AFRIQUE
MADAGASCAR – Fin de l’ère du président Andry Rajoelina : l’armée aux commandes de la Grande Île
À Antananarivo, les images des cinq colonels publiées en une du quotidien L’Express symbolisent un tournant décisif pour Madagascar. Au centre de cette photographie, le colonel Michael Randrianirina, figure désormais emblématique, a annoncé depuis le camp du Capsat la prise du pouvoir par l’armée. Dans son allocution, il a appelé les forces armées à ne plus s’opposer aux manifestants du mouvement GenZ, dont les revendications sociales se sont rapidement transformées en exigence politique : le départ du président Andry Rajoelina.
Un document intitulé « Charte de transition de la République de Madagascar » circule depuis mardi soir. Ce texte, dont l’authenticité reste à confirmer, fixe la durée de la transition à 24 mois renouvelables une seule fois pour 12 mois. L’organisation du futur pouvoir reste floue, mais les nouvelles autorités devront composer avec la réprobation internationale, leur action sortant du cadre constitutionnel.
Ce basculement était attendu depuis le week-end, marqué par le ralliement progressif de l’armée aux manifestants. Le départ discret de Rajoelina, exfiltré avec l’aide de la France, semble avoir confirmé sa perte de contrôle.
Pour beaucoup d’observateurs africains, la scène malgache s’inscrit dans une dynamique déjà connue : un président coupé de son peuple, des militaires en sauveurs provisoires, et une population en quête de changement réel. Le défi, désormais, sera d’éviter que cette transition ne se transforme en un cycle d’instabilité supplémentaire. Madagascar, comme d’autres États du continent, devra s’atteler à reconstruire des institutions solides et une gouvernance réellement au service du peuple.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Le président Bassirou Diomaye Faye accorde une grâce à 984 condamnés
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé une mesure de grâce à 984 personnes condamnées. Les décrets présidentiels ont été signés le lundi 21 septembre 2026, avant que le ministère de la Justice ne rende publique la décision le lendemain.
La mesure prévoit plusieurs catégories de remise de peine. Au total, 921 condamnés bénéficient d’une remise totale, hors catégories particulières. À ce groupe s’ajoutent 21 détenus souffrant de pathologies graves, 19 mineurs et une personne âgée de plus de 65 ans, qui bénéficient également d’une remise totale dans les conditions fixées par les autorités.
Le chef de l’État a également accordé une remise partielle à 18 condamnés. Par ailleurs, quatre peines de réclusion criminelle à perpétuité ont été commuées, portant à 984 le nombre total de bénéficiaires de la mesure présidentielle.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par la pression exercée sur le système pénitentiaire sénégalais. La mesure s’inscrit, selon les autorités, dans une démarche visant à réduire la surpopulation carcérale, à améliorer les conditions de détention et à favoriser la réinsertion des personnes concernées.
La grâce présidentielle constitue ainsi une nouvelle mesure de régulation de la population carcérale, alors que les établissements pénitentiaires doivent composer avec des capacités d’accueil limitées par rapport au nombre de détenus.
Les bénéficiaires concernés par cette décision devraient être libérés ou voir leur situation pénale modifiée conformément aux modalités prévues par les différents décrets signés par le président de la République.
AFRIQUE
CAMEROUN – Des milliers de déplacés affluent à Waza après de nouvelles attaques
Des milliers de personnes ont quitté leurs villages pour rejoindre Waza, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, après une série d’attaques attribuées à des terroristes présumés. Arrivées à pied, à moto, en tricycle ou à bord de camions, des familles entières cherchent désormais refuge dans les écoles et autres espaces publics de la ville.
Les populations déplacées proviennent notamment de plusieurs villages situés autour de Makary et de Medouga. Les violences auraient fait 14 morts et provoqué un important mouvement de population depuis le jeudi 17 septembre 2026.
Parmi les personnes ayant trouvé refuge à Waza figure Kassoum Saley, lui-même déplacé. Selon son témoignage, les attaques seraient liées à Boko Haram. Il affirme que les assaillants auraient menacé les habitants, tué des villageois et emporté leurs biens, poussant de nombreuses familles à abandonner leurs maisons.
La situation humanitaire apparaît particulièrement préoccupante. Plusieurs déplacés disent être arrivés sans nourriture, sans eau potable et sans assistance. Des femmes et des enfants auraient passé plusieurs jours dans ces conditions, alors que les capacités d’accueil de Waza sont déjà fortement sollicitées.
Les écoles et les espaces publics accueillent désormais un nombre croissant de familles. Certaines personnes dorment même à l’extérieur, faute de places disponibles. Mahamat Amadou, responsable de la santé à Waza, décrit l’arrivée de populations traumatisées ayant abandonné leurs villages et une grande partie de leurs biens pour échapper aux violences.
Selon ce responsable local, les déplacés ont emprunté différents moyens pour rejoindre Waza, certains effectuant plusieurs kilomètres à pied. Une fois sur place, beaucoup se retrouveraient sans protection, sans hébergement adapté et sans soutien alimentaire.
La pression s’étend également à d’autres villes de la région. Plus de 300 personnes déplacées auraient ainsi rejoint Maroua au cours de la nuit. Face à l’ampleur du mouvement de population, des réunions de crise ont été engagées au niveau des autorités régionales afin d’organiser une réponse d’urgence.
L’arrivée simultanée de milliers de personnes dans plusieurs localités fait craindre une aggravation des besoins humanitaires dans l’Extrême-Nord. L’accès à l’eau, à la nourriture, aux soins et à des conditions d’hébergement adaptées constitue désormais l’une des principales urgences pour les familles ayant fui les zones touchées par les violences.
AFRIQUE
RD CONGO – Le comédien Caleb Tukebana appelle à maintenir Félix Tshisekedi au pouvoir jusqu’en 2050
Une prise de position de l’artiste comédien Caleb Tukebana alimente le débat politique en République démocratique du Congo. Dans une déclaration relayée lundi, l’acteur a exprimé le souhait de voir Félix Tshisekedi rester à la tête du pays jusqu’en 2050.
Pour justifier sa position, le comédien met en avant la continuité de l’action présidentielle. Selon le compte rendu de ses propos, il considère qu’une prolongation de la présence de Félix Tshisekedi au pouvoir permettrait de poursuivre les chantiers engagés et de rechercher une stabilité durable en RDC. Ces éléments relèvent de la position exprimée par l’artiste et ne constituent pas une évaluation indépendante de ces politiques.
Cette déclaration intervient alors que les questions institutionnelles et constitutionnelles occupent une place importante dans le débat public congolais. La présidence de la RDC a elle-même communiqué récemment sur un dialogue national consacré notamment à la paix, à la cohésion et à la refondation de l’État.
Félix Tshisekedi exerce actuellement son deuxième quinquennat à la tête de la République démocratique du Congo. Il avait été investi pour ce second mandat en janvier 2024 après sa réélection lors du scrutin présidentiel de décembre 2023.
Le chef de l’État s’est également exprimé par le passé sur la question constitutionnelle. Dans une déclaration officielle rapportée par la présidence, il avait défendu la possibilité d’une réflexion sur une révision ou une modification de la Constitution, tout en affirmant que cette démarche ne devait pas être assimilée à une volonté de briguer un troisième mandat.
La sortie de Caleb Tukebana ajoute donc une nouvelle voix au débat sur l’avenir institutionnel du pays. Elle intervient dans un contexte où les discussions portent notamment sur les réformes de l’État, la consolidation des institutions et les orientations politiques de la RDC pour les prochaines années.
La proposition avancée par l’artiste suscite des réactions diverses dans l’espace public. Certains peuvent y voir un soutien à la continuité de l’action présidentielle, tandis que d’autres interrogent les implications d’un maintien aussi prolongé au regard des mécanismes institutionnels et électoraux du pays. Ces réactions relèvent toutefois de positions distinctes et ne préjugent pas de l’évolution future du cadre constitutionnel congolais.
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