AFRIQUE
SÉNÉGAL – Ousmane Sonko appelle Bassirou Diomaye Faye à promulguer la réforme constitutionnelle et défend « une avancée majeure pour la démocratie »
Dakar – À la clôture de son intervention devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a lancé un appel direct au président Bassirou Diomaye Faye, l’invitant à promulguer sans délai la loi constitutionnelle adoptée par les députés. Il a également tenu à rassurer les Sénégalais sur la stabilité des institutions, tout en revenant sur plusieurs dispositions qu’il juge essentielles pour la transparence de la vie publique.
« Il n’est jamais trop tard pour revenir à l’essentiel »
S’adressant au ministre de la Justice afin que son message soit transmis au chef de l’État, Ousmane Sonko a déclaré garder l’espoir de voir Bassirou Diomaye Faye revenir sur sa position. « Il n’est jamais trop tard pour revenir à l’essentiel », a-t-il affirmé, avant de rappeler que plusieurs engagements aujourd’hui contestés avaient été publiquement défendus par l’actuel président de la République lorsqu’il était candidat. Le Premier ministre s’est notamment interrogé sur les raisons qui expliqueraient le changement de position du chef de l’État concernant la déclaration de patrimoine à la fin de son mandat ou encore le non-cumul entre les fonctions de président de la République et de président de parti politique. « Qu’est-ce qui a changé ? Quel est le problème ? », a-t-il lancé devant les députés.
Une réforme pour renforcer la transparence
Selon Ousmane Sonko, la réforme constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale constitue l’une des plus importantes avancées institutionnelles de ces dernières années. Il a insisté sur plusieurs dispositions destinées, selon lui, à renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques, notamment l’obligation de déclaration de patrimoine des plus hautes autorités de l’État. Le chef du Gouvernement a rappelé qu’il avait lui-même déclaré son patrimoine lors de son entrée en fonction et qu’il le ferait également à son départ. « Pourquoi le président de la République ne déclarerait-il pas son patrimoine à l’entrée comme à la sortie de ses fonctions ? », s’est-il interrogé.
« Les Sénégalais doivent connaître la vérité »
Revenant sur les travaux préparatoires ayant conduit à cette réforme, Ousmane Sonko a affirmé que le texte adopté était le fruit de plusieurs mois de concertation entre juristes, parlementaires et membres du comité technique mis en place à cet effet. Selon lui, les dispositions finalement retenues correspondent aux conclusions des travaux menés avant les modifications opérées par le président de la République. Le Premier ministre a également expliqué le fonctionnement de la procédure de révision constitutionnelle, rappelant que la Constitution sénégalaise prévoit deux voies : le référendum ou le vote de l’Assemblée nationale à la majorité qualifiée. S’appuyant sur la jurisprudence du Conseil constitutionnel, il a soutenu que le vote obtenu au Parlement suffisait juridiquement à valider la réforme.
« Rien ne bougera dans ce pays »
Face aux tensions suscitées par cette révision constitutionnelle, Ousmane Sonko a voulu rassurer les citoyens sur la stabilité du pays. Il a appelé les Sénégalais à éviter les manifestations violentes et à privilégier les voies de recours prévues par les institutions. « Rien ne bougera dans ce pays », a-t-il affirmé à plusieurs reprises. Selon lui, les désaccords politiques doivent continuer à être tranchés dans le respect des règles démocratiques et des institutions de la République. Il a également rappelé que toute personne contestant la réforme conserve la possibilité de saisir les juridictions compétentes.
Une demande officielle de promulgation
En conclusion, le Premier ministre a annoncé qu’il transmettrait officiellement au président de la République le texte adopté par l’Assemblée nationale. Estimant que la procédure constitutionnelle est désormais achevée, il a demandé au chef de l’État de promulguer la loi conformément à la jurisprudence constante du Conseil constitutionnel. « Le vote à la majorité qualifiée des trois cinquièmes réalise à la fois l’adoption et l’approbation de la révision constitutionnelle », a-t-il déclaré. Pour Ousmane Sonko, cette réforme marque une étape importante dans le renforcement de la démocratie sénégalaise, de la transparence de la vie publique et de la consolidation des institutions de la République.
AFRIQUE
ZAMBIE – Décès de l’ancien vice-président Guy Scott à 82 ans
L’ancien vice-président de la Zambie, Guy Scott, est décédé mercredi à l’âge de 82 ans, a annoncé le gouvernement. Figure singulière de la scène politique africaine, il avait brièvement exercé les fonctions de chef de l’État par intérim en 2014.
Économiste de formation, né en Zambie de parents d’origine écossaise, Guy Scott s’est éteint dans sa ferme située à Lusaka, après une courte maladie. L’annonce officielle a été faite par Patrick Kangwa.
Guy Scott avait occupé le poste de vice-président entre 2011 et 2014, sous la présidence de Michael Sata. À la mort de ce dernier, il avait assuré l’intérim à la tête du pays, devenant ainsi le premier dirigeant blanc d’un État africain depuis F. W. de Klerk après la fin de l’apartheid.
Son passage à la tête de l’État n’a toutefois duré que près de trois mois. La Constitution zambienne ne lui permettait pas de briguer la magistrature suprême, en raison de l’origine non zambienne de ses parents.
À l’issue de cette période de transition, Edgar Lungu lui a succédé, dirigeant le pays de 2015 à 2021.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Le président Diomaye Faye rencontre Karim Wade en marge d’une visite officielle à Doha
En déplacement officiel à Doha, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a eu un entretien discret avec Karim Wade. Cette rencontre s’est tenue en marge d’une visite diplomatique marquée par un contexte de deuil au Qatar.
Le chef de l’État sénégalais s’était en effet rendu dans l’émirat pour présenter les condoléances officielles du Sénégal après la disparition de Hamad bin Khalifa Al Thani. À cette occasion, il a été reçu au Palais de l’Émir par Tamim bin Hamad Al Thani.
Au nom du peuple sénégalais, Bassirou Diomaye Faye a exprimé sa solidarité envers la famille régnante ainsi qu’au peuple qatari. Il a salué la mémoire du défunt, mettant en avant son rôle déterminant dans le renforcement des relations bilatérales entre Dakar et Doha.
Le président sénégalais a notamment rendu hommage à « un grand visionnaire », qu’il considère comme l’un des principaux artisans du partenariat stratégique entre le Sénégal et le Qatar.
AFRIQUE
RD CONGO – L’OMS face à une épidémie d’Ebola parmi les plus rapides de l’histoire
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d’alarme face à l’évolution de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. En déplacement dans les zones affectées, le responsable des situations d’urgence de l’OMS, Chikwe Ihekweazu, a dressé un constat contrasté, mêlant avancées et fortes inquiétudes.
De retour d’une mission à Bunia, dans l’est du pays, il a évoqué une situation « encourageante à certains égards, mais profondément préoccupante à d’autres ». Malgré les efforts déployés pour contenir la propagation du virus, l’épidémie continue de progresser à un rythme alarmant, devenant l’une des plus rapides jamais observées.
Selon les données communiquées, près de 2 000 cas ont été confirmés, avec plus de 700 décès recensés à la mi-juillet, plaçant cette flambée parmi les plus importantes de l’histoire de la maladie. Un élément particulièrement inquiétant réside dans le fait que de nombreux patients décèdent à domicile, sans avoir eu accès à une prise en charge médicale. Autre défi majeur : la traçabilité des contaminations. Environ 80 % des nouveaux cas ne sont pas liés à des chaînes de transmission identifiées, compliquant considérablement les efforts de riposte sanitaire.
Sur le terrain, les équipes médicales doivent également faire face à des incidents sécuritaires ponctuels visant des structures de santé. Pour y remédier, l’OMS insiste sur la nécessité de renforcer la transparence et la communication avec les populations locales afin de restaurer la confiance. Cette épidémie est liée à la souche Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’est actuellement disponible, même si des recherches sont en cours.
Le virus Ebola, hautement contagieux, se transmet initialement à l’homme par contact avec des animaux infectés, puis se propage entre individus via les fluides corporels, notamment le sang, les vomissures ou d’autres sécrétions, ainsi que par contact avec des objets contaminés. Dans ce contexte, l’OMS appelle à une mobilisation accrue pour freiner la propagation de la maladie, alors que de nouveaux défis sanitaires et logistiques continuent d’émerger.
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