Connect with us

AFRIQUE

MALI – L’exode silencieux face aux violences contre les civils

Publie

le

Entre récits de violence extrême et exil contraint, la situation sécuritaire au Mali continue de provoquer un afflux massif de réfugiés vers la Mauritanie voisine, où les témoignages recueillis dressent un tableau alarmant des exactions subies par les civils.

Dans les camps précaires de la région du Hodh Chargui, des déplacés décrivent des scènes de brutalité attribuées à des opérations conjointes menées par les forces armées maliennes et des paramilitaires russes affiliés à l’« Africa Corps », structure liée à Russie. Les communautés nomades, notamment peules et touarègues, apparaissent parmi les plus exposées, souvent soupçonnées de liens avec des groupes armés. Plusieurs témoignages font état d’exécutions sommaires, de destructions de biens et de violences ciblant indistinctement combattants présumés et civils. Des réfugiés évoquent également des actes de torture, des détentions arbitraires et des rançons exigées pour obtenir une libération.

Depuis la crise déclenchée en 2012, le Mali est plongé dans un conflit complexe mêlant groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, milices locales et mouvements indépendantistes. La prise de pouvoir par la junte en 2020 a marqué un tournant, avec un renforcement de la coopération sécuritaire avec des acteurs russes. Selon des organisations de défense des droits humains et des données issues de l’ACLED, les opérations militaires ont causé des milliers de morts, dont une proportion significative de civils. Les ONG alertent sur une intensification des abus dans certaines zones rurales difficilement accessibles.

Dans la ville frontalière de Fassala, les équipes de Médecins Sans Frontières prennent en charge des victimes présentant des traumatismes lourds, incluant des cas de torture et de violences sexuelles. L’organisation fait état de récits particulièrement préoccupants, certains évoquant même des pratiques extrêmes comme des tentatives d’ensevelissement de victimes encore vivantes. Face à la dégradation de la situation, environ 300 000 personnes ont fui vers l’est de la Mauritanie, souvent après avoir reçu des menaces directes de groupes armés leur imposant de quitter leurs localités sous peine de représailles.

Dans ce contexte, plusieurs organisations ont saisi l’Union africaine afin de réclamer l’ouverture d’enquêtes et la poursuite des responsables présumés d’exactions. Alors que les combats se poursuivent, notamment dans le nord du pays autour de zones stratégiques comme Kidal, de nombreux réfugiés expriment un espoir fragile : celui de pouvoir regagner leurs terres, à condition d’un retour durable à la sécurité.

Continuer la lecture
Cliquez ici pour commenter

Laisser un commentaire

AFRIQUE

ZAMBIE – Brian Mundubile placé en garde à vue après s’être rendu à la police

Publie

le

La contestation politique prend une nouvelle tournure en Zambie. Brian Mundubile, principal rival du président réélu Hakainde Hichilema lors de la présidentielle du 13 août, a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête portant sur des faits présumés de trahison.

Le leader de l’opposition s’est présenté jeudi aux autorités après avoir passé près de deux semaines à l’écart, dans un lieu dont l’emplacement n’avait pas été communiqué. Il faisait l’objet de recherches depuis qu’il avait été convoqué par la police dans une affaire liée à de possibles menaces contre la sécurité nationale. Les enquêteurs zambiens ont également interrogé son colistier, Makebi Zulu. La police indique que les deux hommes sont concernés par une procédure portant sur des soupçons de « trahison ». Ils demeurent tous les deux privés de liberté dans l’attente de la suite des investigations.

Cette affaire intervient quelques jours seulement après une présidentielle particulièrement disputée. Brian Mundubile a terminé à la deuxième place avec environ 38 % des suffrages, tandis que Hakainde Hichilema a obtenu près de 60 % des voix, lui permettant de décrocher un nouveau mandat à la tête du pays. L’opposition refuse toutefois de tourner la page du scrutin. Elle affirme avoir relevé plusieurs irrégularités ainsi que des actes d’intimidation durant la campagne et le processus électoral. Ses responsables avaient annoncé leur intention de saisir la justice afin de contester les résultats.

La possibilité d’un recours s’est toutefois compliquée après la fermeture temporaire des tribunaux. Les autorités avaient justifié cette mesure par des impératifs de sécurité, mais l’opposition et plusieurs organisations de défense des droits humains estiment qu’elle a rendu plus difficile, voire impossible, le dépôt d’une contestation dans les délais légaux. Human Rights Watch a notamment dénoncé une décision susceptible de limiter l’accès de l’opposition aux mécanismes judiciaires prévus par la loi et d’alimenter les interrogations autour de la transparence du processus électoral.

La mise en garde à vue de Brian Mundubile intervient donc dans un climat politique déjà fortement tendu. Elle risque de renforcer les inquiétudes concernant le respect des libertés politiques et de l’État de droit à l’issue d’une élection dont les résultats continuent d’être contestés. Depuis l’instauration du multipartisme en 1991, la Zambie s’est distinguée par des alternances politiques réalisées par la voie électorale. Les événements survenus après le scrutin du 13 août constituent désormais un nouveau test pour cette tradition démocratique, alors que le pays s’apprête à entamer une nouvelle phase sous la présidence de Hakainde Hichilema.

Continuer la lecture

AFRIQUE

ALGÉRIE – Au moins 12 morts après les incendies qui ont ravagé le nord-est du pays

Publie

le

Le bilan humain des incendies qui ont frappé plusieurs régions du nord-est de l’Algérie s’est alourdi. Au moins 12 personnes ont perdu la vie et plusieurs dizaines d’autres ont été blessées après une série de feux qui ont touché notamment les wilayas de Jijel, Béjaïa et Tizi Ouzou.

À Jijel, l’ampleur des incendies a particulièrement marqué les habitants. À Agbala, des images tournées le 26 août montrent un important incendie encerclant une habitation, tandis que les équipes de secours tentaient de contenir la progression des flammes. Le lendemain, des images diffusées par la Protection civile ont montré plusieurs équipes engagées dans des opérations d’extinction dans différents secteurs de la wilaya.

Dans certaines zones, les flammes ont progressé sur les reliefs montagneux, menaçant directement les habitations et les exploitations agricoles. À Bordj Tahar, l’un des secteurs les plus affectés, les habitants ont progressivement commencé à regagner leurs domiciles après le passage du feu. Les opérations de remise en état se poursuivent, notamment pour rétablir l’alimentation électrique. Les dégâts matériels et agricoles sont également importants. Environ 400 animaux auraient péri dans les incendies, tandis que plusieurs villages voisins, dont Acherar, Anchid, El Ouadia et Taghrast, ont subi des dommages considérables.

Le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, a fait état de cinq décès à Jijel, quatre à Béjaïa et trois à Tizi Ouzou. Cinquante-quatre personnes ont également dû être hospitalisées après avoir été brûlées. Six d’entre elles se trouvaient dans un état jugé grave. Malgré les efforts déployés par les services de secours, la situation restait préoccupante jeudi. La Protection civile recensait encore 46 foyers actifs sur les 193 incendies enregistrés au cours des 24 heures précédentes, mobilisant d’importants moyens humains et matériels pour empêcher la propagation des feux.

Face à l’ampleur de la catastrophe, le Premier ministre Sifi Ghrieb s’est rendu à Jijel le 27 août. Sa visite devait permettre d’évaluer directement les conséquences des incendies et de suivre la coordination des opérations de secours et de rétablissement. Le président Abdelmadjid Tebboune a, de son côté, décrété trois jours de deuil national en hommage aux victimes. Les autorités ont également décidé de suspendre les manifestations culturelles et sportives prévues durant cette période.

Continuer la lecture

AFRIQUE

GUINÉE – Six corps retrouvés dans une fosse commune à Forécariah, une enquête ouverte

Publie

le

La découverte de six dépouilles dans une fosse commune à Forécariah, dans le sud-ouest de la Guinée, soulève de nombreuses questions. Les corps ont été retrouvés le 24 août dans une zone boisée de la sous-préfecture d’Allassoyah, à environ une centaine de kilomètres de Conakry. Les victimes avaient les mains attachées et les yeux recouverts d’un bandeau, selon les premières constatations rapportées.

L’alerte aurait été donnée par des jeunes qui se trouvaient dans la zone à la recherche de bois de chauffe. Après leur découverte, les autorités locales ainsi que les services de sécurité et le parquet de Forécariah ont été informés. Une procédure judiciaire a depuis été engagée afin de déterminer l’identité des victimes et de comprendre les circonstances exactes de leur décès.

Les dépouilles, qui n’ont pour le moment pas été identifiées, ont été transportées à la morgue de l’hôpital de Forécariah. Des examens médico-légaux, notamment des autopsies, doivent être réalisés afin d’apporter des éléments supplémentaires aux enquêteurs. La découverte a rapidement suscité des réactions au sein de la société civile guinéenne. Plusieurs organisations demandent aux autorités de ne laisser aucune zone d’ombre dans cette affaire et de garantir une enquête crédible permettant d’établir les responsabilités éventuelles.

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) réclame notamment que les investigations médico-légales soient conduites de manière indépendante. Le mouvement souhaite également que des analyses ADN soient réalisées afin de permettre l’identification formelle des victimes. Les avocats du FNDC ont évoqué la possibilité que certaines dépouilles puissent correspondre à des personnes portées disparues dans un contexte politique. Cette piste demeure toutefois une hypothèse et aucun élément public disponible à ce stade ne permet de l’établir.

De son côté, Tournons la page-Guinée appelle à la mise en place d’une enquête qu’elle souhaite « indépendante, transparente et crédible ». Les organisations de la société civile entendent ainsi obtenir des réponses précises sur l’origine de ces corps et sur les circonstances ayant conduit à leur présence dans cette zone isolée. La découverte a également suscité une réaction de la France. Paris a fait part de sa « vive émotion » et demandé que les investigations engagées par la justice guinéenne soient conduites dans des conditions garantissant leur indépendance et leur transparence.

Continuer la lecture
Advertisement
Advertisement

DERNIERS ARTICLES

FACEBOOK

PUB

NEWS +