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AFRIQUE

RD CONGO – Félix Tshisekedi accuse Joseph Kabila d’agir pour le compte du Rwanda

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Les tensions entre le président congolais Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila prennent une nouvelle dimension. Lors d’une intervention devant les députés, dont des extraits ont été diffusés mardi sur le réseau social X par la présidence congolaise, le chef de l’État a qualifié l’ancien président de « pantin du Rwanda », l’accusant de servir les intérêts de Kigali dans le conflit qui secoue l’est de la République démocratique du Congo.

Le 12 octobre, Joseph Kabila a pris la tête du Front pour la refondation de la nation, un nouveau mouvement politico-militaire qui englobe notamment l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le Mouvement du 23 mars (M23). Cette évolution a ravivé les accusations de Félix Tshisekedi, qui estime que l’ancien chef de l’État est désormais impliqué directement dans une offensive soutenue, selon lui, par le président rwandais Paul Kagame.

Devant les parlementaires, le président congolais a affirmé que Joseph Kabila aurait été encouragé à sortir de sa réserve pour donner une apparence congolaise à une initiative qu’il attribue au Rwanda. Félix Tshisekedi a notamment soutenu que cette stratégie viserait à présenter le conflit comme une affaire intérieure à la RDC, alors que Kigali fait face à des sanctions et à de nouvelles menaces de sanctions.

Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de relations particulièrement tendues entre Kinshasa et Kigali, les autorités congolaises reprochant régulièrement au Rwanda son implication dans les violences qui touchent l’est du pays. Les allégations formulées par Félix Tshisekedi à l’encontre de Joseph Kabila restent toutefois à distinguer des faits établis indépendamment.

De son côté, le Front pour la refondation de la nation affiche ouvertement son opposition au pouvoir en place. Le mouvement entend mettre fin au régime de Kinshasa, qu’il décrit comme tyrannique. Cette orientation marque une nouvelle étape dans la confrontation politique et sécuritaire autour de l’avenir de la RDC.

Dans un entretien accordé à une chaîne en ligne proche de la rébellion, Joseph Kabila a, pour sa part, soulevé une question qui résume sa position sur la crise congolaise : le pays a-t-il besoin d’une élection ou d’une révolution ? Cette interrogation intervient alors que les affrontements dans l’est du territoire et les rivalités politiques continuent de peser sur les perspectives de stabilité du pays.

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AFRIQUE

TANZANIE – Tundu Lissu entame une grève de la faim pour obtenir le droit de voir ses avocats en privé

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Le principal opposant tanzanien, Tundu Lissu, a entamé une grève de la faim lundi afin de contraindre les autorités pénitentiaires à respecter son droit de s’entretenir confidentiellement avec ses avocats. Le dirigeant du parti Chadema, actuellement détenu dans l’attente du verdict de son procès pour trahison, dénonce le refus des autorités de lui garantir ces échanges, selon sa formation politique.

Dans un communiqué, Chadema affirme que la Haute Cour de Tanzanie a reconnu, la semaine dernière, une violation du droit constitutionnel de son chef à consulter ses conseils juridiques en privé. Le parti accuse toutefois les autorités pénitentiaires de ne pas appliquer cette décision. Samedi, il avait déjà dénoncé ce qu’il considère comme un refus de se conformer à la décision judiciaire.

Figure majeure de l’opposition, Tundu Lissu critique depuis de nombreuses années le Chama Cha Mapinduzi (CCM), parti au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1961. Son incarcération intervient dans le cadre d’une procédure pour trahison, une accusation passible de la peine capitale en Tanzanie.

Le responsable politique, âgé de 58 ans, a été arrêté en avril 2025. Les autorités lui reprochent d’avoir encouragé la population à boycotter les élections organisées cette année-là. Depuis son arrestation, il demeure en détention dans l’attente de la décision de justice.

Son procès suscite de vives critiques de la part de l’opposition et de plusieurs organisations de défense des droits humains. Ces acteurs contestent les conditions dans lesquelles la procédure se déroule et dénoncent ce qu’ils considèrent comme une affaire à caractère politique. Les accusations portées contre l’opposant restent toutefois soumises à l’appréciation de la justice.

Le parcours de Tundu Lissu est également marqué par une tentative d’assassinat à laquelle il a survécu en 2017. Après plusieurs années passées en exil, il était rentré en Tanzanie en 2023 pour reprendre son engagement politique.

Le verdict de son procès pour trahison est attendu le 6 novembre. D’ici là, la grève de la faim engagée par le dirigeant de Chadema ajoute une nouvelle dimension à une affaire qui concentre les inquiétudes sur les droits de la défense, les libertés politiques et le traitement réservé à l’opposition en Tanzanie.

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AFRIQUE

ÉGYPTE – Lina Attalah arrêtée : La justice ordonne la fermeture du média indépendant Mada Masr

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La répression contre les médias indépendants se durcit en Égypte. Lina Attalah, directrice de Mada Masr, l’un des principaux médias indépendants du pays, a été interpellée mardi après une décision judiciaire ordonnant la fermeture du site et lui infligeant une amende pour exercice sans licence, selon des informations publiées par sa rédaction.

Le tribunal des délits mineurs a prononcé sa décision au terme d’une seule audience. La journaliste a été condamnée à payer une somme d’environ 850 euros, tandis que le média s’est vu ordonner de cesser ses activités. Mada Masr dénonce une procédure expéditive qui s’est achevée par l’intervention des forces de sécurité au sein même du palais de justice.

D’après le média, des agents ont encerclé Lina Attalah, l’ont soulevée du sol puis évacuée de la salle d’audience. Elle serait restée en détention après son arrestation.

Présent sur place, Hossam Bahgat, directeur de l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), a indiqué que le jugement avait été annoncé dans un climat particulièrement tendu, alors que les avocats de la défense protestaient contre la décision du tribunal.

Cette affaire suscite de nouvelles inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains, qui y voient une intensification des pressions exercées contre la presse indépendante en Égypte. Elle intervient quelques semaines après l’arrestation de journalistes de Matsadaash, une plateforme spécialisée dans la vérification des informations. Ces derniers sont accusés par les autorités de diffuser de « fausses informations » et d’entretenir des liens avec les Frères musulmans, des accusations régulièrement utilisées dans les procédures visant des médias considérés comme critiques envers le pouvoir.

Le dossier de Lina Attalah s’inscrit dans une longue série de procédures judiciaires. Selon Mada Masr, il s’agit de la sixième affaire engagée contre la journaliste et son média en six ans. Les précédentes démarches n’avaient toutefois pas conduit à un procès.

L’Égypte fait régulièrement l’objet de critiques internationales concernant les restrictions imposées à la liberté de la presse. Selon un décompte de l’EIPR, 26 journalistes sont actuellement détenus dans le pays en lien avec leur activité professionnelle.

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AFRIQUE

GAMBIE – Université de Gambie : Des centaines d’étudiants manifestent contre leurs conditions de vie

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Des centaines d’étudiants de l’Université de Gambie ont manifesté lundi sur le campus de Kanifing, dans la périphérie de Banjul, pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de vie et les difficultés rencontrées pour accéder aux enseignements. Au cœur de leur colère figurent les insuffisances du transport universitaire, mais aussi le manque d’équipements et les problèmes liés à la restauration.

Les manifestants dénoncent notamment les difficultés de déplacement vers le campus principal de Faraba Banta, situé à environ 56 kilomètres de la capitale gambienne. Selon eux, les trajets peuvent parfois durer plus de quatre heures, en raison d’un service de bus jugé insuffisant et peu fiable.

Pour illustrer cette situation, un étudiant brandissait une pancarte sur laquelle était inscrit : « Le camion est ma seule option ». Cette formule résume, selon les protestataires, les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux étudiants pour rejoindre leurs salles de cours.

Les longues files d’attente observées aux arrêts de bus témoignent de l’ampleur du problème. Six semaines après le début du premier semestre, plusieurs étudiants affirment avoir manqué des cours et des examens importants à cause des défaillances du transport. Ils indiquent que des centaines de leurs camarades se retrouvent régulièrement bloqués sur le campus, faute de moyens de déplacement adaptés.

Au-delà de la mobilité, les revendications concernent également la qualité de l’alimentation proposée aux étudiants et le manque d’infrastructures pédagogiques. Les étudiants en sciences déplorent notamment l’absence de laboratoires adaptés, tandis que ceux qui se forment au journalisme dénoncent le manque de locaux appropriés à leurs besoins.

Les manifestants tiennent les autorités nationales, en particulier les responsables du ministère de l’Enseignement supérieur, pour responsables de cette situation. Ils leur reprochent de ne pas avoir concrétisé les promesses d’amélioration des conditions de vie sur le campus formulées avant la rentrée universitaire.

« Ces problèmes pourraient être évités si les autorités accordaient davantage d’attention au bien-être des étudiants », a déclaré un représentant estudiantin, qui a présenté une liste de revendications destinée à obtenir des mesures concrètes. Son intervention a été accueillie par les applaudissements des manifestants.

La tension est également montée lors de la présence du ministre de l’Information, le Dr Ismaila Ceesay, ancien enseignant universitaire. Hué par les étudiants, il a été contraint de quitter les lieux dans un climat particulièrement tendu. D’autres responsables présents à proximité ont également été pris à partie verbalement, les manifestants leur lançant à plusieurs reprises : « Honte à vous ! »

Le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Pierre Gomez, a pour sa part pris connaissance des doléances exprimées. Il s’est engagé à les examiner afin d’apporter des réponses dans les meilleurs délais.

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