Home LITTÉRATURE BÉNIN – Une taupe à l’Élysée de Mouftaou Badarou

BÉNIN – Une taupe à l’Élysée de Mouftaou Badarou

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Mouftaou Badarou

Lu pour vous / Des espions russes, des conseillers élyséens et la DGSE

Après Panique à Cotonou paru en 2014, Putsch à Libreville en 2015 et La Vengeance d’Aïcha Kadhafi en 2018, voici le quatrième numéro des enquêtes de Jimmy Boris, la série d’espionnage de Mouftaou Badarou. Les services secrets russes sont à la conspiration contre l’Etat français dans ce thriller.

L’infiltration d’un palais présidentiel par un service secret étranger est toujours une grave menace pour un pays. Mais plus que d’habitude dans ce roman : la rumeur de la corruption d’un conseiller du président Macron par le SVR russe est confirmée par des mails interceptés par les services secrets français. La DGSE charge l’agent Jimmy Boris d’une enquête aussi mouvementée que périlleuse, visant à démasquer la taupe corrompue qui murmure à l’oreille du chef de l’État français. Le récit chemine donc d’une machination politique vers l’identification des comploteurs. Mais qui est le barbouze du SVR qui tire les ficelles à Paris ? Très vite, le doigt du soupçon est pointé sur Vladimir Orlov, attaché militaire à l’ambassade de la Russie à Paris. 

L’auteur capte l’attention du lecteur dès le prologue et maintient cet intérêt sans faiblir jusqu’à la dernière page, procédant pour cela par des chapitres courts, comme pour créer par moments une atmosphère haletante. La violence ici est pourtant épisodique, elle n’éclate pas à toutes les pages, même si ce roman jette aussi une lumière crue sur les pratiques les plus glauques des services secrets. 

Avant d’aller plus loin, une remarque s’impose à propos du héros, Jimmy Boris, agent de la DGSE. C’est un pur esthète, ayant un goût prononcé pour la mode, sentant bon, toujours bien coiffé et amoureux de sa fiancée, Eva Randet, une jeune métisse franco-malgache. 

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Un autre esthète dans le roman est un ex-DGSE nommé Thimoléon Lafarge. Il partage le privilège (avec le chef du service Action et l’agent Jimmy Boris) de la conduite de l’enquête. Apparu pour la première fois dans La vengeance d’Aïcha Kadhafi, le 3e numéro de la série, l’auteur le décrit ici en « esthète, avec des manières de gentleman, parlant aussi couramment l’anglais que l’espagnol, et toujours habillé comme un dandy congolais ». 

« Une taupe à l’Élysée » de Mouftaou Badarou

Le rezident du SVR à Paris (qui donne du fil à retordre à la DGSE), lui, est poitraituré en barbouze solitaire et vieux divorcé. Derrière le muséophile et le gourmet, amateur de caviar, se cache une redoutable barbouze aux méthodes expéditives. Et l’auteur de nous attacher aux pas de cet homme à la carrure de Boris Eltsine et au cynisme de Vladimir Poutine, qui fait éliminer un à un les témoins gênants de la conspiration. Nous nous arrêtons là. Car, en dire d’avantage gâcherait votre plaisir de découvrir le roman. Toujours est-il que l’auteur annonce le numéro cinq de sa série d’espionnage pour l’année prochaine. On en frétille déjà.

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Une taupe à l’Élysée, éd. Licht, mai 2022, 202 pages.

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