AFRIQUE DU NORD
EGYPTE : L’ancien président Mohamed Morsi a rendu l’âme.
Victime d’un malaise en pleine comparution au tribunal. La nouvelle a été annoncée par la télévision d’Etat égyptienne ce lundi 17 juin 2019. Mohamed Morsi, en détention depuis 2013, est finalement décédé à l’hôpital à l’âge de 67 ans.
Il fut le premier président librement élu de l’histoire de l’Egypte en 2012 après la chute de Hosni Moubarak, son prédécesseur.
Un an plus tard, le 30 juin 2013, il est renversé par l’ex chef de l’armée Abdel Fattah Al-Sissi, actuellement à la tête du pays. On lui reprochait de ne chercher qu’à faire l’affaire des frères musulmans avec une incapacité à rétablir la sécurité et à parvenir à relancer l’économie.
Pendant la détention de Mohamed Morsi, plus de 1400 manifestants auraient été tués et plus de 15.000 Frères musulmans ou sympathisants se sont retrouvés en prison. A noter aussi que des centaines de ses partisans ont été condamnés à mort dans des procès de masse.
L’ancien président purgeait plusieurs peines dont une de 20 ans pour avoir ordonné le meurtre de manifestants en 2012, et une autre à perpétuité pour espionnage au profit du Qatar.
L’un des principaux souteneurs de Mohamed Morsi, le président turc Recep Tayyip Erdogan, a rendu un hommage à celui qu’il considère comme un martyr: “Que Dieu accorde à notre martyr, notre frère Morsi, sa miséricorde.”
AFRIQUE
LIBYE – Le gouverneur de la Banque centrale annonce sa démission sur fond de tensions politiques
Naji Issa, gouverneur de la Banque centrale de Libye (CBL), a annoncé sa démission auprès des deux principales institutions législatives rivales du pays. Dans des courriers datés du 9 août, dont il a confirmé l’authenticité à Reuters, le responsable affirme ne plus être en mesure de poursuivre sa mission, sans toutefois dévoiler les raisons de son départ.
Naji Issa a adressé deux lettres distinctes aux présidents de la Chambre des représentants, basée dans l’est du pays, et du Haut Conseil d’État, installé à l’ouest. Il y évoque des motifs « sensibles », sans apporter davantage de précisions. Contacté par Reuters, le gouverneur a confirmé l’authenticité des documents, tout en maintenant le silence sur les circonstances de sa décision.
Appel à maintenir ses fonctions
La perspective de son départ intervient alors que la Banque centrale occupe une place stratégique dans l’équilibre institutionnel libyen. Le président du Haut Conseil d’État, Mohamed Takala, a demandé à Naji Issa de rester temporairement en fonction, le temps que les autorités examinent sa démission.
Selon lui, ce maintien serait nécessaire pour préserver « la stabilité financière, économique et politique » du pays et permettre aux institutions compétentes de prendre une décision conformément aux procédures légales. La Chambre des représentants n’avait pas encore officiellement répondu à cette demande lundi soir.
Une institution au cœur du bras de fer libyen
Cette démission intervient dans un contexte politique toujours marqué par la division de la Libye. Depuis 2014, le pays reste partagé entre des autorités rivales installées à l’ouest et à l’est, une situation héritée des années de chaos ayant suivi la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. À Tripoli, le gouvernement reconnu par les Nations unies est dirigé par le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah. Dans l’est, une administration concurrente bénéficie notamment de l’appui du maréchal Khalifa Haftar. Les deux camps se disputent le contrôle des institutions nationales et des ressources publiques, notamment les revenus issus du pétrole.
Naji Issa, un compromis entre les deux camps
Naji Issa avait été nommé à la tête de la Banque centrale en 2024 dans le cadre d’un compromis entre les deux chambres législatives. Sa nomination avait pour objectif de mettre fin à une crise institutionnelle autour de la direction de la CBL. Il avait succédé à Seddik al-Kabir, dont la gestion de la banque et des ressources publiques était fortement contestée par les autorités de Tripoli. La crise avait atteint son paroxysme en août 2024, lorsque des factions de l’ouest avaient tenté de remplacer al-Kabir par une nouvelle direction.En réaction, les autorités de l’est avaient ordonné l’arrêt de la production et des exportations de pétrole, provoquant une chute importante de l’activité du secteur. La production libyenne était alors tombée à environ 600 000 barils par jour, selon la National Oil Corporation.
Le pétrole au cœur des équilibres
L’épisode avait démontré à quel point les rivalités institutionnelles peuvent affecter directement l’économie libyenne. Les hydrocarbures constituent la principale source de revenus de l’État, tandis qu’une grande partie des infrastructures et des gisements pétroliers se situe dans des zones contrôlées par les forces proches de Khalifa Haftar. La nomination de Naji Issa et de son vice-gouverneur, Miree al-Barasee, avait donc été perçue comme une tentative de rétablir un équilibre au sein de la Banque centrale et d’éviter une nouvelle confrontation susceptible de perturber la production pétrolière.
Une nouvelle incertitude pour la Banque centrale
L’annonce de cette démission risque désormais de raviver les tensions autour de la gouvernance de l’institution monétaire. À ce stade, aucune décision officielle concernant la succession de Naji Issa n’a été annoncée.
Son départ intervient surtout à un moment où le contrôle de la Banque centrale demeure intimement lié à la lutte d’influence entre les autorités de l’est et de l’ouest. La désignation de son successeur pourrait ainsi devenir un nouveau test pour la fragile coopération entre les deux camps.
AFRIQUE
MAROC /ESPAGNE – Une nouvelle vague migratoire meurtrière
Au moins 18 migrants ont perdu la vie en tentant de rejoindre à la nage l’enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc, alors qu’un important afflux migratoire se poursuit aux abords de la frontière.
Depuis plusieurs jours, plus de 1 500 personnes sont parvenues à entrer dans cette enclave, marquant la plus forte vague migratoire depuis la crise de 2021, au cours de laquelle plus de 10 000 migrants avaient franchi la frontière en seulement deux jours. Ce nouvel afflux aurait été alimenté par des rumeurs faisant état d’une ouverture du poste-frontière.
Sur la côte marocaine, à proximité de Fnideq, de nombreux candidats à l’exil, dont des mineurs, ont convergé vers la zone frontalière, à pied ou à bord de véhicules, contournant parfois les dispositifs de sécurité.
Certains témoignages illustrent la détresse et les espoirs qui motivent ces tentatives. Fatima Zahra, une travailleuse de Tanger, explique avoir pris la route après avoir entendu parler d’une supposée ouverture. De son côté, Abdelhakim, 32 ans, raconte avoir parcouru plusieurs kilomètres avant d’être emporté par les vagues, assisté impuissant à la mort de deux jeunes, puis renoncé à poursuivre.
Selon les autorités espagnoles, les 18 décès enregistrés sont dus à des noyades. Sur place, des scènes poignantes ont été observées, avec des migrants, adultes et enfants, arrivant trempés sur les rivages, tandis que des effets personnels abandonnés jonchaient la plage.
Le président de Ceuta, Juan Vivas, a indiqué que les structures d’accueil sont désormais saturées face à l’arrivée quotidienne de centaines de migrants.
Face à cette situation, l’Espagne a décidé de renforcer son dispositif sécuritaire en déployant des militaires en appui à la Garde civile. Des renforts supplémentaires, ainsi que des moyens maritimes et des équipes de plongeurs, ont été mobilisés.
Par ailleurs, Madrid a annoncé, en coordination avec Rabat, des mesures visant à renvoyer vers le Maroc les personnes entrées irrégulièrement sur son territoire.
Cette crise migratoire a rapidement pris une dimension politique en Europe. La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, ainsi que son ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, ont évoqué la possibilité de suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, dénonçant une gestion jugée insuffisante des flux migratoires.
Des propos vivement rejetés par Madrid. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Luis Albares, a appelé à privilégier la solidarité européenne plutôt que les déclarations à visée politique.
AFRIQUE
ALGÉRIE – Une femme élue pour la première fois à la tête du Parlement
L’Assemblée populaire nationale (APN) a franchi un cap historique mardi soir en élisant, pour la première fois depuis sa création, une femme à sa présidence. La députée d’Alger Khalida Boufedeche, membre du Front de libération nationale (FLN), a été portée à la tête de la chambre basse du Parlement, accédant ainsi au rang de quatrième personnage de l’État.
Médecin allergologue de formation, Khalida Boufedeche est également membre du comité central du FLN, formation historique de l’indépendance et pilier du paysage politique algérien. Son parcours politique s’est d’abord construit à l’échelle locale, notamment dans la commune de Bordj El Bahri, avant de s’étendre à l’assemblée de la wilaya d’Alger puis à l’APN.
Son élection intervient dans la foulée des législatives du 2 juillet, remportées par le FLN avec 91 sièges sur les 407 que compte l’Assemblée. Le scrutin a toutefois été marqué par une participation historiquement basse, avec seulement 21,24 % des électeurs ayant pris part au vote.
Trois candidats étaient en lice pour la présidence de l’APN, dont un représentant du Mouvement de la société pour la paix (MSP), principale formation islamiste au Parlement, et un élu du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), formation laïque.
Dans la nouvelle configuration parlementaire, le FLN conserve sa position dominante, devant le Rassemblement national démocratique (RND) avec 74 sièges, tandis que le Front El Moustakbal en détient 56.
Si cette nomination constitue une avancée institutionnelle majeure, elle intervient dans un contexte paradoxal de recul significatif de la présence des femmes au Parlement. À l’issue des dernières législatives, seules 25 femmes ont été élues, soit 6,14 % des députés, alors qu’elles représentent près de la moitié de la population algérienne.
Ce chiffre marque une nette régression par rapport aux précédentes législatures : l’APN comptait 38 femmes en 2021 et jusqu’à 118 en 2017, à une époque où un système de quotas favorisait leur représentation.
Dans son discours inaugural, Khalida Boufedeche a salué une étape « historique », estimant que son élection reflète les transformations en cours en Algérie et la volonté de renforcer les institutions, l’État de droit et la promotion des compétences nationales.
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