ECONOMIE
SÉNÉGAL – Forum PRICE 2026 : La diaspora sénégalaise à l’épreuve du réel
À travers son intervention, Bara Ndiaye, fondateur du collectif Diaspora Debout, met en lumière une ambition désormais assumée : faire de la diaspora sénégalaise un acteur central du développement économique national. Mais derrière l’élan et le volontarisme affichés, une question persiste : cette mobilisation peut-elle réellement produire des résultats tangibles ?
Porté notamment par l’ambassade du Sénégal en France, sous l’impulsion de Baye Moctar Diop, le Forum PRICE 2026 se veut une plateforme de convergence entre l’État, les investisseurs et les compétences issues de la diaspora. Selon Bara Ndiaye, cette initiative de l’ambassadeur constitue un signal fort adressé à la diaspora sénégalaise, l’invitant à s’impliquer davantage dans le développement économique du pays.
Au cœur du discours de Bara Ndiaye, un changement de paradigme : la diaspora ne doit plus être reléguée à un rôle de pourvoyeuse de transferts financiers. Elle doit désormais être impliquée dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des politiques publiques. Une évolution logique au regard du poids économique et du capital humain que représente cette communauté à l’étranger.
Car le constat est sans appel : des milliers de Sénégalais occupent des positions stratégiques à travers le monde, dans des secteurs clés comme l’ingénierie, la finance, la santé ou encore les technologies. Pourtant, ce potentiel reste largement sous-exploité, faute de structuration et de mécanismes efficaces de mobilisation.
Le forum ambitionne précisément de combler ce déficit. En réunissant entrepreneurs, experts, institutions et partenaires internationaux, il vise à créer un écosystème propice à l’investissement et aux partenariats. Les secteurs ciblés — innovation, numérique, agribusiness, santé — correspondent aux priorités affichées dans la stratégie nationale.
Mais l’enjeu dépasse largement le cadre événementiel. Car c’est sur le terrain de l’exécution que se jouera la crédibilité du Forum PRICE 2026. Les initiatives passées ont souvent achoppé sur les mêmes limites : lourdeurs administratives, absence de suivi opérationnel, manque de cadre institutionnel clair.
La question de la structuration revient ainsi au centre du débat. Bara Ndiaye évoque la mise en place d’un Haut Conseil de la diaspora, censé organiser et canaliser cette énergie. Une idée récurrente, mais qui peine encore à se matérialiser. Sans un tel outil, le risque est réel de voir cette dynamique s’essouffler.
Autre défi : éviter que le forum ne se transforme en simple vitrine. La multiplication des rencontres internationales n’a de valeur que si elle débouche sur des engagements mesurables : investissements effectifs, projets lancés, emplois créés.
Dans ce contexte, l’implication des autorités diplomatiques marque une évolution vers une diplomatie économique plus offensive. Une orientation prometteuse, mais qui devra s’inscrire dans la durée pour produire des effets durables.
Enfin, l’un des points les plus structurants du discours de Bara Ndiaye réside dans son appel à dépasser les clivages. Il plaide pour une mobilisation globale de la diaspora, au-delà des appartenances politiques ou des logiques individuelles. Une condition essentielle pour donner de la cohérence et de la puissance à cette stratégie.
Reste une inconnue majeure : cette convergence est-elle réellement possible ?
Le Forum PRICE 2026 pose les bases d’une ambition légitime. Mais il rappelle surtout une exigence : celle des résultats.
Car au-delà des discours, un seul critère comptera : la capacité à transformer un potentiel reconnu en levier réel de croissance.
AGRICULTURE
CÔTE D’IVOIRE – Le prix du cacao reste à 1 200 FCFA, les producteurs déçus
La Côte d’Ivoire maintient le prix du cacao à 1 200 francs CFA le kilogramme pour la nouvelle campagne principale. Le gouvernement a choisi de reconduire le même tarif que celui appliqué lors de la campagne intermédiaire de mars, une décision qui ne répond pas aux attentes de nombreux producteurs.
Le prix bord champ concerne le cacao répondant aux normes de qualité, notamment en matière de fermentation, de séchage et de tri. Cette annonce intervient alors que la filière traverse une période particulièrement délicate, marquée par les fluctuations du marché et les difficultés économiques rencontrées par les planteurs.
Chez certains producteurs, l’absence de revalorisation est accueillie avec déception. Après les évolutions des cours internationaux et les charges qui pèsent sur les exploitations, plusieurs acteurs de la filière espéraient une augmentation significative du revenu versé aux producteurs.
Thibaut Yoro, producteur de cacao et responsable syndical agricole, affirme que les planteurs espéraient un prix compris entre 1 800 et 2 000 francs CFA le kilogramme. « C’était l’espoir. Malheureusement, il est toujours maintenu à 1 200 », déplore-t-il.
Les organisations professionnelles affichent toutefois des réactions plus nuancées. Obed Blonde Doua, vice-président de l’Organisation interprofessionnelle agricole, estime que les producteurs auraient préféré un tarif pouvant atteindre 1 500 francs CFA le kilogramme, tout en prenant acte de la décision annoncée par les autorités.
Le choix du gouvernement intervient dans une filière stratégique pour l’économie ivoirienne. Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire dépend largement de cette activité, qui fait vivre directement ou indirectement des millions de personnes.
La détermination du prix bord champ constitue donc un exercice particulièrement sensible pour les autorités. Il s’agit de garantir une rémunération suffisante aux producteurs tout en tenant compte des réalités du marché international et des équilibres économiques de l’ensemble de la chaîne cacao.
Avec le maintien du prix à 1 200 francs CFA, le gouvernement privilégie ainsi la stabilité du tarif, mais prend le risque de décevoir une partie des planteurs qui espéraient bénéficier davantage des conditions du marché.
COMMERCE
GHANA – L’inflation recule à 4,6 % en juillet
Le Ghana confirme sa dynamique de redressement économique. Selon les données du Service national des statistiques du Ghana, le taux d’inflation a reculé à 4,6 % en juillet, contre 5,3 % en juin, enregistrant ainsi sa première baisse mensuelle depuis mars.
Un recul porté par les prix alimentaires
Cette diminution s’explique principalement par le ralentissement de la hausse des prix des produits alimentaires. Le statisticien gouvernemental Alhassan Iddrisu souligne que ce facteur a largement contribué à la baisse de l’inflation globale.
Des pressions encore internes
Malgré cette amélioration, les autorités indiquent que l’essentiel des tensions inflationnistes reste d’origine domestique. Plus de 86 % de l’inflation provient des biens et services produits localement, notamment en raison des coûts du transport et de l’énergie, qui continuent de peser sur le pouvoir d’achat des ménages.
Une amélioration sur un an
En comparaison annuelle, la progression est notable. En juillet 2025, l’inflation s’élevait encore à 12,1 %, soit plus du double du niveau actuel. Une évolution que souligne Alhassan Iddrisu : la hausse des prix a été divisée par plus de deux en l’espace de douze mois.
Une économie en phase de stabilisation
Cette tendance intervient alors que le Ghana tente de se relever de l’une des crises économiques les plus sévères de son histoire récente. Grand producteur d’or, de pétrole et de cacao, le pays mise sur la stabilisation macroéconomique et la relance de la croissance.
Le ministère des Finances reste confiant et maintient ses objectifs pour l’année, estimant que le programme de redressement engagé par le gouvernement suit une trajectoire favorable.
ECONOMIE
SÉNÉGAL – Tabaski : Entre foi, partage et solidarité à Pikine
Chaque année, des millions de musulmans à travers le monde célèbrent la Tabaski, également connue sous le nom d’Aïd al-Adha. Au Sénégal, cette fête religieuse est l’un des moments les plus importants du calendrier musulman, mêlant spiritualité, partage et solidarité.
La Tabaski commémore l’acte de foi du prophète Ibrahim, symbole d’obéissance et de confiance en Dieu. À cette occasion, les familles se réunissent autour du sacrifice rituel du mouton, perpétuant une tradition profondément ancrée dans la société sénégalaise.
À l’approche de la fête, les marchés à bétail connaissent une effervescence particulière. À Pikine, l’un des principaux pôles commerciaux de la banlieue dakaroise, vendeurs et acheteurs se croisent quotidiennement dans une ambiance animée. Les enclos se remplissent de moutons venus de différentes régions du pays, tandis que les familles s’activent pour trouver l’animal qui accompagnera cette célébration.

Parmi les acteurs engagés dans ces préparatifs figurent Hamza Thiam et Mame Biram Diouf, deux vendeurs de moutons bien connus à Pikine. Depuis plusieurs semaines, ils sont mobilisés pour répondre à la forte demande. Accueil des clients, conseils sur le choix des bêtes, entretien des animaux et organisation de la vente : leur quotidien est rythmé par les exigences de cette période cruciale.
Pour ces commerçants, la Tabaski représente bien plus qu’une activité économique. C’est également un moment de service à la communauté. Malgré la hausse des coûts liés au transport, à l’alimentation du bétail et aux charges d’exploitation, ils s’efforcent de proposer des moutons adaptés aux différents budgets afin de permettre au plus grand nombre de célébrer la fête dans les meilleures conditions.
Au-delà des transactions, les marchés de Pikine sont aussi des lieux de rencontres et d’échanges où se tissent des liens entre vendeurs et acheteurs. Cette dynamique contribue à faire vivre tout un écosystème économique, allant des éleveurs aux transporteurs, en passant par les commerçants et les artisans.
Malgré les défis économiques actuels, l’esprit de la Tabaski demeure intact. À travers le sacrifice, le partage de la viande avec les proches et les personnes démunies, ainsi que les moments de convivialité en famille, cette fête continue d’incarner les valeurs de générosité, de fraternité et d’entraide qui fondent la société sénégalaise.
À Pikine comme partout au Sénégal, la Tabaski reste un moment de rassemblement, de foi et d’espoir, porté par l’engagement d’hommes et de femmes qui œuvrent chaque année à sa réussite.
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