AFRIQUE
MALI/FRANCE – Bally Bagayoko, un enfant de Saint-Denis devenu maire de sa ville
En mars 2026, la ville de Saint-Denis a connu un tournant politique avec l’élection de Bally Bagayoko à sa tête. Militant de longue date et figure politique locale, il est devenu le nouveau maire après avoir remporté les élections municipales face au maire sortant Mathieu Hanotin.
Un parcours enraciné dans les quartiers populaires
Né en 1973 à Levallois-Perret dans une famille d’origine malienne, Bally Bagayoko grandit à Saint-Denis. Très tôt, il s’implique dans la vie associative et sportive de la ville. Passionné de sport, il devient notamment entraîneur de basket-ball et travaille auprès des jeunes dans les quartiers. Son engagement local lui permet de se faire connaître dans le tissu associatif dionysien. Il poursuit également des études à l’Université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis, où il s’intéresse aux questions sociales, urbaines et géopolitiques liées aux banlieues françaises.
Une carrière politique construite sur le terrain
Bally Bagayoko entre en politique au début des années 2000. En 2001, il devient adjoint au maire de Saint-Denis, chargé notamment des sports et de la jeunesse. Cette fonction lui permet de renforcer sa proximité avec les habitants et les associations locales. En 2008, il franchit une nouvelle étape en étant élu conseiller général de la Seine-Saint-Denis, puis vice-président du département. Son travail porte notamment sur les politiques sociales, la jeunesse et l’égalité des territoires. Au fil des années, il se rapproche du mouvement politique La France Insoumise, fondé par Jean‑Luc Mélenchon. Il incarne alors une ligne politique axée sur la justice sociale, la défense des services publics et la participation citoyenne.
Une victoire politique marquante
Lors des élections municipales de 2026, Bally Bagayoko se présente avec une coalition de gauche. Il remporte l’élection dès le premier tour avec un peu plus de 50 % des voix, mettant fin au mandat de Mathieu Hanotin. Cette victoire est considérée comme un événement politique majeur, car Saint-Denis devient l’une des plus grandes villes dirigées par La France Insoumise. Elle renforce également l’influence de la gauche radicale dans le département de la Seine-Saint-Denis.
Les défis de son mandat
À la tête de la ville, Bally Bagayoko doit désormais répondre à plusieurs défis importants : améliorer les conditions de logement ; renforcer la sécurité et la tranquillité publique ; accompagner le développement urbain après les transformations liées aux Jeux Olympiques d’été de 2024 ; soutenir l’emploi et la jeunesse dans une ville marquée par de fortes inégalités sociales. Il souhaite également renforcer la participation citoyenne et la place des habitants dans les décisions municipales.
Un symbole pour de nombreux habitants
Pour beaucoup d’habitants de Saint-Denis, l’élection de Bally Bagayoko représente l’accession à la mairie d’un homme issu de la ville et de ses quartiers populaires. Son parcours est souvent présenté comme l’exemple d’un engagement local qui, au fil des années, s’est transformé en responsabilité politique majeure. Son mandat s’ouvre donc dans un contexte d’attentes importantes, tant sur le plan social qu’urbain, dans l’une des villes les plus emblématiques de la banlieue parisienne.
AFRIQUE
ZIMBABWÉ – Le Parlement valide une réforme qui pourrait maintenir Emmerson Mnangagwa au pouvoir jusqu’en 2030
Mercredi, le Sénat du Zimbabwe a approuvé à une écrasante majorité des amendements constitutionnels controversés qui permettraient au président Emmerson Mnangagwa de rester en fonction jusqu’en 2030, apportant ainsi son soutien total à ces modifications après que la Chambre basse les eut déjà approuvées.
Ces amendements comptent parmi les questions politiques les plus controversées du pays, où le Zanu-PF, le parti de Mnangagwa, âgé de 83 ans, détient une large majorité au Parlement et est au pouvoir depuis l’indépendance en 1980. Avec le soutien du Parlement, le projet de loi doit désormais être signé par Mnangagwa pour entrer en vigueur.
La présidente du Sénat, Mabel Chinomona, a déclaré que 75 sénateurs avaient voté pour et quatre contre. Le projet de loi a également été adopté sans difficulté par l’Assemblée nationale le 18 juin, avec 216 voix pour et 42 contre. Cette série de changements radicaux — qualifiée de « coup d’État constitutionnel » par ses détracteurs — comprend une disposition visant à prolonger la durée des mandats présidentiel et parlementaire de cinq à sept ans.
Cela signifie que le dernier des deux mandats de Mnangagwa, limités par la Constitution, serait prolongé jusqu’en 2030. Un autre amendement confère au Parlement le pouvoir de nommer le président, mettant ainsi fin aux élections présidentielles au suffrage direct qui avaient été instaurées en 1987, sept ans après l’indépendance.
L’opposition zimbabwéenne, affaiblie par des années de répression et d’élections entachées d’irrégularités, accuse ces mesures de renforcer l’emprise du Zanu-PF sur le pouvoir dans ce pays riche en ressources naturelles. Les militants qui ont tenté de mobiliser la résistance ont fait état d’actes d’intimidation et de violence, notamment d’arrestations ou d’agressions commises par des agents présumés de l’État.
Les recours judiciaires visant à bloquer ou à invalider la procédure d’amendement ont également échoué. Mnangagwa — surnommé « le Crocodile » en raison de sa cruauté — est arrivé au pouvoir en 2017 à la suite d’un coup d’État soutenu par l’armée qui a renversé Robert Mugabe, alors âgé de 93 ans et au pouvoir depuis 37 ans.
Considéré par certains analystes comme plus autocratique que son prédécesseur, il a été élu pour deux mandats de cinq ans, en 2018 et en 2023. Lorsque le Conseil des ministres a approuvé en février le projet visant à prolonger son mandat, il a déclaré que cela permettrait de « renforcer la stabilité politique et la continuité des politiques afin que les programmes de développement puissent être menés à bien ».
Human Rights Watch a déclaré en mars que les autorités recouraient à la violence et à l’intimidation contre les opposants à ces amendements. « Au cours des derniers mois, la police et des hommes armés non identifiés ont menacé, harcelé et passé à tabac plusieurs personnes opposées au projet d’amendement constitutionnel », a-t-il déclaré dans un communiqué.
AFRIQUE
AFRIQUE DU SUD – La peur gagne les migrants face aux violences
L’Afrique du Sud fait face à une recrudescence inquiétante des tensions liées à l’immigration clandestine, sur fond de violences ciblant les ressortissants étrangers. Dans la ville de Pietermaritzburg, la police enquête sur la mort d’un migrant après une agression survenue en marge d’une manifestation anti-immigrés.
La victime, un ressortissant du Malawi âgé de 29 ans, a succombé à ses blessures. Les autorités ont ouvert une enquête pour homicide. Ce drame s’inscrit dans une série d’incidents récents, ayant déjà coûté la vie à au moins deux ressortissants du Mozambique.
La situation s’est brusquement détériorée après la diffusion d’un ultimatum lancé par des groupes citoyens exigeant le départ des migrants en situation irrégulière avant le 30 juin. Bien que dépourvu de toute base légale, cet appel a déclenché un mouvement de panique, poussant des milliers de migrants à quitter précipitamment le pays.
Des ressortissants venus du Nigeria, du Ghana, du Malawi et du Mozambique figurent parmi les plus touchés. Dans des villes comme Durban et Pietermaritzburg, des centaines de familles se sont regroupées dans des centres d’accueil improvisés, dans l’attente d’un rapatriement.
Face à l’urgence, le Malawi a déjà organisé le retour de près de 3 000 de ses ressortissants. De leur côté, les autorités sud-africaines ont renforcé les dispositifs de sécurité pour tenter de contenir les violences et prévenir de nouveaux affrontements à l’approche de l’échéance du 30 juin.
AFRIQUE
TUNISIE – Huit ans de prison pour Saadia Mosbah
La Tunisie est confrontée à une nouvelle controverse judiciaire après la confirmation, mardi à Tunis, de la condamnation de la militante Saadia Mosbah. Figure majeure de la lutte contre le racisme, elle a été condamnée à huit ans de prison à l’issue d’un nouveau procès.
Âgée de 66 ans, la fondatrice de l’association Mnemty est poursuivie pour des faits liés à des malversations financières, notamment des accusations de blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite. Une version fermement contestée par sa défense, qui dénonce une procédure entachée d’irrégularités.
Détenue depuis près de deux ans en détention provisoire, Saadia Mosbah n’est pas la seule concernée par cette affaire. Plusieurs membres de son organisation ont également été condamnés à des peines allant d’un à trois ans de prison, accentuant les critiques sur une possible pression judiciaire visant la société civile.
Ses soutiens, parmi lesquels des organisations de défense des droits humains, évoquent un dossier à dimension politique. Selon eux, cette condamnation s’inscrit dans un climat de crispation autour des questions migratoires et des libertés publiques en Tunisie.
Depuis de nombreuses années, Saadia Mosbah s’est imposée comme une voix incontournable dans la dénonciation des discriminations raciales. Son travail a contribué à documenter des abus visant notamment les migrants subsahariens et à promouvoir des avancées législatives, dont la loi tunisienne de 2018 contre les discriminations raciales.
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