AFRIQUE
AFRIQUE DU SUD – Le président sud-africain Cyril Ramaphosa veut une réponse régionale face à la crise migratoire
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa veut replacer la question migratoire au cœur de l’agenda régional. À Durban, lors de la clôture du sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), le chef de l’État a appelé les pays de la région à coordonner davantage leurs politiques face à l’augmentation des tensions liées aux déplacements de populations.
L’Afrique du Sud traverse depuis plusieurs semaines une période particulièrement sensible. Plus de 176 000 ressortissants étrangers auraient quitté le pays, selon un décompte réalisé à partir des données communiquées par plusieurs gouvernements. Ces départs interviennent dans un contexte de mobilisation de groupes hostiles à la présence de migrants en situation irrégulière.
Les mouvements de départ ont pris différentes formes. Certains étrangers ont quitté volontairement le territoire, tandis que d’autres ont été reconduits dans leur pays dans le cadre de procédures officielles. La situation a également été marquée par des violences. La police sud-africaine fait état d’au moins quatre migrants tués, même si plusieurs gouvernements étrangers évoquent un bilan supérieur.
La contestation s’est également invitée autour du sommet de la SADC. Près de 300 manifestants opposés à l’immigration ont défilé à Durban sous forte surveillance policière. Ils ont notamment demandé aux autorités du Malawi, du Mozambique et du Zimbabwe de reprendre leurs ressortissants présents illégalement en Afrique du Sud.
Cette mobilisation intervient dans un pays qui demeure la première économie du continent et une importante destination régionale pour les travailleurs étrangers. L’attractivité économique sud-africaine contraste toutefois avec une situation sociale difficile, marquée par un chômage supérieur à 30 % et de profondes disparités économiques.
Face à cette situation, Cyril Ramaphosa a reconnu la gravité des discriminations et des mauvais traitements dont certains ressortissants étrangers sont victimes. Le président sud-africain souhaite désormais élargir le débat à l’échelle continentale avec l’organisation d’une conférence consacrée aux migrations africaines.
Pour Pretoria, la réponse ne peut toutefois pas se limiter au contrôle des frontières ou aux expulsions. Ramaphosa défend une approche régionale fondée sur la coopération entre États, l’intégration économique et la stabilité politique. Il estime que les populations doivent pouvoir bénéficier concrètement des progrès de l’intégration régionale.
Le président sud-africain a également insisté sur la nécessité de préserver la paix et la sécurité dans une région confrontée à plusieurs défis. Il a appelé les gouvernements à privilégier le dialogue pour régler leurs différends, à respecter les principes démocratiques communs et à renforcer leur coordination lorsque la stabilité régionale est menacée.
À travers cet appel, Pretoria cherche ainsi à transformer une crise migratoire devenue source de tensions sociales en un dossier régional nécessitant une réponse collective. Pour Ramaphosa, la coopération entre les pays de l’Afrique australe apparaît désormais comme une condition essentielle pour contenir les tensions et construire une intégration régionale plus équilibrée.
AFRIQUE
BURUNDI – Bujumbura accepte d’accueillir des expulsés américains sous conditions
Le Burundi s’apprête à accueillir sur son territoire des personnes expulsées des États-Unis, a annoncé mardi la porte-parole de la présidence burundaise. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un dispositif impliquant plusieurs pays africains et lié à la politique d’expulsion menée par l’administration américaine.
Les autorités de Bujumbura précisent toutefois que l’accueil sera soumis à plusieurs conditions. Les personnes concernées ne devront notamment pas avoir d’antécédents judiciaires ni faire l’objet de poursuites pénales. Elles ne devront pas non plus présenter de lien avec des organisations terroristes.
« Le Burundi n’acceptera que les personnes qui ne font pas l’objet de poursuites pénales et qui n’ont aucun lien avec le terrorisme », a expliqué Nancy Ninette Mutoni, porte-parole du président burundais, en précisant les critères retenus par les autorités.
Un vol transportant environ 70 personnes devait quitter la Louisiane, aux États-Unis, avec plusieurs destinations africaines, notamment le Burundi, le Rwanda et la République centrafricaine. La répartition exacte des personnes entre ces différents pays n’a pas été précisée dans les informations disponibles.
Pour justifier cette décision, la présidence burundaise met en avant la tradition d’accueil du pays et sa volonté de renforcer ses relations avec d’autres États.
Selon Nancy Ninette Mutoni, le Burundi accueille depuis plusieurs années des personnes confrontées à des situations difficiles. Elle estime également que cette coopération peut contribuer à renforcer les relations entre les pays concernés et à promouvoir la paix.
Le Burundi rejoint ainsi plusieurs États africains ayant accepté d’accueillir des personnes expulsées des États-Unis dans le cadre de la politique migratoire de l’administration de Donald Trump. La Guinée équatoriale, la République centrafricaine et la République démocratique du Congo figurent notamment parmi les pays cités dans ce dispositif.
AFRIQUE
BURKINA FASO – Première raffinerie d’or : Ibrahim Traoré accélère la stratégie de souveraineté
Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale de ses ressources minières. Le pays a officiellement inauguré sa première raffinerie d’or, une infrastructure présentée par les autorités comme un outil destiné à renforcer le contrôle national sur une ressource majeure de l’économie burkinabè.
Baptisée Raffinor-BF, la nouvelle unité doit permettre au Burkina Faso de traiter une partie de son or directement sur son territoire, alors que le gouvernement de transition cherche à accroître la valeur ajoutée générée par l’exploitation des ressources naturelles.
Lors de la cérémonie d’inauguration, le président Ibrahim Traoré a insisté sur la volonté des autorités de ne plus limiter le rôle du pays à l’extraction du métal précieux.
« Désormais, l’or du Burkina Faso ne doit pas seulement être extrait au Burkina Faso, il doit également y être traité, contrôlé, valorisé et certifié », a déclaré le chef de l’État.
AFRIQUE
SÃO TOMÉ-ET-PRÍNCIPE – L’opposition en tête, une coalition désormais incontournable
À São Tomé-et-Príncipe, les résultats provisoires des élections législatives ouvrent une période de tractations politiques. Le Mouvement de libération de São Tomé-et-Príncipe (MLSTP) arrive en tête avec 24 sièges sur les 55 que compte l’Assemblée nationale, mais ne dispose pas à lui seul du nombre de députés nécessaire pour gouverner.
L’Action démocratique indépendante (ADI), formation du président Carlos Vila Nova, réélu à la tête du pays il y a deux mois, obtient environ 23 sièges et termine en deuxième position. Le reste des sièges revient au Mouvement des citoyens indépendants – Parti socialiste/Parti de l’unité nationale (MCI-PS/PUN), crédité de six élus, et au mouvement Basta, qui décroche deux sièges.
Avec 24 députés, le MLSTP reste à quatre sièges de la majorité absolue, fixée à 28 élus. Le parti devra donc trouver des partenaires pour constituer une majorité parlementaire et permettre la formation du prochain gouvernement.
Le MCI-PS/PUN apparaît ainsi comme l’une des formations clés des discussions à venir. Son dirigeant, Domingos Monteiro, a indiqué que son parti était prêt à dialoguer aussi bien avec le MLSTP qu’avec l’ADI. Il conditionne toutefois son soutien à des engagements portant notamment sur l’amélioration des conditions de vie de la population.
Dans le système politique de São Tomé-et-Príncipe, le président de la République désigne le gouvernement après les élections législatives, mais l’exécutif doit disposer d’un soutien parlementaire suffisant pour exercer durablement son mandat. Les prochains jours devraient donc être consacrés aux négociations destinées à dégager une majorité.
Les priorités du futur gouvernement seront également au cœur des discussions. L’emploi, l’émigration, les infrastructures, les services publics ainsi que l’accès à l’eau et à l’électricité figurent parmi les principales difficultés auxquelles l’archipel reste confronté.
La question du départ des jeunes constitue notamment un enjeu important. Selon des données de la Banque mondiale, près de 40 000 ressortissants de São Tomé-et-Príncipe, soit environ 18 % de la population, vivaient à l’étranger en 2025, notamment au Portugal, en Angola et au Gabon.
Le résultat des législatives marque ainsi une nouvelle étape politique pour l’archipel, quelques semaines seulement après la réélection de Carlos Vila Nova à la présidence de la République.
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