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POLITIQUE

RWANDA – Félicien Kabuga devant les juges pour son rôle « substantiel » dans le génocide

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Ce 29 septembre 2022 le procès de l’ancien homme d’affaires, Félicien Kabuga, a débuté par la déclaration liminaire du procureur, à La Haye, devant le Mécanisme chargé des derniers dossiers du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Ce procès passionne d’une part parce qu’il participe du règlement du conflit rwandais, d’autre parce que Félicien Kabuga est l’un des derniers acteurs clés de ce conflit.

Au cours de l’audience de ce 29 septembre, le procureur, dans sa déclaration liminaire, a détaillé  « les charges qui pèsent contre le prévenu et a assuré qu’il entend présenter les preuves de ses accusations lors du procès afin d’obtenir la condamnation de Félicien Kabuga ». L’homme d’affaires doit répondre de six chefs d’accusation de génocide et de crimes contre l’humanité commis au Rwanda entre avril et juillet 1994. Considéré comme l’un des acteurs clés de ce conflit, la justice le soupçonne d’avoir financé le génocide des Tutsi, une minorité ethnique au Rwanda. Dès l’ouverture du procès, l’accusation a déclaré que M. Félicien Kabuga a eu a un rôle  «substantiel » dans le génocide rwandais en 1994.

Voilà le nœud de l’accusation. Tout le dossier monté à l’encontre de l’ancien homme d’affaires tourne autour de ce mot « substantiel ». La justice reproche à Félicien Kabuga d’avoir apporté un « soutien matériel, logistique, financier et moral » aux milices Interahamwe. Le procureur l’accuse d’avoir créé : « le fonds de défense nationale » en vue de recueillir de l’argent et d’armer les milices interahamwes. Par ailleurs, il accuse Félicien Kabuga, un des fondateurs de la Radio-Télévision libre des Mille Collines (RTLM), d’avoir eu à distiller « un discours anti-Tutsis dans le but d’éliminer le groupe ethnique tutsi au Rwanda ». 

Pendant trente ans, Félicien Kabuga, après un court séjour en Suisse d’où il sera expulsé, rentre dans la clandestinité. Grâce à de l’argent et à un réseau d’amis fidèles, il déjoue à chaque fois les opérations d’Interpol et du TPIR. Le 16 mai 2020, en banlieue parisienne, il est arrêté par la police française. À 87 ans, cet octogénaire fatigué et malade doit faire face à la justice. Pour des raisons de santé, ses avocats ont essayé tous les recours possibles pour demander l’arrêt des poursuites. La justice les déboute. Il sera jugé. Jusqu’à ce 29 septembre 2022, la veille de son procès, l’accusé a adressé des courriers aux juges. Il y affirme qu’il ne va pas se présenter au tribunal pour l’ouverture de son procès. La raison : il veut changer d’avocat : Me Emmanuel Altit, l’un des avocats de l’ancien chef d’État ivoirien, Laurent Gbagbo devant la Cour pénal international. La Cour n’a pas accédé à sa demande. Félicien Kabuga va donc se contenter de Me Emmanuel Altit. Alors que ce dernier souhaitait être défendu par Me Peter Robinson. 

Egide Nkuranga, président de la principale organisation de rescapés, Ibuka, reste  « inquiet ». Selon lui « Ses avocats et sa famille [Félicien Kabuga] essayent de fuir la justice». « Il continue de fuir la justice comme il l’a toujours fait ». C’est encore une longue procédure judiciaire qui s’ouvre avec ce procès. 

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AFRIQUE

TCHAD – Huit opposants condamnés, la tension politique monte

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Au Tchad, la pression judiciaire contre l’opposition franchit un nouveau cap. Huit figures de l’opposition ont été condamnées à huit ans de prison, selon leur avocat, à l’issue d’un procès dénoncé comme politique par leurs soutiens.

Arrêtés à N’Djamena quelques jours avant une marche de protestation interdite, les accusés — membres d’un mouvement ayant contesté l’élection du président Mahamat Idriss Déby — étaient poursuivis pour « association de malfaiteurs, rébellion et détention illégale d’armes de guerre ». Leur avocat, Moussa Adoum, a rejeté en bloc ces accusations, évoquant des « infractions inexistantes » et annonçant un recours en appel.

Ces condamnations s’inscrivent dans un contexte politique tendu depuis l’arrivée au pouvoir de Mahamat Déby en 2021, après la mort de son père Idriss Déby Itno. Depuis, plusieurs figures de l’opposition ont été poursuivies ou emprisonnées.

Le cas de Succès Masra illustre cette dynamique. Ancien Premier ministre et principal opposant, il a été condamné en mai 2025 à 20 ans de prison pour « incitation à la haine », un verdict critiqué par Human Rights Watch qui y voit un procès à motivation politique.

La situation s’est encore tendue avec la dissolution du GCAP, décidée par la Cour suprême. Cette coalition, qui regroupait plusieurs partis et acteurs de la société civile, appelait au boycott de l’élection présidentielle de 2024 et dénonçait un « climat de terreur » marqué par intimidations et restrictions des libertés publiques.

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En toile de fond, une réforme constitutionnelle adoptée récemment permet désormais au président d’exercer des mandats illimités de sept ans. Une mesure vivement critiquée par l’opposition, qui y voit une dérive autoritaire susceptible d’ancrer durablement le pouvoir en place.

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AFRIQUE

BURUNDI – La présidentielle prévue en mai 2027

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Le Burundi se prépare à une nouvelle échéance électorale sous haute tension. La commission électorale a annoncé la tenue de l’élection présidentielle le 3 mai prochain, une décision immédiatement contestée par l’opposition, absente lors de la réunion officielle.

Dans une déclaration commune, les partis opposés au pouvoir ont vivement critiqué l’organe électoral, estimant que, « de par sa composition et sa conduite », il ne garantit ni transparence ni équité. Ils dénoncent également des préparatifs jugés « prématurés et inappropriés » en l’absence d’un dialogue politique inclusif.

Le calendrier électoral prévoit la publication des résultats définitifs le 18 mai, suivie de l’investiture du président élu le 18 juin. En cas de second tour, celui-ci se tiendrait le 1er juin, pour des résultats annoncés le 16 juin.

Au cœur de ce processus, le président sortant Évariste Ndayishimiye apparaît comme le grand favori. À la tête du pays depuis 2020, après la disparition de Pierre Nkurunziza, il a progressivement consolidé son pouvoir tout en tentant de réduire l’influence de certains hauts gradés de l’armée.

Âgé de 57 ans, il a été officiellement investi en avril par le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, et aborde ce scrutin avec une position largement dominante.

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AFRIQUE

NIGERIA – L’armée libère les derniers enfants enlevés à Kogi

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Au Nigéria, l’armée annonce avoir secouru les dernières victimes d’un enlèvement survenu fin avril dans l’État de Kogi. Au total, sept enfants et deux adultes ont été libérés à l’issue d’une opération de recherche menée pendant plusieurs semaines.

L’attaque avait ciblé un orphelinat non enregistré, situé dans une zone isolée. Des hommes armés y avaient enlevé 23 enfants ainsi que plusieurs adultes. Si la majorité des victimes avait été relâchée peu après, un groupe restait introuvable jusqu’à cette intervention militaire.

Selon les autorités, les personnes secourues comprennent cinq garçons, deux filles et deux femmes adultes, présentées comme les épouses du responsable de l’établissement. L’armée évoque des « efforts soutenus de recherche et de sauvetage » ayant permis de localiser et libérer les otages restants.

Cette affaire met en lumière les failles structurelles liées à l’existence de structures sociales informelles échappant au contrôle de l’État. Les autorités locales avaient en effet précisé que l’orphelinat opérait illégalement, sans enregistrement officiel ni supervision administrative, dans un environnement difficile d’accès.

Au-delà de ce cas, l’incident illustre une tendance plus large : la multiplication des enlèvements de masse comme levier financier pour des groupes armés. Dans de nombreuses zones rurales du Nigeria, où la présence sécuritaire demeure limitée, ces pratiques sont devenues récurrentes.

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Le pays fait face à une crise sécuritaire multidimensionnelle, mêlant insurrection djihadiste, activités de groupes criminels armés — souvent qualifiés de « bandits » —, conflits entre agriculteurs et éleveurs, ainsi que tensions séparatistes dans le sud-est. Dans ce contexte, la protection des populations civiles, en particulier les plus vulnérables, reste un défi majeur pour les autorités.

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