AFRIQUE AUSTRALE
ZIMBABWE : L’ancien président Robert Mugabe est décédé à l’âge de 95 ans.
Le commandant Robert Mugabe, ancien président du Zimbabwe pendant 37 ans de 1980 à 2017, est décédé ce vendredi 6 septembre 2019 à Singapour où il se rendait régulièrement pour des soins médicaux. Il a été le héros de l’indépendance mais il est aussi perçu comme le principal responsable de l’effondrement économique de son pays.
D’abord considéré comme le libérateur du Zimbabwe dès les premières années de l’exercice de son pouvoir, Robert Mugabe est par la suite accusé d’être un véritable despote qui n’hésitait pas à sanctionner ses opposants ou à frauder pour gagner les élections.
Pourtant au tout début de son règne, l’homme fort du pays est respecté par son peuple voire par l’ensemble du continent africain de par ses actions révolutionnaires et son combat contre le gouvernement raciste d’Ian Smith en avril 1980. Cependant sa mauvaise gestion des affaires politiques, les réformes agraires de 2000, l’expropriation des terres mais encore plus son souhait de voir sa femme Grâce Mugabe le remplacer à la tête du pays avait provoqué une scission politique au sein même de la ZANU PF, le parti au pouvoir mais aussi la colère des zimbabwéens.
En 2017, le plus vieux chef d’Etat en exercice de la planète a été contraint de démissionner à la suite d’un coup de force de l’armée. Il a été remplacé par son vice-président Emmerson Mnangagwa qu’il avait limogé auparavant.
Depuis la perte du pouvoir, Robert Mugabe se soignait régulièrement au Singapour où il a finalement rendu l’âme à l’âge de 95 ans.
Il a laissé le Zimbabwe dans une profonde crise économique qui ne cesse d’empirer aujourd’hui.
AFRIQUE
AFRIQUE DU SUD – Le président sud-africain Cyril Ramaphosa veut une réponse régionale face à la crise migratoire
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa veut replacer la question migratoire au cœur de l’agenda régional. À Durban, lors de la clôture du sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), le chef de l’État a appelé les pays de la région à coordonner davantage leurs politiques face à l’augmentation des tensions liées aux déplacements de populations.
L’Afrique du Sud traverse depuis plusieurs semaines une période particulièrement sensible. Plus de 176 000 ressortissants étrangers auraient quitté le pays, selon un décompte réalisé à partir des données communiquées par plusieurs gouvernements. Ces départs interviennent dans un contexte de mobilisation de groupes hostiles à la présence de migrants en situation irrégulière.
Les mouvements de départ ont pris différentes formes. Certains étrangers ont quitté volontairement le territoire, tandis que d’autres ont été reconduits dans leur pays dans le cadre de procédures officielles. La situation a également été marquée par des violences. La police sud-africaine fait état d’au moins quatre migrants tués, même si plusieurs gouvernements étrangers évoquent un bilan supérieur.
La contestation s’est également invitée autour du sommet de la SADC. Près de 300 manifestants opposés à l’immigration ont défilé à Durban sous forte surveillance policière. Ils ont notamment demandé aux autorités du Malawi, du Mozambique et du Zimbabwe de reprendre leurs ressortissants présents illégalement en Afrique du Sud.
Cette mobilisation intervient dans un pays qui demeure la première économie du continent et une importante destination régionale pour les travailleurs étrangers. L’attractivité économique sud-africaine contraste toutefois avec une situation sociale difficile, marquée par un chômage supérieur à 30 % et de profondes disparités économiques.
Face à cette situation, Cyril Ramaphosa a reconnu la gravité des discriminations et des mauvais traitements dont certains ressortissants étrangers sont victimes. Le président sud-africain souhaite désormais élargir le débat à l’échelle continentale avec l’organisation d’une conférence consacrée aux migrations africaines.
Pour Pretoria, la réponse ne peut toutefois pas se limiter au contrôle des frontières ou aux expulsions. Ramaphosa défend une approche régionale fondée sur la coopération entre États, l’intégration économique et la stabilité politique. Il estime que les populations doivent pouvoir bénéficier concrètement des progrès de l’intégration régionale.
Le président sud-africain a également insisté sur la nécessité de préserver la paix et la sécurité dans une région confrontée à plusieurs défis. Il a appelé les gouvernements à privilégier le dialogue pour régler leurs différends, à respecter les principes démocratiques communs et à renforcer leur coordination lorsque la stabilité régionale est menacée.
À travers cet appel, Pretoria cherche ainsi à transformer une crise migratoire devenue source de tensions sociales en un dossier régional nécessitant une réponse collective. Pour Ramaphosa, la coopération entre les pays de l’Afrique australe apparaît désormais comme une condition essentielle pour contenir les tensions et construire une intégration régionale plus équilibrée.
AFRIQUE AUSTRALE
ZIMBABWÉ – Un ferry surchargé chavire, le bilan atteint 94 morts
Le naufrage d’un ferry sur le lac Kariba, au Zimbabwe, a pris une dimension dramatique avec un bilan désormais établi à 94 morts. Survenu la semaine dernière, l’accident est présenté par les autorités comme le plus meurtrier jamais enregistré dans le pays dans le domaine des transports.
L’embarcation, propriété de l’État, effectuait la liaison entre Kariba et une zone rurale difficilement accessible lorsque de puissantes vagues ont provoqué son chavirement. Près de 180 personnes se trouvaient à bord, alors que le ferry avait été conçu pour transporter au maximum 90 passagers. Une surcharge importante en marchandises avait également été constatée.
Les circonstances du drame soulèvent désormais de nombreuses interrogations sur les conditions de sécurité à bord. Une rescapée a notamment raconté que plusieurs passagers avaient exprimé leur inquiétude face à la dégradation des conditions météorologiques avant le naufrage.
Selon son témoignage, l’accès aux équipements de sauvetage aurait par ailleurs été particulièrement difficile. Les gilets étaient notamment placés sous les bagages, ce qui aurait empêché une grande partie des passagers de les atteindre au moment où le ferry commençait à sombrer.
Le bateau représentait pourtant une liaison essentielle pour les populations vivant dans les secteurs isolés autour du lac. Son tarif accessible en faisait un moyen de déplacement privilégié pour les commerçants, les familles et les habitants qui effectuaient régulièrement le trajet entre les différentes communautés riveraines.
Les secours restent mobilisés pour retrouver les personnes toujours portées disparues et récupérer les victimes. Les opérations sont rendues complexes par les conditions dans lesquelles se trouvent les eaux du lac Kariba. Certains corps auraient été entraînés par les courants jusque vers la partie du lac située du côté de la Zambie.
À ce stade, 77 personnes auraient été sauvées, selon les autorités zimbabwéennes. Les familles restent cependant confrontées à une autre épreuve : l’identification des victimes. La dégradation de certaines dépouilles complique les reconnaissances et pourrait contraindre les autorités à recourir à des analyses ADN.
Le drame a également touché de nombreuses familles. Plusieurs enfants figureraient parmi les victimes et certains foyers auraient perdu plusieurs de leurs membres dans la catastrophe. Dans les communautés riveraines, l’attente demeure particulièrement douloureuse pour les proches toujours sans nouvelles.
Face à l’ampleur de la tragédie, le président Emmerson Mnangagwa a décrété l’état de catastrophe. Une cérémonie en hommage aux victimes s’est également tenue à Kariba, alors que les recherches se poursuivent sur le lac.
Avec 94 décès, cette catastrophe dépasse désormais le bilan de l’accident d’autocar de 1991, qui avait coûté la vie à 89 personnes. Elle devient ainsi le drame lié aux transports le plus meurtrier jamais enregistré au Zimbabwe.
À cheval entre le Zimbabwe et la Zambie, le lac Kariba occupe une place stratégique pour les populations de la région. Outre le transport et la pêche, cet immense réservoir joue un rôle majeur dans la production d’électricité des deux pays. Le naufrage met désormais en lumière les enjeux de sécurité liés aux déplacements sur ses eaux.
AFRIQUE
ZAMBIE – Des files d’attente massives avant un dépouillement décisif
À Lusaka, les électeurs zambiens se sont mobilisés dès les premières heures de la matinée pour participer à une présidentielle particulièrement suivie. Plusieurs files d’attente s’étaient formées avant même l’ouverture officielle des bureaux, fixée à 6 heures. Malgré cette forte affluence, la capitale est restée globalement calme, avec un dispositif policier renforcé aux abords des centres de vote.
Selon les données électorales disponibles, 8 786 300 électeurs étaient appelés aux urnes dans 13 529 bureaux de vote à travers le pays. La jeunesse occupe une place centrale dans ce scrutin : près de la moitié des électeurs inscrits sont âgés de 18 à 35 ans. En parallèle de l’élection présidentielle, les Zambiens étaient également invités à renouveler leurs représentants à l’Assemblée nationale ainsi que leurs responsables locaux.
La journée électorale n’a toutefois pas été exempte de difficultés. Dans plusieurs centres, des retards à l’ouverture ont été signalés, tandis que certains électeurs ont rencontré des problèmes liés à l’organisation des files, à l’orientation ou à la vérification des listes. Dans la province du Nord, Brian Mundubile, figure majeure de l’opposition, a notamment dénoncé l’ouverture tardive de certains bureaux.
Ces dysfonctionnements n’ont cependant pas entraîné, à ce stade, de violences ou d’incidents de grande ampleur. Le climat est demeuré relativement serein dans les principales zones de vote, malgré les tensions qui avaient marqué les derniers jours de la campagne électorale.
Le président sortant, Hakainde Hichilema, s’est lui-même rendu aux urnes à Lusaka en début d’après-midi. Candidat à sa réélection, le chef de l’État défend son bilan depuis son arrivée au pouvoir en 2021, notamment les mesures prises pour restructurer la dette du pays et relancer l’économie. Tout en mettant en avant ces avancées, il reconnaît que plusieurs défis restent à relever.
Face à lui, Brian Mundubile cherche à transformer le mécontentement social en dynamique électorale. La hausse du coût de la vie, le chômage et la persistance de la pauvreté constituent les principales préoccupations d’une partie importante de l’électorat.
L’économie zambienne affiche pourtant des signes d’amélioration. Après les difficultés liées à la dette et aux déséquilibres économiques, la croissance devrait atteindre environ 4,3 % cette année. Mais pour de nombreux ménages, cette amélioration des indicateurs macroéconomiques ne s’est pas encore traduite par une amélioration suffisamment perceptible des conditions de vie.
Dans ce contexte, Hichilema partait avec le statut de favori. Son avantage institutionnel et la fragmentation de l’opposition constituent deux facteurs susceptibles de jouer en sa faveur. Mais l’importance de la participation et le comportement de l’électorat jeune pourraient également peser lourd dans le résultat final.
À 18 heures, les bureaux de vote ont fermé leurs portes, laissant place aux opérations de dépouillement. Les bulletins sont désormais comptabilisés avant la transmission des procès-verbaux aux structures compétentes de la Commission électorale.
La règle électorale est claire : pour éviter un second tour, le candidat arrivé en tête doit recueillir plus de 50 % des suffrages exprimés. Dans le cas contraire, les deux prétendants ayant obtenu les meilleurs scores devront se retrouver lors d’un nouveau scrutin.
La Commission électorale est attendue pour la publication des résultats nationaux lundi. En attendant cette échéance, l’attention se concentre sur la transparence du dépouillement, la remontée des procès-verbaux et la gestion des éventuelles contestations. Après une journée marquée par une mobilisation importante et un calme globalement maintenu, la Zambie entre désormais dans la phase la plus sensible du processus électoral.
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