CULTURE
SÉNÉGAL – Le journaliste Madiambal Diagne publie un livre sur l’histoire d’Adji Sarr et de Ousmane Sonko
Le patron du groupe de presse Avenir Communication, qui revendique sur tous les toits sa proximité avec le Président Macky Sall, a annoncé ce vendredi 21 juillet 2023 la sortie de son « livre enquête » sur l’histoire ayant conduit Ousmane Sonko et la jeune masseuse Adji Sarr devant la Chambre criminelle de Dakar le 23 mai dernier.
« Je vous annonce la sortie de mon enquête sur l’affaire Adji Sarr – Ousmane Sonko. Le livre « Ousmane Sonko – Adji Sarr : l’histoire », sera commercialisé le lundi 24 juillet partout. La préface est de Hamidou Anne. Je suis édité par les Editions du Quotidien », a-t-il écrit sur Twitter.
À souligner que Hamidou Anne qui a préfacé ce livre est aussi l’un des plus virulent détracteur de l’opposant sénégalais. Ses chroniques sont publiées sur le site internet et le journal papier du groupe de presse détenu par Madiambal Diagne, auteur dudit livre édité par sa propre maison d’édition.
CINÉMA
ARABIE SAOUDITE – Le Festival international du film de la mer Rouge reporté à 2027
La sixième édition du Red Sea International Film Festival (RSIFF), initialement programmée en décembre 2026 à Djeddah, n’aura finalement pas lieu cette année. La Red Sea Film Foundation a annoncé le report de l’événement à la fin de 2027, invoquant une réorganisation de son calendrier et les importantes contraintes logistiques liées à la préparation d’un festival cinématographique de dimension internationale.
La décision intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, marqué notamment par des attaques de missiles et de drones attribuées aux rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran. La fondation ne fait cependant pas état d’un motif sécuritaire dans son annonce et présente le changement de calendrier comme une décision liée à la planification et à l’organisation de l’événement.
Depuis sa création, le RSIFF s’est imposé comme l’un des rendez-vous majeurs de la scène culturelle saoudienne. Organisé à Djeddah, le festival réunit chaque année des réalisateurs, comédiens, producteurs et autres professionnels du cinéma venus de plusieurs régions du monde.
Le festival s’inscrit dans la transformation culturelle engagée par l’Arabie saoudite, qui cherche notamment à développer son secteur cinématographique et à diversifier son économie au-delà des hydrocarbures. La manifestation constitue ainsi une vitrine pour les productions saoudiennes et régionales, tout en offrant une plateforme aux professionnels internationaux.
Le report de l’édition 2026 ne remet pas en cause les autres activités de la Red Sea Film Foundation. Ses programmes de financement et d’accompagnement, notamment le Red Sea Fund et les Red Sea Labs, doivent continuer à fonctionner au cours de l’année. La fondation annonce également le lancement, dès novembre 2026, d’une programmation cinématographique régulière au Culture Square, situé dans le quartier historique de Djeddah, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
Les cinéastes et professionnels qui avaient déjà soumis leurs œuvres ou engagé des démarches pour participer à l’édition initialement prévue sont invités à se rapprocher des canaux officiels du festival afin de prendre connaissance des procédures concernant les remboursements et les démarches administratives.
Le prochain rendez-vous du RSIFF est désormais attendu à Djeddah au quatrième trimestre 2027, avec une sixième édition dont la programmation et les modalités seront communiquées ultérieurement par les organisateurs.
A LA UNE
SÉNÉGAL – De Pikine à Londres, SOLMA veut faire défiler le Sénégal sur la scène internationale
Le 4 octobre 2026, la marque fondée par le créateur sénégalais N‑Jah organisera à Londres un grand Fashion Show caritatif. Une nouvelle étape dans l’ascension d’une maison qui entend conjuguer mode, identité africaine, diversification et engagement social.
Partir de Pikine pour conquérir Londres. C’est le pari de SOLMA, marque sénégalaise de vêtements fondée en 2014 par Alioune Mbodj, plus connu sous le nom de N‑Jah. Le 4 octobre prochain, le créateur organisera dans la capitale britannique un grand Fashion Show destiné à présenter son univers, mais aussi à faire rayonner la créativité sénégalaise au-delà du continent africain. Pensé comme une rencontre entre mode, musique et culture, l’événement devrait réunir créateurs, artistes, mannequins, personnalités et membres de la diaspora africaine installés au Royaume-Uni. Plus qu’un simple défilé, ce rendez-vous se veut une vitrine de l’ambition internationale de SOLMA : porter une mode née au Sénégal sur les grandes scènes mondiales.
Une marque née dans les rues de Pikine
L’histoire de SOLMA commence à Pikine, dans la banlieue de Dakar, entre le quartier de Tally Bou Mak et l’effervescence du marché Zinc. Né à Pikine, N‑Jah a fait de sa ville natale le point de départ et le cœur battant de son aventure entrepreneuriale. C’est dans cet environnement populaire, créatif et profondément urbain qu’il imagine une marque capable de raconter une autre Afrique : moderne, audacieuse et fière de ses racines. Pikine n’est donc pas seulement le berceau de SOLMA. La ville nourrit l’inspiration du créateur, son identité artistique et son engagement en faveur de la jeunesse. En wolof, « SOLMA » signifie « porte-moi ». Un nom qui sonne comme une invitation, mais aussi comme une déclaration d’intention. À travers ses créations, N‑Jah entend faire voyager le Sénégal et inscrire son identité dans les tendances contemporaines. La marque développe aujourd’hui plusieurs univers : streetwear, vêtements traditionnels et créations « tradi-modernes ». Survêtements aux finitions travaillées, tee-shirts signatures, ensembles en jean, chaussures, accessoires et maillots inspirés des couleurs nationales composent son catalogue. Son slogan, « From Senegal to the World », résume cette volonté de bâtir un pont entre Dakar et les grandes capitales internationales.

Solma Show 4 octobre
Londres comme nouveau tremplin
Désormais installée à Londres, SOLMA entend utiliser la capitale britannique comme une fenêtre ouverte sur le monde. Ville multiculturelle et place incontournable de la mode, Londres offre à la maison sénégalaise un accès privilégié aux diasporas africaines, aux médias internationaux et aux professionnels des industries créatives. Le Fashion Show du 4 octobre devrait marquer une étape importante dans cette stratégie. Après plusieurs éditions organisées à Dakar, notamment à la Place du Souvenir, à Fan City, au Grand Théâtre et au Baramundi, SOLMA poursuit le développement de son événement dans la capitale britannique. La marque revendique déjà le soutien de plusieurs personnalités. Youssou Ndour, Akon, CeeLo Green ou encore le footballeur sénégalais Ismaïla Sarr figurent parmi les célébrités présentées comme ayant porté ses créations. Une visibilité précieuse pour une maison qui ambitionne de transformer sa reconnaissance communautaire en véritable rayonnement international.
SOLMA se lance dans la bagagerie
Le défilé du 4 octobre marquera également une nouvelle étape dans le développement commercial de la marque. En collaboration avec **HB London**, SOLMA annoncera son entrée dans l’univers de la bagagerie avec une première production de **1 000 valises et bagages de voyage**. Cette nouvelle ligne doit permettre à la maison d’étendre son identité au-delà du vêtement. Les futures pièces de bagagerie devraient reprendre les codes visuels et l’esthétique urbaine qui caractérisent SOLMA, tout en répondant aux besoins d’une clientèle internationale et mobile. Cette diversification apparaît cohérente avec le slogan de la marque, « From Senegal to the World ». Après avoir habillé ses clients, SOLMA souhaite désormais les accompagner dans leurs voyages.

Une collection de maillots aux couleurs du Sénégal
SOLMA profitera également de son Fashion Show londonien pour présenter une nouvelle collection de **maillots du Sénégal revisités dans le style de la marque**. À travers ces créations, N‑Jah entend associer les couleurs nationales à l’esthétique contemporaine et urbaine de SOLMA. Plus que de simples tenues sportives, ces maillots seront pensés comme des pièces de mode permettant aux Sénégalais, notamment ceux vivant à l’étranger, d’afficher leur attachement au pays avec élégance et modernité. Cette collection devrait ainsi prolonger le travail déjà engagé par la maison autour des maillots inspirés des couleurs de différents pays. Elle s’adressera aussi bien au public sénégalais qu’aux membres de la diaspora désireux de porter leur identité culturelle au quotidien.
La mode comme instrument de solidarité
L’événement du 4 octobre possède également une dimension caritative. Depuis ses débuts, le SOLMA Show associe création et engagement social. Une partie des recettes doit contribuer au financement de projets consacrés à l’éducation et à la formation des jeunes de Pikine. Cette démarche se trouve au cœur de la philosophie défendue par N‑Jah. Pour le créateur, le vêtement ne constitue pas une finalité, mais un moyen de valoriser des savoir-faire, de créer des opportunités et de soutenir les communautés dont la marque est issue. SOLMA affirme également vouloir renforcer sa collaboration avec des artisans et des ateliers africains. Son ambition est de tendre vers une production entièrement réalisée sur le continent, même si cet objectif demande encore des moyens, une organisation solide et des capacités de production adaptées au marché international.

Le défi d’un passage à l’échelle
Comme de nombreuses marques africaines émergentes, SOLMA doit désormais relever plusieurs défis : structurer sa distribution, garantir une production régulière, renforcer sa présence numérique et séduire une clientèle internationale sans perdre son identité. Le lancement annoncé de 1 000 pièces de bagagerie représente, à cet égard, un changement d’échelle important. Il nécessitera une organisation capable de garantir la qualité des produits, le respect des délais de fabrication et une distribution adaptée à plusieurs marchés. Son positionnement premium traduit cette volonté de changer le regard porté sur la mode africaine. Les pièces phares sont commercialisées à des tarifs pouvant atteindre 250 livres sterling pour certains ensembles et survêtements, tandis que les tee-shirts et les maillots sont proposés entre 65 et 85 livres. Ce choix place SOLMA sur un segment exigeant, où l’histoire racontée par la marque doit être accompagnée d’une qualité irréprochable, d’un service commercial efficace et d’une stratégie internationale cohérente.
Le rendez-vous londonien du 4 octobre sera donc plus qu’une célébration. Il constituera un test grandeur nature pour une maison qui veut transformer une réussite née dans les rues de Pikine en aventure mondiale. À travers ce défilé, le lancement de sa ligne de bagagerie et la présentation de ses nouveaux maillots du Sénégal, N‑Jah entend démontrer qu’une marque sénégalaise peut conjuguer héritage culturel, esthétique contemporaine, diversification et ambition économique. De Dakar à Londres, SOLMA avance avec une conviction : l’Afrique ne doit plus seulement inspirer la mode internationale. Elle doit aussi en devenir l’une des signatures.

BEAUTÉ
FRANCE – Raïssa Dora : Du combat contre le SOPK à la création d’une marque dédiée au bien-être féminin
Diagnostiquée à l’âge de 12 ans d’un syndrome des ovaires polykystiques, Raïssa Dora a longtemps dû composer avec des douleurs menstruelles invalidantes, une prise de poids, une forte pilosité et une perte de cheveux. Cette Française d’origine camerounaise a puisé dans son expérience personnelle la force de créer une marque consacrée au bien-être des femmes. Aujourd’hui, son entreprise revendique plus de 30 000 commandes et porte un message essentiel : écouter son corps, consulter et ne jamais banaliser sa souffrance.

Derrière la cheffe d’entreprise se trouve d’abord une jeune femme joyeuse, curieuse et passionnée par les voyages, la lecture et les rencontres. Pourtant, une épreuve survenue au début de son adolescence a profondément influencé son parcours. À 12 ans, alors qu’elle vient d’avoir ses premières règles, son cycle s’interrompt brutalement. Sa mère, elle-même atteinte du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l’emmène consulter un gynécologue. Le diagnostic est posé. Malgré son jeune âge, Raïssa Dora comprend rapidement que ce syndrome hormonal pourra avoir des répercussions sur sa future vie de femme.
Des symptômes apparus progressivement
Les premières manifestations du SOPK se traduisent par de très fortes douleurs menstruelles. Pendant les trois premiers jours de ses règles, la jeune fille peine parfois à sortir de son lit et à se rendre à l’école. En grandissant, d’autres symptômes apparaissent : une pilosité de plus en plus importante, une fatigue inexpliquée, une prise de poids malgré une activité sportive régulière, puis une perte de cheveux au niveau des tempes et du milieu du crâne. Une consultation auprès d’un endocrinologue révèle également une hyperandrogénie, c’est-à-dire un excès d’hormones androgènes. Celle-ci permet notamment d’expliquer certains changements corporels, comme la pilosité, la chute des cheveux ou encore une prise de masse musculaire très rapide. « J’ai grandi avec cette sensation d’être différente des autres femmes », confie-t-elle. À l’école, elle parvient encore à gérer certaines absences. Mais son entrée dans la vie professionnelle rend la situation plus délicate. Comment expliquer à son responsable que les douleurs sont parfois si fortes qu’elles l’empêchent de se lever ? Avec une responsable femme, la parole lui semble généralement plus facile. Face à un manager homme, elle éprouve parfois le sentiment de devoir exposer une partie extrêmement intime de sa vie. Désireuse de faire ses preuves, elle préfère d’abord se cacher et inventer des excuses pour justifier certaines absences. Jusqu’au jour où elle décide de ne plus avoir honte. Lorsqu’elle rejoint une nouvelle entreprise, elle choisit désormais d’expliquer clairement qu’elle souffre du SOPK et que ce syndrome peut provoquer des douleurs menstruelles particulièrement invalidantes. Cette situation l’amènera également à privilégier, lorsque cela est possible, des emplois autorisant le télétravail.

Chercher des solutions pour améliorer son quotidien
Refusant de subir ses symptômes sans tenter de mieux les comprendre, Raïssa Dora commence à effectuer ses propres recherches. Elle s’intéresse notamment à certaines plantes traditionnellement utilisées pour le confort menstruel, comme les feuilles de framboisier ou la cannelle. Elle prépare alors ses propres mélanges et modifie progressivement certaines habitudes, notamment en réduisant sa consommation de sucre à l’approche de ses règles. Elle affirme avoir constaté une diminution progressive de la durée de ses douleurs. Cette expérience fait naître une interrogation : pourquoi les femmes souffrant du SOPK se voient-elles souvent proposer une réponse identique alors que leurs symptômes et leurs besoins peuvent être très différents ? Raïssa Dora précise toutefois que les changements alimentaires, la micronutrition ou les compléments alimentaires ne doivent pas remplacer une prise en charge médicale. Chaque femme doit bénéficier d’un accompagnement adapté à sa situation et éviter l’automédication.
D’un témoignage personnel à un projet entrepreneurial
Au départ, sa démarche n’a aucune ambition commerciale. En créant ses réseaux sociaux, Raïssa Dora souhaite simplement ouvrir une sorte de journal personnel dans lequel elle pourrait raconter son quotidien : celui d’une jeune femme confrontée aux douleurs, à la pilosité et aux transformations de son corps. Elle découvre rapidement que son histoire fait écho à celle de nombreuses femmes. En France, les témoignages autour du SOPK sont encore peu visibles, notamment chez les femmes noires. Au cours de ses recherches, elle trouve davantage de contenus provenant des États-Unis que de récits auxquels les femmes françaises pourraient facilement s’identifier. « Je me suis dit que je pouvais peut-être être l’une de celles qui allaient prendre la parole », raconte-t-elle. Son expérience personnelle devient alors le point de départ d’un projet entrepreneurial. Elle contacte plusieurs laboratoires afin d’étudier la possibilité de développer un premier complément alimentaire. Elle ne dispose pas de moyens considérables ni d’une grande structure pour la soutenir. Son principal argument reste son propre parcours. Plusieurs laboratoires refusent sa proposition. L’un d’eux, touché par son histoire, accepte finalement de l’accompagner dans la conception de son premier produit.

Une voiture vendue pour financer son premier produit
Créer un complément alimentaire nécessite de définir un objectif, de travailler sur une formule, de sélectionner les matières premières et d’effectuer différents contrôles de qualité, de pureté et de conformité. Le produit doit également respecter la réglementation avant sa mise sur le marché. Pour financer cette première production, les économies de Raïssa Dora ne suffisent pas. Elle prend alors une décision importante : vendre sa voiture. Le montant de la vente correspond, à l’euro près, à la somme qui lui manque pour lancer son premier complément alimentaire. « J’ai appelé ma mère en tremblant. Je lui ai dit : “Maman, devine combien vaut ma voiture ? C’est exactement le prix dont j’ai besoin !” » Après avoir effectué le virement, son compte bancaire se retrouve presque à zéro. Elle a tout misé sur son projet. « Finalement, cela a été l’une des meilleures décisions de ma vie », estime-t-elle aujourd’hui. L’entrepreneuriat ne lui était cependant pas totalement étranger. Raïssa Dora avait créé sa première entreprise dès 2016. Son entourage la connaissait déjà comme une femme entreprenante, toujours prête à imaginer de nouveaux projets. Mais la santé et le bien-être des femmes représentent la première cause pour laquelle elle accepte de s’exposer personnellement et de parler sans tabou.
Le SOPK ne se résume pas à la fertilité
À travers sa prise de parole, Raïssa Dora souhaite surtout déconstruire une idée reçue : le syndrome des ovaires polykystiques ne concerne pas uniquement les ovaires ou la possibilité d’avoir un enfant. Certaines femmes souffrent d’acné, d’une prise de poids difficile à maîtriser, de troubles du sommeil ou de l’humeur. D’autres vivent très difficilement la pilosité ou la perte de leurs cheveux. Toutes ne souhaitent d’ailleurs pas nécessairement avoir des enfants, mais leurs symptômes peuvent malgré tout dégrader considérablement leur qualité de vie. « Réduire le SOPK à un problème de fertilité peut avoir des conséquences sur la manière dont les patientes sont prises en charge », prévient-elle. L’accompagnement doit donc considérer la femme dans sa globalité. Selon la situation, il peut associer un suivi gynécologique ou endocrinologique, un accompagnement psychologique, des conseils nutritionnels et une activité physique adaptée. Raïssa Dora souhaite également sensibiliser les hommes. Une épouse, une sœur, une fille, une collègue ou une amie peut souffrir de douleurs menstruelles invalidantes sans parvenir à en parler. « Ce ne sont pas simplement de petites douleurs au ventre. Les règles et la santé menstruelle sont de véritables sujets de société », insiste-t-elle.
SOPK, fibromes et anémie : écouter la souffrance des femmes
Au contact de sa communauté, la fondatrice découvre également que certaines femmes cumulent plusieurs pathologies ou troubles gynécologiques. Une même patiente peut notamment être concernée par le SOPK, l’endométriose ou des fibromes. Ces derniers sont des tumeurs bénignes qui se développent au niveau de l’utérus. Selon leur nombre, leur taille ou leur localisation, ils peuvent notamment provoquer des règles très abondantes, des saignements prolongés, des douleurs ou une pression sur la vessie. Pour Raïssa Dora, la prise en charge ne doit pas uniquement être pensée autour d’un éventuel désir d’enfant. Elle doit aussi chercher à améliorer la qualité de vie des femmes et à prendre leur douleur au sérieux. Les saignements abondants peuvent par ailleurs favoriser une carence en fer, voire une anémie. Une fatigue inhabituelle ou persistante ne doit donc pas être banalisée. « Faites vos bilans, consultez et ne banalisez pas une fatigue persistante », recommande-t-elle. Elle rappelle qu’une anémie nécessite une véritable prise en charge médicale. Les compléments alimentaires ou les mesures d’accompagnement ne peuvent se substituer à un diagnostic, à des analyses sanguines et au traitement prescrit par un professionnel de santé.

La naturopathie en complément du suivi médical
Devenue naturopathe, Raïssa Dora définit son rôle comme celui d’une accompagnante et d’une personne capable d’orienter les femmes vers les professionnels compétents. Elle recueille des informations sur leurs habitudes de vie et peut proposer des conseils en matière d’alimentation, d’hygiène de vie ou de micronutrition, tout en restant dans les limites de son champ de compétences. Certaines femmes arrivent après un parcours médical éprouvant et voient parfois la naturopathie comme leur dernier espoir. Une situation qui implique, selon elle, une grande responsabilité. « Notre rôle est aussi de les réconcilier avec le corps médical », souligne-t-elle. Lorsqu’une femme a besoin d’un psychologue, d’un médecin, d’un gynécologue ou d’un autre spécialiste, elle doit être orientée. Raïssa Dora indique ainsi collaborer avec différents professionnels, parmi lesquels des gynécologues, des sexologues, des diététiciens et des spécialistes de la nutrition. Son message reste sans ambiguïté : « Il ne faut pas abandonner le suivi médical. »
Une alimentation adaptée à chaque femme
L’alimentation occupe également une place importante dans son approche, sans qu’il soit question de désigner certains aliments comme des ennemis. Raïssa Dora met en garde contre la reproduction automatique de régimes alimentaires popularisés sur Internet. Les aliments présentés comme indispensables ne conviennent pas forcément aux habitudes, à la culture ou aux besoins de chaque personne. Elle-même s’est tournée vers des recettes et des produits culturellement plus proches de ses origines camerounaises. En adaptant progressivement son alimentation, elle affirme avoir observé des changements sur son poids et son cycle menstruel. Son principe est simple : mieux manger, comprendre ce qui convient à son propre organisme et se faire accompagner par un professionnel lorsque cela est nécessaire. Supprimer arbitrairement des aliments ou des groupes alimentaires entiers peut en effet provoquer des déséquilibres.
Plus de 30 000 commandes
Ce qui devait être au départ un simple espace de témoignage a progressivement pris une dimension internationale. La marque Raïssa Dora revendique aujourd’hui plus de 30 000 commandes enregistrées sur son site Internet, un cap salué par la remise d’un trophée Shopify. Ce chiffre ne permet toutefois pas de mesurer précisément le nombre de personnes touchées par ses contenus, ses accompagnements ou ses produits, notamment à l’international. Pour sa fondatrice, cette évolution confirme surtout que les femmes avaient besoin d’un espace dans lequel elles pourraient parler de leur corps et de leur santé sans honte.
Briser les tabous autour de la santé féminine
Ce 12 septembre, Raïssa Dora et son équipe organisent un événement à La Cigale, à Paris. Le choix de cette salle prestigieuse est symbolique : la santé des femmes ne doit plus être reléguée au second plan ni considérée comme un sujet embarrassant. Fibromes, règles, anémie, fertilité et infertilité, y compris masculine, doivent pouvoir être abordés ouvertement et en présence de professionnels. Des initiatives sont également développées sur le continent africain. Après une conférence organisée le 5 septembre avec une association, un brunch avec Raïssa Dora est notamment prévu en Côte d’Ivoire. L’objectif demeure le même : créer des espaces où les femmes peuvent s’informer, partager leurs expériences, poser leurs questions et parler librement de leur santé. À celles qui sentent que quelque chose ne va pas dans leur corps, mais qui peinent encore à obtenir des réponses, Raïssa Dora adresse un message de persévérance : « Faites-vous confiance. Vous connaissez votre corps. Si vous sentez que quelque chose ne va pas, n’ignorez pas ce signal. Consultez et, si nécessaire, demandez plusieurs avis jusqu’à trouver le professionnel de santé qui prendra le temps de vous écouter. Il ne faut pas abandonner. »
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