AFRIQUE
SÉNÉGAL – À Dakar, un atelier stratégique pour renforcer le contrôle parlementaire des politiques publiques
Un atelier de haut niveau consacré au suivi et à l’évaluation des politiques publiques se tient à Dakar du 16 au 19 mars 2026, dans le cadre du renforcement des capacités de l’Assemblée nationale du Sénégal. Portée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en partenariat avec le Canada, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’action parlementaire et de promotion de la transparence dans la gestion publique.
Une volonté de renforcer le rôle de contrôle du Parlement
La cérémonie d’ouverture a été présidée par l’Honorable député Mouhamed Sall, 7ᵉ Vice-président de l’Assemblée nationale, qui a souligné l’importance du contrôle parlementaire dans le bon fonctionnement de la démocratie. Dans un contexte où les citoyens exigent davantage de redevabilité et de transparence, cet atelier vise à doter les parlementaires d’outils concrets pour mieux exercer leur mission de contrôle de l’action gouvernementale, notamment après l’exécution des politiques publiques (contrôle ex post).
Des partenaires techniques engagés
Plusieurs experts nationaux et internationaux prennent part aux travaux, dont : Djibril Badiane, représentant de l’International Budget Partnership Sénégal, spécialisé dans les questions de transparence budgétaire ; Catherine Phuong, représentante du PNUD Sénégal ; Eugénia Zorbas, représentante de la coopération canadienne. Leur participation traduit l’importance accordée à l’accompagnement technique et à l’échange d’expériences internationales dans le renforcement des institutions parlementaires.
Des thématiques clés pour une gouvernance efficace
L’atelier s’adresse aux députés, aux membres des commissions — notamment la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire — ainsi qu’au personnel administratif et aux assistants parlementaires. Les travaux portent sur plusieurs axes essentiels : la maîtrise du processus budgétaire ; la mobilisation et l’analyse des ressources publiques ; le contrôle parlementaire ex post ; l’utilisation des données de performance et des rapports d’audit ; et le suivi de l’exécution des politiques publiques. L’objectif est de permettre aux participants de mieux analyser les dépenses publiques, d’identifier les écarts entre les objectifs et les résultats, et de proposer des ajustements pertinents.
Vers une culture de l’évaluation des politiques publiques
Au-delà des aspects techniques, cet atelier vise également à instaurer une véritable culture de l’évaluation au sein du Parlement sénégalais. Il s’agit de passer d’un contrôle formel à un contrôle basé sur des résultats mesurables et des indicateurs de performance. Les participants réfléchiront également aux moyens d’assurer la continuité du suivi parlementaire, notamment à travers une meilleure coordination entre les commissions, les services techniques et les partenaires.
Des résultats attendus concrets
À l’issue des quatre jours de travaux, les organisateurs ambitionnent d’aboutir à : des recommandations opérationnelles ; une feuille de route structurée ; et des outils pratiques pour renforcer l’efficacité du contrôle parlementaire. Cet atelier marque ainsi une étape importante dans le processus de renforcement institutionnel du Parlement sénégalais, avec en ligne de mire une gouvernance plus transparente, plus efficace et davantage orientée vers les résultats au service des citoyens.
AFRIQUE
CAMEROUN – L’absence prolongée de Paul Biya alimente interrogations et tensions politiques
L’absence prolongée du président Paul Biya suscite une vague d’interrogations au Cameroun. Le chef de l’État, âgé de 93 ans, a quitté le territoire le 7 juin dernier en compagnie de son épouse pour ce qui avait été présenté comme un « court séjour privé en Europe ». Plus de quarante jours après, aucune communication officielle n’est venue préciser sa situation.
Selon des informations publiées par le média Jeune Afrique début juillet, le président camerounais séjournerait en Suisse, où il recevrait des soins dans une clinique privée à Genève. Plusieurs membres de sa famille, dont son frère et deux de ses enfants, seraient également présents sur place.

À Yaoundé, cette absence prolongée alimente rumeurs et spéculations, tandis que la classe politique commence à exprimer son impatience. Sur les réseaux sociaux, le député d’opposition Jean Michel Nintcheu a appelé le Conseil constitutionnel à constater une éventuelle vacance du pouvoir. Une position relayée par le juriste et universitaire Jean Calvin Aba’a Oyono dans les colonnes du média Actu Cameroun.
De son côté, Union démocratique du Cameroun, formation d’opposition, a exigé davantage de transparence afin de préserver « la stabilité de la République ».

Face à ces prises de position, le pouvoir tente de rassurer. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) affirme que le président reste aux commandes. Dans un éditorial publié le 15 juillet dans le journal L’Action, Christophe Mien Zok, responsable des organes de presse du parti, a insisté sur la continuité du pouvoir, affirmant que Paul Biya demeure « l’unique cocher » du pays.
Malgré ces assurances, l’absence de communication officielle continue d’alimenter les incertitudes, dans un contexte politique déjà sensible.
AFRIQUE
CÔTE D’VOIRE – Six responsables du PDCI libérés après neuf mois de détention
Six responsables locaux du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principale formation d’opposition en Côte d’Ivoire, ont été remis en liberté lundi, après plusieurs mois de détention. L’information a été confirmée par leur avocat, Ange Rodrigue Dadje.
Selon ce dernier, la décision a été prise à l’issue d’une audience devant la chambre antiterroriste tenue le 20 juillet. Les militants concernés, détenus depuis environ neuf mois, ont pu regagner leurs domiciles. Aucune précision n’a toutefois été fournie quant aux motifs exacts de leur libération.
Ces arrestations s’inscrivaient dans un contexte politique particulièrement tendu, à l’approche de l’élection présidentielle. Entre fin septembre et début octobre 2025, plusieurs dizaines de partisans de l’opposition avaient été interpellés à Abidjan et dans d’autres localités du pays.
En mai dernier, deux autres responsables du PDCI avaient déjà bénéficié d’une mesure similaire, portant à huit le nombre de cadres du parti libérés ces derniers mois.
La période électorale a été marquée par de nombreuses tensions, notamment l’exclusion de figures majeures de l’opposition telles que Tidjane Thiam, président du PDCI, et l’ancien chef d’État Laurent Gbagbo, tous deux écartés de la course à la magistrature suprême par des décisions judiciaires.
Par ailleurs, plusieurs dizaines de militants et responsables politiques ont été arrêtés ou emprisonnés durant cette période. Des centaines de civils, accusés d’avoir pris part à des manifestations interdites, ont également été condamnés, tandis qu’une dizaine de personnes ont perdu la vie dans des violences liées au processus électoral.
Le gouvernement dirigé par le président Alassane Ouattara a, de son côté, rejeté toute accusation de détentions à caractère politique.
Parmi les autres figures récemment remises en liberté figurent Moïse Lida Kouassi, ex-ministre de la Défense sous Laurent Gbagbo, ainsi que Ibrahim Zigui, tous deux libérés au début du mois.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – ONU : Macky Sall remercie le président Diomaye Faye pour son soutien officiel
L’ancien président sénégalais Macky Sall a réagi, ce 20 juillet 2026, au soutien officiel apporté par l’État du Sénégal à sa candidature au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU).
Dans un message publié à la suite du communiqué du ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, l’ex-chef de l’État a exprimé sa gratitude envers les autorités sénégalaises, adressant des remerciements appuyés au président Bassirou Diomaye Faye.
Cette prise de parole intervient alors que la candidature de Macky Sall entre dans une phase décisive. Pour espérer accéder à la tête de l’ONU, l’ancien dirigeant devra obtenir le soutien d’un nombre significatif d’États membres, ainsi que l’aval du Conseil de sécurité, avant une éventuelle validation par l’Assemblée générale.
Au-delà de l’ambition personnelle, cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de la diplomatie sénégalaise, qui cherche à renforcer son influence sur la scène internationale en soutenant l’accession d’un ancien président à la direction de l’organisation mondiale.
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