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AFRIQUE

SOUDAN – Amnesty International alerte sur des crimes de masse et un risque d’escalade au Darfour

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La guerre qui ravage le Soudan depuis avril 2023 franchit un nouveau seuil d’alerte. Dans un rapport accablant, Amnesty International accuse les Forces de soutien rapide (FSR) d’avoir mené des attaques systématiques contre des civils au Darfour, évoquant des crimes contre l’humanité et un possible génocide.

Les conclusions portent notamment sur les violences commises lors du siège et de la prise d’El-Facher entre 2024 et 2025. Selon l’organisation, ces opérations s’inscrivent dans une stratégie visant à cibler des populations spécifiques, en particulier l’ethnie zaghawa, dans une logique de déplacement forcé et de modification démographique.

Le rapport, fondé sur des centaines de témoignages, décrit des attaques répétées contre des villages, des camps de déplacés et des centres urbains. Des habitations auraient été incendiées après le départ de leurs occupants, suggérant une volonté d’empêcher tout retour des populations.

Au-delà des destructions, Amnesty met en avant l’ampleur des violences infligées aux civils : exécutions sommaires, violences sexuelles, enlèvements et détentions massives dans des conditions jugées inhumaines. Les enfants figurent parmi les premières victimes, exposés à des abus graves allant du recrutement forcé aux violences extrêmes.

Le siège d’El-Facher, imposé durant plusieurs mois, aurait également provoqué une situation de famine, aggravant une crise humanitaire déjà critique. L’organisation évoque en outre des massacres de civils tentant de fuir les combats, pris au piège lors d’opérations militaires.

Ces accusations rejoignent les conclusions d’une mission mandatée par les Nations unies, qui avait déjà évoqué des actes de génocide dans cette région.

Face à la détérioration rapide de la situation, Amnesty appelle à un cessez-le-feu immédiat et au déploiement d’une force internationale pour protéger les civils. L’ONG met en garde contre une possible extension des violences vers d’autres zones stratégiques, notamment au Kordofan.

Le conflit oppose depuis plus de deux ans l’armée soudanaise dirigée par Abdel Fattah al-Burhane aux FSR du général Mohamed Hamdane Daglo. Selon les estimations internationales, il a déjà causé des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de plus de 10 millions de personnes, dont une majorité d’enfants.

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AFRIQUE

OUGANDA – Un plan d’urgence alimentaire déployé face à la sécheresse au Karamoja

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Face à une crise alimentaire grandissante, les autorités ougandaises ont annoncé la mise en place d’un plan d’urgence destiné à la sous-région du Karamoja, durement touchée par une sécheresse persistante.

Au total, plus de 9 400 tonnes de vivres seront distribuées sur une période de deux mois. Cette aide vise à soutenir plus de 313 000 ménages répartis dans 480 paroisses des neuf districts que compte cette région du nord-est du pays. Les bénéficiaires recevront principalement de la farine de maïs et des haricots secs, des denrées de base essentielles à leur alimentation.

La situation est jugée alarmante. La sécheresse prolongée a entraîné une chute significative des récoltes, l’épuisement des stocks alimentaires et une hausse inquiétante du risque de famine. Selon les autorités, au moins 19 personnes ont déjà perdu la vie en raison de la pénurie alimentaire enregistrée au début du mois.

Le gouvernement attribue cette crise aux effets du changement climatique, qui accentue la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes. Pour y faire face, une enveloppe de 50 milliards de shillings ougandais, soit environ 13,5 millions de dollars, a été débloquée.

Validé par le Conseil des ministres, ce financement doit permettre non seulement d’assurer la distribution de l’aide alimentaire, mais aussi de soutenir d’autres interventions d’urgence dans les zones les plus affectées.

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AFRIQUE

CAMEROUN – L’absence prolongée de Paul Biya alimente interrogations et tensions politiques

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L’absence prolongée du président Paul Biya suscite une vague d’interrogations au Cameroun. Le chef de l’État, âgé de 93 ans, a quitté le territoire le 7 juin dernier en compagnie de son épouse pour ce qui avait été présenté comme un « court séjour privé en Europe ». Plus de quarante jours après, aucune communication officielle n’est venue préciser sa situation.

Selon des informations publiées par le média Jeune Afrique début juillet, le président camerounais séjournerait en Suisse, où il recevrait des soins dans une clinique privée à Genève. Plusieurs membres de sa famille, dont son frère et deux de ses enfants, seraient également présents sur place.

À Yaoundé, cette absence prolongée alimente rumeurs et spéculations, tandis que la classe politique commence à exprimer son impatience. Sur les réseaux sociaux, le député d’opposition Jean Michel Nintcheu a appelé le Conseil constitutionnel à constater une éventuelle vacance du pouvoir. Une position relayée par le juriste et universitaire Jean Calvin Aba’a Oyono dans les colonnes du média Actu Cameroun.

De son côté, Union démocratique du Cameroun, formation d’opposition, a exigé davantage de transparence afin de préserver « la stabilité de la République ».

Face à ces prises de position, le pouvoir tente de rassurer. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) affirme que le président reste aux commandes. Dans un éditorial publié le 15 juillet dans le journal L’Action, Christophe Mien Zok, responsable des organes de presse du parti, a insisté sur la continuité du pouvoir, affirmant que Paul Biya demeure « l’unique cocher » du pays.

Malgré ces assurances, l’absence de communication officielle continue d’alimenter les incertitudes, dans un contexte politique déjà sensible.

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AFRIQUE

CÔTE D’VOIRE – Six responsables du PDCI libérés après neuf mois de détention

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Six responsables locaux du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principale formation d’opposition en Côte d’Ivoire, ont été remis en liberté lundi, après plusieurs mois de détention. L’information a été confirmée par leur avocat, Ange Rodrigue Dadje.

Selon ce dernier, la décision a été prise à l’issue d’une audience devant la chambre antiterroriste tenue le 20 juillet. Les militants concernés, détenus depuis environ neuf mois, ont pu regagner leurs domiciles. Aucune précision n’a toutefois été fournie quant aux motifs exacts de leur libération.

Ces arrestations s’inscrivaient dans un contexte politique particulièrement tendu, à l’approche de l’élection présidentielle. Entre fin septembre et début octobre 2025, plusieurs dizaines de partisans de l’opposition avaient été interpellés à Abidjan et dans d’autres localités du pays.

En mai dernier, deux autres responsables du PDCI avaient déjà bénéficié d’une mesure similaire, portant à huit le nombre de cadres du parti libérés ces derniers mois.

La période électorale a été marquée par de nombreuses tensions, notamment l’exclusion de figures majeures de l’opposition telles que Tidjane Thiam, président du PDCI, et l’ancien chef d’État Laurent Gbagbo, tous deux écartés de la course à la magistrature suprême par des décisions judiciaires.

Par ailleurs, plusieurs dizaines de militants et responsables politiques ont été arrêtés ou emprisonnés durant cette période. Des centaines de civils, accusés d’avoir pris part à des manifestations interdites, ont également été condamnés, tandis qu’une dizaine de personnes ont perdu la vie dans des violences liées au processus électoral.

Le gouvernement dirigé par le président Alassane Ouattara a, de son côté, rejeté toute accusation de détentions à caractère politique.

Parmi les autres figures récemment remises en liberté figurent Moïse Lida Kouassi, ex-ministre de la Défense sous Laurent Gbagbo, ainsi que Ibrahim Zigui, tous deux libérés au début du mois.

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