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AFRIQUE

TUNISIE – Migration : Tunis entre fermeté diplomatique et contraintes internes

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Lors de la 95ᵉ session du comité permanent du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Genève, la Tunisie a affiché une ligne ferme sur la question migratoire. Les autorités tunisiennes ont rejeté toute forme de « réinstallation déguisée » des migrants irréguliers, dénonçant ce qu’elles considèrent comme une externalisation implicite de la gestion migratoire vers les pays de transit.

Dans son intervention officielle, la délégation tunisienne a insisté sur la nécessité d’un partage équitable des responsabilités à l’échelle internationale, tout en appelant à favoriser le retour des réfugiés vers leurs pays d’origine lorsque les conditions sécuritaires le permettent. Une position qui s’inscrit dans une défense affirmée de la souveraineté nationale face à l’intensification des flux migratoires en Méditerranée.

Ce discours met en avant les efforts consentis par Tunis dans un contexte économique contraint, marqué par des ressources limitées et des pressions sociales internes. Toutefois, cette posture diplomatique se heurte à une réalité nationale complexe, où les capacités d’accueil et les mécanismes de gestion des migrants restent sous tension.

Plusieurs organisations internationales pointent régulièrement les insuffisances du dispositif tunisien, notamment en matière de conditions d’accueil et de protection des migrants. Ce décalage entre les engagements affichés et les pratiques observées fragilise la crédibilité du message porté sur la scène internationale.

En parallèle, la Tunisie plaide pour une approche globale des migrations, intégrant les causes structurelles telles que les conflits, le changement climatique ou les crises économiques. Elle réaffirme également son attachement au respect du droit international et aux principes humanitaires, tout en sollicitant un soutien accru de la communauté internationale.

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AFRIQUE

CENTRE AFRIQUE – Grève à l’ANE, le processus électoral à l’arrêt

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En République centrafricaine, le processus électoral connaît un coup d’arrêt inattendu. La publication des résultats du second tour des élections a été suspendue, conséquence directe d’un mouvement de grève au sein de l’Autorité nationale des élections (ANE).

À l’origine du blocage : les agents en charge du traitement des données, qui refusent de poursuivre leur travail tant que deux mois d’arriérés de salaires ne leur auront pas été versés. Une situation qui paralyse l’institution à un moment crucial, alors que les résultats étaient attendus depuis le début de la semaine.

Ces élections, organisées dans un contexte de sécurité encore fragile, devaient consolider le retour progressif à une vie politique normale après les violences qui ont marqué le pays dans les années 2010. Près de 70 circonscriptions restent en suspens, laissant candidats et électeurs dans l’attente.

Parmi les figures concernées, Anicet-Georges Dologuélé, opposant de premier plan au président Faustin-Archange Touadéra, voit sa situation se complexifier davantage. Contestant les résultats de la présidentielle de décembre, qu’il qualifie de frauduleux, l’ancien Premier ministre se retrouve aujourd’hui au cœur d’un nouvel épisode de tension.

Selon ses avocats, il a été empêché de quitter Bangui alors qu’il devait se rendre à Addis-Abeba à l’invitation de l’Union africaine. Son passeport diplomatique aurait été confisqué sans décision judiciaire formelle, alimentant les critiques sur le respect des libertés individuelles.

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Ce double blocage — institutionnel et politique — intervient dans un contexte socio-économique difficile. Les retards de paiement dans la fonction publique sont récurrents dans ce pays parmi les plus pauvres au monde, alimentant régulièrement des mouvements sociaux dans plusieurs secteurs.

Alors que le parti au pouvoir, le Mouvement des cœurs unis (MCU), a déjà consolidé sa position lors du premier tour, l’issue du second reste suspendue à la résolution de la crise au sein de l’ANE. Une situation qui fragilise davantage un processus électoral déjà contesté et accentue les incertitudes sur la stabilité politique du pays.

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AFRIQUE

MAROC – Mystère à Tan-Tan : disparition inquiétante de militaires américains

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Au sud du Maroc, la disparition de deux militaires américains mobilise d’importants moyens de recherche dans une zone réputée difficile d’accès. Depuis le 2 mai, les opérations se poursuivent sans relâche autour de Cap Draa, près de Tan-Tan, où les deux soldats ont été vus pour la dernière fois.

Les disparus participaient à African Lion 2026, un vaste exercice coordonné notamment par les forces armées américaines et marocaines. Leur disparition est survenue lors d’une randonnée organisée en marge des manœuvres, dans une région caractérisée par un relief accidenté mêlant zones montagneuses et étendues désertiques en bordure de l’Atlantique.

Face à la complexité du terrain, les Forces armées royales marocaines ont déployé un dispositif de recherche renforcé. Hélicoptères, unités de secours en montagne, équipes de plongeurs et moyens navals sont engagés dans une opération continue, de jour comme de nuit, pour tenter de localiser les militaires.

L’enjeu est d’autant plus important que cet incident intervient dans le cadre d’un exercice d’envergure internationale. Plus de 7 000 soldats issus d’une trentaine de pays prennent part à ces manœuvres déployées sur plusieurs territoires, notamment au Maroc, au Sénégal, en Tunisie et au Ghana.

Pour l’heure, aucune piste officielle n’a été privilégiée concernant les circonstances exactes de la disparition. Les autorités poursuivent leurs investigations dans un climat d’urgence, alors que les conditions géographiques et climatiques compliquent les opérations.

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AFRIQUE

MAURITANIE – Deux députées de l’opposition condamnées à quatre ans de prison

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En Mauritanie, la condamnation de deux figures parlementaires de l’opposition ravive les inquiétudes autour de la liberté d’expression et des tensions identitaires dans le pays. Lundi, un tribunal de Nouakchott a prononcé une peine de quatre ans de prison à l’encontre de Marieme Cheikh Dieng et Ghamou Achour, à la suite de publications critiques visant le pouvoir en place.

Au cœur de cette affaire, des messages diffusés sur les réseaux sociaux dans lesquels les deux élues remettaient en cause la gouvernance du président Mohamed Ould Ghazouani. Elles y dénonçaient notamment des inégalités structurelles au sein de la justice mauritanienne, accusée de marginaliser certaines composantes de la population, en particulier les communautés noires et les descendants d’esclaves.

Le parquet avait retenu des charges lourdes, évoquant une atteinte aux symboles de l’État ainsi qu’une incitation à troubler l’ordre public. Pour la défense, il s’agit avant tout d’une sanction politique visant à faire taire des voix dissidentes dans un contexte de plus en plus tendu.

Le silence des autorités après le verdict contraste avec les réactions indignées de plusieurs acteurs de la société civile. Parmi eux, Biram Dah Abeid, figure emblématique de la lutte contre l’esclavage en Mauritanie, a dénoncé une décision « profondément politique », saluant le courage des deux députées qu’il considère comme des symboles de résistance face aux injustices.

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