AFRIQUE DU NORD
TUNISIE – Le président Kaïs Saïed a désormais plus de pouvoir
Le président tunisien Kaïs Saïed a annoncé le mercredi 22 septembre une série de mesures qui lui donnerait plus de pouvoir dans les prises de décisions. La promulgation de ces mesures intervient suite à son discours du lundi 20 septembre 2021 à Sidi Bouzid, le berceau de la révolution tunisienne.
Les tunisiens étaient au aguet pour la feuille de route du président Kaïs Saïed, qui a été finalement divulguée mercredi 22 septembre. Le Parlement reste gelé, l’immunité des députés aussi, soldée par une perte de leur salaire. Le maître de Carthage a décidé de se substituer à l’Assemblée avec ses nouveaux pouvoirs. Il légiférera désormais par décrets pour une durée qui n’a pas été précisée.
Selon certains observateurs, ces nouvelles mesures montrent que la Tunisise s’achemine progressivement vers un régime présidentiel. Le mot “présidentialiste” est utilisé pour dénoncer cette prise de pouvoir supplémentaire en faveur du président tunisien. Ce dernier renforce sans conteste ses prérogatives au détriment du gouvernement.
Le parti islamiste Ennahdha, première force au sein de l’Assemblée, de son côté, a réagit par la voix de son président Rached Ghannouchi, refuse ces mesures présidenielles qui selon lui est un abandon de la Consitution de 2014.
AFRIQUE
MAROC – Le maire de Tanger interpellé après les soupçons d’irrégularités électorales
Le maire de Tanger, Mounir Laymouri, a été placé en garde à vue lundi 28 septembre après son interpellation à l’aéroport Ibn Battouta, à son retour d’Espagne. L’élu du Parti authenticité et modernité (PAM) est entendu dans le cadre d’une enquête judiciaire portant sur des irrégularités présumées lors des élections législatives du 23 septembre.
L’affaire trouve son origine dans la découverte de documents électoraux irréguliers dans deux bureaux de vote de Tanger, notamment à l’école Al Qods, dans le quartier de Casabarata. Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances des faits et d’établir les éventuelles responsabilités. Cinq personnes avaient déjà été interpellées dans ce dossier, parmi lesquelles des responsables de bureaux de vote.
Mounir Laymouri, qui se trouvait en Espagne depuis quelques jours, avait annoncé son retour au Maroc et affirmé que son déplacement était lié à un rendez-vous professionnel. Il avait également contesté tout lien avec l’affaire. Son arrivée à Tanger a toutefois été suivie de son interpellation et de son placement en garde à vue.
Parallèlement à la procédure judiciaire, le ministère marocain de l’Intérieur a dépêché une commission centrale d’inspection à Tanger. Cette équipe doit examiner les irrégularités signalées dans deux bureaux de vote et établir, sur le plan administratif, les responsabilités éventuelles.
L’enquête intervient quelques jours après les élections législatives remportées par le PAM. Selon les résultats officiels annoncés par le ministère de l’Intérieur, le parti a obtenu 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants, devant le RNI avec 66 sièges, l’Istiqlal avec 65 et le PJD avec 54. La participation nationale s’est établie à environ 38 %, contre 50 % en 2021.
À ce stade, les investigations se poursuivent et la procédure judiciaire doit encore déterminer précisément les faits reprochés à chacun des mis en cause. Le placement en garde à vue de Mounir Laymouri ne préjuge donc pas de l’issue de la procédure.
AFRIQUE
MAROC – Le PAM s’impose aux législatives, le paysage politique se redessine
Le paysage politique marocain se redessine à l’issue des élections législatives du 23 septembre. Selon les résultats provisoires annoncés par le ministère de l’Intérieur, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) arrive en première position avec 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants.
Le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui dirigeait la coalition gouvernementale sortante, obtient 66 sièges et se classe deuxième. Le Parti de l’Istiqlal suit de très près avec 65 élus, tandis que le Parti de la justice et du développement (PJD), principale formation d’opposition, décroche 54 sièges.
Ce résultat place le PAM au centre des prochaines discussions sur la formation du gouvernement. En vertu de la Constitution marocaine, le chef du gouvernement est nommé par le roi au sein du parti arrivé en tête des élections à la Chambre des représentants. Avec 97 députés, le PAM devra toutefois composer avec d’autres formations pour disposer d’une majorité parlementaire, fixée à 198 sièges.
La configuration issue des urnes laisse ainsi ouverte la question des futures alliances. Le PAM, le RNI et l’Istiqlal disposent ensemble de 228 sièges, ce qui leur permettrait théoriquement de conserver une majorité à trois. Mais le nouvel équilibre entre ces formations modifie sensiblement le rapport de forces au sein de l’ancienne coalition gouvernementale.
Le scrutin a surtout été marqué par une participation particulièrement faible. Le taux national s’établit autour de 38 %, contre 50,86 % lors des législatives de 2021. Il s’agit du niveau le plus bas depuis 2007, selon les données communiquées après le vote.
Cette faible mobilisation intervient dans un contexte social marqué par les préoccupations liées à l’emploi, au coût de la vie, aux services publics et aux inégalités. Les questions concernant l’accès aux soins et à l’éducation ont également occupé une place importante dans les débats précédant le scrutin.
Le rapport à la politique demeure particulièrement délicat chez les jeunes. Les moins de 25 ans représentent une faible proportion du corps électoral effectivement inscrit, tandis que le pays avait déjà connu, en 2025, des mobilisations portées par une partie de la jeunesse autour des conditions d’accès à la santé et à l’éducation.
Autre enseignement du scrutin, le PJD effectue un retour marqué dans la nouvelle Chambre. Après avoir obtenu seulement 13 sièges en 2021, la formation islamiste d’opposition en décroche cette fois 54. Ce résultat la replace parmi les principales forces parlementaires du pays, même si elle reste derrière le PAM, le RNI et l’Istiqlal.
Les résultats annoncés restent provisoires et devront encore être consolidés. Pour le PAM, l’enjeu est désormais de transformer sa première place électorale en majorité parlementaire et de participer à la constitution du prochain gouvernement. Les négociations entre les différentes formations devraient donc constituer la prochaine étape majeure de la séquence politique marocaine.
AFRIQUE
MAROC – Législatives : le coût de la vie et l’emploi au cœur d’un scrutin sous tension
Les électeurs marocains se sont rendus aux urnes mercredi pour renouveler la Chambre des représentants, dans un contexte marqué par de fortes préoccupations liées au coût de la vie, à l’emploi et aux inégalités sociales. Le scrutin intervient également alors que la confiance envers les formations politiques apparaît comme un enjeu important de cette élection.
Près de 16 millions d’électeurs étaient inscrits pour choisir les 395 membres de la Chambre des représentants. Les opérations de vote ont débuté à 8 heures et devaient s’achever à 19 heures, avec les premières tendances attendues dans la soirée.
À Rabat, plusieurs électeurs se sont présentés dès l’ouverture des bureaux. Parmi eux, un homme âgé de 42 ans a expliqué être venu voter avec l’espoir de voir les conditions de vie s’améliorer.
La participation électorale constitue l’un des principaux enjeux du scrutin, notamment chez les jeunes. Les électeurs âgés de 18 à 24 ans ne représentent qu’environ 4 % des inscrits, un chiffre qui alimente les interrogations sur leur mobilisation.
La campagne a principalement porté sur les questions économiques et sociales. Le chômage, la progression des prix, le pouvoir d’achat, les inégalités et la perception de l’action des responsables politiques ont occupé une place centrale dans les programmes et les discours des formations en lice.
Le Rassemblement national des indépendants, qui dirige actuellement la coalition gouvernementale, figure parmi les formations susceptibles de recueillir un nombre important de sièges selon plusieurs observateurs. Les sondages d’opinion étant interdits par la législation électorale marocaine, aucune mesure publique de l’état des intentions de vote n’est disponible.
Aziz Akhannouch, qui a conduit la campagne du RNI, a défendu le bilan de son gouvernement, en mettant notamment en avant l’extension de la couverture sociale ainsi que les réformes engagées dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Il a également mis en avant les augmentations salariales intervenues sous son gouvernement et promis de poursuivre cette politique en cas de reconduction de son parti.
Le chef du gouvernement sortant fait cependant face à des critiques récurrentes, notamment autour de possibles conflits d’intérêts liés à ses activités dans le secteur des hydrocarbures. Son nom a également été associé aux revendications d’un mouvement de jeunes réclamant notamment une amélioration des services publics dans la santé et l’éducation.
Face au RNI, le Parti authenticité et modernité constitue l’une des principales forces politiques en présence. Les deux formations, généralement situées au centre droit, participent actuellement à la coalition gouvernementale et entretiennent des positions relativement proches sur plusieurs questions politiques.
Le PAM a notamment misé sur la notoriété de Fouzi Lekjaa, ministre du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football. Celui-ci a placé la jeunesse et l’amélioration du pouvoir d’achat parmi les thèmes de sa campagne, en défendant une plus grande participation des jeunes à la vie économique et sociale.
Le parti compte également parmi ses figures importantes Fatima Ezzahra Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire et maire de Marrakech. Son nom a été évoqué parmi les personnalités susceptibles d’occuper de hautes responsabilités gouvernementales.
Le PAM doit toutefois composer avec les conséquences d’une importante affaire judiciaire ayant touché certains de ses responsables. Deux cadres du parti ont été condamnés en juin à des peines de dix et douze ans de prison dans une affaire de trafic de drogue connue sous le nom de « l’Escobar du Sahara ».
Le parti de l’Istiqlal participe également à la compétition électorale. Dirigée par le ministre de l’Équipement Nizar Baraka, cette formation de droite a orienté sa campagne vers les questions sociales et économiques.
Dans l’opposition, le Parti de la justice et du développement, formation islamiste dirigée par l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, a notamment fait de la lutte contre la corruption un axe majeur de sa campagne. Le parti défend également des positions conservatrices sur certaines questions sociétales, notamment en matière de droit successoral et de relations sexuelles hors mariage.
Le résultat des élections déterminera la composition de la prochaine Chambre des représentants et constituera une étape importante dans la formation du prochain gouvernement. Au Maroc, le roi désigne le chef du gouvernement parmi les membres du parti arrivé en tête du scrutin. Le Premier ministre ainsi nommé constitue ensuite son équipe gouvernementale pour un mandat de cinq ans, tandis que le souverain conserve des prérogatives importantes dans les grandes orientations de l’État.
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