AFRIQUE
CENTRE AFRIQUE – Grève à l’ANE, le processus électoral à l’arrêt
En République centrafricaine, le processus électoral connaît un coup d’arrêt inattendu. La publication des résultats du second tour des élections a été suspendue, conséquence directe d’un mouvement de grève au sein de l’Autorité nationale des élections (ANE).
À l’origine du blocage : les agents en charge du traitement des données, qui refusent de poursuivre leur travail tant que deux mois d’arriérés de salaires ne leur auront pas été versés. Une situation qui paralyse l’institution à un moment crucial, alors que les résultats étaient attendus depuis le début de la semaine.
Ces élections, organisées dans un contexte de sécurité encore fragile, devaient consolider le retour progressif à une vie politique normale après les violences qui ont marqué le pays dans les années 2010. Près de 70 circonscriptions restent en suspens, laissant candidats et électeurs dans l’attente.
Parmi les figures concernées, Anicet-Georges Dologuélé, opposant de premier plan au président Faustin-Archange Touadéra, voit sa situation se complexifier davantage. Contestant les résultats de la présidentielle de décembre, qu’il qualifie de frauduleux, l’ancien Premier ministre se retrouve aujourd’hui au cœur d’un nouvel épisode de tension.
Selon ses avocats, il a été empêché de quitter Bangui alors qu’il devait se rendre à Addis-Abeba à l’invitation de l’Union africaine. Son passeport diplomatique aurait été confisqué sans décision judiciaire formelle, alimentant les critiques sur le respect des libertés individuelles.
Ce double blocage — institutionnel et politique — intervient dans un contexte socio-économique difficile. Les retards de paiement dans la fonction publique sont récurrents dans ce pays parmi les plus pauvres au monde, alimentant régulièrement des mouvements sociaux dans plusieurs secteurs.
Alors que le parti au pouvoir, le Mouvement des cœurs unis (MCU), a déjà consolidé sa position lors du premier tour, l’issue du second reste suspendue à la résolution de la crise au sein de l’ANE. Une situation qui fragilise davantage un processus électoral déjà contesté et accentue les incertitudes sur la stabilité politique du pays.
AFRIQUE
NIGÉRIA – Fortes inondations à Lagos après des pluies torrentielles
À Lekki et Ikoyi, deux quartiers huppés de l’État de Lagos, de fortes pluies ont provoqué d’importantes inondations, perturbant la circulation et affectant de nombreuses habitations ainsi que des activités économiques.
Comme chaque année durant la saison des pluies au Nigeria, la situation est aggravée par la vétusté des infrastructures urbaines et l’insuffisance des systèmes d’évacuation des eaux pluviales. Ces défaillances structurelles accentuent l’ampleur des dégâts et exposent davantage les populations aux risques.
Face à ces intempéries, Agence nigériane des services hydrologiques a émis une alerte signalant un risque élevé de crues soudaines dans plusieurs États du pays jusqu’au 10 juillet. L’organisme met en garde contre une montée rapide du niveau des eaux, susceptible d’entraîner des inondations localisées dans les zones les plus vulnérables.
Les autorités appellent ainsi les habitants et les opérateurs économiques installés dans les zones à risque à redoubler de vigilance. Elles soulignent que la combinaison de fortes précipitations et de réseaux d’assainissement inadéquats pourrait engendrer des perturbations majeures.
Au-delà des dégâts matériels, ces prévisions font peser de lourdes menaces sur les transports, les infrastructures essentielles, mais aussi sur l’agriculture et l’activité économique dans les régions concernées.
AFRIQUE
LIBYE – L’urgence humanitaire des réfugiés soudanais face à un avenir incertain
À Tajoura, dans le nord-ouest de la Libye, des réfugiés soudanais tentent de reconstruire une vie digne après avoir fui un conflit dévastateur. Dans un environnement marqué par la précarité, leur priorité reste inchangée : garantir un accès à l’éducation pour leurs enfants.
Privé d’infrastructures scolaires, Mabrouk Non, enseignant de 58 ans, a pris l’initiative de bâtir une salle de classe rudimentaire avec des matériaux de fortune, notamment des branches et des planches de bois. Chaque jour, il y dispense des cours d’anglais à un public varié, composé d’enfants, d’adolescents et même d’adultes. Malgré l’absence de matériel pédagogique essentiel — manuels, cahiers ou craie —, il poursuit sa mission avec détermination, convaincu que l’éducation demeure un droit fondamental, même en situation d’exil.
Dans les camps improvisés, les conditions de vie restent extrêmement difficiles. Les familles s’entassent dans des abris de fortune, où l’intimité est réduite à de simples séparations faites de vêtements suspendus. Dans ce contexte, subvenir aux besoins essentiels relève d’un défi quotidien.
Comme beaucoup d’autres, Osman Mohammed survit grâce à des emplois précaires et irréguliers. Incapable de garantir un revenu stable, il peine à satisfaire les besoins de ses enfants. « Ils ont besoin de cahiers, de vêtements et de nourriture, mais je ne peux pas tout leur offrir », confie-t-il.
Depuis avril 2023, le conflit au Soudan a provoqué l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. Les affrontements entre l’armée et les Forces de soutien rapide (RSF) ont entraîné le déplacement de près de 13 millions de personnes. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, plus de 240 000 Soudanais se trouvent aujourd’hui en Libye.
Beaucoup redoutent un retour forcé vers leur pays d’origine, notamment dans des régions comme le Darfour, toujours en proie à des violences intenses. Originaire de cette zone, Ibrahim Abdullah estime qu’un retour est impensable tant que les combats persistent. Il appelle les autorités et la communauté internationale à renforcer leur soutien aux réfugiés. Son plus jeune enfant, né en Libye en 2024, ne possède toujours pas de documents d’identité officiels.
Pays de transit majeur pour les migrants en Afrique et au Moyen-Orient, la Libye fait face à une pression croissante. En juin dernier, des manifestations ont éclaté à Tripoli devant les bureaux du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), certains Libyens réclamant l’expulsion des migrants. Un signe des tensions grandissantes autour de la question migratoire dans le pays.
AFRIQUE
CENTRE AFRIQUE – La MINUSCA renforce la sécurité après une attaque meurtrière à Am-Dafock
La MINUSCA a annoncé de nouvelles mesures de sécurité à la suite de l’attaque visant l’une de ses bases temporaires à Am-Dafock, localité stratégique située à la frontière entre la République centrafricaine et le Soudan. L’assaut, survenu le 30 juin à l’aube, a fait plusieurs blessés parmi les Casques bleus, dont un dans un état grave.
Dans un communiqué, la mission onusienne a fermement condamné cette attaque dirigée contre ses forces de maintien de la paix. Trois soldats zambiens ont été touchés lors de l’offensive, illustrant une nouvelle fois la vulnérabilité des positions de l’ONU dans cette région instable.
Une attaque aux implications graves
La représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU, Valentine Rugwabiza, a dénoncé des actes susceptibles de constituer des crimes de guerre au regard du droit international. Une déclaration qui souligne la gravité de l’incident et les risques croissants encourus par les forces internationales déployées sur le terrain.
Selon les autorités locales, notamment le sous-préfet Ramadan Abdelkader, l’attaque aurait été menée par d’anciens éléments de la Séléka, appuyés par des combattants des Forces de soutien rapide venus du territoire soudanais. Le bilan humain s’alourdirait à au moins 22 morts, selon les premières estimations.
Renforts et ripostes en cours
Face à cette escalade, les autorités locales ont appelé à l’envoi rapide de renforts pour sécuriser la zone. Les blessés les plus graves ont été évacués par voie aérienne grâce aux moyens logistiques de l’ONU.
Dans le même temps, des frappes aériennes attribuées à des forces alliées russes auraient visé les positions des assaillants. Toutefois, aucune confirmation officielle n’a été donnée quant à une reprise totale du contrôle de la ville.
Une zone sous tension permanente
Am-Dafock demeure un point névralgique, régulièrement exposé aux incursions de groupes armés opérant de part et d’autre de la frontière. Cette instabilité est accentuée par le conflit en cours au Soudan depuis 2023, ainsi que par la présence active des RSF dans les zones frontalières.
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