AFRIQUE
CENTRE AFRIQUE – La MINUSCA renforce la sécurité après une attaque meurtrière à Am-Dafock
La MINUSCA a annoncé de nouvelles mesures de sécurité à la suite de l’attaque visant l’une de ses bases temporaires à Am-Dafock, localité stratégique située à la frontière entre la République centrafricaine et le Soudan. L’assaut, survenu le 30 juin à l’aube, a fait plusieurs blessés parmi les Casques bleus, dont un dans un état grave.
Dans un communiqué, la mission onusienne a fermement condamné cette attaque dirigée contre ses forces de maintien de la paix. Trois soldats zambiens ont été touchés lors de l’offensive, illustrant une nouvelle fois la vulnérabilité des positions de l’ONU dans cette région instable.
Une attaque aux implications graves
La représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU, Valentine Rugwabiza, a dénoncé des actes susceptibles de constituer des crimes de guerre au regard du droit international. Une déclaration qui souligne la gravité de l’incident et les risques croissants encourus par les forces internationales déployées sur le terrain.
Selon les autorités locales, notamment le sous-préfet Ramadan Abdelkader, l’attaque aurait été menée par d’anciens éléments de la Séléka, appuyés par des combattants des Forces de soutien rapide venus du territoire soudanais. Le bilan humain s’alourdirait à au moins 22 morts, selon les premières estimations.
Renforts et ripostes en cours
Face à cette escalade, les autorités locales ont appelé à l’envoi rapide de renforts pour sécuriser la zone. Les blessés les plus graves ont été évacués par voie aérienne grâce aux moyens logistiques de l’ONU.
Dans le même temps, des frappes aériennes attribuées à des forces alliées russes auraient visé les positions des assaillants. Toutefois, aucune confirmation officielle n’a été donnée quant à une reprise totale du contrôle de la ville.
Une zone sous tension permanente
Am-Dafock demeure un point névralgique, régulièrement exposé aux incursions de groupes armés opérant de part et d’autre de la frontière. Cette instabilité est accentuée par le conflit en cours au Soudan depuis 2023, ainsi que par la présence active des RSF dans les zones frontalières.
AFRIQUE
NIGÉRIA – Fortes inondations à Lagos après des pluies torrentielles
À Lekki et Ikoyi, deux quartiers huppés de l’État de Lagos, de fortes pluies ont provoqué d’importantes inondations, perturbant la circulation et affectant de nombreuses habitations ainsi que des activités économiques.
Comme chaque année durant la saison des pluies au Nigeria, la situation est aggravée par la vétusté des infrastructures urbaines et l’insuffisance des systèmes d’évacuation des eaux pluviales. Ces défaillances structurelles accentuent l’ampleur des dégâts et exposent davantage les populations aux risques.
Face à ces intempéries, Agence nigériane des services hydrologiques a émis une alerte signalant un risque élevé de crues soudaines dans plusieurs États du pays jusqu’au 10 juillet. L’organisme met en garde contre une montée rapide du niveau des eaux, susceptible d’entraîner des inondations localisées dans les zones les plus vulnérables.
Les autorités appellent ainsi les habitants et les opérateurs économiques installés dans les zones à risque à redoubler de vigilance. Elles soulignent que la combinaison de fortes précipitations et de réseaux d’assainissement inadéquats pourrait engendrer des perturbations majeures.
Au-delà des dégâts matériels, ces prévisions font peser de lourdes menaces sur les transports, les infrastructures essentielles, mais aussi sur l’agriculture et l’activité économique dans les régions concernées.
AFRIQUE
LIBYE – L’urgence humanitaire des réfugiés soudanais face à un avenir incertain
À Tajoura, dans le nord-ouest de la Libye, des réfugiés soudanais tentent de reconstruire une vie digne après avoir fui un conflit dévastateur. Dans un environnement marqué par la précarité, leur priorité reste inchangée : garantir un accès à l’éducation pour leurs enfants.
Privé d’infrastructures scolaires, Mabrouk Non, enseignant de 58 ans, a pris l’initiative de bâtir une salle de classe rudimentaire avec des matériaux de fortune, notamment des branches et des planches de bois. Chaque jour, il y dispense des cours d’anglais à un public varié, composé d’enfants, d’adolescents et même d’adultes. Malgré l’absence de matériel pédagogique essentiel — manuels, cahiers ou craie —, il poursuit sa mission avec détermination, convaincu que l’éducation demeure un droit fondamental, même en situation d’exil.
Dans les camps improvisés, les conditions de vie restent extrêmement difficiles. Les familles s’entassent dans des abris de fortune, où l’intimité est réduite à de simples séparations faites de vêtements suspendus. Dans ce contexte, subvenir aux besoins essentiels relève d’un défi quotidien.
Comme beaucoup d’autres, Osman Mohammed survit grâce à des emplois précaires et irréguliers. Incapable de garantir un revenu stable, il peine à satisfaire les besoins de ses enfants. « Ils ont besoin de cahiers, de vêtements et de nourriture, mais je ne peux pas tout leur offrir », confie-t-il.
Depuis avril 2023, le conflit au Soudan a provoqué l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. Les affrontements entre l’armée et les Forces de soutien rapide (RSF) ont entraîné le déplacement de près de 13 millions de personnes. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, plus de 240 000 Soudanais se trouvent aujourd’hui en Libye.
Beaucoup redoutent un retour forcé vers leur pays d’origine, notamment dans des régions comme le Darfour, toujours en proie à des violences intenses. Originaire de cette zone, Ibrahim Abdullah estime qu’un retour est impensable tant que les combats persistent. Il appelle les autorités et la communauté internationale à renforcer leur soutien aux réfugiés. Son plus jeune enfant, né en Libye en 2024, ne possède toujours pas de documents d’identité officiels.
Pays de transit majeur pour les migrants en Afrique et au Moyen-Orient, la Libye fait face à une pression croissante. En juin dernier, des manifestations ont éclaté à Tripoli devant les bureaux du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), certains Libyens réclamant l’expulsion des migrants. Un signe des tensions grandissantes autour de la question migratoire dans le pays.
AFRIQUE
TANZANIE – Arrestations massives avant des manifestations contestataires
En Tanzanie, les autorités ont procédé à l’arrestation de dizaines de personnes à la veille de manifestations antigouvernementales annoncées, dans un climat de tensions politiques croissantes autour des revendications démocratiques.
Le porte-parole de l’armée, Sylvester Mangure, a averti contre toute tentative de rassemblement, rappelant l’interdiction récente des activités politiques publiques décidée par le gouvernement. Il a également accusé des individus non identifiés de mobiliser des jeunes en leur faisant croire à un soutien de l’armée aux manifestations, une allégation fermement démentie par les autorités militaires.
À l’origine de ces appels à manifester, des groupes de jeunes militants ont fixé la date de mardi, coïncidant avec le 72e anniversaire du parti au pouvoir, pour exiger des réformes démocratiques et la libération de Tundu Lissu. Ce dernier est détenu pour trahison après avoir plaidé en faveur de réformes électorales en amont des dernières législatives.
La situation politique reste marquée par les suites de l’élection présidentielle d’octobre, remportée par Samia Suluhu Hassan avec 97 % des suffrages dans un contexte controversé, caractérisé par le boycott de l’opposition, notamment du Chadema et de l’ACT Wazalendo.
Selon une commission officielle, plus de 500 personnes ont perdu la vie lors de trois jours de manifestations violentes ayant contesté le processus électoral. Un bilan contesté par les organisations de défense des droits humains et les opposants, qui évoquent un nombre de victimes plus élevé.
Dans la capitale économique Dar es Salaam, les forces de sécurité ont renforcé leur présence, multipliant patrouilles et contrôles sur les principaux axes et lieux publics. Si les autorités n’établissent pas de lien direct avec les manifestations prévues, leurs détracteurs y voient une stratégie de dissuasion.
Parallèlement, la ville s’apprête à accueillir la 50e édition de la Foire commerciale internationale de Dar es Salaam, connue sous le nom de SabaSaba, l’un des rendez-vous économiques majeurs du pays.
Le porte-parole de la police, David Misime, a indiqué que les opérations de sécurité avaient été intensifiées pour contrer ce que les autorités qualifient de mobilisations illégales, souvent organisées via les réseaux sociaux. Il a prévenu que toute participation à des troubles serait sévèrement sanctionnée.
De son côté, le Premier ministre Mwigulu Nchemba a confirmé des arrestations liées à des activités de recrutement de manifestants, sans en préciser le nombre.
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