à environ 600 000 barils par jour, selon la National Oil Corporation.

Le pétrole au cœur des équilibres
L’épisode avait démontré à quel point les rivalités institutionnelles peuvent affecter directement l’économie libyenne. Les hydrocarbures constituent la principale source de revenus de l’État, tandis qu’une grande partie des infrastructures et des gisements pétroliers se situe dans des zones contrôlées par les forces proches de Khalifa Haftar. La nomination de Naji Issa et de son vice-gouverneur, Miree al-Barasee, avait donc été perçue comme une tentative de rétablir un équilibre au sein de la Banque centrale et d’éviter une nouvelle confrontation susceptible de perturber la production pétrolière.

Une nouvelle incertitude pour la Banque centrale
L’annonce de cette démission risque désormais de raviver les tensions autour de la gouvernance de l’institution monétaire. À ce stade, aucune décision officielle concernant la succession de Naji Issa n’a été annoncée.
Son départ intervient surtout à un moment où le contrôle de la Banque centrale demeure intimement lié à la lutte d’influence entre les autorités de l’est et de l’ouest. La désignation de son successeur pourrait ainsi devenir un nouveau test pour la fragile coopération entre les deux camps.

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AFRIQUE

CÔTE D’IVOIRE – Un navire-hôpital chinois offre des soins gratuits à Abidjan

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Un navire-hôpital de la marine chinoise a accosté au port d’Abidjan avec 376 membres d’équipage pour mener une opération médicale gratuite au profit des populations ivoiriennes. Baptisé « L’Arche de bon augure », le bâtiment propose des consultations, des examens médicaux et la distribution de médicaments jusqu’au 21 octobre, dans le cadre d’une mission humanitaire et de coopération sanitaire.

Cette campagne couvre 17 spécialités médicales, notamment la cardiologie, la diabétologie, la néphrologie, la neurologie, la pédiatrie, la gynécologie-obstétrique, l’ophtalmologie, la chirurgie générale et la médecine chinoise. Les équipes à bord ambitionnent de recevoir environ 600 patients quotidiennement afin de répondre aux besoins sanitaires des populations.

En amont de cette opération, les personnes intéressées avaient été invitées à s’inscrire entre le 1er et le 30 septembre auprès de plusieurs structures de santé, dont l’Hôpital militaire d’Abidjan et des centres médicaux relevant des forces de sécurité ivoiriennes.

Les premiers bénéficiaires saluent la qualité de l’accueil et des équipements disponibles à bord. Kassoum Azoumana, venu effectuer plusieurs examens, explique avoir découvert l’initiative avant de décider d’en profiter. Il se dit particulièrement impressionné par la disponibilité du personnel médical et par la qualité du matériel utilisé.

Au-delà des consultations, cette mission permet également de détecter certaines pathologies nécessitant une prise en charge complémentaire. Sonian Magouba, l’un des patients reçus par les équipes chinoises, a ainsi appris qu’il souffrait d’une cataracte. Toutefois, son hypertension artérielle ne lui permet pas, dans l’immédiat, de subir une intervention chirurgicale. Il devra d’abord retourner auprès de son médecin traitant afin de stabiliser sa tension et d’envisager la suite de son traitement.

L’opération est organisée par l’Association des ressortissants chinois en Côte d’Ivoire, en collaboration avec la marine chinoise. Elle s’inscrit dans la dynamique de coopération entre Abidjan et Pékin, notamment dans le secteur de la santé, où les initiatives médicales constituent un levier de rapprochement entre les deux pays.

Pour les responsables ivoiriens, cette escale illustre également le rôle de la diplomatie navale dans le renforcement des relations avec les États africains. Le vice-amiral Célestin N’guessan Kouame, chef d’état-major de la marine ivoirienne, souligne que ces missions permettent de mettre en avant une dimension humanitaire de la présence maritime chinoise dans le golfe de Guinée, au-delà des seules activités militaires.

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AFRIQUE

ÎLE MAURICE – Le couvre-feu prolongé après des émeutes, près de 100 personnes interpellées

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L’île Maurice est confrontée à une vague de troubles sociaux d’une ampleur inhabituelle. Après plusieurs jours de manifestations qui ont dégénéré en violences, en pillages et en dégradations de biens publics, les autorités ont décidé de maintenir le couvre-feu jusqu’au vendredi 16 octobre. Au total, 94 personnes ont été interpellées, dont 16 mineurs, tandis que sept policiers ont été blessés.

Connue pour sa stabilité politique et son dynamisme économique, l’île de l’océan Indien connaît une période de fortes tensions. À l’origine de la contestation, des difficultés d’approvisionnement en eau et la hausse du coût de la vie, qui alimentent le mécontentement d’une partie de la population.

Face à la dégradation de la situation, le gouvernement a annoncé, mercredi 14 octobre, la prolongation du couvre-feu instauré la veille. La mesure s’applique à dix régions administratives, représentant environ un tiers du territoire, et doit rester en vigueur jusqu’à vendredi matin.

Selon un communiqué publié à l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire, les violences ont donné lieu à des pillages, à des incendies volontaires et à des destructions d’infrastructures publiques. Des commissariats, des feux de signalisation ainsi que des dispositifs de vidéosurveillance ont notamment été pris pour cible.

Les autorités recensent sept policiers blessés et 94 interpellations depuis le début des troubles. Parmi les personnes arrêtées, 84 l’ont été au cours de la seule journée de mardi. Seize mineurs figurent également parmi les suspects interpellés.

Dans une intervention télévisée, le Premier ministre Navin Ramgoolam a fermement condamné les violences, soulignant que nul ne pouvait se substituer à la justice. Le chef du gouvernement a par ailleurs accusé des trafiquants de drogue de contribuer à l’escalade des tensions. Des sources policières citées par l’AFP évoquent notamment des soupçons de financement de personnes toxicomanes par certains réseaux pour attaquer des commissariats.

En réponse à ces événements, les autorités envisagent un durcissement des mesures judiciaires. Certaines personnes interpellées pourraient faire l’objet de poursuites sur la base de la législation relative à la prévention du terrorisme. L’exécutif étudie également une réforme visant à abaisser de 14 à 12 ans l’âge prévu pour la détention et les poursuites judiciaires des mineurs impliqués dans les émeutes.

La crise intervient dans un contexte également marqué par la mort d’une femme, tuée par balle lors d’un incident impliquant un policier, selon des témoins. L’agent mis en cause a été arrêté, tandis que les circonstances exactes du drame restent à établir.

Les autorités ont par ailleurs pris des mesures pour limiter les risques liés aux troubles. Le ministère de l’Éducation a annoncé la suspension des cours les jeudi 15 et vendredi 16 octobre dans tous les établissements préscolaires, primaires et secondaires.

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AFRIQUE

RD CONGO – La justice belge perquisitionne dans l’entourage de Félix Tshisekedi

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La justice belge a procédé à des perquisitions aux domiciles de plusieurs personnes présentées comme proches ou associées au président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi. Ces opérations s’inscrivent dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de blanchiment d’argent lié aux revenus du secteur minier congolais. Le parquet fédéral belge a confirmé les interventions, sans toutefois dévoiler l’identité des personnes concernées.

L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée à Bruxelles en 2025 par un collectif d’organisations non gouvernementales de la province du Katanga. Représentées par les avocats Bernard Maingain et Hervé Diakese, ces ONG dénoncent un système présumé de détournement des recettes issues de l’exploitation minière, au détriment des populations locales et des finances publiques congolaises. Elles soupçonnent ensuite le transfert et le blanchiment d’une partie de ces fonds en Belgique.

Selon les plaignants, plusieurs individus appartenant à l’entourage du chef de l’État, dont certains disposeraient de la nationalité belge et résideraient en Belgique, auraient bénéficié d’argent provenant de l’exploitation des ressources naturelles de la RDC. Le cuivre et le cobalt figurent notamment parmi les minerais concernés par les accusations. Les organisations estiment que les sommes en question auraient servi à financer un train de vie difficilement compatible avec les revenus officiellement déclarés par les personnes visées.

Le parquet fédéral a indiqué que les perquisitions avaient été menées à Bruxelles et dans sa périphérie dans le cadre de l’enquête pour blanchiment. Il n’a cependant pas confirmé que les personnes concernées appartenaient à la famille présidentielle. À Kinshasa, la présidence congolaise n’avait pas réagi à ces informations au moment des faits rapportés.

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