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AFRIQUE

ÉTHIOPIE – Recomposition politique sous tension au Tigré

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En Éthiopie, la situation politique au Tigré connaît une nouvelle zone de turbulence. L’élection de Debretsion Gebremichael à la tête d’un parlement régional récemment réactivé ravive les tensions avec le pouvoir central, qui conteste la légitimité de cette instance.

Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), longtemps dominant dans la région, semble vouloir reprendre l’initiative après l’accord de paix conclu en novembre 2022 avec le gouvernement fédéral basé à Addis-Abeba. Cet accord avait notamment conduit à la dissolution des structures politiques locales contrôlées par le mouvement.

Mais face à ce que ses cadres considèrent comme une mise en œuvre incomplète des engagements, notamment sur les volets politiques et financiers, l’ancienne direction du TPLF a entrepris de réactiver ses institutions. La restauration du parlement régional et l’élection de Debretsion à sa tête apparaissent comme une démonstration de force dans un rapport de tension croissant avec les autorités fédérales.

Pour plusieurs observateurs, cette initiative constitue un signal préoccupant. Certains y voient une tentative de peser dans les négociations sur le statut du Tigré au sein de la fédération éthiopienne, tandis que d’autres redoutent une escalade pouvant conduire à une reprise des affrontements.

Le contexte reste particulièrement sensible. Le TPLF, qui a dirigé l’Éthiopie pendant près de trois décennies, a été écarté du pouvoir à l’issue de la guerre civile qui a opposé la région au gouvernement entre 2020 et 2022. Ce conflit a laissé des traces profondes, avec des centaines de milliers de morts et une crise humanitaire durable.

Malgré l’accord de paix, la normalisation reste incomplète. Une administration intérimaire a été mise en place, mais les tensions politiques persistent, alimentées par des désaccords sur la gouvernance et la répartition des ressources. La suspension des subventions fédérales et la présence de nombreux déplacés internes accentuent encore la fragilité de la région.

Dans ce climat incertain, les accusations récentes du gouvernement éthiopien contre le armée soudanaise, soupçonnée de soutenir des éléments liés au TPLF — des allégations rejetées par Khartoum — ajoutent une dimension régionale au dossier.

Alors que les lignes semblent se durcir de part et d’autre, la communauté internationale observe avec inquiétude l’évolution de la situation. Entre reprise du dialogue et risque de confrontation, l’équilibre reste précaire dans une région encore marquée par les séquelles de la guerre.

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AFRIQUE

GUINÉE – Affaire Algassimou Diallo : la Cour suprême reporte l’audience au 15 octobre

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La Cour suprême a décidé de reporter au 15 octobre prochain l’examen du dossier judiciaire concernant Algassimou Diallo, ancien procureur du tribunal de Dixinn. L’audience prévue mardi n’a pas pu se tenir en raison de l’absence du magistrat poursuivi, actuellement incarcéré à la maison d’arrêt de Macenta.

Située à plus de 700 kilomètres de Conakry, la prison où se trouve l’ancien procureur complique son déplacement vers la capitale pour participer à l’audience. La Cour suprême a ainsi retenu la nécessité de garantir sa présence avant de poursuivre l’examen du dossier.

Algassimou Diallo fait l’objet de poursuites pour des faits qualifiés de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence pour discrimination » ainsi que d’« association de malfaiteurs ». Les accusations portent notamment sur des échanges qu’il aurait eus avec Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre et figure de l’opposition vivant à l’étranger. Ces communications sont présentées par les autorités judiciaires comme contenant des propos ou messages hostiles au pouvoir.

Le nouveau calendrier fixé par la Cour suprême constitue une victoire procédurale pour la défense. Les avocats de l’ancien procureur affirment ne plus avoir pu rencontrer leur client depuis son transfert vers la maison d’arrêt de Macenta, intervenu quelques jours avant l’audience.

Pour la défense, l’absence de l’accusé empêchait la juridiction de poursuivre normalement la procédure. Me Moussa Diallo, l’un de ses avocats, a notamment fait valoir le principe selon lequel une personne poursuivie au pénal doit pouvoir être présente aux audiences qui la concernent, sauf lorsqu’elle est en fuite.

La défense estime également que la Cour ne pouvait pas rendre la décision attendue alors que son client n’était pas présent à l’audience. La juridiction a finalement retenu cet argument et renvoyé l’examen du dossier au 15 octobre.

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AFRIQUE

CÔTE D’IVOIRE – La CEI officiellement entrée en liquidation, une nouvelle page électorale s’ouvre

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La dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) entre désormais dans sa phase opérationnelle. Quatre mois après la disparition officielle de l’institution, une passation de charges s’est tenue lundi 7 septembre 2026 à Abidjan entre le secrétaire général sortant et le liquidateur désigné, Lassana Sylla.

Cette étape marque le début concret du processus de liquidation de l’ancienne structure chargée de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire. Créée en 2001, la CEI avait été officiellement dissoute le 6 mai 2025. Désormais, la mission confiée à Lassana Sylla consiste à procéder au règlement des dossiers encore en suspens avant la fermeture définitive de l’institution.

Le liquidateur devra notamment dresser l’inventaire des biens et des différentes structures rattachées à la CEI présentes sur le territoire national. Le volet financier constitue également une partie importante de sa mission, avec l’identification des éventuelles créances et dettes afin de permettre leur apurement.

La situation du personnel devra également être examinée dans le cadre de cette procédure. Les agents qui travaillaient au sein de l’ancienne commission font ainsi partie des dossiers que le liquidateur devra traiter au cours de cette période de transition.

Mais derrière cette liquidation administrative se pose surtout une question politique majeure : quelle institution prendra désormais en charge l’organisation et la supervision des prochaines échéances électorales ivoiriennes ?

Depuis l’annonce de la dissolution de la CEI, aucun nouvel organe électoral n’a encore été officiellement installé par les autorités. Un premier cadre de discussions a toutefois été ouvert fin juin entre le gouvernement, les formations politiques et les représentants de la société civile afin d’échanger sur les contours du futur dispositif.

La composition et les garanties d’indépendance de la prochaine structure électorale constituent déjà un sujet sensible au sein de la classe politique. Les partis d’opposition souhaitent notamment peser sur la réforme et travaillent à rapprocher leurs différentes propositions afin de présenter une position commune sur les modalités de gestion des élections.

Alors que la liquidation de la CEI est désormais enclenchée, la Côte d’Ivoire entre donc dans une période de transition institutionnelle. Le défi pour les autorités sera de mettre en place un mécanisme électoral suffisamment consensuel pour garantir la confiance des différents acteurs et préserver la crédibilité des prochains scrutins.

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AFRIQUE

KENYA – Commerces étrangers fermés : Nairobi prend des mesures pour éviter une flambée de violences

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Nairobi tente de désamorcer les tensions provoquées par les mesures visant les commerces exploités par des étrangers en situation irrégulière. Le gouvernement kényan a annoncé une mesure temporaire permettant aux ressortissants des pays d’Afrique de l’Est concernés par une situation administrative irrégulière de bénéficier d’une protection durant leur période d’enregistrement auprès de leurs ambassades.

Cette décision intervient après l’afflux de centaines de ressortissants burundais devant l’ambassade de leur pays à Nairobi. Plusieurs d’entre eux cherchaient à obtenir les documents nécessaires afin de pouvoir regagner volontairement le Burundi, dans un contexte marqué par une montée des inquiétudes autour de la présence de commerçants étrangers au Kenya.

La situation s’est tendue après l’annonce du gouvernement de William Ruto ordonnant la fermeture, à compter de lundi, des petits commerces exploités par des ressortissants étrangers ne disposant pas de permis de travail. Cette mesure a suscité des réactions parmi les communautés étrangères, notamment burundaise, dont certains membres affirment avoir été victimes de menaces et de comportements hostiles.

Le Kenya constitue depuis plusieurs années une destination importante pour les ressortissants des pays membres de la Communauté d’Afrique de l’Est. Le principe de libre circulation au sein de l’EAC facilite notamment les déplacements et les activités économiques des citoyens de la région. Les données des Nations unies estiment à environ 16 000 le nombre de Burundais vivant au Kenya, une partie importante étant engagée dans de petites activités commerciales.

Face aux risques de tensions supplémentaires, les autorités kényanes ont demandé aux ressortissants est-africains dépourvus de documents en règle de se rapprocher de leurs représentations diplomatiques afin de se faire enregistrer. Pendant cette période, le gouvernement assure que les personnes concernées ne seront pas considérées comme étant en situation irrégulière sur le territoire.

Nairobi présente cette mesure comme un dispositif destiné à permettre aux migrants concernés de régulariser leur situation ou de préparer leur départ dans un cadre sécurisé. Les autorités indiquent également que cette période doit leur garantir un accès aux services essentiels, notamment aux soins de santé, aux services bancaires et aux mécanismes de protection juridique.

Le gouvernement a par ailleurs demandé aux forces de sécurité et aux autorités locales d’éviter les contrôles arbitraires et tout traitement discriminatoire visant les ressortissants des pays voisins. Un avertissement a également été lancé contre les personnes qui chercheraient à instrumentaliser cette situation pour attiser des sentiments xénophobes ou provoquer des violences.

Après plusieurs signalements faisant état d’actes hostiles, le secrétaire d’État adjoint aux Affaires étrangères, Korir Sing’Oei, s’est rendu à l’ambassade du Burundi à Nairobi. Il a présenté des excuses aux ressortissants burundais et annoncé un renforcement de la présence policière dans les secteurs où des incidents ont été signalés.

Les autorités kényanes cherchent ainsi à éviter que l’application des nouvelles restrictions sur les commerces étrangers ne dégénère en crise communautaire. Le gouvernement rappelle notamment les liens historiques entre les populations de la région et affirme vouloir permettre aux personnes souhaitant quitter le Kenya de le faire volontairement et dans des conditions sécurisées.

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