AFRIQUE DU NORD
TUNISIE : Limogeage de Walid Al-Zaidi
Le ministre de la Culture Walid al-Zaidi a été remercié par premier le ministre Hichem Mechichi ce mardi 6 Octobre 2020. En cause : son refus de mettre en œuvre l’ordre du gouvernement d’arrêter tous les événements culturels en raison de la pandémie la covid-19 présente dans le pays.
C’est le ministre du Tourisme, Habib Ammar qui le remplace désormais à ce poste. Depuis la formation du gouvernement en septembre 2020, Walid Al-Zaidi est le premier ministre à quitter le gouvernement technocratique d’Hichem Mechichi après la démission d’Ilyes Fakhfakh le 15 juillet 2020 sous la pression du parti de mouvance islamiste Ennahda mettant en avant les soupçons de corruption, sous le coup d’une enquête pour conflit d’intérêts.
Ce lundi 5 Octobre lors un rassemblement, le ministre de la culture, Walid al-Zaidi dans ses déclarations lors d’un rassemblement d’artistes tunisiens dit que son ministère n’avait reçu aucun ordre d’interdire les évènements culturels. Et pourtant le pays pour empêcher la propagation du coronavirus a mis en place des mesures strictes.
AFRIQUE
SAHARA OCCIDENTAL – L’ONU échoue à renouveler le mandat de la MINURSO après deux votes décisifs
Le Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas réussi à trouver un compromis sur l’avenir de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Réunis le 30 octobre, ses membres ont rejeté deux projets de résolution distincts portant sur la prolongation du mandat de cette mission. Les votes ont également mis en évidence les divergences persistantes entre les grandes puissances et les acteurs directement concernés par le conflit.
Le premier texte, soumis par les États-Unis, prévoyait de reconduire le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2027. Washington proposait également de modifier le nom de la mission, qui serait devenue la « Mission des Nations unies au Sahara occidental », sous l’appellation MINUSO.
Cette proposition a obtenu le soutien de onze membres du Conseil de sécurité. Un pays a voté contre et trois autres se sont abstenus. Malgré cette majorité favorable, le texte n’a pas été adopté en raison du veto opposé par la Russie, membre permanent de l’instance.
Pour justifier son opposition, l’ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vassili Nebenzia, a insisté sur la nécessité de parvenir à une solution acceptée par les deux parties au conflit, à savoir le Maroc et le Front Polisario. Selon lui, aucune issue durable ne peut être obtenue si les décisions sont imposées sans concertation et sans prise en compte des positions de chacun.
Moscou a également défendu sa propre proposition. Le projet russe prévoyait, lui aussi, une prolongation d’un an du mandat de la MINURSO. Mais le texte n’a recueilli que trois voix favorables, contre une voix défavorable et onze abstentions. Il a donc échoué à obtenir le nombre de suffrages nécessaires à son adoption.
À l’issue des votes, les États-Unis ont maintenu leur défense d’une évolution du dispositif onusien. Leur représentant permanent, Mike Waltz, a estimé que la mission ne pouvait continuer à fonctionner sans prendre en considération les changements intervenus sur le terrain. Il a notamment critiqué le maintien du statu quo et défendu l’idée qu’une nouvelle dynamique pouvait ouvrir la voie à un règlement politique.
L’Algérie a, de son côté, exprimé son désaccord avec la manière dont la question sahraouie est présentée dans les discussions internationales. Son représentant permanent, Amar Bendjama, a dénoncé une approche qui, selon lui, réduit la situation du peuple sahraoui à une simple question humanitaire et à des données relatives aux besoins des réfugiés. Il a rappelé que le dossier ne pouvait être dissocié des revendications politiques du peuple sahraoui.
Le Maroc a défendu une position différente. Son ambassadeur auprès de l’ONU, Omar Hilale, a insisté sur le caractère temporaire du statut de réfugié et sur la nécessité de permettre aux personnes vivant dans les camps de regagner leurs territoires d’origine. Il a également accusé l’Algérie et le Front Polisario de maintenir la situation dans une logique politique qui, selon lui, entrave le règlement du conflit.
Le représentant marocain a ainsi plaidé pour que les négociations aboutissent à une solution permettant le retour des familles dans leurs régions d’origine. Ses déclarations ont donné lieu à un nouvel échange de positions avec la délégation algérienne, illustrant une fois encore les tensions diplomatiques autour du dossier sahraoui.
Du côté du Front Polisario, le rejet du projet américain a été accueilli favorablement. S’exprimant après la réunion, son représentant, Sidi M. Omar, a réaffirmé que le mouvement ne prendrait part à aucun processus qu’il jugerait contraire aux droits du peuple sahraoui.
AFRIQUE
ÉGYPTE – Lina Attalah arrêtée : La justice ordonne la fermeture du média indépendant Mada Masr
La répression contre les médias indépendants se durcit en Égypte. Lina Attalah, directrice de Mada Masr, l’un des principaux médias indépendants du pays, a été interpellée mardi après une décision judiciaire ordonnant la fermeture du site et lui infligeant une amende pour exercice sans licence, selon des informations publiées par sa rédaction.
Le tribunal des délits mineurs a prononcé sa décision au terme d’une seule audience. La journaliste a été condamnée à payer une somme d’environ 850 euros, tandis que le média s’est vu ordonner de cesser ses activités. Mada Masr dénonce une procédure expéditive qui s’est achevée par l’intervention des forces de sécurité au sein même du palais de justice.
D’après le média, des agents ont encerclé Lina Attalah, l’ont soulevée du sol puis évacuée de la salle d’audience. Elle serait restée en détention après son arrestation.
Présent sur place, Hossam Bahgat, directeur de l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), a indiqué que le jugement avait été annoncé dans un climat particulièrement tendu, alors que les avocats de la défense protestaient contre la décision du tribunal.
Cette affaire suscite de nouvelles inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains, qui y voient une intensification des pressions exercées contre la presse indépendante en Égypte. Elle intervient quelques semaines après l’arrestation de journalistes de Matsadaash, une plateforme spécialisée dans la vérification des informations. Ces derniers sont accusés par les autorités de diffuser de « fausses informations » et d’entretenir des liens avec les Frères musulmans, des accusations régulièrement utilisées dans les procédures visant des médias considérés comme critiques envers le pouvoir.
Le dossier de Lina Attalah s’inscrit dans une longue série de procédures judiciaires. Selon Mada Masr, il s’agit de la sixième affaire engagée contre la journaliste et son média en six ans. Les précédentes démarches n’avaient toutefois pas conduit à un procès.
L’Égypte fait régulièrement l’objet de critiques internationales concernant les restrictions imposées à la liberté de la presse. Selon un décompte de l’EIPR, 26 journalistes sont actuellement détenus dans le pays en lien avec leur activité professionnelle.
AFRIQUE
ALGÉRIE – Niamey et Alger resserrent leurs liens dans un Sahel sous tension
Les relations entre l’Algérie et le Niger poursuivent leur rapprochement, notamment sur le plan sécuritaire. Le 21 octobre, le ministre nigérien de la Défense, Salifou Modi, a été reçu à Alger, où il a signé avec son homologue algérien un protocole d’accord destiné à consolider la coopération militaire entre les deux pays.
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique diplomatique renforcée depuis la réconciliation entre le président nigérien Abdourahamane Tiani et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, au début de l’année. En l’espace d’un mois, les responsables militaires des deux États se sont rencontrés à deux reprises, illustrant l’intensification de leurs échanges dans un contexte régional marqué par des enjeux sécuritaires persistants.
Au cours de sa visite, Salifou Modi s’est entretenu avec le chef d’état-major de l’armée algérienne, Saïd Chengriha, avant d’être reçu par le président Abdelmadjid Tebboune. Les deux parties ont officialisé un accord de coopération militaire dont les modalités précises n’ont pas été rendues publiques. Les autorités mettent toutefois en avant les objectifs de stabilité, de solidarité et de coordination régionales.
Ce rapprochement intervient dans un contexte politique sensible au Niger. Le 29 août dernier, une mutinerie a été signalée à Niamey, alors que le pouvoir du président Abdourahamane Tiani faisait face à des tensions. Dans les jours qui ont suivi, l’Algérie a dépêché quatre avions de chasse au Niger, selon les informations rapportées. Ces appareils auraient atterri dans la capitale nigérienne après les événements et seraient toujours stationnés à l’aéroport de Niamey.
La présence de ces avions illustre le soutien sécuritaire apporté par Alger à son voisin sahélien. Elle témoigne également de l’importance stratégique que l’Algérie accorde à la stabilité de son environnement régional, alors que les questions de défense et de sécurité occupent une place centrale dans les relations entre les pays du Sahel et leurs voisins.
Si les détails opérationnels du nouvel accord restent inconnus, sa signature confirme la volonté des deux gouvernements de développer leur coopération militaire. Ce partenariat pourrait prendre une importance particulière dans un contexte où les enjeux de sécurité, la stabilité politique et les alliances régionales continuent de façonner les relations entre Alger et Niamey.
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