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SÉNÉGAL – Coumba Dioukhané a reçu le Prix SHE “Sophisticated, High networth, Excellence Award” 2021 à Dubaï
Coumba Dioukhané est un modèle de femme engagée et ambitieuse, une personnalité déterminnée comme on aime. Elle se caractérise par sa persévérance et sa détermination aussi bien en politique qu’en entrepreneuriat. C’est une baroudeuse infatigable. Entre la France et le Sénégal, la Côte d’Ivoire mais également les pays du moyen orient comme Dubaï, Coumba Dioukhané a imposé sa marque de fabrique : le travail acharné. C’est une consécration pour elle aujourd’hui, elle vient d’être primée à Dubaï. Elle a reçu le Prix SHE “Sophisticated, High networth, Excellence Award” 2021. Une distinction qui récompense les Femmes qui ont réussi à faire éclore leur ingéniosité dans plusieurs catégories socio-professionnelles. La Française d’origine sénégalaise, Maire adjointe de la Mairie d’Evreux, ancienne conseillère technique auprès du Ministère des Affaires Européennes au Quai d’Orsay en France et ex-conseillère auprès du Ministre de l’Agriculture, se distingue par son courage et sa rigueur, par son sens des affaires et sa finesse entrepreneuriale. Titulaire d’une maîtrise en langues étrangères Appliquées (LEA) anglais/espagnol, option Affaires et Commerce, et d’un diplômée d’études supérieures spécialisées de Gestion et d’Administration des Entreprises, elle fait partie des femmes les plus prometteuses du continent africain de par son dévouement et son engagement pour le leadership féminin. Coumba Dioukhané, c’est la somme d’une ouverture d’esprit dans un sens humain et universaliste et d’une forte dose professionnalisme remarqué dans ce milieu d’hommes et de femmes où il faut se démarquer. Ze-africanews a eu un entretien excluif avec Coumba Dioukhané depuis Dubai, une femme multidimensionnelle qui fait la fierté de tout un continent.
Ze-africanews : Pouvez-vous vous présenter ?
Coumba Dioukhané : Coumba Dioukhané, CEO (Chief Executive Officer) de Global View, agence de Conseil en Stratégie, Communication, RP et promotion des investissements. Nous sommes basés à Paris et à Abidjan.
Ze-africanews : Vous venez d’être honorée à Dubaï le SHE (Sophisticated, High networth, Excellence) Award qui distingue les femmes dans plusieurs catégories socio-professionnelles. Vous avez reçu ce prix en tant que femme entrepreneur qui œuvre pour la promotion de l’Afrique à travers le monde plus particulièrement dans les Emirats. Quels sont vos sentiments face à cette distinction ?
Coumba Dioukhané : Je suis très honorée d’avoir reçu à Dubaï le SHE (Sophisticated, High networth, Excellence) Award qui distingue les femmes dans plusieurs catégories socio-professionnelles. J’ai reçu ce prix en tant que femme entrepreneur qui œuvre pour la promotion de l’Afrique à travers le monde plus particulièrement dans les Emirats. Cette distinction me touche à plusieurs niveaux. Elle me touche en tant que femme, ce qui prouve que nous pouvons surmonter les difficultés liées au genre et aller de l’avant. Ne pas avoir peur des obstacles parce que nous sommes des femmes. Au contraire c’est un grand atout parce que nous avons cet instinct qui nous permet de gérer une entreprise comme nous gérons nos maisons. Les rapports avec les collaborateurs sont beaucoup plus proches parce que nous arrivons à percevoir des choses sur lesquelles beaucoup d’hommes ne s’attardent pas. Et cela va largement en dehors du cercle professionnel. Cette distinction me touche aussi beaucoup parce que c’est en dehors de ma zone géographique de prédilection à savoir l’Afrique ou je suis née et la France où j’ai fait mes études et où je ne mène pas une vie professionnelle ou où j’ai été élue pendant près de 20 ans. Ce qui veut dire que quel que soit ce que nous faisons, les retombées peuvent dépasser les frontières, si nous sommes dans l’intérêt public. En effet, j’ai consacré toutes ces dernières années à servir de pont entre Etats, entre régions et même entre personnalités et populations. Il n’y a pas de frontières pour moi, nulle part.

Coumba Dioukhané recevant le Prix
Ze-africanews : Pour vous l’Afrique c’est quoi ? Pourquoi ?
Coumba Dioukhané : L’Afrique c’est le continent qui m’a vu naître. Je l’aime. En dehors de ce lien affectif, c’est un continent qui regorge de potentialités mais qui manque de technicité, d’industrialisation et de moyen. Il faut que tous les africains soient conscients que l’Afrique est le continent de l’avenir. Lorsqu’elle sait faire, elle avance. Nous en avons pour preuve la gestion de la crise du Covid 19 (que je refuse de féminiser depuis le début comme imposé !), parce que le continent a l’habitude de traiter les pandémies. De plus, il y a eu un sursaut sur la pharmacopée, peut être que les effets n’ont pas été quantifiables. Si on renforçait l’éducation, la recherche, la formation professionnelle et faire correspondre les formations au bassin de l’emploi, l’Afrique aurait eu beaucoup plus de potentialité. On n’en serait pas à demander où se faire fournir les vaccins mais le continent pourrait être distributeur.
Ze-africanews : Comment faire pour le rayonnement économique de ce continent ?
Coumba Dioukhané : Le rayonnement économique dépend de la capacité de l’Afrique à avoir un environnement des affaires qui rassure les investisseurs. Ce qui attire ces derniers, ce sont les projets identifiés et identifiables même de loin, ainsi que des conditions d’accueil favorables qui leur permet de se sentir dans un environnement avec des règles. Le délai de traitement des dossiers est aussi très important. Les lenteurs administratives peuvent être des facteurs bloquants. Mais ils savent que c’est là que ça se joue. Un pays industrialisé sans ressource naturelle c’est comme un désert sans oasis. L’Afrique doit aussi miser sur la transformation de ses ressources naturelles via l’industrialisation. Même si ce sont de petites unités de proximité, parce les productions ne peuvent accéder aux grandes villes faute de circuit court. Enfin le développement des infrastructures est essentiel pour la circulation des biens, des services et des personnes entre pays africains. Il est inconcevable qu’un billet d’avion entre 2 pays frontaliers coûte aussi cher qu’un Dakar Paris ! Comment encourager les flux ? Comment imaginer que certains fruits ou légumes transitent par Rungis d’un pays africain à un autre ? Et enfin pourquoi louer des terres aux pays développés pour l’agriculture dont la récolte est exportée alors que beaucoup de pays sont encore dans l’insuffisance alimentaire ?

Coumba Dioukhané recevant le Prix
Ze-africanews : Quel est le message que vous lancez aux femmes ?
Coumba Dioukhané : De continuer à croire en elles. Nous sommes des valeurs sûres. Nous sommes capables de soulever des montagnes, rien que par nos têtes. Ne pas se laisser intimider ! Il n’y a plus qu’à oser.
Ze-africanews : Quel message lancez-vous à la jeunesse africaine dans sa globalité ?
Coumba Dioukhané : À la jeunesse africaine, je leur demande de ne pas tomber dans la violence. Mon message ira aussi vers leurs dirigeants pour leur demander de faire encore plus pour leur sécurité morale, matérielle et professionnelle. La jeunesse doit pouvoir compter sur elle-même, avoir l’esprit entrepreneurial et ne pas se sous-estimer. il n’y pas de sot métier et il ne faut pas céder à la facilité. Cependant, elle ne peut agir seule sans une protection étatique qui leur permet de mieux voir l’avenir. A cette Jeunesse je leur demande aussi de ne surtout pas lâcher.
Ze-africanews : Un message en direction du Sénégal ?
Coumba Dioukhané : Le Sénégal est un pays qui se développe. Je voyage beaucoup et me rends compte régulièrement de l’importance que les pays voisins donnent au Sénégal. C’est une destination de rêve pour beaucoup , un pays safe, où il fait bon vivre. Cependant, il faut qu’on revienne sur les fondamentaux: le respect, le civisme, l’amour de la Patrie. Je ne reconnais ni les casses ni la violence. Moi, j’ai fréquenté la Maison d’Education de l’Ordre National du Lion (actuel Mariama Bâ), on a reçu une éducation très stricte avec des cours de cuisine et de couture. Une levée des couleurs à 7h du matin tous les jours, et une chaussette ne dépassait pas l’autre. (J’ai d’ailleurs cette habitude de m’arrêter devant un drapeau ou un hymne national.) Un ras-le-bol peut s’exprimer autrement. Là encore, l’école a un grand rôle à jouer. Nous n’avons pas assez anticipé le boom démographique et n’avons pas construit assez d’écoles et formé assez d’enseignants. L’Éducation doit être au cœur des programmes politiques. Sa vision prospective nous garantit la sécurité.
A LA UNE
FRANCE – Emmanuelle Riedel Drouin : « L’aide au développement est un concept un peu dépassé »
À l’occasion d’Africa Day, organisé le 3 octobre à Sciences Po Paris, la directrice générale déléguée de Proparco défend une nouvelle approche du financement des économies africaines. Au cœur de sa vision : davantage d’investissements privés, une mobilisation accrue des capitaux locaux et des partenariats construits sur le long terme.
L’Afrique manque-t-elle réellement de capitaux pour financer son développement, ou peine-t-elle surtout à mobiliser les ressources financières dont elle dispose déjà ? Cette question traverse les réflexions sur l’avenir économique du continent. Pour Emmanuelle Riedel Drouin, directrice générale déléguée de Proparco, filiale de l’Agence française de développement (AFD) dédiée au secteur privé, une partie de la réponse réside dans la capacité à orienter davantage de financements locaux vers les entreprises et les infrastructures productives. Rencontrée à Sciences Po Paris, lors d’Africa Day, elle plaide pour une évolution du modèle de financement du développement, dans lequel les institutions financières internationales ne seraient plus seulement des pourvoyeurs de capitaux, mais aussi des partenaires capables de mobiliser les investisseurs africains. « L’aide au développement, c’est vraiment un concept qui est un peu dépassé aujourd’hui. En tout cas, ce n’est pas du tout comme ça que Proparco voit son rôle », affirme-t-elle.
Mobiliser les capitaux africains pour financer l’économie réelle
Présente dans plusieurs régions du monde, Proparco intervient principalement auprès des institutions financières, des entreprises et des projets d’infrastructures. Son activité repose notamment sur des prêts, des prises de participation et des mécanismes de partage des risques. Selon sa directrice générale déléguée, l’institution réalise en moyenne 2,5 milliards d’euros d’investissements par an, dont environ 900 à 950 millions sur le continent africain. Mais au-delà des montants engagés, l’enjeu est désormais de mobiliser davantage les ressources disponibles localement. L’Afrique dispose d’une épargne domestique importante, notamment à travers ses banques, ses investisseurs institutionnels et ses fonds de pension. Une partie de ces capitaux reste cependant investie dans les titres publics, alors que les besoins de financement des entreprises demeurent considérables. Pour Emmanuelle Riedel Drouin, il s’agit de créer les conditions permettant de réorienter une partie de ces ressources vers des investissements productifs.
Proparco entend ainsi travailler avec les banques locales, les fonds de pension et les investisseurs africains afin de partager les risques et de financer conjointement des projets. L’objectif est également de permettre, à terme, aux acteurs financiers locaux de prendre le relais des institutions de développement.
Du financement à une relation de partenariat
Cette évolution répond aussi à une aspiration de plus en plus affirmée parmi les entrepreneurs africains : accéder aux financements sans s’inscrire dans une logique d’assistance. Interrogée sur la perception des investisseurs étrangers et les attentes d’une jeunesse africaine particulièrement attentive à l’équilibre des partenariats économiques, Emmanuelle Riedel Drouin insiste sur la dimension contractuelle et réciproque de l’investissement privé. « L’investissement solidaire, ça veut dire partenariat, ça veut dire gagnant-gagnant, ça veut dire travailler à long terme dans une relation d’égal à égal. » Selon elle, la relation entre un investisseur et un entrepreneur suppose que chacune des parties trouve un intérêt économique dans le projet. Une approche qu’elle distingue des mécanismes traditionnels d’aide au développement.
Reste néanmoins la question de l’accès effectif aux capitaux, particulièrement pour les petites et moyennes entreprises africaines, confrontées aux exigences de garanties, au coût du crédit et à la difficulté de trouver des financements adaptés à leur croissance.
Les femmes entrepreneures, un enjeu économique majeur
L’autonomisation économique des femmes constitue un autre axe important de la stratégie de Proparco. Pour Emmanuelle Riedel Drouin, la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes n’est pas seulement une question de justice sociale. Elle représente également un enjeu de développement économique. « On ne peut pas, aujourd’hui, gagner un match avec 50 % de son équipe », souligne-t-elle pour illustrer la nécessité d’associer pleinement les femmes à la création de richesse.
L’institution accompagne notamment les banques dans le financement des entreprises dirigées par des femmes, en proposant des garanties destinées à réduire une partie du risque supporté par les établissements prêteurs. Cette démarche vise aussi à faire évoluer les pratiques bancaires et la perception du risque associé à l’entrepreneuriat féminin. Selon la dirigeante, une entreprise détenue par une femme ne présente pas, par principe, davantage de risques qu’une entreprise détenue par un homme. Pourtant, les entrepreneures continuent de rencontrer des obstacles spécifiques dans l’accès au crédit.
Financer des économies capables de résister aux crises
Dans un environnement international marqué par les tensions économiques et les effets du changement climatique, Proparco accorde également une place centrale à la résilience des économies. Pour l’institution, la sélection des projets repose sur leur impact attendu, notamment en matière de lutte contre les inégalités, d’adaptation climatique et de pérennité économique. L’enjeu consiste à accompagner des investissements capables de résister aux chocs économiques et environnementaux, tout en répondant aux besoins de développement des territoires. Cette approche implique des financements de long terme et une prise de risque que les établissements financiers traditionnels ne sont pas toujours disposés à assumer.
Au Maroc, par exemple, où le système bancaire est relativement développé, Proparco privilégie des interventions complémentaires à celles des banques locales, notamment à travers des prises de participation ou des financements plus structurés. L’institution dispose par ailleurs de plusieurs implantations sur le continent, notamment à Casablanca, Abidjan, Dakar, Douala, Nairobi et Johannesburg, afin de maintenir une proximité avec les acteurs économiques.
Une jeunesse africaine qui veut investir plutôt que recevoir
À Sciences Po, la participation des étudiants et des jeunes entrepreneurs a particulièrement retenu l’attention d’Emmanuelle Riedel Drouin. La dirigeante dit avoir été frappée par la curiosité des participants, mais surtout par l’évolution de leur discours sur le développement africain. De jeunes entrepreneurs installés à Abidjan ou à Nairobi ne cherchent plus nécessairement à bénéficier de programmes d’aide. Ils veulent identifier des investisseurs, accéder aux fonds propres et développer leurs entreprises. Cette évolution traduit une volonté de prendre une part plus active à la transformation économique du continent.
Pour la responsable de Proparco, le défi consiste désormais à répondre à cette demande en facilitant la rencontre entre les porteurs de projets, les banques et les investisseurs. Malgré la succession des crises internationales, elle conserve une lecture optimiste des perspectives économiques africaines. « Les risques perçus sont souvent bien plus importants que les risques réels », estime-t-elle. Un constat qui résume sa conviction : le financement du développement africain doit davantage reposer sur l’investissement productif, la mobilisation des ressources locales et la construction de partenariats durables.
Au-delà des discours sur la nécessité d’investir en Afrique, une question demeure centrale : comment transformer cette volonté en financements accessibles aux entreprises, créatrices d’emplois et de valeur ajoutée sur le continent ? C’est sur ce terrain que se jouera, en grande partie, la crédibilité de cette nouvelle approche du développement.
A LA UNE
SÉNÉGAL – De Pikine à Londres, SOLMA veut faire défiler le Sénégal sur la scène internationale
Le 4 octobre 2026, la marque fondée par le créateur sénégalais N‑Jah organisera à Londres un grand Fashion Show caritatif. Une nouvelle étape dans l’ascension d’une maison qui entend conjuguer mode, identité africaine, diversification et engagement social.
Partir de Pikine pour conquérir Londres. C’est le pari de SOLMA, marque sénégalaise de vêtements fondée en 2014 par Alioune Mbodj, plus connu sous le nom de N‑Jah. Le 4 octobre prochain, le créateur organisera dans la capitale britannique un grand Fashion Show destiné à présenter son univers, mais aussi à faire rayonner la créativité sénégalaise au-delà du continent africain. Pensé comme une rencontre entre mode, musique et culture, l’événement devrait réunir créateurs, artistes, mannequins, personnalités et membres de la diaspora africaine installés au Royaume-Uni. Plus qu’un simple défilé, ce rendez-vous se veut une vitrine de l’ambition internationale de SOLMA : porter une mode née au Sénégal sur les grandes scènes mondiales.
Une marque née dans les rues de Pikine
L’histoire de SOLMA commence à Pikine, dans la banlieue de Dakar, entre le quartier de Tally Bou Mak et l’effervescence du marché Zinc. Né à Pikine, N‑Jah a fait de sa ville natale le point de départ et le cœur battant de son aventure entrepreneuriale. C’est dans cet environnement populaire, créatif et profondément urbain qu’il imagine une marque capable de raconter une autre Afrique : moderne, audacieuse et fière de ses racines. Pikine n’est donc pas seulement le berceau de SOLMA. La ville nourrit l’inspiration du créateur, son identité artistique et son engagement en faveur de la jeunesse. En wolof, « SOLMA » signifie « porte-moi ». Un nom qui sonne comme une invitation, mais aussi comme une déclaration d’intention. À travers ses créations, N‑Jah entend faire voyager le Sénégal et inscrire son identité dans les tendances contemporaines. La marque développe aujourd’hui plusieurs univers : streetwear, vêtements traditionnels et créations « tradi-modernes ». Survêtements aux finitions travaillées, tee-shirts signatures, ensembles en jean, chaussures, accessoires et maillots inspirés des couleurs nationales composent son catalogue. Son slogan, « From Senegal to the World », résume cette volonté de bâtir un pont entre Dakar et les grandes capitales internationales.

Solma Show 4 octobre
Londres comme nouveau tremplin
Désormais installée à Londres, SOLMA entend utiliser la capitale britannique comme une fenêtre ouverte sur le monde. Ville multiculturelle et place incontournable de la mode, Londres offre à la maison sénégalaise un accès privilégié aux diasporas africaines, aux médias internationaux et aux professionnels des industries créatives. Le Fashion Show du 4 octobre devrait marquer une étape importante dans cette stratégie. Après plusieurs éditions organisées à Dakar, notamment à la Place du Souvenir, à Fan City, au Grand Théâtre et au Baramundi, SOLMA poursuit le développement de son événement dans la capitale britannique. La marque revendique déjà le soutien de plusieurs personnalités. Youssou Ndour, Akon, CeeLo Green ou encore le footballeur sénégalais Ismaïla Sarr figurent parmi les célébrités présentées comme ayant porté ses créations. Une visibilité précieuse pour une maison qui ambitionne de transformer sa reconnaissance communautaire en véritable rayonnement international.
SOLMA se lance dans la bagagerie
Le défilé du 4 octobre marquera également une nouvelle étape dans le développement commercial de la marque. En collaboration avec **HB London**, SOLMA annoncera son entrée dans l’univers de la bagagerie avec une première production de **1 000 valises et bagages de voyage**. Cette nouvelle ligne doit permettre à la maison d’étendre son identité au-delà du vêtement. Les futures pièces de bagagerie devraient reprendre les codes visuels et l’esthétique urbaine qui caractérisent SOLMA, tout en répondant aux besoins d’une clientèle internationale et mobile. Cette diversification apparaît cohérente avec le slogan de la marque, « From Senegal to the World ». Après avoir habillé ses clients, SOLMA souhaite désormais les accompagner dans leurs voyages.

Une collection de maillots aux couleurs du Sénégal
SOLMA profitera également de son Fashion Show londonien pour présenter une nouvelle collection de **maillots du Sénégal revisités dans le style de la marque**. À travers ces créations, N‑Jah entend associer les couleurs nationales à l’esthétique contemporaine et urbaine de SOLMA. Plus que de simples tenues sportives, ces maillots seront pensés comme des pièces de mode permettant aux Sénégalais, notamment ceux vivant à l’étranger, d’afficher leur attachement au pays avec élégance et modernité. Cette collection devrait ainsi prolonger le travail déjà engagé par la maison autour des maillots inspirés des couleurs de différents pays. Elle s’adressera aussi bien au public sénégalais qu’aux membres de la diaspora désireux de porter leur identité culturelle au quotidien.
La mode comme instrument de solidarité
L’événement du 4 octobre possède également une dimension caritative. Depuis ses débuts, le SOLMA Show associe création et engagement social. Une partie des recettes doit contribuer au financement de projets consacrés à l’éducation et à la formation des jeunes de Pikine. Cette démarche se trouve au cœur de la philosophie défendue par N‑Jah. Pour le créateur, le vêtement ne constitue pas une finalité, mais un moyen de valoriser des savoir-faire, de créer des opportunités et de soutenir les communautés dont la marque est issue. SOLMA affirme également vouloir renforcer sa collaboration avec des artisans et des ateliers africains. Son ambition est de tendre vers une production entièrement réalisée sur le continent, même si cet objectif demande encore des moyens, une organisation solide et des capacités de production adaptées au marché international.

Le défi d’un passage à l’échelle
Comme de nombreuses marques africaines émergentes, SOLMA doit désormais relever plusieurs défis : structurer sa distribution, garantir une production régulière, renforcer sa présence numérique et séduire une clientèle internationale sans perdre son identité. Le lancement annoncé de 1 000 pièces de bagagerie représente, à cet égard, un changement d’échelle important. Il nécessitera une organisation capable de garantir la qualité des produits, le respect des délais de fabrication et une distribution adaptée à plusieurs marchés. Son positionnement premium traduit cette volonté de changer le regard porté sur la mode africaine. Les pièces phares sont commercialisées à des tarifs pouvant atteindre 250 livres sterling pour certains ensembles et survêtements, tandis que les tee-shirts et les maillots sont proposés entre 65 et 85 livres. Ce choix place SOLMA sur un segment exigeant, où l’histoire racontée par la marque doit être accompagnée d’une qualité irréprochable, d’un service commercial efficace et d’une stratégie internationale cohérente.
Le rendez-vous londonien du 4 octobre sera donc plus qu’une célébration. Il constituera un test grandeur nature pour une maison qui veut transformer une réussite née dans les rues de Pikine en aventure mondiale. À travers ce défilé, le lancement de sa ligne de bagagerie et la présentation de ses nouveaux maillots du Sénégal, N‑Jah entend démontrer qu’une marque sénégalaise peut conjuguer héritage culturel, esthétique contemporaine, diversification et ambition économique. De Dakar à Londres, SOLMA avance avec une conviction : l’Afrique ne doit plus seulement inspirer la mode internationale. Elle doit aussi en devenir l’une des signatures.

A LA UNE
SÉNÉGAL – Barros Edgar : du foot à la création de contenu
À 26 ans, Edgar Barros fait partie de cette jeune génération talentueuse d’Africains qui refusent de se laisser enfermer dans une case. Grâce à ses contenus très suivis sur les réseaux sociaux, il s’est forgé une véritable popularité. Alors que tout le prédestinait à une carrière de footballeur, Barros est aujourd’hui un créateur de contenu, suivi par plus de 460 000 personnes. Ses vidéos cumulent des millions de vues. Il vient de sortir son premier ouvrage “Vamos comme Barros) qui parle des ses voyages en Asie.
De la pelouse aux réseaux sociaux
Né en France d’un père sénégalais et d’une mère espagnole, Edgar Barros commence très tôt le football. Très vite, il intègre l’US Torcy, un club formateur reconnu, où il évolue aux côtés de Randal Kolo-Muani. À 19 ans, un accident le met sur la touche : une rupture des ligaments croisés. Cette blessure l’oblige à une longue rééducation. Cependant, il ne veut rien lâcher. Il continue en Régional 1 à Meaux, puis au Val d’Europe. En 2023, il rejoint Avranches avant de signer à l’AS Vitré. Mais, il comprend que son vrai terrain de jeu, c’était le monde. Depuis son premier voyage au Mali, tout change. Désormais, il veut explorer le monde, comprendre les gens, ressentir ce qu’ils ressentent. Dans une interview accordée à Ze-Africanews, il confie : “J’ai cru que le foot était toute ma vie…” Il finit par comprendre, dit-il : “ Ce que je recherchais, c’était plus qu’un but marqué : c’était l’envie de marquer l’histoire.”
Une reconversion réussie
Après avoir mis un terme à sa carrière sportive, Edgar Barros développe une activité de créateur de contenu. Sur les réseaux sociaux, il partage des vidéos et des analyses qui mettent en lumière la richesse des cultures africaines, en particulier sénégalaise. Son approche singulière lui permet de fédérer une large communauté. Pour ne pas s’arrêter là, il publie un ouvrage : “Vamos Comme Barros”. Ce livre est un carnet de route illustré qui mêle anecdotes, photos, tips et QR codes pour revivre ses aventures en vidéo. Il y raconte ses périples en Malaisie, en Thaïlande et en Corée du Sud.
Barros, tisseur de ponts entre les identités
Après avoir troqué les crampons contre la caméra, Barros veut vivre pleinement de cette nouvelle vocation. En novembre 2020, il crée son entreprise, enregistrée sous le nom “BARROSJR”, spécialisée dans l’édition de revues et périodiques. Il raconte à travers les outils numériques les histoires des gens, souvent méconnues. En cela, on peut dire qu’il est passeur de culture. Il met en avant les personnes souvent méconnues. Il promeut la culture sénégalaise et montre une autre image de l’Afrique et des Africains partout où il va. Son crédo : valoriser la richesse du patrimoine africain à travers des récits, des analyses, des témoignages, et surtout, un style personnel, direct et immersif.
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