AFRIQUE
MALI – Rentrée scolaire : Plus de 2 400 écoles toujours fermées
Au Mali, la rentrée scolaire 2026-2027 s’ouvre ce 1er octobre dans un contexte toujours marqué par l’insécurité. Des milliers d’établissements restent privés d’élèves dans plusieurs régions du pays, compromettant la reprise normale des cours pour une importante partie de la population scolaire.
Sur les 11 860 établissements recensés à l’échelle nationale, plus de 2 400 sont encore fermés. Ces interruptions de fonctionnement concernent directement plus de 733 000 enfants, selon les données disponibles.
Dans les zones affectées par les violences, les raisons de ces fermetures sont multiples. Certains établissements ont été endommagés, pillés ou détruits lors d’attaques. D’autres servent désormais de lieux d’accueil à des familles déplacées. La situation sécuritaire conduit également des enseignants à ne pas rejoindre leur lieu d’affectation, notamment dans les secteurs considérés comme les plus exposés.
Le nombre d’écoles fermées n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Environ 1 300 établissements étaient concernés en 2020. Quatre ans plus tard, le chiffre atteignait près de 1 800 avant de dépasser la barre des 2 400 en 2026.
Le nord du pays figure parmi les régions les plus affectées. À Kidal, la grande majorité des établissements, soit environ 84 %, restent fermés. À Ménaka, plus d’une école sur deux est également concernée.
Dans le centre, plusieurs localités de Bandiagara, Douentza et Tenenkou connaissent elles aussi d’importantes perturbations. Pour les enfants vivant dans ces zones, l’accès à l’éducation demeure fortement conditionné par l’évolution de la situation sécuritaire.
AFRIQUE
BURUNDI – Bujumbura accepte d’accueillir des expulsés américains sous conditions
Le Burundi s’apprête à accueillir sur son territoire des personnes expulsées des États-Unis, a annoncé mardi la porte-parole de la présidence burundaise. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un dispositif impliquant plusieurs pays africains et lié à la politique d’expulsion menée par l’administration américaine.
Les autorités de Bujumbura précisent toutefois que l’accueil sera soumis à plusieurs conditions. Les personnes concernées ne devront notamment pas avoir d’antécédents judiciaires ni faire l’objet de poursuites pénales. Elles ne devront pas non plus présenter de lien avec des organisations terroristes.
« Le Burundi n’acceptera que les personnes qui ne font pas l’objet de poursuites pénales et qui n’ont aucun lien avec le terrorisme », a expliqué Nancy Ninette Mutoni, porte-parole du président burundais, en précisant les critères retenus par les autorités.
Un vol transportant environ 70 personnes devait quitter la Louisiane, aux États-Unis, avec plusieurs destinations africaines, notamment le Burundi, le Rwanda et la République centrafricaine. La répartition exacte des personnes entre ces différents pays n’a pas été précisée dans les informations disponibles.
Pour justifier cette décision, la présidence burundaise met en avant la tradition d’accueil du pays et sa volonté de renforcer ses relations avec d’autres États.
Selon Nancy Ninette Mutoni, le Burundi accueille depuis plusieurs années des personnes confrontées à des situations difficiles. Elle estime également que cette coopération peut contribuer à renforcer les relations entre les pays concernés et à promouvoir la paix.
Le Burundi rejoint ainsi plusieurs États africains ayant accepté d’accueillir des personnes expulsées des États-Unis dans le cadre de la politique migratoire de l’administration de Donald Trump. La Guinée équatoriale, la République centrafricaine et la République démocratique du Congo figurent notamment parmi les pays cités dans ce dispositif.
AFRIQUE
BURKINA FASO – Première raffinerie d’or : Ibrahim Traoré accélère la stratégie de souveraineté
Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale de ses ressources minières. Le pays a officiellement inauguré sa première raffinerie d’or, une infrastructure présentée par les autorités comme un outil destiné à renforcer le contrôle national sur une ressource majeure de l’économie burkinabè.
Baptisée Raffinor-BF, la nouvelle unité doit permettre au Burkina Faso de traiter une partie de son or directement sur son territoire, alors que le gouvernement de transition cherche à accroître la valeur ajoutée générée par l’exploitation des ressources naturelles.
Lors de la cérémonie d’inauguration, le président Ibrahim Traoré a insisté sur la volonté des autorités de ne plus limiter le rôle du pays à l’extraction du métal précieux.
« Désormais, l’or du Burkina Faso ne doit pas seulement être extrait au Burkina Faso, il doit également y être traité, contrôlé, valorisé et certifié », a déclaré le chef de l’État.
AFRIQUE
SÃO TOMÉ-ET-PRÍNCIPE – L’opposition en tête, une coalition désormais incontournable
À São Tomé-et-Príncipe, les résultats provisoires des élections législatives ouvrent une période de tractations politiques. Le Mouvement de libération de São Tomé-et-Príncipe (MLSTP) arrive en tête avec 24 sièges sur les 55 que compte l’Assemblée nationale, mais ne dispose pas à lui seul du nombre de députés nécessaire pour gouverner.
L’Action démocratique indépendante (ADI), formation du président Carlos Vila Nova, réélu à la tête du pays il y a deux mois, obtient environ 23 sièges et termine en deuxième position. Le reste des sièges revient au Mouvement des citoyens indépendants – Parti socialiste/Parti de l’unité nationale (MCI-PS/PUN), crédité de six élus, et au mouvement Basta, qui décroche deux sièges.
Avec 24 députés, le MLSTP reste à quatre sièges de la majorité absolue, fixée à 28 élus. Le parti devra donc trouver des partenaires pour constituer une majorité parlementaire et permettre la formation du prochain gouvernement.
Le MCI-PS/PUN apparaît ainsi comme l’une des formations clés des discussions à venir. Son dirigeant, Domingos Monteiro, a indiqué que son parti était prêt à dialoguer aussi bien avec le MLSTP qu’avec l’ADI. Il conditionne toutefois son soutien à des engagements portant notamment sur l’amélioration des conditions de vie de la population.
Dans le système politique de São Tomé-et-Príncipe, le président de la République désigne le gouvernement après les élections législatives, mais l’exécutif doit disposer d’un soutien parlementaire suffisant pour exercer durablement son mandat. Les prochains jours devraient donc être consacrés aux négociations destinées à dégager une majorité.
Les priorités du futur gouvernement seront également au cœur des discussions. L’emploi, l’émigration, les infrastructures, les services publics ainsi que l’accès à l’eau et à l’électricité figurent parmi les principales difficultés auxquelles l’archipel reste confronté.
La question du départ des jeunes constitue notamment un enjeu important. Selon des données de la Banque mondiale, près de 40 000 ressortissants de São Tomé-et-Príncipe, soit environ 18 % de la population, vivaient à l’étranger en 2025, notamment au Portugal, en Angola et au Gabon.
Le résultat des législatives marque ainsi une nouvelle étape politique pour l’archipel, quelques semaines seulement après la réélection de Carlos Vila Nova à la présidence de la République.
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