AFRIQUE
ZAMBIE – Brian Mundubile refuse la défaite et attaque la victoire de Hichilema en justice
La présidentielle zambienne est loin d’avoir livré son dernier épisode. Alors que la Commission électorale a confirmé la victoire de Hakainde Hichilema, son principal adversaire, Brian Mundubile, refuse de reconnaître les résultats et annonce une contestation devant la justice.
Le candidat de l’opposition affirme disposer de plusieurs éléments susceptibles de remettre en cause la régularité du scrutin organisé le 13 août. Il conteste notamment le déroulement de la campagne, les opérations de vote, le dépouillement ainsi que les procédures de transmission et de publication des résultats. Selon les chiffres communiqués par la Commission électorale mardi, Hakainde Hichilema s’est imposé avec près de 60 % des suffrages, contre environ 38 % pour Brian Mundubile. Un résultat que ce dernier entend désormais contester par les voies légales.
La contestation intervient alors que des observateurs internationaux ont eux aussi relevé certaines anomalies dans le processus électoral. La mission d’observation de l’Union européenne a notamment exprimé des préoccupations concernant la transparence des opérations de dépouillement. D’après des informations rapportées par Reuters, plusieurs agents électoraux n’auraient pas inscrit immédiatement les résultats sur les feuilles de dépouillement après leur annonce, contrairement aux procédures prévues par la réglementation. Pour l’opposition, ces irrégularités viennent renforcer les interrogations sur la fiabilité du processus.
Le scrutin s’est par ailleurs déroulé dans une atmosphère politique particulièrement tendue. Plusieurs arrestations ont été enregistrées, avec au moins onze personnes interpellées, parmi lesquelles des responsables importants de l’opposition. Avec l’annonce d’un recours par Brian Mundubile, la bataille électorale se poursuit donc désormais sur le terrain judiciaire. La validation définitive du scrutin et les éventuelles suites données aux contestations seront suivies de près, alors que la Zambie fait face à un nouveau test pour ses institutions démocratiques.
AFRIQUE
TOGO – RSF exige la libération immédiate de deux réalisateurs français détenus à Lomé
La détention de deux réalisateurs français au Togo suscite une vive réaction de Reporters sans frontières (RSF). L’organisation de défense de la liberté de la presse demande leur libération immédiate, estimant que leur arrestation constitue une atteinte aux conditions normales d’exercice du métier de journaliste.
Gaël Mocaër et Sebastian Perez-Pezzani ont été interpellés fin juillet dans le nord du Togo alors qu’ils travaillaient à la réalisation d’un documentaire destiné à une émission de France Télévisions. Les deux professionnels sont depuis détenus à Lomé.
Pour RSF, les deux hommes étaient engagés dans une activité journalistique consistant à recueillir des images et des témoignages sur la vie quotidienne des populations togolaises. L’organisation considère que leur maintien en détention est injustifié et disproportionné au regard de la nature de leur travail. La version des autorités togolaises diffère toutefois. Celles-ci indiquent que l’arrestation s’inscrit dans le cadre d’une procédure judiciaire portant sur les conditions dans lesquelles les deux Français exerçaient leur activité sur le territoire national.
La Haute Autorité de la communication (HAC) a notamment indiqué ne pas avoir été saisie d’une demande d’accréditation pour le tournage. Cette absence d’autorisation constitue l’un des éléments avancés par les autorités dans cette affaire. Le dossier intervient dans un environnement déjà sensible pour les médias étrangers au Togo. Plusieurs difficultés ont récemment affecté les conditions de travail de journalistes et de médias internationaux, tandis que les autorités ont également suspendu les programmes de RFI et de France 24.
Pour RSF, l’affaire Mocaër-Perez-Pezzani dépasse donc le seul sort des deux réalisateurs. Elle pose plus largement la question de l’accès des journalistes étrangers au territoire togolais, de leurs conditions de travail et de la liberté dont ils disposent pour documenter l’actualité. L’organisation appelle ainsi les autorités togolaises à mettre fin rapidement à leur détention et à garantir aux professionnels des médias les conditions nécessaires à l’exercice libre de leur mission d’information.
AFRIQUE
CAMEROUN – Après 73 jours d’absence, Paul Biya fait son grand retour à Yaoundé
Après plus de deux mois d’absence, Paul Biya a regagné le Cameroun ce jeudi. Le président camerounais est arrivé à Yaoundé après avoir passé 73 jours hors du pays, une absence prolongée qui avait alimenté les interrogations sur son état de santé et suscité de nombreuses spéculations sur la gestion du pouvoir.
Âgé de 93 ans, le chef de l’État avait quitté le Cameroun le 7 juin dernier à destination de Genève, en Suisse. La présidence avait initialement présenté ce déplacement comme un séjour privé de courte durée. Mais son absence s’est finalement étendue sur plus de dix semaines, constituant l’un des plus longs séjours du président camerounais à l’étranger depuis son accession au pouvoir en 1982. À son arrivée à l’aéroport international de Yaoundé, Paul Biya a été accueilli par plusieurs dizaines de sympathisants. Le président n’a toutefois prononcé aucune déclaration devant la presse avant de quitter l’aéroport.
Cette longue absence avait progressivement pris une dimension politique. Des voix de l’opposition avaient dénoncé une situation susceptible d’affaiblir le fonctionnement des institutions, alors que le Cameroun reste dans l’attente de la formation d’un nouveau gouvernement. Le retour du président intervient également dans un contexte où les questions liées à la succession et à l’avenir politique du pays occupent une place croissante dans le débat public. Réélu en 2025 pour un huitième mandat, Paul Biya demeure à la tête du Cameroun depuis plus de quatre décennies.
Son retour à Yaoundé devrait permettre aux autorités de reprendre le cours normal des activités institutionnelles et de calmer, au moins temporairement, les spéculations nées de son absence prolongée. Il ne devrait toutefois pas mettre fin aux interrogations de fond sur la succession du chef de l’État, la transition politique et l’avenir du pouvoir camerounais. À 93 ans, Paul Biya reste ainsi au centre d’un paysage politique marqué par l’attente et les incertitudes autour de la prochaine étape de l’histoire politique du Cameroun.
AFRIQUE
TANZANIE – Un journal suspendu six mois après un article sur les tensions au sommet de l’État
Le gouvernement tanzanien a décidé de suspendre pour six mois les activités de Mwanahalisi, un hebdomadaire connu pour ses positions critiques à l’égard du pouvoir. La décision, prise par le ministère de l’Information, s’applique immédiatement à la fois à la version imprimée et aux contenus numériques du journal.
Les autorités reprochent à la publication plusieurs violations présumées de la législation encadrant les médias. La sanction intervient notamment après la parution d’un article consacré à de supposées tensions au sein du sommet de l’État.
Dans cette publication, Mwanahalisi affirmait, en s’appuyant sur des sources anonymes, que le vice-président Emmanuel Nchimbi aurait refusé de quitter ses fonctions malgré des pressions provenant du parti au pouvoir. Le journal faisait également état de désaccords présumés entre le vice-président et la présidente Samia Suluhu Hassan.
Les autorités tanzaniennes considèrent ces informations comme suffisamment graves pour justifier une suspension de six mois. Le Département des services d’information a confirmé la mesure dans un communiqué diffusé en swahili, sans que les autorités ne fournissent davantage de précisions sur les éventuelles autres infractions reprochées au média.
Cette décision intervient dans un contexte politique particulièrement sensible en Tanzanie. Le pays reste marqué par les violences qui ont accompagné les troubles électoraux de l’année précédente, au cours desquels plusieurs centaines de personnes auraient été tuées.
La suspension de Mwanahalisi ravive ainsi les inquiétudes concernant l’espace accordé aux médias indépendants et aux voix critiques. Le journal figure depuis longtemps parmi les publications tanzaniennes les plus critiques envers le gouvernement, ce qui en fait une cible particulièrement surveillée par les autorités.
Des observateurs internationaux ont parallèlement exprimé ces derniers mois leurs préoccupations concernant l’évolution des libertés civiles et politiques en Tanzanie. La nouvelle sanction pourrait donc relancer le débat sur les conditions dans lesquelles les médias peuvent exercer leur mission dans le pays.
Pour ses défenseurs, Mwanahalisi joue un rôle important dans le débat public en relayant des informations et des analyses parfois absentes des canaux officiels. Pour le gouvernement, en revanche, les médias restent tenus de respecter strictement les dispositions légales encadrant leur activité.
La suspension de l’hebdomadaire marque en tout cas un nouveau bras de fer entre les autorités et un média régulièrement critique. Pendant six mois, Mwanahalisi devra cesser ses publications, laissant planer de nouvelles interrogations sur l’avenir de la liberté de la presse et du pluralisme médiatique en Tanzanie.
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