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AFRIQUE

GUINÉE ÉQUATORIALE – Le pape Léo interpelle sur les conditions carcérales

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Le Pape Léo a marqué une étape forte de sa tournée africaine en se rendant dans une prison de Bata, en Guinée équatoriale. Une visite hautement symbolique qui remet au centre du débat la question des droits humains et des conditions de détention sous le régime de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

Un message direct aux détenus et aux autorités

Selon Al Jazeera, le souverain pontife s’est adressé à environ 600 détenus, dont une trentaine de femmes. Dans une cour pénitentiaire détrempée par la pluie, face à des prisonniers en uniforme et aux conditions précaires, il a tenu un discours clair : la justice doit protéger la société sans jamais renoncer à la dignité humaine.

Le pape a insisté sur une vision plus humaine de l’incarcération :

« la prison ne doit pas être uniquement une sanction, mais aussi un cadre de reconstruction.« 

Il a ainsi plaidé pour des programmes d’éducation et d’insertion professionnelle, considérés comme essentiels pour offrir une seconde chance aux personnes condamnées.

Une pression implicite sur le pouvoir en place

Cette intervention intervient dans un contexte sensible pour les autorités équato-guinéennes. Lors d’une précédente messe à Mongomo, en présence du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le pape avait déjà appelé à davantage de liberté. Au pouvoir depuis 1979, le chef de l’État est régulièrement pointé du doigt par des organisations internationales pour des violations des droits fondamentaux. En 2023, le Département d’État des États-Unis a notamment documenté des cas de torture, de surpopulation carcérale et d’insalubrité dans les établissements pénitentiaires du pays.

Un contexte international qui alourdit les enjeux

La visite du Pape Léo intervient également dans un climat diplomatique particulier, marqué par un accord migratoire conclu entre le gouvernement équato-guinéen et l’administration de Donald Trump. Cet accord prévoit l’accueil en Guinée équatoriale de migrants expulsés depuis d’autres pays, une mesure qui suscite de vives inquiétudes. Lundi, une soixantaine d’organisations non gouvernementales ont adressé une lettre ouverte au pape, l’exhortant à intervenir pour garantir un traitement juste, humain et conforme au droit international pour ces personnes.

Une tournée africaine à forte portée symbolique

Au dixième jour de son déplacement sur le continent, le Pape Léo confirme une ligne claire : placer la dignité humaine au cœur des enjeux politiques et sociaux. À Bata, son passage ne se limite pas à une visite pastorale. Il s’inscrit dans une démarche plus large de plaidoyer, où la voix morale du Vatican vient interpeller directement les États sur leurs responsabilités.

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AFRIQUE

SÉNÉGAL – New York : Diomaye Faye échange avec Emmanuel Macron sur la succession de Guterres

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En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s’est entretenu mardi avec son homologue français Emmanuel Macron. Les deux dirigeants ont notamment passé en revue leurs relations bilatérales ainsi que plusieurs dossiers internationaux.

Selon la présidence sénégalaise, les échanges ont porté sur le partenariat entre Dakar et Paris et sur les perspectives de son approfondissement. Les deux chefs d’État ont également abordé les questions liées à la paix et à la sécurité internationales, tout en réaffirmant leur attachement au respect de la Charte des Nations unies et au règlement pacifique des différends.

La succession d’Antonio Guterres au poste de secrétaire général des Nations unies a également figuré parmi les sujets évoqués. L’ancien président sénégalais Macky Sall fait partie des candidats engagés dans cette course diplomatique.

Dakar avait officiellement annoncé en juillet son soutien à la candidature de Macky Sall. Après avoir reçu son prédécesseur au palais de la République le 17 juillet, Bassirou Diomaye Faye avait décidé que le Sénégal apporterait son « plein soutien » à cette candidature et avait demandé au gouvernement ainsi qu’au réseau diplomatique sénégalais de la promouvoir auprès des États membres de l’ONU.

Cette évolution marque un changement notable dans les relations entre les deux hommes, après une période de fortes tensions politiques. Le rapprochement s’est notamment matérialisé par le retour de Macky Sall au Sénégal en juillet et sa rencontre avec son successeur au palais présidentiel.

La candidature de l’ancien chef de l’État sénégalais s’inscrit toutefois dans une compétition internationale complexe. Des analyses récentes font état de résistances au sein de plusieurs pays africains et européens, alors que la course à la succession d’Antonio Guterres se poursuit.

La rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et Emmanuel Macron intervient ainsi alors que Dakar cherche à mobiliser des soutiens diplomatiques autour de la candidature sénégalaise. Elle intervient également dans un contexte de recomposition des relations entre les autorités actuelles et l’ancien président.

Si certains rapprochements diplomatiques récents ont donné lieu à des interprétations sur le rôle joué par différents acteurs internationaux, aucune source officielle consultée ne permet d’établir qu’Emmanuel Macron aurait personnellement organisé ou provoqué le rapprochement entre Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall. La rencontre de New York confirme en revanche que la candidature de Macky Sall fait désormais partie des dossiers diplomatiques évoqués par les autorités sénégalaises dans leurs échanges internationaux.

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AFRIQUE

MAROC – Législatives : le coût de la vie et l’emploi au cœur d’un scrutin sous tension

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Les électeurs marocains se sont rendus aux urnes mercredi pour renouveler la Chambre des représentants, dans un contexte marqué par de fortes préoccupations liées au coût de la vie, à l’emploi et aux inégalités sociales. Le scrutin intervient également alors que la confiance envers les formations politiques apparaît comme un enjeu important de cette élection.

Près de 16 millions d’électeurs étaient inscrits pour choisir les 395 membres de la Chambre des représentants. Les opérations de vote ont débuté à 8 heures et devaient s’achever à 19 heures, avec les premières tendances attendues dans la soirée.

À Rabat, plusieurs électeurs se sont présentés dès l’ouverture des bureaux. Parmi eux, un homme âgé de 42 ans a expliqué être venu voter avec l’espoir de voir les conditions de vie s’améliorer.

La participation électorale constitue l’un des principaux enjeux du scrutin, notamment chez les jeunes. Les électeurs âgés de 18 à 24 ans ne représentent qu’environ 4 % des inscrits, un chiffre qui alimente les interrogations sur leur mobilisation.

La campagne a principalement porté sur les questions économiques et sociales. Le chômage, la progression des prix, le pouvoir d’achat, les inégalités et la perception de l’action des responsables politiques ont occupé une place centrale dans les programmes et les discours des formations en lice.

Le Rassemblement national des indépendants, qui dirige actuellement la coalition gouvernementale, figure parmi les formations susceptibles de recueillir un nombre important de sièges selon plusieurs observateurs. Les sondages d’opinion étant interdits par la législation électorale marocaine, aucune mesure publique de l’état des intentions de vote n’est disponible.

Aziz Akhannouch, qui a conduit la campagne du RNI, a défendu le bilan de son gouvernement, en mettant notamment en avant l’extension de la couverture sociale ainsi que les réformes engagées dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Il a également mis en avant les augmentations salariales intervenues sous son gouvernement et promis de poursuivre cette politique en cas de reconduction de son parti.

Le chef du gouvernement sortant fait cependant face à des critiques récurrentes, notamment autour de possibles conflits d’intérêts liés à ses activités dans le secteur des hydrocarbures. Son nom a également été associé aux revendications d’un mouvement de jeunes réclamant notamment une amélioration des services publics dans la santé et l’éducation.

Face au RNI, le Parti authenticité et modernité constitue l’une des principales forces politiques en présence. Les deux formations, généralement situées au centre droit, participent actuellement à la coalition gouvernementale et entretiennent des positions relativement proches sur plusieurs questions politiques.

Le PAM a notamment misé sur la notoriété de Fouzi Lekjaa, ministre du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football. Celui-ci a placé la jeunesse et l’amélioration du pouvoir d’achat parmi les thèmes de sa campagne, en défendant une plus grande participation des jeunes à la vie économique et sociale.

Le parti compte également parmi ses figures importantes Fatima Ezzahra Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire et maire de Marrakech. Son nom a été évoqué parmi les personnalités susceptibles d’occuper de hautes responsabilités gouvernementales.

Le PAM doit toutefois composer avec les conséquences d’une importante affaire judiciaire ayant touché certains de ses responsables. Deux cadres du parti ont été condamnés en juin à des peines de dix et douze ans de prison dans une affaire de trafic de drogue connue sous le nom de « l’Escobar du Sahara ».

Le parti de l’Istiqlal participe également à la compétition électorale. Dirigée par le ministre de l’Équipement Nizar Baraka, cette formation de droite a orienté sa campagne vers les questions sociales et économiques.

Dans l’opposition, le Parti de la justice et du développement, formation islamiste dirigée par l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, a notamment fait de la lutte contre la corruption un axe majeur de sa campagne. Le parti défend également des positions conservatrices sur certaines questions sociétales, notamment en matière de droit successoral et de relations sexuelles hors mariage.

Le résultat des élections déterminera la composition de la prochaine Chambre des représentants et constituera une étape importante dans la formation du prochain gouvernement. Au Maroc, le roi désigne le chef du gouvernement parmi les membres du parti arrivé en tête du scrutin. Le Premier ministre ainsi nommé constitue ensuite son équipe gouvernementale pour un mandat de cinq ans, tandis que le souverain conserve des prérogatives importantes dans les grandes orientations de l’État.

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AFRIQUE

SOUDAN DU SUD – À 89 jours des élections, la Commission électorale appelle au calme

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À moins de trois mois des élections générales prévues au Soudan du Sud, la Commission électorale nationale appelle les acteurs politiques à contribuer à la stabilité du processus électoral. À 89 jours du scrutin annoncé pour le 22 décembre, l’institution a invité les partis et les responsables politiques à œuvrer en faveur d’élections organisées dans un climat pacifique.

Lors d’une conférence de presse tenue à Juba, la Commission a présenté une partie du dispositif destiné à préparer le vote, notamment le matériel consacré à l’inscription des électeurs ainsi que les cartes électorales.

L’institution électorale assure poursuivre les préparatifs afin que les différentes étapes du processus soient mises en place avant le jour du scrutin. Elle rappelle également que sa mission consiste à garantir l’organisation du vote dans le respect du cadre légal établi pour les élections.

Ce calendrier électoral intervient alors que le président Salva Kiir a annoncé la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale de transition après la dissolution de l’exécutif précédent. Cette nouvelle configuration politique doit notamment accompagner la période précédant les élections.

Le scrutin du 22 décembre doit constituer une échéance majeure pour le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011. Les électeurs seront appelés à choisir le prochain président de la République, mais également leurs représentants au niveau national et local.

Outre l’élection présidentielle, le vote doit permettre de renouveler l’Assemblée nationale et de désigner les gouverneurs des États ainsi que les membres des assemblées législatives locales. Plusieurs représentants aux différents échelons administratifs doivent également être élus.

À l’approche de cette échéance, la Commission électorale entend donc poursuivre la préparation technique du scrutin tout en appelant les formations politiques et leurs responsables à favoriser un environnement propice à la tenue des élections.

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