AFRIQUE
OUGANDA – Mort brutale du « plus jeune roi du monde », le royaume du Tooro endeuillé
Le royaume traditionnel du Tooro, dans l’ouest de l’Ouganda, est en deuil après la disparition de son souverain Oyo Rukidi IV. Le monarque est décédé jeudi 27 août à l’âge de 34 ans, a annoncé le Premier ministre du royaume, provoquant une vive émotion parmi la population et les partisans de cette monarchie traditionnelle.
Figure emblématique du Tooro, Oyo Rukidi IV avait accédé au trône alors qu’il n’était âgé que de trois ans, après la mort de son père. Son règne avait commencé sous une régence avant qu’il ne prenne officiellement les commandes du royaume à sa majorité, en 2010.
Le souverain était notamment présenté par ses partisans comme le plus jeune roi du monde. En 2025, il avait également été reconnu comme le plus jeune monarque en exercice par le Guinness World Records.
Le Tooro figure parmi les cinq royaumes traditionnels officiellement reconnus par les autorités ougandaises. Bien que leurs prérogatives soient essentiellement culturelles et symboliques, ces institutions monarchiques continuent de bénéficier d’une forte influence auprès des populations locales et occupent une place importante dans la vie sociale et politique du pays.
L’annonce du décès est intervenue après que les autorités du royaume eurent indiqué, quelques heures auparavant, que le roi se trouvait dans un état critique aux États-Unis. Elles avaient alors appelé la population au calme. Des sources proches de la famille royale indiquent que le souverain était hospitalisé pour un cancer, une information qui n’avait pas été rendue publique auparavant.
La nouvelle a ainsi pris de nombreux Ougandais de court. L’état de santé du roi et son traitement médical à l’étranger étaient restés largement inconnus du public jusqu’à l’annonce de son état critique.
Le Premier ministre du Tooro, Calvin Armstrong Rwomiire Akiiki, a exprimé sa profonde tristesse, évoquant une perte majeure pour la famille royale, le peuple du Tooro et l’ensemble de l’Ouganda. Il a également appelé la population à préserver son unité et à traverser cette période de deuil dans le calme et la prière.
Oyo Rukidi IV n’était pas marié, selon les autorités du royaume. Il laisse cependant derrière lui un héritier appelé à lui succéder. L’existence de ce prince héritier n’était jusqu’ici pas connue du grand public. Son identité devrait être officiellement dévoilée conformément aux traditions du royaume.
AFRIQUE
ALGÉRIE – Abdelmadjid Tebboune veut durcir la réponse pénale après les incendies meurtriers
Le gouvernement algérien envisage de renforcer considérablement les sanctions contre les auteurs d’incendies criminels. Après la série de feux qui a endeuillé plusieurs régions de l’est du pays, le président Abdelmadjid Tebboune a demandé que la peine capitale puisse être appliquée aux personnes reconnues coupables d’avoir volontairement déclenché des incendies de forêt.
Le chef de l’État a chargé le ministre de la Justice de préparer une modification du Code pénal et de présenter ses propositions avant le 15 septembre. La législation actuelle prévoit déjà des sanctions particulièrement lourdes : l’incendie volontaire d’une forêt peut entraîner jusqu’à 30 ans de réclusion, voire la perpétuité dans certaines circonstances.
La peine de mort demeure inscrite dans le droit algérien, mais son application est suspendue de fait depuis plusieurs décennies. La dernière exécution remonte à 1993. Une éventuelle extension de son champ d’application aux incendies volontaires constituerait donc un durcissement majeur de la politique pénale.
Cette annonce intervient alors que les autorités cherchent également à déterminer l’origine exacte des incendies qui ont frappé plusieurs wilayas. Abdelmadjid Tebboune a notamment relevé le caractère presque simultané de plusieurs départs de feu, survenus durant la nuit, laissant ouverte l’hypothèse d’actes criminels coordonnés. À ce stade, cette hypothèse ne permet toutefois pas d’établir que l’ensemble des incendies ont été provoqués volontairement.
Les autorités ont parallèlement annoncé une accélération des mesures destinées à soutenir les populations touchées. Le président a ordonné que les familles sinistrées soient indemnisées rapidement et que les logements endommagés soient remis en état. Le rétablissement des réseaux d’électricité, de gaz, d’eau et de télécommunications figure également parmi les priorités fixées par le pouvoir.
Les wilayas de Béjaïa, Jijel et Tizi-Ouzou ont été particulièrement affectées par les incendies. Le bilan communiqué fait état d’au moins 12 décès et de 54 personnes hospitalisées pour des brûlures, dont six dans un état grave.
Le nombre définitif de victimes pourrait toutefois évoluer. Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a évoqué vendredi un bilan « très lourd », sans avancer de nouvelle estimation chiffrée.
AFRIQUE
NIGER – Retour au calme à Niamey après une mutinerie déjouée par la junte
La capitale nigérienne a retrouvé une apparence plus normale dimanche, au lendemain d’une journée marquée par des échanges de tirs et de violents affrontements liés à une tentative de mutinerie. Les autorités militaires affirment avoir repris le contrôle de la situation avec le soutien de leurs partenaires russes d’Africa Corps.
Les combats, particulièrement intenses dans la nuit de vendredi à samedi, ont notamment concerné les environs de la présidence et de la base aérienne située près de l’aéroport de Niamey. Selon les informations rapportées par les médias locaux et des analystes, un groupe de jeunes militaires aurait tenté de s’emparer de plusieurs positions stratégiques, allant jusqu’à chercher à pénétrer dans l’enceinte présidentielle.
L’armée a finalement annoncé avoir neutralisé le mouvement samedi en fin de journée. Plusieurs dizaines de militaires auraient été tués ou interpellés au cours des affrontements, selon un reportage diffusé par la télévision publique nigérienne. Les autorités n’ont toutefois pas fourni de bilan détaillé permettant de vérifier indépendamment l’ampleur des pertes.
Dimanche matin, les signes d’un retour à la normale étaient visibles dans plusieurs quartiers de Niamey. Les axes menant à la présidence et à la base aérienne avaient de nouveau été ouverts à la circulation. Les commerces qui avaient fermé leurs portes la veille ont progressivement repris leurs activités, notamment dans le grand marché de la capitale.
Les habitants restent cependant confrontés à un dispositif de sécurité particulièrement renforcé. Des soldats contrôlent les accès aux secteurs sensibles, notamment autour de la présidence, où des détecteurs de métaux sont utilisés. Des véhicules militaires équipés de mitrailleuses ont également été positionnés sur plusieurs axes stratégiques proches du palais présidentiel et de l’aéroport.
Dans les quartiers voisins de la base 101, certains habitants décrivent une nuit particulièrement éprouvante avant de constater l’accalmie dimanche. La population appelle désormais à éviter toute nouvelle confrontation interne, alors que le Niger est déjà confronté depuis plusieurs années à une importante menace jihadiste.
Le pouvoir nigérien, dirigé par le général Abdourahamane Tiani depuis le coup d’État de juillet 2023, se retrouve ainsi confronté à un défi supplémentaire. La tentative de mutinerie intervient alors que les autorités militaires ont profondément réorienté leurs alliances internationales et renforcé leur coopération sécuritaire avec la Russie.
L’AES, l’organisation regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a dénoncé samedi soir une tentative de déstabilisation qu’elle attribue à un groupe de soldats. Dans un communiqué, la confédération a qualifié les événements de « trahison » et assuré que la situation avait finalement été maîtrisée.
Plusieurs pays ont exprimé leur soutien aux autorités nigériennes. L’Arabie saoudite a notamment réaffirmé sa solidarité avec le gouvernement et le peuple du Niger. La Turquie et l’Algérie ont également apporté leur soutien à Niamey.
Ces événements constituent le troisième épisode violent enregistré dans la capitale nigérienne depuis le début de l’année. Les précédents incidents, survenus en janvier et en juin, étaient cependant liés à des attaques jihadistes contre des installations militaires et l’aéroport international. Ces assauts avaient été repoussés, avec notamment l’intervention d’Africa Corps lors de l’attaque de janvier.
AFRIQUE
GUINÉE-BISSAU – Le dépouillement débute après un référendum qui pourrait renforcer les pouvoirs présidentiels
Les opérations de dépouillement ont débuté en Guinée-Bissau au lendemain d’un référendum constitutionnel présenté par les autorités de transition comme une étape vers la stabilisation du pays. Le scrutin, organisé dimanche, pourrait modifier en profondeur le fonctionnement des institutions en donnant davantage de prérogatives au chef de l’État.
Les bureaux de vote ont fermé à 17 heures, heure locale, tandis que les premiers résultats provisoires sont attendus mardi. La Commission électorale nationale a indiqué que la participation avait dépassé les 55 %. Son secrétaire exécutif, Idrissa Djalo, a par ailleurs assuré que le vote s’était déroulé sans incident majeur susceptible, selon la commission, de remettre en question la crédibilité du processus.
Dans la capitale Bissau, les autorités avaient renforcé le dispositif de sécurité autour de plusieurs sites stratégiques. Des éléments de la garde nationale et de la police ont notamment été mobilisés afin de sécuriser les principaux points sensibles pendant le déroulement du scrutin.
Le référendum intervient moins de dix mois après le coup d’État qui a placé l’armée aux commandes de ce petit État lusophone d’Afrique de l’Ouest. Les militaires présentent la réforme constitutionnelle comme un moyen de mettre fin aux blocages institutionnels qui ont régulièrement paralysé le fonctionnement politique du pays.
Le projet soumis aux électeurs prévoit une transformation majeure du régime politique. La Guinée-Bissau passerait d’un système parlementaire à un régime présidentiel, donnant au chef de l’État un pouvoir accru sur l’exécutif. Le président pourrait notamment choisir et révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement, mais également disposer du pouvoir de dissoudre le Parlement dans certaines circonstances.
Pour les autorités de transition, cette nouvelle architecture doit permettre au futur président élu de disposer d’une plus grande marge de manœuvre pour gouverner. Le général Horta N’Tam, chef de la junte et président de transition, a appelé les citoyens, particulièrement les jeunes, à participer massivement au vote.
« Ce que nous voulons après ce référendum, c’est permettre à celui qui remportera les élections d’exercer son mandat sans entrave », a-t-il déclaré après avoir lui-même voté.
Le dirigeant militaire ne pourra toutefois pas être candidat aux prochaines élections en raison des dispositions de la charte de transition. Les autorités annoncent pour le 6 décembre la tenue de nouvelles élections présidentielle et législatives, censées permettre le retour du pouvoir aux civils.
L’opposition, de son côté, s’est montrée hostile au processus. Le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) avait appelé au boycott du référendum, dénonçant notamment les restrictions imposées aux libertés publiques.
Dans les bureaux de vote observés à Bissau, la participation semblait toutefois irrégulière. Plusieurs électeurs se sont présentés par petits groupes au cours de l’après-midi, tandis que les fortes précipitations enregistrées dans la matinée ont compliqué la mobilisation. Dans certains bureaux, les responsables ont décrit une arrivée des votants « au compte-gouttes ».
Le scrutin intervient dans un pays marqué par une longue histoire d’instabilité politique. Depuis son indépendance du Portugal en 1974, la Guinée-Bissau a été confrontée à plusieurs coups d’État et à de nombreuses tentatives de renversement du pouvoir.
Le contexte de la réforme alimente également un débat plus large sur l’évolution des systèmes politiques africains. Ces dernières années, plusieurs États du continent ont modifié leurs textes fondamentaux afin de revoir les règles relatives aux mandats présidentiels ou d’accroître les prérogatives de l’exécutif.
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