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AFRIQUE DU NORD

SAHARA-OCCIDENTAL – Le Polisario affiche sa force pour les 50 ans de la RASD

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Le Front Polisario a marqué le 50e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique par un défilé militaire organisé dans un camp de réfugiés près de Tindouf. Une célébration à forte portée symbolique, dans un contexte de conflit toujours non résolu autour du Sahara occidental.

Proclamée le 27 février 1976, la République arabe sahraouie démocratique reste aujourd’hui largement absente de son territoire, contrôlé en grande partie par le Maroc. Cette situation contraint le mouvement indépendantiste à organiser ses commémorations en Algérie, principal soutien politique et logistique du Polisario. Lors de cette cérémonie, le leader du mouvement, Brahim Ghali, a réaffirmé la ligne du Polisario, dénonçant une « occupation illégale » et rejetant toute solution imposée. Il a insisté sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, qu’il considère comme la seule issue vers une paix durable.

Dans les camps, l’espoir reste intact malgré l’exil prolongé. Certains réfugiés ont exprimé leur souhait de voir les prochaines célébrations se tenir directement sur le territoire revendiqué, notamment dans les régions de Sakia El Hamra et Oued Ed-Dahab, symboles du Sahara occidental. Mais sur le terrain, le rapport de force demeure figé. Environ 80 % du territoire est sous contrôle marocain, tandis que le Front Polisario s’appuie sur le soutien constant de Algérie. Entre démonstrations militaires, rivalités régionales et blocage diplomatique, la question sahraouie reste l’un des conflits les plus persistants du continent africain.

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AFRIQUE

LIBYE – Fauzi Abokhzam prend les commandes de la Banque centrale dans un contexte de divisions politiques

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Fauzi Abokhzam a officiellement pris ses fonctions de gouverneur de la Banque centrale de Libye après avoir prêté serment mercredi à Benghazi. Sa nomination avait été approuvée deux jours plus tôt par le Parlement, qui lui confie désormais la direction de l’une des institutions financières les plus stratégiques du pays.

Il succède à Naji Issa, dont la démission avait d’abord été rejetée par les députés en août avant d’être finalement acceptée en octobre. Ce changement à la tête de la Banque centrale intervient dans un contexte institutionnel marqué par des divergences persistantes entre les différentes autorités libyennes.

Selon les informations communiquées, Fauzi Abokhzam a été désigné à l’issue d’un vote parlementaire présenté comme ayant recueilli 90 voix favorables, un chiffre qui soulève une incohérence puisqu’il dépasse les 78 sièges attribués au Parlement dans le texte initial. Les conditions exactes de ce scrutin nécessitent donc des précisions.

Sa prise de fonctions intervient alors que la Libye reste confrontée à une profonde division politique et institutionnelle. À l’ouest, un gouvernement installé à Tripoli bénéficie de la reconnaissance d’une partie importante de la communauté internationale. À l’est, une administration soutenue par le maréchal Khalifa Haftar exerce son autorité sur une autre partie du territoire.

Cette fragmentation du pouvoir complique la gestion des institutions nationales, notamment celle de la Banque centrale, dont les décisions ont des conséquences directes sur les finances publiques, les revenus pétroliers et la stabilité économique du pays.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver une stabilité politique durable. La succession des crises institutionnelles et les rivalités entre les différentes forces politiques et militaires continuent de fragiliser le fonctionnement de l’État.

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AFRIQUE

SAHARA OCCIDENTAL – L’ONU échoue à renouveler le mandat de la MINURSO après deux votes décisifs

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Le Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas réussi à trouver un compromis sur l’avenir de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Réunis le 30 octobre, ses membres ont rejeté deux projets de résolution distincts portant sur la prolongation du mandat de cette mission. Les votes ont également mis en évidence les divergences persistantes entre les grandes puissances et les acteurs directement concernés par le conflit.

Le premier texte, soumis par les États-Unis, prévoyait de reconduire le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2027. Washington proposait également de modifier le nom de la mission, qui serait devenue la « Mission des Nations unies au Sahara occidental », sous l’appellation MINUSO.

Cette proposition a obtenu le soutien de onze membres du Conseil de sécurité. Un pays a voté contre et trois autres se sont abstenus. Malgré cette majorité favorable, le texte n’a pas été adopté en raison du veto opposé par la Russie, membre permanent de l’instance.

Pour justifier son opposition, l’ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vassili Nebenzia, a insisté sur la nécessité de parvenir à une solution acceptée par les deux parties au conflit, à savoir le Maroc et le Front Polisario. Selon lui, aucune issue durable ne peut être obtenue si les décisions sont imposées sans concertation et sans prise en compte des positions de chacun.

Moscou a également défendu sa propre proposition. Le projet russe prévoyait, lui aussi, une prolongation d’un an du mandat de la MINURSO. Mais le texte n’a recueilli que trois voix favorables, contre une voix défavorable et onze abstentions. Il a donc échoué à obtenir le nombre de suffrages nécessaires à son adoption.

À l’issue des votes, les États-Unis ont maintenu leur défense d’une évolution du dispositif onusien. Leur représentant permanent, Mike Waltz, a estimé que la mission ne pouvait continuer à fonctionner sans prendre en considération les changements intervenus sur le terrain. Il a notamment critiqué le maintien du statu quo et défendu l’idée qu’une nouvelle dynamique pouvait ouvrir la voie à un règlement politique.

L’Algérie a, de son côté, exprimé son désaccord avec la manière dont la question sahraouie est présentée dans les discussions internationales. Son représentant permanent, Amar Bendjama, a dénoncé une approche qui, selon lui, réduit la situation du peuple sahraoui à une simple question humanitaire et à des données relatives aux besoins des réfugiés. Il a rappelé que le dossier ne pouvait être dissocié des revendications politiques du peuple sahraoui.

Le Maroc a défendu une position différente. Son ambassadeur auprès de l’ONU, Omar Hilale, a insisté sur le caractère temporaire du statut de réfugié et sur la nécessité de permettre aux personnes vivant dans les camps de regagner leurs territoires d’origine. Il a également accusé l’Algérie et le Front Polisario de maintenir la situation dans une logique politique qui, selon lui, entrave le règlement du conflit.

Le représentant marocain a ainsi plaidé pour que les négociations aboutissent à une solution permettant le retour des familles dans leurs régions d’origine. Ses déclarations ont donné lieu à un nouvel échange de positions avec la délégation algérienne, illustrant une fois encore les tensions diplomatiques autour du dossier sahraoui.

Du côté du Front Polisario, le rejet du projet américain a été accueilli favorablement. S’exprimant après la réunion, son représentant, Sidi M. Omar, a réaffirmé que le mouvement ne prendrait part à aucun processus qu’il jugerait contraire aux droits du peuple sahraoui.

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AFRIQUE

ÉGYPTE – Lina Attalah arrêtée : La justice ordonne la fermeture du média indépendant Mada Masr

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La répression contre les médias indépendants se durcit en Égypte. Lina Attalah, directrice de Mada Masr, l’un des principaux médias indépendants du pays, a été interpellée mardi après une décision judiciaire ordonnant la fermeture du site et lui infligeant une amende pour exercice sans licence, selon des informations publiées par sa rédaction.

Le tribunal des délits mineurs a prononcé sa décision au terme d’une seule audience. La journaliste a été condamnée à payer une somme d’environ 850 euros, tandis que le média s’est vu ordonner de cesser ses activités. Mada Masr dénonce une procédure expéditive qui s’est achevée par l’intervention des forces de sécurité au sein même du palais de justice.

D’après le média, des agents ont encerclé Lina Attalah, l’ont soulevée du sol puis évacuée de la salle d’audience. Elle serait restée en détention après son arrestation.

Présent sur place, Hossam Bahgat, directeur de l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), a indiqué que le jugement avait été annoncé dans un climat particulièrement tendu, alors que les avocats de la défense protestaient contre la décision du tribunal.

Cette affaire suscite de nouvelles inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains, qui y voient une intensification des pressions exercées contre la presse indépendante en Égypte. Elle intervient quelques semaines après l’arrestation de journalistes de Matsadaash, une plateforme spécialisée dans la vérification des informations. Ces derniers sont accusés par les autorités de diffuser de « fausses informations » et d’entretenir des liens avec les Frères musulmans, des accusations régulièrement utilisées dans les procédures visant des médias considérés comme critiques envers le pouvoir.

Le dossier de Lina Attalah s’inscrit dans une longue série de procédures judiciaires. Selon Mada Masr, il s’agit de la sixième affaire engagée contre la journaliste et son média en six ans. Les précédentes démarches n’avaient toutefois pas conduit à un procès.

L’Égypte fait régulièrement l’objet de critiques internationales concernant les restrictions imposées à la liberté de la presse. Selon un décompte de l’EIPR, 26 journalistes sont actuellement détenus dans le pays en lien avec leur activité professionnelle.

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