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NIGÉRIA

NIGÉRIA : Le président Muhammadu Buhari exhorte M. Biden à déployer sa vaste expérience pour s’attaquer aux conséquences négatives de la politique nationaliste sur les affaires mondiales

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Félicitations au Président élu américain Joe Biden pour son élection à un moment d’incertitude et de peur dans les affaires mondiales. Son élection nous rappelle que la démocratie est la meilleure forme de gouvernement parce qu’elle offre à la population la possibilité de changer de gouvernement par des moyens pacifiques. 

Dans une démocratie, le groupe le plus puissant n’est pas les politiciens, mais les électeurs qui peuvent décider du sort des politiciens à l’isoloir. La principale fascination de la démocratie est la liberté de choix et la suprématie de la volonté du peuple.

Le respect de la volonté du peuple est la raison même pour laquelle la démocratie demeure la meilleure forme de gouvernement, malgré ses limites d’un pays à l’autre et d’une société à l’autre.

Le bilan remarquable du président élu Biden nous donne l’espoir qu’il apportera une valeur ajoutée à la présidence et aux affaires mondiales. Nous attendons avec impatience une plus grande coopération entre le Nigeria et les États-Unis, en particulier sur les plans économique, diplomatique, politique et sécuritaire.

J’exhorte M. Biden à déployer sa vaste expérience pour s’attaquer aux conséquences négatives de la politique nationaliste sur les affaires mondiales — qui ont créé des divisions et des incertitudes — et à instaurer un engagement accru avec l’Afrique sur la base d’un respect réciproque et d’intérêts communs.

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AFRIQUE

NIGERIA – Bola Tinubu mise sur la reprise économique avant la présidentielle de 2027

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Le président nigérian Bola Tinubu assure que les premiers effets de ses réformes économiques sont désormais visibles, mettant en avant la progression de l’activité et l’amélioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques. Le chef de l’État affirme notamment que l’économie nigériane devrait enregistrer une croissance supérieure à 4 % en 2026.

Cette tendance est également relevée par le Fonds monétaire international. Dans ses dernières projections, le FMI table sur une croissance réelle du PIB de 4,1 % pour le Nigeria en 2026, après 4 % en 2025. L’institution attribue cette dynamique à la fois aux secteurs pétrolier et non pétrolier.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2023, Bola Tinubu a engagé une série de réformes destinées à rééquilibrer les finances publiques et à modifier le fonctionnement du marché des changes. La suppression de la subvention sur les carburants et la libéralisation du taux de change du naira ont constitué les principales mesures de ce programme.

Ces décisions ont toutefois provoqué d’importants effets sociaux. La dépréciation de la monnaie et la hausse du coût de la vie ont pesé sur les ménages, tandis que l’inflation, après avoir diminué pendant plusieurs mois, a recommencé à progresser au début de 2026. Le FMI relevait ainsi une inflation annuelle de 15,1 % en février, passée à 15,4 % en mars.

Dans son discours, Tinubu a insisté sur la nécessité de traduire les améliorations macroéconomiques en bénéfices concrets pour la population. Il a notamment évoqué l’accès des agriculteurs aux terres et à la sécurité, la disponibilité de l’électricité pour les entreprises et l’accès au financement, ainsi que la création d’emplois pour les jeunes.

Le président affirme vouloir inscrire ces transformations dans la durée, en faisant de la croissance et de la productivité les leviers d’une amélioration progressive des conditions de vie.

La situation sécuritaire demeure toutefois un obstacle important. Les violences et les enlèvements continuent de toucher plusieurs régions du pays et pèsent notamment sur l’agriculture, l’investissement et la production pétrolière. Le FMI identifie d’ailleurs la sécurité, l’électricité, les infrastructures, l’agriculture et le capital humain parmi les principaux défis auxquels le Nigeria reste confronté.

Sur le plan politique, Bola Tinubu sera candidat à sa réélection lors de la présidentielle prévue le 16 janvier 2027. La Commission électorale nationale indépendante (INEC) a publié en septembre la liste définitive des candidats, qui comprend 18 prétendants à la magistrature suprême. Parmi eux figurent notamment l’ancien vice-président Atiku Abubakar et Peter Obi, déjà candidats lors de la présidentielle de 2023.

À quelques mois du scrutin, le débat politique nigérian porte ainsi à la fois sur les résultats des réformes économiques engagées depuis 2023 et sur leur impact concret sur le pouvoir d’achat, l’emploi, la sécurité et les conditions de vie de la population.

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AFRIQUE

NIGERIA – Présidentielle 2027 : les déplacés veulent transformer leur colère en voix électorale

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À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, les populations déplacées par les conflits entendent transformer leur situation en enjeu électoral. Installées depuis plusieurs années dans des camps de fortune autour d’Abuja, des milliers de familles disent attendre des futurs dirigeants des réponses concrètes face à l’insécurité, à la pauvreté et à leurs conditions de vie précaires.

Dans ces camps, certaines familles vivent depuis plus d’une décennie loin de leurs régions d’origine. Beaucoup ont fui les violences liées notamment à l’insurrection de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. Aujourd’hui, elles occupent des abris rudimentaires faits de tôles, de bois et de bâches, avec l’espoir de pouvoir un jour retrouver leurs terres.

Pour Zainab Bukar, déplacée de 50 ans originaire de l’État de Borno, l’élection représente une occasion de faire entendre les attentes de ces populations. Elle espère notamment une amélioration de la sécurité et des conditions de vie, après des années marquées par les déplacements forcés et l’incertitude.

Le phénomène concerne une part importante de la population. Selon l’ONU, près de 3,7 millions de Nigérians sont actuellement déplacés à l’intérieur du pays. À l’approche du scrutin, cette population pourrait donc constituer un enjeu politique, alors que le pays reste confronté à l’insécurité, à la hausse du coût de la vie et aux difficultés économiques.

Dingiyefa Angalapu, analyste au Centre pour la démocratie et le développement en Afrique de l’Ouest, souligne l’importance de permettre aux déplacés de participer au processus électoral et d’exprimer leurs préoccupations par les urnes.

Dans les camps, le sentiment d’abandon reste toutefois très présent. Certaines familles disent avoir bénéficié de peu de soutien des pouvoirs publics depuis leur arrivée, tandis que le retour dans leurs localités d’origine demeure impossible en raison de la persistance des violences. La proximité avec la capitale fédérale contraste ainsi fortement avec la précarité dans laquelle vivent ces populations.

À cette situation s’ajoute la pression économique qui pèse sur les ménages. La suppression de la subvention sur les carburants décidée en 2023 par le président Bola Tinubu a entraîné une forte hausse des prix, accentuant les difficultés quotidiennes pour de nombreux Nigérians.

Sur le front sécuritaire, les opérations menées contre les groupes armés n’ont pas empêché la poursuite des attaques et des enlèvements dans différentes régions du pays. Pour les déplacés, la sécurité demeure ainsi l’une des principales conditions à remplir avant d’envisager un retour dans leurs communautés d’origine.

À l’approche de la présidentielle, les positions divergent néanmoins dans les camps. Certains déplacés envisagent de sanctionner le pouvoir à travers leur vote, tandis que d’autres continuent de soutenir le président sortant. Face à eux, l’opposition tente de capitaliser sur le mécontentement, malgré ses propres divisions.

Après des années passées loin de leurs foyers, les déplacés veulent désormais que leur situation soit davantage prise en compte dans le débat politique. Pour ces millions de Nigérians, le scrutin de 2027 représente aussi l’occasion de rappeler aux candidats les conséquences humaines des conflits et l’urgence de trouver des solutions durables à leur déplacement.

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AFRIQUE

NIGERIA – Présidentielle 2027 : Peter Obi promet de s’attaquer frontalement à la corruption

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À quelques mois de la présidentielle de janvier 2027, Peter Obi veut imposer son propre récit face au pouvoir de Bola Tinubu. Le candidat de l’opposition place la lutte contre la corruption, la réduction des dépenses de l’État et la création d’emplois au cœur de son projet, avec une promesse centrale : dégager davantage de ressources publiques pour répondre aux difficultés économiques et sociales qui frappent le pays.

L’ancien gouverneur de l’État d’Anambra estime que le fonctionnement actuel de l’administration coûte trop cher au Nigeria et laisse une part importante des ressources publiques se perdre dans le gaspillage et la corruption. Pour lui, une réduction du train de vie de l’État permettrait de réorienter les moyens vers des secteurs qu’il considère prioritaires, notamment la santé, l’éducation et la lutte contre la pauvreté.

Peter Obi veut également faire de la question économique un élément central de la réponse aux problèmes de sécurité. Selon lui, la pauvreté et le manque d’opportunités professionnelles alimentent une partie de la criminalité. Il défend donc une stratégie fondée sur l’augmentation de la productivité et le développement de l’emploi, particulièrement dans le secteur manufacturier.

Cette industrie a considérablement perdu du poids dans l’économie nigériane au cours des dernières décennies. Dans le même temps, le pays demeure confronté à une situation sécuritaire complexe, marquée par la présence de groupes jihadistes, de gangs criminels, de violences séparatistes ainsi que de conflits entre agriculteurs et éleveurs.

Pour Peter Obi, une politique de sécurité efficace ne peut ainsi être limitée aux opérations des forces de défense et de sécurité. Elle doit également s’attaquer aux facteurs économiques susceptibles de favoriser le recrutement ou l’extension des réseaux criminels. Son raisonnement est simple : réduire la pauvreté et créer des emplois permettrait de réduire progressivement le nombre de personnes susceptibles de basculer dans la criminalité.

Sur le plan institutionnel, le candidat de l’opposition défend par ailleurs une réforme du système policier. Il propose la création de forces de police placées au niveau des États et des municipalités, afin de rapprocher les services de sécurité des populations. Selon lui, les autorités locales disposent d’une connaissance plus fine des territoires et des réseaux criminels qui y opèrent.

Cette proposition présente des similitudes avec une réforme également soutenue par Bola Tinubu, candidat à sa propre succession. Peter Obi cherche toutefois à se démarquer du président sortant sur la question de la gouvernance et notamment sur la gestion du secteur pétrolier, qu’il considère comme un terrain majeur de lutte contre la corruption.

Le pouvoir d’achat devrait également peser lourd dans la campagne. La suppression de la subvention sur l’essence décidée par l’administration Tinubu a fortement contribué à la hausse du coût de la vie et à la pression exercée sur les ménages. Le président justifie cette décision par le coût devenu insoutenable du dispositif précédent.

Peter Obi défend une autre approche. Il estime qu’une lutte plus efficace contre les détournements et les pratiques frauduleuses dans le secteur pétrolier pourrait contribuer à alléger la pression sur les prix, sans nécessairement revenir au système de subvention supprimé par le gouvernement.

Le contexte social reste particulièrement difficile. Le Fonds monétaire international estime qu’une large majorité de la population nigériane vit sous le seuil de pauvreté, tandis que les difficultés économiques se conjuguent à une insécurité persistante dans plusieurs régions du pays.

Mais pour Peter Obi, le principal défi sera aussi politique. Le parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), dispose d’un appareil électoral beaucoup plus puissant et contrôle la grande majorité des postes de gouverneur. L’opposition reste, elle, confrontée au risque d’une nouvelle dispersion des voix.

Lors de la présidentielle de 2023, Peter Obi, Atiku Abubakar et Rabiu Kwankwaso avaient chacun capté une partie de l’électorat opposé au pouvoir, permettant à Bola Tinubu de s’imposer avec 36,6 % des suffrages. Pour le candidat du NDC, cette configuration ne condamne toutefois pas sa candidature à un simple rôle d’arbitre.

Il entend convaincre les électeurs de faire un choix clair parmi les principales figures de l’opposition. Une ambition qui devra également composer avec les conditions de sécurité durant la campagne. Peter Obi a récemment dénoncé le blocage de son convoi dans l’État de Benue, une région régulièrement confrontée aux violences.

L’opposant redoute que l’insécurité et les pratiques d’intimidation ne réduisent encore davantage la participation électorale. Avec seulement 27 % de participation lors du précédent scrutin présidentiel, la mobilisation des électeurs constituera un autre enjeu majeur de la présidentielle de 2027.

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