AFRIQUE
NIGÉRIA – L’armée frappe au cœur du commandement des jihadistes de l’ISWAP
Dans le nord-est du Nigeria, la pression militaire exercée contre les groupes jihadistes franchit un nouveau cap. Les forces armées nigérianes ont annoncé, mardi, la neutralisation de trois cadres clés de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), dans le cadre d’opérations coordonnées avec le Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM).
D’après l’état-major nigérian, ces frappes ciblées s’inscrivent dans une offensive plus large visant à désorganiser les structures de commandement du groupe. Depuis le lancement de cette campagne, environ 175 combattants auraient été éliminés, traduisant une intensification notable des opérations sur le terrain.
Parmi les figures visées figurent Abd-al Wahhab, décrit comme un rouage central dans la planification des attaques et la diffusion de la propagande, ainsi qu’Abu Musa al-Mangawi, présenté comme un cadre influent du dispositif jihadiste. Un troisième responsable, Abu al-Muthanna al-Muhajir, aurait également été tué. Ce dernier jouait un rôle stratégique dans la production médiatique du groupe, un levier essentiel pour son recrutement et son rayonnement.
Au-delà des pertes humaines, l’armée nigériane affirme avoir porté des coups significatifs à l’infrastructure opérationnelle de l’ISWAP. Des positions logistiques, des dépôts d’armes et des circuits de financement auraient été démantelés, fragilisant la capacité du groupe à maintenir ses activités dans la région.
Cette séquence militaire traduit une volonté claire d’affaiblir durablement l’organisation en ciblant ses centres névralgiques, notamment ses relais de communication et de coordination. Toutefois, malgré ces avancées tactiques, le nord-est du Nigeria reste marqué par une insurrection persistante depuis plus d’une décennie, dans laquelle l’ISWAP continue de jouer un rôle dominant.
Les autorités militaires assurent vouloir maintenir la cadence des opérations afin de contenir toute tentative de reconstitution du groupe, dans un contexte régional où la menace jihadiste demeure évolutive et transfrontalière.
AFRIQUE
MALI – Ras Bath et Rose devant la cour d’appel, un procès sous tension
Au Mali, le procès de Youssouf Bathily, alias Ras Bath, et de l’activiste connue sous le pseudonyme de Rose s’est ouvert lundi devant la cour d’appel de Bamako. Détenu depuis près de trois ans, le chroniqueur conteste fermement les accusations d’association de malfaiteurs et d’atteinte au crédit de l’État et de ses institutions.
Les premières audiences ont notamment porté sur plusieurs enregistrements audio versés au dossier par l’accusation. Interrogé à la barre sur les faits qui lui sont reprochés, Ras Bath a répondu par la négative.
De son côté, Rose a expliqué que ses interventions sur les réseaux sociaux avaient principalement pour objectif de dénoncer la hausse du coût de la vie et les difficultés économiques rencontrées par les populations maliennes. L’accusation s’appuie notamment sur ses relations avec Ras Bath, qu’elle avait reçu à deux reprises dans ses émissions.
La défense conteste cependant la valeur de ces éléments et demande que les enregistrements audio soient retirés du dossier, estimant que leur utilisation ne respecte pas les règles de procédure.
À l’issue de la première journée d’audience, plusieurs partisans de Ras Bath se sont rassemblés pour réclamer sa libération. Les débats doivent reprendre mercredi 12 août, dans un procès qui suscite une forte attention au Mali.
AFRIQUE
RD CONGO – L’épidémie d’Ebola franchit le cap des 2 000 morts
L’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC) a franchi un nouveau seuil critique. Selon le dernier bilan communiqué mardi par les autorités congolaises, 2 011 personnes sont mortes sur 4 381 cas confirmés depuis la déclaration officielle de la flambée, le 15 mai dernier.
Avec un taux de létalité estimé à 45,9 %, l’épidémie se rapproche désormais du bilan de la flambée de 2018-2020, la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, qui avait causé près de 2 300 décès. Malgré l’ampleur de la situation, le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, estime que le pic épidémique n’a pas encore été atteint. Il assure toutefois que les autorités espèrent parvenir à contenir la progression du virus dans les prochains mois.
L’Est du pays particulièrement touché
Apparue initialement en Ituri, la flambée s’est progressivement étendue à plusieurs provinces de l’est et du nord-est de la RDC, notamment au Nord-Kivu. La situation est particulièrement complexe dans ces régions, où l’insécurité liée à la présence de groupes armés complique considérablement l’accès aux populations et le travail des équipes sanitaires.
À ces difficultés sécuritaires s’ajoutent les insuffisances des infrastructures de santé. Selon Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique, une grande partie des personnes infectées échappe encore au système de surveillance. Cette faible détection des cas complique le traçage des contacts et favorise la poursuite de la transmission du virus. Les contacts avec les fluides corporels des personnes infectées constituent l’une des principales voies de contamination. Les pratiques funéraires peuvent également accroître les risques lorsque les dépouilles sont manipulées sans mesures de protection adaptées. Des équipes humanitaires organisent ainsi des enterrements sécurisés dans les zones affectées, malgré une défiance persistante au sein d’une partie des communautés.
Une souche différente des précédentes flambées
La situation est d’autant plus préoccupante que l’épidémie actuelle est liée au virus Ebola du variant Bundibugyo. Cette souche présente des caractéristiques génétiques distinctes de celles responsables des flambées enregistrées en 2007 et 2012. Une étude publiée dans Nature Medicine a permis d’analyser les génomes de virus prélevés chez plusieurs patients en RDC et en Ouganda. Les chercheurs ont identifié une origine distincte et privilégient l’hypothèse d’une nouvelle transmission de l’animal à l’être humain, suivie d’une propagation entre personnes.
L’animal à l’origine de cette transmission n’a toutefois pas encore été identifié. L’analyse génétique confirme également un lien entre les cas enregistrés en Ouganda et la flambée en cours en RDC. Pour les chercheurs, le dépistage précoce et le séquençage génomique restent essentiels afin d’identifier rapidement les nouvelles émergences du virus et de mieux suivre son évolution.
Un vaccin existant bientôt évalué
Face à l’absence de vaccin spécifiquement homologué contre le variant Bundibugyo, des experts de l’OMS ont recommandé d’évaluer l’efficacité d’Ervebo, le vaccin développé contre Ebola par le laboratoire américain Merck.
Les données déjà disponibles sur sa sécurité pourraient permettre d’engager directement un essai clinique de phase 3. L’Alliance du vaccin Gavi prévoit de mettre à disposition des doses issues du stock mondial d’Ervebo afin de soutenir ces travaux. Environ 500 000 doses sont actuellement disponibles dans ce stock, dont une partie est conservée en RDC, régulièrement confrontée à des flambées de la maladie.
La crainte d’une crise sanitaire majeure
La progression de l’épidémie place les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux face à un double défi : contenir la transmission dans des zones affectées par les conflits et améliorer considérablement la détection des cas.
Avec plus de 2 000 morts, la flambée actuelle se rapproche rapidement du bilan enregistré entre 2018 et 2020. Certains responsables sanitaires redoutent désormais qu’elle puisse devenir l’une des plus importantes jamais enregistrées. Le gouvernement congolais reste néanmoins confiant dans sa capacité à inverser la tendance. Mais avec un pic épidémique qui, selon les autorités, n’a pas encore été atteint, les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer l’efficacité de la riposte et éviter une nouvelle aggravation de la crise sanitaire.
AFRIQUE
CÔTE D’IVOIRE /MAURITANIE – Alassane Ouattara et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani renforcent leur coopération
Le président ivoirien Alassane Ouattara s’est entretenu, ce mardi 11 août 2026, avec son homologue mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, en visite d’amitié et de travail de 24 heures en Côte d’Ivoire.
Les deux dirigeants ont passé en revue l’état des relations bilatérales entre Abidjan et Nouakchott, ainsi que les perspectives de leur renforcement dans plusieurs domaines d’intérêt commun.

Les échanges ont également porté sur les principales questions régionales, avec un accent particulier sur les enjeux de paix et de sécurité en Afrique de l’Ouest. Les deux chefs d’État ont notamment évoqué la nécessité de consolider la coopération entre les pays de la région face aux défis sécuritaires.

Cette rencontre intervient dans un contexte ouest-africain marqué par de profondes mutations géopolitiques et sécuritaires. Elle témoigne de la volonté de la Côte d’Ivoire et de la Mauritanie de maintenir un dialogue étroit et de renforcer leur coordination sur les questions régionales.
Au terme de cette visite de 24 heures, Abidjan et Nouakchott entendent ainsi donner un nouvel élan à leur partenariat, aussi bien sur le plan bilatéral que dans le cadre des initiatives visant à préserver la stabilité en Afrique de l’Ouest.

-
AFRIQUE3 mois .MALI – L’avocat Mountaga Tall enlevé à Bamako dans un climat de crise
-
AFRIQUE3 mois .MALI – Kidal sous le feu : L’armée malienne hausse le ton
-
AFRIQUE3 mois .MAURITANIE – Deux députées de l’opposition condamnées à quatre ans de prison
-
AFRIQUE DE L’EST3 mois .ÉTHIOPIE – À Addis-Abeba, le président Emmanuel Macron change de ton sur l’Afrique
-
AFRIQUE3 mois .ÉGYPTE – Huit morts dans une fusillade à Assiout
-
AFRIQUE3 mois .CAP VERT – L’opposition remporte les législatives et vise le pouvoir
-
FOOTBALL2 mois .CONGO – Mission CAN 2027 pour Claude Le Roy, le retour d’un vieux stratège
-
AFRIQUE3 mois .TCHAD – La condamnation d’opposants ravive les tensions politiques


