AFRIQUE
GUINÉE ÉQUATORIALE – Ciudad de la Paz devient officiellement la nouvelle capitale
C’est désormais acté par décret présidentiel : la Guinée équatoriale change de capitale. Par un texte signé le samedi 3 janvier, le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo a officialisé le transfert du statut de capitale de Malabo vers Ciudad de la Paz. Cette ville, située dans la province de Djibloho, à l’est du pays continental, devient ainsi le nouveau centre politique et administratif de l’État équato-guinéen.
Dans le décret, le chef de l’État justifie ce choix par plusieurs considérations stratégiques. Ciudad de la Paz est présentée comme une cité disposant d’une situation géographique favorable, d’un fort potentiel d’expansion urbaine et d’une capacité avérée à accueillir des infrastructures administratives modernes. Sa connectivité avec les autres régions du pays constitue également un argument central, dans un contexte où les autorités cherchent à renforcer la cohésion territoriale et à mieux équilibrer le développement national.
Conçue depuis plusieurs années comme une ville nouvelle, Ciudad de la Paz se distingue par la présence d’infrastructures institutionnelles déjà opérationnelles et de bâtiments administratifs modernes. Selon les autorités, la transition sera progressive mais structurée. D’ici un an, la ville est appelée à accueillir les services de la présidence, les principales institutions de l’État, les organismes gouvernementaux ainsi que les entreprises publiques. Ce transfert vise à faire de Ciudad de la Paz le cœur décisionnel du pays, tant sur le plan politique qu’administratif.
Ce changement marque un tournant majeur dans l’organisation territoriale de la Guinée équatoriale. Jusqu’à présent, Malabo, située sur l’île de Bioko, assumait le rôle de capitale depuis l’indépendance. Toutefois, les autorités mettent en avant les limites croissantes de cette configuration. Malabo, tout comme Bata, fait face à une croissance urbaine rapide, générant des défis importants en matière d’aménagement, une pression accrue sur les services de base, ainsi qu’une saturation progressive des réseaux de transport et de communication.
À travers cette décision, le pouvoir exécutif affirme sa volonté de décongestionner les grandes agglomérations existantes et de réduire les déséquilibres régionaux. Le déplacement de la capitale vers l’intérieur du pays s’inscrit également dans une logique de planification à long terme, visant à mieux maîtriser l’urbanisation et à favoriser un développement plus harmonieux du territoire.
AFRIQUE
TANZANIE – Arrestations massives avant des manifestations contestataires
En Tanzanie, les autorités ont procédé à l’arrestation de dizaines de personnes à la veille de manifestations antigouvernementales annoncées, dans un climat de tensions politiques croissantes autour des revendications démocratiques.
Le porte-parole de l’armée, Sylvester Mangure, a averti contre toute tentative de rassemblement, rappelant l’interdiction récente des activités politiques publiques décidée par le gouvernement. Il a également accusé des individus non identifiés de mobiliser des jeunes en leur faisant croire à un soutien de l’armée aux manifestations, une allégation fermement démentie par les autorités militaires.
À l’origine de ces appels à manifester, des groupes de jeunes militants ont fixé la date de mardi, coïncidant avec le 72e anniversaire du parti au pouvoir, pour exiger des réformes démocratiques et la libération de Tundu Lissu. Ce dernier est détenu pour trahison après avoir plaidé en faveur de réformes électorales en amont des dernières législatives.
La situation politique reste marquée par les suites de l’élection présidentielle d’octobre, remportée par Samia Suluhu Hassan avec 97 % des suffrages dans un contexte controversé, caractérisé par le boycott de l’opposition, notamment du Chadema et de l’ACT Wazalendo.
Selon une commission officielle, plus de 500 personnes ont perdu la vie lors de trois jours de manifestations violentes ayant contesté le processus électoral. Un bilan contesté par les organisations de défense des droits humains et les opposants, qui évoquent un nombre de victimes plus élevé.
Dans la capitale économique Dar es Salaam, les forces de sécurité ont renforcé leur présence, multipliant patrouilles et contrôles sur les principaux axes et lieux publics. Si les autorités n’établissent pas de lien direct avec les manifestations prévues, leurs détracteurs y voient une stratégie de dissuasion.
Parallèlement, la ville s’apprête à accueillir la 50e édition de la Foire commerciale internationale de Dar es Salaam, connue sous le nom de SabaSaba, l’un des rendez-vous économiques majeurs du pays.
Le porte-parole de la police, David Misime, a indiqué que les opérations de sécurité avaient été intensifiées pour contrer ce que les autorités qualifient de mobilisations illégales, souvent organisées via les réseaux sociaux. Il a prévenu que toute participation à des troubles serait sévèrement sanctionnée.
De son côté, le Premier ministre Mwigulu Nchemba a confirmé des arrestations liées à des activités de recrutement de manifestants, sans en préciser le nombre.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Le président Bassirou Diomaye Faye prépare la création de son propre parti
Au Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye s’oriente vers la création de sa propre formation politique, marquant une rupture désormais assumée avec son ancien allié Ousmane Sonko et le parti Pastef.
Selon des sources proches de la présidence, cette initiative s’inscrit dans une volonté de redéfinir les équilibres politiques après plusieurs mois de tensions entre les deux figures majeures du pouvoir. La mise en place de cette nouvelle formation a été confiée à Aminata Touré, actuelle conseillère principale du chef de l’État, chargée de piloter un groupe de travail dédié.
Jusqu’à récemment, Bassirou Diomaye Faye évoluait au sein du Pastef, dirigé par Ousmane Sonko, qui occupait alors les fonctions de Premier ministre avant son éviction en mai dernier. Ce limogeage a scellé des mois de divergences politiques, souvent exprimées de manière indirecte entre les deux anciens partenaires.
Cette recomposition intervient dans un contexte économique et institutionnel sensible. Le pays est confronté aux répercussions d’une crise liée à la révélation d’une dette publique mal déclarée sous le précédent régime, un dossier qui pèse sur la gouvernance actuelle et alimente le débat public.
En toile de fond, les élections locales prévues en 2027 apparaissent comme un test politique majeur. Elles permettront d’évaluer l’ancrage territorial et le poids électoral respectif des deux camps, alors que la fracture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko semble désormais irréversible.
AFRIQUE
SOMALIE – AUSSOM fragilisée : Les États-Unis se retirent du financement logistique
La mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie, connue sous l’acronyme AUSSOM, fait face à une incertitude croissante quant à la poursuite de ses opérations.
D’après des informations issues de sources diplomatiques, les États-Unis ont décidé de mettre fin à leur contribution au financement du dispositif logistique des Organisation des Nations unies en Somalie, un pilier essentiel au fonctionnement de la mission.
Déployée avec environ 12 000 militaires, l’AUSSOM appuie les forces du gouvernement fédéral basé à Mogadiscio dans leur combat contre le groupe armé al-Shabaab, qui conserve une présence significative dans plusieurs مناطق rurales et continue de mener des attaques ciblées.
Le dispositif repose largement sur le Bureau d’appui des Nations unies en Somalie, chargé d’assurer des fonctions vitales telles que le transport, l’approvisionnement, les soins médicaux et la logistique énergétique. Ce mécanisme représente un budget estimé à près de 500 millions de dollars. Le désengagement américain fait planer le risque d’un affaiblissement progressif, voire d’une rupture de cette chaîne logistique.
Dans une note datée du 1er juillet, Washington a confirmé qu’il ne prolongerait pas son soutien au-delà de l’année en cours. Cette décision s’inscrit dans une réorientation stratégique impulsée par Donald Trump, dont l’administration considère que les efforts internationaux n’ont pas permis de stabiliser durablement la Somalie ni de contenir efficacement la menace jihadiste.
Les autorités américaines pointent également les divisions politiques internes et les difficultés structurelles du gouvernement somalien à renforcer ses institutions malgré plusieurs années d’appui international.
Si les États-Unis ne bloquent pas le renouvellement du mandat de la mission au Conseil de sécurité, ils refusent désormais toute reconduction incluant un soutien logistique onusien, ce qui fragilise considérablement la viabilité de l’opération.
La Commission de l’Union africaine a alerté sur les conséquences potentielles de ce retrait, évoquant des « implications significatives » sur les capacités opérationnelles et le financement de la mission. Plusieurs observateurs estiment qu’en l’absence d’un mécanisme alternatif, l’AUSSOM pourrait être contrainte de réduire, voire d’interrompre ses activités.
Sur le terrain, des responsables politiques somaliens expriment leur inquiétude face à un possible vide sécuritaire. Un affaiblissement de la mission pourrait, selon eux, offrir un avantage stratégique aux groupes armés actifs dans le pays.
De son côté, l’Organisation des Nations unies indique suivre de près l’évolution de la situation et poursuivre les consultations avec ses partenaires africains et les autorités somaliennes, sans qu’une solution de remplacement n’ait encore été arrêtée.
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