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AFRIQUE

SOUDAN – L’appui étranger alimente l’escalade militaire et aggrave le calvaire des civils

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La guerre qui ravage le Soudan depuis avril 2023 ne se joue plus uniquement entre les forces nationales engagées sur le terrain. D’après un nouveau rapport de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits des Nations unies, l’intervention de réseaux étrangers contribue à renforcer les capacités militaires des protagonistes et à prolonger un conflit dont les populations civiles supportent l’essentiel du coût humain.

Les enquêteurs de l’ONU ont notamment documenté la circulation de combattants étrangers, d’armes et de technologies militaires au bénéfice des différentes parties. Ces soutiens extérieurs auraient permis aux forces en présence d’accroître leurs moyens opérationnels et de conduire des attaques à une échelle et à une distance toujours plus importantes.

Le conflit oppose depuis plus de trois ans les Forces armées soudanaises (FAS) aux Forces de soutien rapide (FSR), deux camps dont les affrontements ont plongé le pays dans une crise humanitaire majeure. Selon la mission onusienne, l’implication croissante d’acteurs étrangers complexifie davantage la guerre en fournissant aux belligérants des ressources supplémentaires pour poursuivre les hostilités.

Concernant les FSR, les enquêteurs ont identifié plusieurs réseaux transnationaux soupçonnés d’avoir participé au recrutement, à l’entraînement et au transport de combattants étrangers. Ces circuits impliqueraient notamment des structures et intermédiaires opérant depuis les Émirats arabes unis, la Colombie et le Tchad.

Le rapport évoque en particulier la présence potentielle de centaines, voire de milliers d’anciens militaires colombiens recrutés pour prendre part aux combats aux côtés des paramilitaires, notamment dans les régions du Darfour et du Kordofan. Certains auraient disposé d’une expérience militaire leur permettant de participer à des opérations utilisant des drones, de l’artillerie et des équipements sophistiqués.

Pour les enquêteurs, le phénomène ne se limite pas au recrutement de combattants. Des sociétés privées, des intermédiaires et des réseaux logistiques auraient également joué un rôle dans l’acheminement de personnel, d’armes et de matériels militaires à travers plusieurs pays de la région. Ces circuits auraient contribué à contourner les mécanismes destinés à empêcher l’approvisionnement des forces engagées dans le conflit.

L’armée soudanaise aurait elle aussi bénéficié de technologies militaires provenant de l’étranger. La mission estime notamment disposer d’éléments permettant de penser que des drones fournis depuis l’extérieur ont été employés par les forces gouvernementales lors d’opérations ayant affecté des zones civiles et des infrastructures essentielles.

L’utilisation croissante de drones a profondément modifié la conduite des hostilités. Selon les enquêteurs, ces appareils permettent désormais aux belligérants de mener des frappes à des distances considérables, dépassant largement les zones directement situées autour des lignes de front. Cette évolution accroît mécaniquement le risque que les combats atteignent des populations jusque-là éloignées des principaux théâtres d’affrontement.

Le bilan pour les civils est particulièrement préoccupant. Des habitations, des établissements de santé, des écoles, des marchés ainsi que des sites accueillant des personnes déplacées ont été exposés aux violences. Pour la mission de l’ONU, le renforcement technologique et matériel des parties au conflit ne fait donc pas que prolonger la guerre : il augmente également les moyens dont disposent les belligérants pour frapper des zones où vivent des populations vulnérables.

Face à cette situation, les enquêteurs appellent les États susceptibles d’être impliqués dans ces circuits à prendre des mesures contre les réseaux de recrutement, de financement et d’approvisionnement. Ils recommandent également des investigations visant les individus et les entités qui faciliteraient ces transferts, ainsi qu’une suspension des livraisons militaires lorsqu’il existe un risque sérieux que ces équipements soient utilisés pour commettre de graves violations du droit international.

La mission souhaite par ailleurs que le Conseil de sécurité des Nations unies élargisse l’embargo sur les armes à l’ensemble du territoire soudanais. Actuellement limité au Darfour, ce dispositif pourrait, selon les enquêteurs, être renforcé afin de réduire l’afflux d’armes et de matériels militaires vers les différents protagonistes.

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AFRIQUE

MAROC – À Fès, un musée fait revivre des siècles de patrimoine judéo-marocain

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Dans l’ancien quartier juif de Fès, un musée consacré au patrimoine culturel judéo-marocain met en lumière une histoire pluriséculaire. À travers une collection de pièces historiques, de documents anciens et d’objets traditionnels, l’établissement retrace la présence juive au Maroc et entend transmettre aux nouvelles générations la mémoire d’une communauté profondément ancrée dans l’histoire du royaume.

Aménagée sur deux niveaux, l’exposition permanente propose un parcours consacré aux différentes dimensions de cet héritage. Le rez-de-chaussée revient sur plus de 2 500 ans de présence juive au Maroc, tandis que le premier étage présente l’organisation sociale et institutionnelle de la communauté. Les visiteurs peuvent notamment y découvrir l’histoire des synagogues, des écoles hébraïques et des tribunaux rabbiniques.

Les collections rassemblent une grande diversité d’objets : vêtements traditionnels, bijoux, instruments de musique, œuvres artistiques, archives et manuscrits anciens en hébreu. Ces pièces témoignent de la richesse des pratiques culturelles et religieuses de la communauté, mais également de ses interactions avec les autres composantes de la société marocaine.

Pour l’anthropologue Faouzi Skali, l’histoire judéo-marocaine constitue un élément important de la construction de l’identité nationale. Il rappelle notamment l’arrivée des Juifs séfarades après la Reconquista espagnole, tout en soulignant l’existence de traditions juives dans le monde amazigh bien avant cette période. Ces différentes trajectoires historiques ont contribué à façonner des relations entre populations amazighes, arabes, juives et musulmanes.

Le Grand rabbin de Casablanca, Joseph Israël, insiste également sur la valeur historique des objets conservés dans le musée. Les photographies, les pierres tombales, les textes et les manuscrits exposés constituent, selon lui, des traces concrètes de l’ancienneté de la présence juive au Maroc et des liens entretenus avec les populations musulmanes. Il considère cet espace comme un lieu de transmission du savoir historique, particulièrement destiné aux jeunes générations.

Aujourd’hui, la communauté juive vivant au Maroc est estimée à environ 3 000 personnes. Mais son rayonnement historique et culturel dépasse largement les frontières du pays. Serge Berdugo, président de la Fondation pour le patrimoine culturel judéo-marocain, évalue à près d’un million le nombre de Juifs d’origine marocaine établis à travers le monde. Malgré l’éloignement géographique, nombre d’entre eux conservent un attachement marqué à leurs origines et à leur identité marocaine.

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AFRIQUE

MALI – Assimi Goïta en tournée à Niamey et Ouagadougou pour renforcer la coopération au sein de l’AES

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Le président de la Transition malienne, Assimi Goïta, a effectué deux étapes diplomatiques au Niger et au Burkina Faso, le 5 novembre 2026. Reçu successivement à Niamey par Abdourahamane Tiani, puis à Ouagadougou par Ibrahim Traoré, le dirigeant malien a échangé avec ses homologues sur les enjeux sécuritaires, économiques et politiques de la Confédération des États du Sahel (AES).

Au Niger, cette visite officielle, organisée à l’invitation du président Abdourahamane Tiani, a été marquée par un entretien en tête-à-tête entre les deux chefs d’État, suivi d’une séance de travail élargie aux délégations des deux pays. Le communiqué conjoint publié à l’issue des discussions met particulièrement l’accent sur la situation sécuritaire dans l’espace confédéral et les efforts engagés contre les groupes armés.

Les deux dirigeants ont notamment salué les résultats attribués aux opérations de la Force unifiée de l’AES, qu’ils présentent comme des succès. Toutefois, le document officiel ne précise ni le nombre d’opérations menées, ni les résultats chiffrés obtenus, ni la période concernée. Ces appréciations relèvent donc de la communication officielle des autorités malienne et nigérienne.

Les présidents ont également dénoncé ce qu’ils décrivent comme des manœuvres de déstabilisation impliquant des mercenaires et des soutiens étatiques étrangers. Aucune identité d’État ou d’acteur n’a cependant été mentionnée dans le communiqué, qui expose sur ce point la position commune des deux dirigeants.

Au-delà des questions militaires, les échanges ont porté sur le renforcement de la coordination diplomatique entre les membres de l’AES. Assimi Goïta et Abdourahamane Tiani ont estimé que cette concertation contribuait à consolider la visibilité et la représentation de la Confédération dans les espaces sous-régionaux, régionaux et internationaux.

Le volet économique a également occupé une place importante dans les discussions. Les deux parties ont évoqué la facilitation de la circulation des personnes et des marchandises, le développement des infrastructures de transport, la transformation agro-industrielle ainsi que la valorisation des ressources énergétiques et minières. Le communiqué fait état de pistes de coopération et d’actions de coordination, sans annoncer de nouveaux financements, de projets attribués ou d’échéances précises.

À l’issue de la rencontre, Assimi Goïta a invité son homologue nigérien à effectuer une visite officielle au Mali. Abdourahamane Tiani a accepté cette invitation, dont la date sera communiquée ultérieurement par les canaux diplomatiques.

La tournée du président malien s’est poursuivie au Burkina Faso. Accueilli en début de soirée à Ouagadougou par le capitaine Ibrahim Traoré, Assimi Goïta y a effectué une visite qualifiée d’amitié et de travail par la présidence burkinabè.

Les deux chefs d’État se sont entretenus au salon d’honneur. Selon le compte rendu publié par les autorités du Burkina Faso, leurs discussions ont notamment concerné les perspectives de développement, la lutte contre le terrorisme dans l’espace AES, l’intégration africaine ainsi que plusieurs questions liées à l’actualité internationale.

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AFRIQUE

NIGÉRIA – La justice invalide la désignation d’Atiku Abubakar comme candidat de l’ADC à la présidentielle de 2027

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La course à la présidentielle nigériane du 16 janvier 2027 connaît un nouveau rebondissement. Un tribunal siégeant à Abuja a invalidé, jeudi 5 novembre, la désignation d’Atiku Abubakar comme candidat du Congrès démocratique africain (ADC), l’une des principales formations de l’opposition au président Bola Tinubu. Cette décision intervient dans un contexte de rivalités internes au sein du parti et fait planer des incertitudes sur la participation de l’ancien vice-président au prochain scrutin.

La juridiction a également remis en cause la direction de l’ADC conduite par David Mark, engagé dans un bras de fer avec Nafiu Bala Gombe pour le contrôle de la formation politique. La candidature d’Atiku Abubakar, précédemment validée par la Commission électorale indépendante, avait été présentée sous l’autorité de David Mark.

Face à cette décision, l’ADC a annoncé son intention de saisir la juridiction compétente en appel. Le parti dénonce une démarche qu’il interprète comme une tentative de « neutraliser l’opposition ». De son côté, Daniel Bwala, porte-parole du président Bola Tinubu, a rejeté toute implication du Congrès des progressistes (APC), parti au pouvoir, dans cette procédure judiciaire.

Cette décision intervient alors qu’Atiku Abubakar avait lancé, la veille, sa campagne dans l’État de Sokoto. L’ancien candidat à la présidentielle y avait notamment promis de renforcer la sécurité et de réintroduire les subventions sur les carburants, dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et les difficultés économiques auxquelles sont confrontées de nombreuses familles nigérianes.

Les tensions autour du processus électoral concernent également d’autres formations de l’opposition. Le parti de Peter Obi a récemment dénoncé des perturbations de réunions et l’annulation de réservations hôtelières à Abuja, des incidents qu’il attribue à l’APC. Le pouvoir a toutefois rejeté ces accusations.

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