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AFRIQUE

MALI – Après un décès lors d’un contrôle, des violences secouent une localité de Koulikoro

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La tension est montée d’un cran dans une localité de la région de Koulikoro, au Mali, après la mort par balle d’un jeune homme employé comme gardien sur un site d’orpaillage. Le drame, survenu dans la soirée du dimanche 11 octobre 2026, a provoqué le lendemain des manifestations qui ont dégénéré en violences, selon plusieurs sources locales citées par Radio France internationale (RFI).

D’après les témoignages recueillis auprès de notables, de ressortissants de la zone et de spécialistes du suivi sécuritaire, la victime, âgée d’une trentaine d’années, circulait à moto avec une passagère alors qu’elle se rendait à son lieu de travail. Des policiers auraient tenté de procéder à un contrôle. Certaines sources évoquent un différend lié à la vignette du véhicule.

Le conducteur aurait refusé de s’arrêter, entraînant une escalade de la situation. Les agents auraient alors ouvert le feu, touchant mortellement le jeune homme. Sa passagère, blessée au cours de l’incident, a été évacuée vers Bamako pour recevoir des soins. Les circonstances précises de l’intervention policière n’ont pas encore été officiellement établies.

Le lendemain, lundi 12 octobre, la colère d’une partie de la population s’est exprimée dans la rue. Des manifestants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une nouvelle bavure policière. Des groupes ont parcouru les rues, incendié des objets et perturbé les activités habituelles. Le marché hebdomadaire n’a pas pu se tenir et plusieurs commerçants ont préféré fermer leurs boutiques.

Face aux protestations, les forces de police sont intervenues et auraient procédé à des tirs de sommation. Plusieurs sources font état de blessés parmi les personnes présentes. Certaines évoquent également un second décès et de nombreuses interpellations, mais ces informations n’ont pas pu être confirmées de manière indépendante.

Cet épisode intervient quelques jours après un autre drame survenu le dimanche 4 octobre à Dialakorodji, près de Kati, dans la région de Koulikoro. Un homme y avait perdu la vie après avoir été renversé par un véhicule de police, dans des circonstances liées, selon les informations rapportées, à un refus d’obtempérer alors qu’il circulait dans un cortège de mariage.

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AFRIQUE

RD CONGO – Joseph Kabila à la tête du FRN : Le pari risqué d’un retour au premier plan

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En mai dernier, la question était de savoir si Joseph Kabila avait encore les moyens de peser sur l’avenir politique de la République démocratique du Congo. L’annonce faite le 12 octobre à Goma apporte un nouvel élément de réponse. L’ancien chef de l’État a été désigné à la présidence du Front pour la refondation de la nation (FRN), une nouvelle plateforme politico-militaire appelée à prendre la relève de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), dans laquelle s’inscrit également le Mouvement du 23 mars (M23).

Cette nomination marque un tournant dans le positionnement de l’ancien président. Alors que ses liens avec les responsables de l’AFC/M23 étaient déjà évoqués dans les rapports et les analyses consacrés au conflit dans l’est du pays, il assume désormais officiellement la direction de cette nouvelle structure. Son rôle ne se limite donc plus à critiquer la gestion du pouvoir de Kinshasa ou à commenter les négociations de paix. Il devra également répondre des orientations politiques et des décisions prises par le mouvement qu’il dirige.

Ce retour au premier plan ne signifie toutefois pas que Joseph Kabila a trouvé une issue aux difficultés auxquelles il est confronté. Sa condamnation à mort prononcée par la justice congolaise et les sanctions américaines qui le visent demeurent des obstacles majeurs. La création du FRN lui offre un nouveau cadre pour tenter d’influencer le rapport de force national, mais elle ne garantit ni la consolidation de son camp ni une évolution favorable de sa situation politique et judiciaire.

Au sein de la nouvelle organisation, plusieurs figures déjà connues de l’AFC/M23 conservent des responsabilités importantes. Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa sont annoncés comme vice-présidents, tandis que Sultani Makenga demeure à la tête du commandement militaire, avec le rang de vice-président. Freddy Kaniki occupe le poste de secrétaire général, assisté de Benjamin Mbonimpa.

La recomposition concerne donc principalement le sommet de l’organisation, sans bouleverser l’ensemble de son appareil dirigeant. La déclaration fondatrice prévoit encore la mise en place de certains organes. Elle ne détaille pas précisément les modalités de partage du pouvoir entre Kabila et les responsables historiques du mouvement, ni les mécanismes qui permettront de trancher d’éventuels différends entre les dirigeants politiques et militaires.

Ces interrogations ne sont pas nouvelles. Dans leur rapport consacré à la situation en RDC, les experts des Nations unies avaient déjà décrit des divergences au sein de l’AFC/M23. Selon leurs conclusions, Joseph Kabila et Corneille Nangaa nourrissaient des ambitions politiques dépassant les territoires contrôlés par la rébellion, tandis que plusieurs responsables du M23 se montraient réticents à l’idée d’étendre les opérations militaires au-delà du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Les experts avaient également évoqué la possibilité d’une restructuration de l’organisation, accompagnée d’un changement de nom et d’une place accrue accordée à l’ancien président. L’annonce du FRN concrétise ainsi une évolution envisagée auparavant. Elle ne permet cependant pas d’affirmer que les divergences stratégiques ont disparu.

Une autre question demeure en suspens : celle de l’avenir du M23. La déclaration du nouveau front annonce explicitement la fin de l’Alliance Fleuve Congo, mais ne précise pas de manière distincte le statut futur du mouvement armé. Le devenir de « Sauvons la RDC », la plateforme politique lancée par Joseph Kabila en 2025, reste également à clarifier. Autant d’éléments qui devront être précisés pour comprendre la véritable architecture du FRN.

Le choix d’assumer une direction politico-militaire a aussi un coût politique. Le mouvement affirme vouloir combattre ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du pouvoir de Félix Tshisekedi, y compris par le recours à la force. Cette orientation place Joseph Kabila dans une position plus explicite vis-à-vis de la lutte armée et crée une ligne de démarcation avec les opposants qui contestent le régime en place, mais refusent de s’associer à une rébellion.

Les premières réactions dans son entourage illustrent cette fracture. Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre des Droits humains, a exprimé sa reconnaissance envers l’ancien président tout en prenant ses distances avec l’option militaire. Elle affirme privilégier le dialogue et entend poursuivre son engagement dans l’opposition sans rejoindre le FRN.

Des mouvements de retrait sont également signalés au sein du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation politique associée à Joseph Kabila. Patrick Nkanga a annoncé son départ de ses fonctions au sein du parti, tandis qu’Allegra Fosh Ngalula a rejeté toute association avec une démarche qu’elle considère comme susceptible de déstabiliser le pays.

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AFRIQUE

SOUDAN – Frappe meurtrière à Jabal al-Uqaydat : Khartoum veut établir les responsabilités

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Le chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, a ordonné lundi 12 octobre l’ouverture d’une enquête sur une frappe aérienne meurtrière survenue deux jours plus tôt dans une zone d’exploitation aurifère de Jabal al-Uqaydat, près de la frontière égyptienne. Selon le collectif indépendant Emergency Lawyers, le bombardement aurait fait 72 morts parmi les travailleurs présents sur le site. Le bilan et les circonstances exactes de l’attaque restent toutefois à établir.

La commission d’enquête annoncée par les autorités soudanaises réunira des représentants du parquet, des instances judiciaires et des services de sécurité. Elle devra reconstituer le déroulement des événements et transmettre ses conclusions aux autorités compétentes. Aucun calendrier n’a été communiqué pour la remise du rapport. Al-Burhan a insisté sur la nécessité de faire toute la lumière sur cet incident et de veiller au respect de la souveraineté territoriale.

Emergency Lawyers accuse l’armée de l’air égyptienne d’être à l’origine de la frappe. D’après un témoin cité dans les informations relayées après l’attaque, un avion aurait effectué plusieurs bombardements samedi matin, déclenchant un mouvement de panique parmi les mineurs. Ces accusations n’ont cependant pas pu être confirmées de manière indépendante. Les autorités égyptiennes n’ont pas officiellement reconnu leur responsabilité dans cette opération.

Le dossier intervient dans un contexte de tensions sécuritaires autour de la frontière entre les deux pays, où l’exploitation aurifère informelle et les activités de contrebande constituent des enjeux majeurs. L’armée égyptienne avait déjà annoncé, lors d’une opération antérieure dans cette région, vouloir lutter contre l’extraction illégale de l’or. Le statut de certaines zones frontalières demeure contesté, ce qui complique l’établissement des faits et l’attribution des responsabilités.

Sur le plan diplomatique, les ministres des Affaires étrangères égyptien et soudanais, Badr Abdelatty et Mohieddin Salem, ont échangé par téléphone lundi. Selon les informations communiquées à l’issue de leur entretien, les deux responsables ont réaffirmé leur engagement en faveur du respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et des frontières de leurs États. Ils ont également exprimé leur volonté de poursuivre la coopération bilatérale, alors que l’enquête doit permettre de clarifier les circonstances du drame.

La zone de Jabal al-Uqaydat se trouve dans un espace montagneux riche en ressources minérales, où l’extraction artisanale de l’or représente une importante source de revenus pour de nombreux Soudanais. La crise économique et humanitaire provoquée par la guerre, déclenchée en avril 2023 entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR), a accentué la dépendance de certaines populations à cette activité souvent exercée dans des conditions dangereuses.

Le secteur aurifère occupe une place importante dans l’économie soudanaise, tout en étant exposé aux circuits informels et aux trafics transfrontaliers. Dans ce contexte, les mineurs travaillant dans des zones reculées restent particulièrement vulnérables aux violences et aux opérations sécuritaires.

L’incident du 10 octobre serait le deuxième bombardement meurtrier signalé cette année dans la région. En juin, une précédente attaque attribuée à l’Égypte par des sources locales aurait coûté la vie à 23 travailleurs. À l’époque, l’armée égyptienne avait fait état d’une opération contre l’exploitation aurifère illégale sur le territoire qu’elle considère comme relevant de sa juridiction, sans reconnaître explicitement la responsabilité dans les frappes meurtrières rapportées.

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AFRIQUE

MAROC – Le PAM scelle une alliance à quatre pour former le prochain gouvernement

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Le Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM), arrivé en tête des élections législatives marocaines, a conclu un accord avec trois autres formations politiques afin de constituer une majorité parlementaire. Cette coalition, qui rassemble 207 députés sur les 395 sièges de la Chambre des représentants, dispose d’un nombre suffisant d’élus pour soutenir la formation du prochain gouvernement.

Outre le PAM, l’alliance réunit le Parti de l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). L’accord a été annoncé dans un communiqué publié à Rabat à l’issue d’un deuxième cycle de discussions entre les différentes formations.

La répartition des sièges donne 97 élus au PAM, 65 au Parti de l’Istiqlal, 26 à l’USFP et 19 au PPS. Ensemble, les quatre partis dépassent le seuil de 198 sièges requis pour obtenir la majorité absolue au Parlement. Ils ont annoncé leur intention de proposer des candidats aux différents portefeuilles ministériels et de préparer rapidement un programme commun destiné à guider l’action du futur exécutif.

Cette étape intervient après la décision du roi Mohammed VI, qui a confié le 29 septembre à Fatima Ezzahra El Mansouri, présidente du PAM, la mission de former le gouvernement. Sa désignation fait suite aux élections législatives du 23 septembre, à l’issue desquelles son parti s’est classé en première position.

Le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui dirigeait la précédente équipe gouvernementale, reste en dehors de cette nouvelle alliance. Malgré sa deuxième place dans les urnes, avec 66 sièges, il ne participera donc pas à la coalition annoncée.

La formation de cette majorité ouvre désormais la voie aux négociations sur la composition du gouvernement et sur les priorités du programme commun. Les prochains arbitrages devront permettre aux quatre partis de répartir les responsabilités ministérielles et de préciser les orientations politiques de la future équipe dirigeante.

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